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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Déclaration  N°01/2026 : Rwanda : Des discours de haines impunis, des officiels encouragent des violations graves des droits humains

Paris le 11 mars 2026

 

LODHR a tenu sa réunion statutaire de l’Assemblée générale ordinaire le 11 mars 2026.

A l’issue de cette session, l’Observatoire  constate qu’au Rwanda, des violations des droits humains au Rwanda ont continué avec plus d’intensité tout au long des deux années précédentes. Elles se sont poursuivies dans les domaines des droits civiles, politiques, sociaux économiques et environnementaux, en toute impunité. Elles se sont cristallisées dans les discours de haine des officiels  y compris de l’autorité suprême du pays chargé de garantir les droits et libertés fondamentaux, et sur les antennes publiques.

L’autorité suprême du pays garante du respect de la dignité humaine prévue dans la constitution et spécialement dans la mise en application des dispositions constitutionnelles sur les  libertés et droits fondamentaux et les traités internationaux y relatifs,  a trahi dès lors son serment d’entrée en fonction à la tête du pays.

En vertu de l’article 20 du pacte international relatif aux droits civils et politiques, pareils discours d’incitation à la haine nationale, raciale ou religieuse sont strictement interdits. Il est dommage que ces discours huilés, aient été prononcés par les plus hautes autorités civiles et militaires du pays, dans un contexte social et politique précis de stigmatisation, en utilisant les médias publics et privés dans l’objectif en filigrane, de dresser certaines communautés ethniques contre d’autres.

Dans de tels discours, le président Paul Kagame a menacé, fait arrêter arbitrairement  des opposants politiques ou des membres de la société civile qui voulaient participer à la vie démocratique du Pays, simplement pour avoir exercé leur droit d’opinion ou d’expression, en prétextant notamment les actes de divisionnisme ou d’atteinte à la sécurité ou ordre public.

Il a engagé aussi le pays et les citoyens rwandais dans des agressions contre des pays voisins en semant ainsi une insécurité qui a embrasé toute la région. Des rapports des experts de l’ONU, des Etats notamment des USA et les institutions internationales ont dénoncé la violation de la souveraineté de la RDC par le Rwanda et les rébellions à sa solde. Ils ont enquêté et constaté les violations graves des droits humains par la rébellion et les militaires du  Rwanda sur le territoire congolais.

Par la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies, l’ONU a en vain demandé de respecter la souveraineté de la RDC, de cesser tout soutien aux rébellions et de retirer ses militaires.

Le gouvernement rwandais a reconnu par la signature des accords de Washington, le 04 décembre 2025,  son implication dans le conflit congolais et par ce fait les crimes commis sur terrain. L’ODHR estime que justice devrait suivre.

Les autorités ayant l’unité et la réconciliation dans leurs attributions, ont emboité le pas du « guide suprême » et au lieu de restaurer l’unité et réconcilier les rwandais, elles les ont plus profondément divisés. M. Bizimana Jean Damascène, ministre de l’unité nationale et de l’engagement civique, des hauts gradés de l’armée et d’autres fanatiques du régime ont recouru aux discours de la haine dans les médias publics et privés ainsi que sur les réseaux sociaux en toute impunité avec intention de criminaliser, insulter, intimider, menacer, harceler les membres d’autres communautés ethniques. Ils sont allés jusqu’à qualifier de terroristes et à condamner leurs critiques au Rwanda et à l’étranger notamment Mme Ingabire Victoire Umuhoza, une opposante politique engagée et présidente de Dalfa-Umurinzi et ses membres.

Ils ont arrêté les opposants politiques comme Mme Ingabire Victoire Umuhoza, M. Barafinda Sekikubo Fred, des journalistes comme Niyonsenga Dieudonné alias Cyuma Hassan et Nsengimana Théoneste, des youtubeurs comme Karasira Aimable, Mme Idamange Iryamugwiza Yvonne, Hakuzimana Abdul Rashid, Mme Mukamana Louise Zubeda à cause de son époux Bicahaga Abdallah et beaucoup d’autres. Avec de tels discours de la part des dirigeants, ils ne pouvaient pas espérer bénéficier d’un procès équitable.

Toute personne critique du Président Paul Kagame et son régime est qualifiée de terroriste. C’est dans ce cadre que le régime a dressé et publié une liste[1] comprenant des personnes vivant à l’étranger parmi lesquelles celles qui exercent simplement leur liberté d’opinion,  qui dénoncent sa dictature, les injustices, les discriminations ethniques et les discours de haine liés à son régime.

Toute personne qui a tenté d’exercer sa liberté d’opinion et d’expression ou qui a osé réclamer la jouissance de ses droits s’est retrouvée portée disparue, arrêtée, poursuivie en justice et condamnée injustement.

Les disparitions forcées sont érigées en système de répression auquel recourent régulièrement les autorités au Rwanda. Et le gouvernement rwandais refuse toujours de ratifier la convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées comme demandé dans les rapports lors des différentes session de l’Examen périodique universel tenues à Genève.

L’ODHR déplore que cette situation de violation des droits humains à tous les niveaux ait mené le pays dans la terreur et la peur continue, et partant, dans une insécurité totale liée à la politique répressive du gouvernement.

L’ODHR condamne cet autoritarisme déplacé du Gouvernement qui conduit le Pays à la dérive. C’est ce qui arrive quand les gens sont arrêtés pour avoir dénoncé l’injustice dont ils font l’objet, quand ils sont empêchés de travailler ou de participer à la vie politique de leur pays et quand ils sont forcément  interdits de circuler dans les pays voisins et dans la région. Cela constitue une source de pauvreté et d’insécurité qui sévissent dans le pays.

L’ODHR condamne cette situation d’insécurité d’impunité entretenue par une clique de gens autour du pouvoir qui continuent d’entretenir les violations graves des droits humains en toute impunité.

L’ODHR se félicite d’avoir participé au Congrès mondial sur les disparitions forcées et à la session de  l’Examen périodique universel  concernant le Rwanda.  Deux événements qui se sont tous tenus à Genève respectivement en janvier et novembre 2025. L’ODHR a profité de ces tribunes pour dénoncer avec d’autres protagonistes ces situations surtout celles notamment liées aux disparitions forcées, aux arrestations et condamnations arbitraires des personnes qui émettent des opinions défendant les libertés et les droits fondamentaux des citoyens dans le cadre de leur intégration dans son droit interne par leur ratification.

L’ODHR réitère sa demande  au gouvernement rwandais de respecter, et les chartes, les traités et les autres conventions internationales des droits humains qu’il a ratifiés et par lesquels il s’est engagé au respect de la dignité humaine, des droits et libertés fondamentaux de toutes les personnes, sans distinction aucune.

L’ODHR demande aux Etats, institutions et organisations internationales partenaires du Rwanda, de ne pas se lasser de l’inviter à ouvrir l’espace politique, à respecter le libre choix  de ses citoyens à  participer à la vie du pays, et à libérer les prisonniers politiques et d’opinion ainsi que les  défenseurs de droits humains.

Pour l’ODHR

Munyandilikirwa Laurent

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