Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 17:04

french ambasador

Par Laurent Contini,

Ambassadeur de France


Lu
ndi, 15 Février 2010

Kigali : La justice et la coopération judiciaire entre nos deux pays [le Rwanda et la France, ndlr] n’a jamais été aussi fructueuse et développé que dernièrement affirme le nouvel ambassadeur de la France au Rwanda dans sa première interview accordée à un media local.

Les relations entre le Rwanda et la France qui connaissent un net regain de forme s’étaient détériorées depuis le génocide des tutsi de 1994. Le Rwanda accusait la France d’avoir soutenu l’ancien régime responsable de ce génocide mais la France a toujours nié ces accusations.


Suscitant un certain étonnement, la sortie au mois de janvier du rapport dit « Mutsinzi » du nom du président du comité indépendant mis en place par le gouvernement rwandais pour déterminer qui a commis l’attentant sur l’avion de l’ancien président Habyarimana Juvénal n’a établi aucun rôle de la France dans cet attentat. Le même attentant est considéré comme le signal donné aux génocidaires pour massacrer plus d’un million de rwandais.        


L’ambassadeur Laurent Contini est catégorique : « Dire que le rétablissement des relations diplomatiques s’est fait au détriment de la justice pour mettre toutes les affaires sous le tapis est un procès d’intention inacceptable, au contraire il permet le développement de ces dossiers et l’aboutissement d’un certain nombre de ces dossiers », martele-t-il. L’ambassadeur énumère les actions faites pour la cause de la justice : « je suis ici depuis le 19 janvier, j’ai déjà reçu une mission de juges d’instructions français qui enquête sur des présumés génocidaires qui sont réfugiés en France, je reçois au mois de mars une nouvelle mission, je reçois au mois de mai une nouvelle mission. Ceci va dans le sens de la justice internationale ».


Sur le génocide rwandais la coopération judiciaire ne se limite pas seulement entre le Rwanda et la France mais aussi entre la France et la le Tribunal Pénal International sur le Rwanda (TPIR). La France a accepté le rapatriement de deux dossiers importants du TPIR dont celui de l’abbé Wenceslas Munyashyaka et un pole judiciaire consacré à la justice internationale et « notamment aux affaires rwandaises » a été établi au sein de la justice française.


Complémentarité avec les autres bailleurs


Sur la liste des bailleurs de fonds du Rwanda la France [longtemps en première position à l’époque de l’ancien régime] est absente. A peine des projets d’aide sont au stade de planification avec la reprise des relations entre les deux pays. « Nous arrivons de façon modeste, ... beaucoup de bailleurs de fonds ont développé leurs activités de façon importante ici, nous voulons regarder ce que nous pouvons faire ... en complémentarité de tout ce qui se fait. Nous regardons, nous discutons, nous dialoguons avec des autorités rwandaises », dit Mr Contini.


La volonté du président rwandais Paul Kagame exprimée lors de la rencontre avec l’ambassadeur Contini est de voir la France apporter des innovations dans un certain nombre de secteurs. L’ambassadeur croit qu’il (Kagame) « avait à l’esprit le secteur privé, les investissements, l’aide au secteur bancaire et financier... ». L’ambassadeur Contini reconnaît que c’est le genre de chose que la France n’avait pas beaucoup fait dans le passé.


Des missions de Proparco, une filiale de l’AFD (Agence Française de Développement) et spécialiste dans le soutien au secteur privé et bancaire sont récemment venues au Rwanda, apprend-t-on de l’ambassadeur français. « Ces gens sont repartis très  impressionnés par ce qui se passait ici et ils vont étudier un certain nombre de possibilités, d’instruments et d’actions pour soutenir le secteur privé et le secteur bancaire ».


En termes d’APD (Aide publique au développement) la France part avec de petites enveloppes en 2010 mais Contini pense que c’est ailleurs que la France se fera une place marquante au Rwanda : Dans les secteurs innovants. « aide au secteur privé, investissements,... il y a des projets industriels qui sont tout à fait intéressants comme l’exploitation du gaz méthane... », dit-il.


La demande de pardon attendra


Les Etats-Unis et le Royaume de Belgique ont demandé pardon au rwandais pour n’avoir rien fait en 1994 pour empêcher ou arrêter le génocide. Beaucoup de rwandais attendaient de la France un geste similaire mais leur vœux n’est pas prêt d’être exaucé. « Mon président a été très clair… il ne s’agit pas seulement du Rwanda… il n’y a pas de repentance et pas d’excuses pour le passé. C’est lui-même (le président Sarkozy) qui l’a défini et qui l’a dit et je crois que nous nous en sommes expliqué avec les autorités rwandaises… », Et l’ambassadeur d’ajouter : « … par contre …là il y a eu de la part de mon président et de la part de mon ministre des affaires étrangères des déclarations qui reconnaissent la responsabilité de la France… »


L’ambassadeur pense que c’est au président français de préciser « ce qu’il entend par là » ce qu’il ferra lors de sa prochaine et courte visite au Rwanda qui aura lieu le 25 de ce mois, visite au cours de laquelle le président français ira au site mémorial de Gisozi pour rendre hommage aux victimes du génocide.


Se félicitant de l’accueil chaleureux de la part des rwandais, tant du coté des autorités que de la population, l’ambassadeur Contini signale que la visite de son président au Rwanda est un symbole fort qui va marquer la reprise des relations entre les deux pays. « la venue de mon président consacre ces retrouvailles … depuis 26 ans aucun président [français,ndlr] n’était venu ici …j’ose le dire c’est historique … ce n’est pas une normalisation comme parmi d’autres» .


Débats politiques rwandais, une affaire interne


Au mois d’août les rwandais vont élire leur président. L’ambassadeur de France au Rwanda n’a pas voulu s’exprime sur ce sujet car « les débats politiques concernent les rwandais, moi je n’ai pas à me prononcer là-dessus, les débats c’est des débats internes, moi je les observe, je les analyse … je suis trop nouveau pour pouvoir me prononcer », avance-t-il sans aller plus loin.


L’ambassadeur nous apprendra que la Radio France Internationale (RFI) rouvrira bientôt ces émissions sur les ondes FM au Rwanda, l’école dit « française » de Kigali, mais qui appartient aux parents français et rwandais, rouvrira également ses portes au mois de septembre avec les classes de maternelle et primaire. Une nouveauté : L’école dispensera les cours en français et en Anglais. « Le bilinguisme [anglais et français, ndlr] est indispensable dans le monde actuel », lance Mr Contini, soulignant au passage que même ses propres enfants doivent maîtriser ces deux langues.


Pour le centre culturel franco-rwandais une architecte française arrive au courant de cette semaine pour étudier un projet qui permettra de garder la salle de spectacle tout en rendant le centre conforme au plan d’urbanisation de la ville de Kigali. « Laissons l’imagination au pouvoir et essayons de profiter de cet instrument formidable qu’a été ce centre pour le développer encore et en faire quelque chose au profit de la ville de Kigali, au profit des rwandais et pourquoi pas de la région ».


De la région justement. L’ambassadeur Contini affirme que lors de la visite du président Nicolas Sarkozy il en sera question dans les conversations entre les deux présidents [Kagame et Sarkozy] car la dimension régionale est au centre de la préoccupation de la France. « Le développement de la région ne peut pas se faire avec l’homme malade. L’homme malade en ce moment c’est le Congo [RDC, ndlr] et surtout l’est du Congo où il se passe des tragédies quotidiennes », dit-il.            

 

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : France-Rwanda - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 17:02

Kinshasa, 16/02/2010 / Politique

 

Dans le souci d’une normalisation des relations entre la Rdc et le Rwanda, Paul Kagame, s’est adressé aux autorités de son pays, en leur conviant de relaxer les mouvements des personnes et des biens à la frontière avec la Rdc dans le but d’une maximisation de l’exploitation des potentiels de deux pays.

 

Facilitation des mouvements de personnes et des biens entre la RDC et le Rwanda. Première décision prise dans ce sens par le président rwandais Paul Kagame qui a instruit toutes les autorités rwandaises, surtout celles exerçant leurs fonctions le long des frontières entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Elles sont appelées à réduire toutes les restrictions pour permettre une meilleure circulation des biens et des personnes en vue d’intensifier le commerce entre les deux pays. Kagame demande aux autorités congolaises d’en faire autant.


Du coup, la question qui se pose est celle de savoir si les FDLR ne constituent plus un danger pour le régime de Kigali Serait-ce la preuve de l’anéantissement de la capacité de nuisance des FDLR ? Manifestation de la normalisation des relations entre Kigali et Kinshasa ? Kigali tient-il à anticiper les décisions qui seront prises lors du prochain sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, CIRGL, portant certification des « minerais du sang » ?


Mardi 9 février, Paul Kagame, président du Rwanda, s’est adressé à toutes les autorités de son pays. Particulièrement aux maires, gouverneurs, autorités territoriales, ministre des Finances ainsi qu’à toutes les personnes qui peuvent rendre possible et faciliter le commerce entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Adresse qui s’appuie sur la relance de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale, CEPGL, dans le but d’exploiter au maximum les potentialités dont disposent particulièrement la RDC et le Rwanda.


Dans son adresse, le président rwandais a demandé aux autorités locales « de relaxer les mouvements des personnes et des biens à la frontière avec la République démocratique du Congo ». Mieux, il les a instruites à réduire les restrictions pour accorder des visas à toute personne qui désire venir au Rwanda et exercer toute activité commerciale.


A en croire des informations concordantes en provenance de Kigali, cette déclaration fait suite à la mise en place « de la bourse des matières premières » qui vient d’être lancée à Kigali. Aussi, « si les hommes d’affaires du Kivu apportent de l’argent et des minerais, il n’y a aucune raison de refuser », a-t-il dit.


Le président rwandais souligne « qu’il est temps de redynamiser le commerce entre la RDC et le Rwanda », en citant le cas du district de Nyamasheke, dans le territoire de Cyangugu, et la ville de Bukavu. Les échanges commerciaux entre les deux, district-ville, ont doublé et qu’il est possible d’en faire plus. En outre, affirme-t-il, le Rwanda produit du lait, de la farine et autres aliments qui peuvent être écoulés en RDC où la demande est plus grande, permettant ainsi aux hommes d’affaires rwandais de suppléer au marché congolais. Des instructions formelles ont été données au ministre des Finances, et son collègue de l’Agriculture et Infrastructures pour que des activités commerciales se déroulent normalement.


Surprise

Cette décision a surpris de nombreux observateurs. Car en « libérant » les frontières, la menace FDLR est-elle définitivement écartée ? Il est encore prématuré de répondre affirmativement à cette interrogation tant les FDLR continuent à tuer, à violer en RDC. Toutefois, de deux choses l’une. Que les opérations militaires conjointes RDC-RWANDA aient anéanti la puissance de nuisance des FDLR, ou alors Kigali a conclu un « accord secret » avec ses « opposants armés » pour qu’ils ne constituent plus un danger pour son régime.


Dans cette dernière hypothèse, c’est Kinshasa qui aura été le dindon de la farce après les crimes économiques et contre l’humanité commis en RDC par les FDLR. Par cette décision de Kigali, ils pourraient désormais vendre « officiellement » les minerais qu’ils exploitent illégalement en RDC.


La deuxième surprise est que le Rwanda n’est pas producteur des matières premières. Quel but poursuit-il ou quelle est cette motivation qui a poussé le Rwanda à installer une « bourse des matières premières » à Kigali ?


Pour comprendre les faits, il est important de noter que depuis 2008, le Rwanda devrait devenir « une zone franche ». Une sorte de « Suisse d’Afrique » où pourraient s’installer plusieurs banques pour permettre des transactions bancaires en Afrique avec le reste du monde. Pour ce faire, le Rwanda devrait donner une bonne image autre que celle d’un « Etat belliqueux », démontrer ses capacités d’un Etat « stable, sécurisant » susceptible d’inciter des investisseurs dans le secteur bancaire à venir s’y installer. Quand on jette un coup d’œil sur les médias qui soulignent le « bon climat d’affaires au Rwanda », on peut facilement comprendre cette dernière initiative. Le président rwandais est donc déterminé à conduire le Rwanda dans cette voie.


RDC : Réaction très attendue


La décision du président rwandais intervient à quelques semaines de la tenue du prochain sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, CIRGL. Au cours de cette rencontre, il est question de lever des options sur la certification des ressources naturelles. C’est-à-dire des « minerais du sang ». Allusion faite au coltan, cassitérite, or et bientôt le nickel. Selon des statistiques, le Rwanda aurait exporté cinq fois plus de cassitérite qu’il n’en produit.


Tout comme les groupes armés du Kivu et de l’Ituri, y compris les FDLR, ont soutenu les filières rwandaises et ougandaises à exporter frauduleusement l’or, la cassitérite et le coltan en direction du Liban, parfois via le Congo-Brazzaville.


Pour décourager ce trafic illicite, le Centre d’évaluation et d’expertise des matières minérales, CEEC, vient de lancer une filière aurifère au Sud-Kivu. L’installation de cette filière est intervenue vendredi 12 février à Bukavu. Aussi, pour encourager les négociants, la CEEC a décidé de jouer franc jeu en annonçant la réduction des taxes imposée aux tenanciers des comptoirs d’achat d’or. Cette taxe passe désormais de 75.000 à 7500 USD pour endiguer la fraude en direction de la Tanzanie, du Kenya, du Burundi, en plus du Rwanda et de l’Ouganda.


Il revient donc au gouvernement de Kinshasa d’apprécier cette attitude de Kigali pour apporter une note positive. Si effectivement les FDLR ne constituent plus une « menace pour Kigali », les autorités rwandaises doivent se prononcer clairement et officiellement. Mais s’il ne s’agirait que « d’officialiser l’exploitation illégale des minerais de la RDC », il y a lieu de dénoncer cette subtilité malicieuse. Il s’agirait ni plus ni moins que d’un autre marché de dupes.


La question devrait être posée dans les meilleurs délais dans le cadre bilatéral, de l’initiative Tripartite plus 1, structure qui regroupe la RDC, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Ensuite, dans le contexte de la CEPGL et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). La réaction de Kinshasa est très attendue pour permettre à tous les observateurs de se rendre compte si la RDC a bien fait une bonne lecture de cet « esprit de grande ouverture de coopération » de Kigali.


Le Potentiel

http://www.digitalcongo.net/article/64666

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : RDC-Rwanda - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 06:01

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Joseph Ntawangundi après son passage à tabac par les miliciens de Paul Kagame


AFP

10/02/2010

L'organisation américaine de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a dénoncé "menaces, agressions et actes de harcèlement" visant des opposants rwandais à l’approche de la présidentielle d’août prochain, dans un communiqué publié aujourd'hui à Kigali.

"Les membres des partis de l’opposition sont la proie d’un nombre croissant de menaces, d’agressions et d’actes de harcèlement", écrit cette organisation installée à New York.

HRW "exhorte le gouvernement (rwandais) à ouvrir des enquêtes sur tous ces incidents et à faire en sorte que les militants de l’opposition soient en mesure de vaquer sans crainte à leurs occupations légitimes".

Selon cette organisation, des membres des Forces démocratiques unifiées (FDU) et du Parti démocrate vert du Rwanda (deux partis d’opposition non encore agréés) "ont été victimes, la semaine dernière, de graves actes d’intimidation commis par des personnes et institutions proches du gouvernement et du parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais (FPR)".

Pour Georgette Gagnon, directrice de la division Afrique de HRW, "ces incidents ne feront que miner davantage la démocratie en décourageant toute opposition digne de ce nom de participer aux élections".

"À diverses occasions, le gouvernement s’est servi d’accusations de participation au génocide, ou d’+idéologie génocidaire+, pour prendre pour cible ses détracteurs et les discréditer", estime HRW.

L’ONG affirme que "Victoire Ingabire Umuhoza, présidente des FDU, fait l’objet d’une campagne publique soutenue de diffamation depuis son retour d’exil aux Pays-Bas en janvier 2010".

Victoire Ingabire Umuhoza et un membre de son équipe, Joseph Ntawangundi, ont été agressés en public la semaine dernière devant un bureau de l'administration à Kigali. La police a fait état de cinq arrestations, attribuant l'agression à un mouvement de colère spontané de la foule.

M. Natwangundi a été arrêté quelques jours plus tard, en exécution d'un jugement par contumace rendu en 2007 par un tribunal gacaca (populaire) selon la radio d'Etat Radio Rwanda. "Cette multiplication des attaques contre les membres des partis de l’opposition ne présage rien de bon pour l’élection", a commenté Mme Gagnon.

 

 

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 04:57

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Par Agnès Gruda
La Presse - cyberpresse.ca
Publié le 13 février 2010 à 12h16

 À six mois de la prochaine élection présidentielle au Rwanda, le gouvernement de Paul Kagame réprime  systématiquement ses opposants en les accusant de propager une «idéologie génocidaire», dénonce Human Rights Watch.

Les agressions contre les militants des partis de l'opposition se multiplient au Rwanda, constate aussi l'organisation de défense des droits humains.

Au début de février, des membres de l'opposition ont subi de «graves actes d'intimidation» de la part de personnes ou d'institutions proches du gouvernement, écrit Human Rights Watch dans un communiqué diffusé cette semaine.

Le 3 février, la présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), Victoire Ingabire, ainsi qu'un de ses collègues, ont été agressées lors de ce qui s'apparente à une «attaque bien planifiée». Selon des témoignages, les policiers présents lors de cette attaque ne sont pas intervenus pour y mettre fin.

Rentrée récemment d'exil pour faire campagne contre le président sortant, Victoire Ingabire fait l'objet d'une «campagne de diffamation» de la part des autorités, selon Human Rights Watch.

Battu «sauvagement», son collègue Joseph Ntawangundi a été arrêté trois jours plus tard sous des accusations de participation au génocide de 1994.

Un autre opposant du régime actuel, Frank Habineza, président du Parti vert, a été menacé par un homme vraisemblablement lié au gouvernement dans un restaurant de Kigali, rapporte Human Rights Watch.

Quelque 800 000 personnes, appartenant en majorité à la minorité tutsie, ont été assassinées entre avril et juillet 1994 au Rwanda, lors d'une campagne génocidaire menée par des extrémistes hutus. Depuis la fin de ce génocide, le Rwanda est dirigé par le Front populaire rwandais (FPR) de Paul Kagame.

Selon Leslie Haskell, qui suit le dossier rwandais pour Human Rights Watch, trois partis politiques s'opposent au gouvernement en place. Deux d'entre eux sont dirigés par des leaders appartenant à l'ethnie hutue, majoritaire au pays.

Au nom de l'unité nationale, le régime actuel interdit de faire référence aux origines ethniques, souligne Leslie Haskell: «On n'entend jamais les dirigeants parler de Hutus ou de Tutsis, ces mots, les gens les chuchotent à l'intérieur de leurs maisons.»

Autre «ligne rouge» à ne pas transgresser au Rwanda: réclamer justice pour les crimes de guerre commis par des membres de l'armée du FPR contre des Hutus.

Dès son retour au Rwanda, le 16 janvier, Victoire Ingabire a déposé des fleurs au mémorial en hommage aux Tutsis victimes du génocide. Mais elle a aussi réclamé que les responsables de crimes contre les Hutus fassent face à la justice.

Ce geste lui a valu des accusations de négationnisme. Encore hier, le premier ministre Bernard Makuza lui a reproché de «mépriser les Rwandais» en perpétuant la division ethnique.

En réalité, le gouvernement rwandais se sert de ces accusations pour faire taire ses critiques, affirme Leslie Haskell. Elle déplore que le régime Kagame balaie les différences ethniques sous le tapis. «Ce n'est pas parce qu'on les occulte que ces différences vont disparaître», dit-elle.

Une femme à suivre

Bien que son parti n'ait pas encore réussi à se faire enregistrer, Victoire Ingabire Unuhoza est la principale adversaire du président Paul Kagame en vue de l'élection d'août prochain. Âgée de 41 ans, la présidente des Forces démocratiques unies avait quitté le Rwanda pour les Pays-Bas en mars 1994. Elle est rentrée d'exil en janvier, avec l'intention d'unir les mouvements d'opposition au président Kagame. Elle prône la création d'une commission de vérité et de justice pour contribuer à une véritable réconciliation entre les Rwandais. -

Agnès Gruda

 

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Droits de l'homme - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /2010 04:49

Entretien de Bernard Kouchner avec Alexis Thambwe Mwamba, ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo (15 février 2010)

Bernard Kouchner s’entretiendra avec Alexis Thambwe Mwamba, ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, le 15 février. Cette visite de son homologue congolais fait suite à celle que Bernard Kouchner avait effectuée à Kinshasa le 8 janvier dernier.

Dans le cadre de la présidence congolaise de la SADC (communauté de développement d’Afrique australe), les deux ministres évoqueront notamment la situation à Madagascar ainsi que les questions d’actualité relatives à la région d’Afrique australe. Ils feront également le point sur les relations bilatérales entre la RDC et la France, la situation en RDC et dans la région des Grands Lacs ainsi que l’action de la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo.

SOURCE

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Diplomatie - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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