Mercredi 8 juillet 2009

Les clarifications de Joseph Bukeye, membre des FDU


Suite à des critiques et des questionnements parfois légitimes émis par de nombreux internautes au sujet de la décision de participation des FDU-INKINGI aux prochaines élections présidentielles de 2010 au Rwanda, Monsieur Joseph Bukeye, membre des FDU, a fourni les explications suivantes :


"Pour rappel, le 14 mai 2009, les FDU ont rendu public un communiqué dans lequel la plupart des interrogations soulevées ici trouvent des réponses.


1. La décision de participation: la décision de participation aux élections de 2010 a été prise lors d'une réunion du bureau exécutif des FDU qui a lieu à La Haye en Hollande en septembre 2008. Toutes les composantes de la coalition étaient valablement représentées et jusqu'à date, toutes restent solidaires. Ce n'est pas une décision d'une personne. S'en est suivi un débat interne dans les 3 composantes. Et les débats continuent avec la communauté rwandaise, ce qui en soit, devrait être apprécié. Qu'il y ait ici et là une voix dissonante n'entame en rien le caractère démocratique de la décision.


2. Quelles sont les véritables motivations des FDU? Le communiqué ci haut cité lève plus qu'un coin du voile sur les "véritables motivations de la coalition: (Ubwoba,

gushinyiriza, kwemera akaje (fatalisme) cyangwa kureka ibintu bikaguma uko biri

(statu quo) witwaje inzitizi kugirango utagira icyo ukora ni ugutiza umurindi ingoma

iriho. Ntawe ushobora gutsindwa iyo atarwanye !) En clair, les FDU refusent un immobilisme qui donnerait à Kagame un nouveau bail de 7 ans sans concurrence. Contrairement à d'autres partis de la diaspora (qu'on respecte), les FDU prennent le pari justement de porter le combat au Rwanda plutôt que de continuer à gesticuler à l'extérieur. Il est de bonne guerre de parler de la mascarade électorale de 2003. Mais cette mascarade n'a pu être exposée que par ce qu'il y a un opposant (qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas), qui a osé prendre le risque d'y participer. Tirons plutôt les leçons de son expérience, au lieu de jeter l'eau sale et le bébé.


3. Les garanties de transparence: "Victoire Ingabire et ses collègues" n'ont aucune garantie. Mais faut-il attendre  ces garanties de Kagame? Arrêtons de rêver. Quand on connaît l'homme et son système, attendre que ces garanties soient en place serait comme attendre la parousie.

Ca l'arrangerait plutôt que son opposition reste en exil, et qu'il poursuive tranquillement son œuvre de réécriture de l'histoire du Rwanda, de lavage de cerveaux. On finirait par être perçu comme les véritables ennemis du peuple rwandais. D'ailleurs, vous êtes-vous jamais posé la question de savoir pourquoi il y a moins d'opposition à la participation des FDU aux élections de 2010 à l'intérieur du Rwanda qu'à l'extérieur? Par ce qu'à l'intérieur, ils se sentent seuls.


4. Les FDU partent donc perdantes: Les FDU partent avec la conviction de gagner les élections s'elles se tiennent dans un climat de transparence. Par contre, si le pouvoir manipule le verdict, les FDU le dénonceront avec force, jusqu'à ce que les choses changent. Elles n'entendent pas laisser seuls leurs sympathisants aux mains du régime. A ceux qui disent "qu'on ne peut pas libérer des prisonniers si on est parmi eux", je réponds qu'il est plus facile de marquer un but de l'intérieur du terrain que de l'extérieur.  Il faut une présence au Rwanda et j'admire le courage de ceux qui prennent le pari d'y aller. L'arsenal du régime peut paraître impressionnant, mais la monarchie n'était pas forcément moins impressionnante à son époque. Ceux qui, à leurs corps défendant, ont osé la défier, étaient pris au début comme des fous, par certains colonisateurs. Pourtant elle a été déboulonnée.


5. La stratégie des FDU, le plan B, etc.: On ne va pas réinventer la roue. Avez-vous jamais entendu parler en public du plan B du FPR quand il était dans le maquis? Avez-vous jamais lu quelque part le plan B du FPR en cas de défaite électorale? Un plan B rendu public n'en est plus un. Ce ne sont pas les FDU qui vont faire exception. Ceux qui en font une fixation ou une condition pour adhérer doivent être réalistes. S'ils ont des propositions à faire, elles sont les bienvenues. Par ailleurs, les FDU compte aussi des membres à l'intérieur du Rwanda. C'est d'ailleurs une pré condition pour obtenir l'agrément et le précieux sésame pour participer aux élections. Les membres de l'intérieur doivent aussi avoir un mot à dire dans l'échafaudage de ce plan B et de la stratégie dans son ensemble. Attendons que ces derniers soient consultés. On ne doit pas faire comme si la diaspora dictait son agenda aux compatriotes restés au pays.


6. La conférence de Bruxelles (pour rappel, il y en a eu lieu aussi en France, pas seulement à Bruxelles et en Hollande): Réduire la prestation des orateurs à un seul homme me semble être de l'acharnement. La personne incriminée n'est pas un simple porte parole, c'est le secrétaire exécutif du parti. Un poste très important dans la hiérarchie du parti. Chacun a son style. Personne n'est parfait. Mais en faire toute une histoire ne me semble pas constructif. Bien au contraire.

Il est vrai que la présidente a dû s'excuser et est partie plus tôt que prévu. Les raisons de ce départ impromptu ont été expliquées séance tenante. Un rendez de dernière minute est venu perturber le programme. Le fait qu'une partie de l'audience ait applaudi le départ de madame Ingabire me fait penser que certains ont apprécié les excuses.

Je suis tout aussi perplexe quand tu affirmes que le débat a "tourné court". Même après le départ de la présidente, les questions ont continué à fuser. Jusqu'à ce qu'on a dû les arrêter. Je n'appelle pas ça "tourner court". A moins que tu ne dises que le temps de questions réponses aurait dû être prolongé. Il n'est pas exclu, si le temps le permet, d'organiser une autre rencontre. Des participants ont même spontanément offert après la séance, de cotiser. N'exagérons donc rien. Tout comme le prétendu FDU en chef de Bruxelles (Ben…) qui était gêné. Je n'ai pas eu la même impression, pas plus que les autres participants que j'ai pu aborder après la conférence.

Quant à dire que la Présidente (ce n'est pas un surnom, elle est présidente d'un parti!) fait des "stop aux USA", les internautes dont je fais parti, auraient sans doute voulu savoir s'il s'agit d'un reproche.  Qu'y a-t-il d'étrange à aller aux USA rencontrer non seulement nos compatriotes, mais aussi les autorités? J'aurais été plutôt déçu qu'un candidat à la présidence d'un pays avec une très forte présence américaine, ne fasse pas ce crochet avant de rentrer au Rwanda. Ngo ubuze icyo anenga inka ayigaya icebe ryayo.

Si certaines gens s'attendaient à ce qu'on caresse dans le sens du poil, ce n'est pas la philosophie du parti. Nous avons des principes, nous avons des idéaux, comme tout parti politique qui se respecte. Nous ne nous engagerons pas dans du populisme. Nous ne pouvons pas promettre des miracles. Que ceux qui se sentent perplexes, se manifestent. Nous discuterons avec eux. Nous n'avons jamais prétendu avoir le monopole de la solution. Mais que ceux qui n'ont pas de proposition osent aussi faire preuve d'humilité, car le problème rwandais ne peut pas se résoudre par des slogans ou des rêves.

Que d'autres aient choisi une autre voie ne regarde que les intéressés. Encore que l'un n'exclut pas l'autre.


7. Une possible collaboration avec Kagame: S'il y a une chose sur laquelle tout le monde est d'accord, c'est la nécessité du changement. Depuis qu'on est en exil, on a de cesse réclamé des négociations avec le régime en place. S'il avait accepté ces négociations, personne n'aurait crié au loup. Il n’y a pas de honte dès lors à participer à une élection si l'ultime objectif est d'obtenir le changement souhaité par tous. Même si ces élections étaient truquées, il n y aurait pas de honte à rester au Rwanda et à poursuivre une opposition, tout en dénonçant ces irrégularités. On n'appelle pas ça collaboration, mais compétition.

Les FDU se battent contre un système, pas un homme. Si  par miracle le régime se réformait et s'engageait sur le chemin de la démocratie, il n’y aurait pas de raison à ce que le régime ne soit pas fréquentable. Par contre, si le régime s'obstine dans son refus de la démocratie, les FDU ne collaboreront jamais avec lui. Ce serait trahir ses engagements. Sur ce point, il n y aura pas de compromis possible.

S'agissant de la participation directe au gouvernement, la question a été posée lors de la conférence de Bruxelles. La réponse a été on ne peut plus clair. Rien ne dit pour l'instant que le FPR avance cette piste. Comme on dit en anglais, ne traversons pas le pont avant de l'avoir atteint. Dès que la question se posera (si jamais elle se pose), elle sera soumise aux instances du parti et aux amis.

Quant aux bruits persistants sur une éventuelle défection monnayée, c'est une insulte. Certains des leaders des FDU sont en politique depuis 1994. Ils n'auraient pas attendu 2009 pour se mettre sous la coupole du FPR. Une trahison est toujours un suicide politique. Les FDU ne sont pas suicidaires. Le peuple ne tarderait pas à les châtier et je l y encouragerais personnellement.


Conclusion

Dans l'intérêt de la démocratie, on ne peut pas bâtir une stratégie sur la critique des autres. Que ceux qui s'opposent à la participation des FDU aux élections de 2010 mettent sur la table leurs propres propositions et qu'on en discute. Les FDU ont toujours privilégié la concertation et elles entendent garder ce cap. Mais ce serait facile de critiquer sans avancer de contre propositions.  La population rwandaise a besoin d'initiatives, pas d'immobilisme."


Joseph Bukeye

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Opinion/Point de vue - Communauté : Afrique des Grands Lacs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 7 juillet 2009

Par mediacongo.net

Les premières visites du président américain dans différents coins du monde suscitent de nombreuses interrogations. Autant son discours au Caire sur l’Islam était très attendu, autant son premier discours dans le continent noir, avec cette visite à Accra, au Ghana, l’est également.
Son discours devra marquer une nouvelle ère des relations entre l’Amérique et l’Afrique. Ses propos souligneront cette volonté politique américaine à trouver des pistes de solution pour permettre à l’Afrique de briser la quadrature du cercle avec tous les conflits récurrents qui retardent son développement. Dans la région de l’Afrique des Grands Lacs, l’Amérique doit cesser avec la langue de bois pour que les masques tombent. Dans l’intérêt de la RDC, de l’ Afrique des Grands Lacs et bien sûr des Etats-Unis également.


Le président des Etats-Unis est attendu le 11 juillet à Accra, au Ghana. Si c’est pour la seconde fois que le président américain foule le sol africain, après s’être rendu au mois de juin en Egypte, ce sera la toute première fois qu’il s’adressera directement à l’ Afrique, dans le continent noir.


Au Caire, Barack Obama avait axé essentiellement son discours sur l’Islam. Il avait tenu à préciser que l’Amérique ne sera jamais en guerre contre l’Islam pour autant « que les intérêts qu’ils partagent sont plus forts que les forces qui séparent l’Amérique des pays musulmans ». Mieux, à travers son discours, il tenait à briser le cercle du soupçon et de la méfiance : « Je suis venu ici à la recherche d’un nouveau départ ».

C’est avec le même intérêt que le Africains attendent le discours de Barack Obama à Accra.

En choisissant le Ghana, des observateurs avertis relèvent que le président américain tient à honorer un pays qui fait des progrès considérables dans la gestion politique. Le Ghana, dit-on, est un cas de réussite sur le plan de la démocratie. L’alternance politique s’est déroulée dans de très bonnes conditions. Au plan économique, le progrès est manifeste avec un taux de Produit national brut toujours croissant. C’est-à-dire, un Revenu national brut de 13,9 milliards de dollars par an, le Ghana accuse un Revenu national brut par habitant de 590 USD par mois.


Dans le continent noir, plusieurs pays peuvent rejoindre le Ghana sur le sentier du progrès. A1a seule condition que lors de ce sommet qui se tient du 8 au 10 juillet 2009, en Italie, juste 24 heures avant de se rendre au Ghana, Barack Obama dise à ses collègues des pays des plus industrialisés que les « intérêts qu’ils partagent avec l’Afrique sont plus forts que les gains des groupes financiers récoltés en finançant des conflits armés en Afrique ».


LE ROLE GEOSTRATEGIQUE DE LA RDC


Les Etats-Unis et la République Démocratique du Congo entretiennent des relations traditionnelles encourageantes depuis de longues années. Alors sénateur, Barack Obama avait tenu des propos encourageants en ce qui concerne la situation en République démocratique du Congo. IL mettait en garde les « gouvernements étrangers qui déstabilisent la République Démocratique du Congo pour qu’ils soient tenus pour responsables ». Aujourd’hui président des Etats-Unis, il lui revient d’aller plus loin en se dépouillant de la langue de bois. Ces gouvernants étrangers sont connus, les résolutions du Conseil de sécurité en témoignent.


En d’autres termes, Barack Obama pourrait disposer de la clé de l’énigme pour que la République Démocratique Congo ne soit plus déstabilisée et qu’une paix durable revienne en Afrique des Grands Lacs. Cette piste de solution passe par des efforts à fournir pour connaître les causes réelles du nombre de plus en plus élevé des réfugiés dans la région des Grands Lacs. Or, l’une des définitions du concept « réfugié » est le manque de démocratie, fait relevé dans le diagnostic établi dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).


Pour remédier à cette situation, les élections ont été organisées respectivement en République démocratique du Congo et au Burundi. Des élections précédées par la tenue du Dialogue inter-congolais et inter-burundais. Ces deux pays sont les seuls de la région des Grands Lacs qui se sont pliés devant la pression de la Communauté internationale. Pourquoi pas le autres ? Barack Obama devrait se prononcer là-dessus tant il est vrai que la « prochorientisation » de l’ Est de la RDC pourrait avoir comme origine les « réfugiés rwandais ».

Bien plus, il n’est un secret pour les Congolais que Washington a toujours soutenu le Rwanda dans cette « guerre des Grands Lacs ». Sans son aide, le Rwanda n’aurait pas réussi les performances militaires. Jusques à quand Washington continuera-t-il à soutenir Kigali contre Kinshasa ? Troisième interrogation pertinente.


D’autre part, en parcourant les rapports des experts de l’ONU, des multinationales anglo-saxonnes incitent aux pillages des ressources congolaises. Barack Obama aura-t-il le courage de les dénoncer et exiger des sanctions exemplaires ? Quatrième interrogation.

Il est vrai que les Etats-Unis ne se sont pas impliqués totalement dans la Conférence internationale sur la Région de Grands Lacs. Néanmoins, à travers une initiative parallèle, ils ont réussi à instituer la « Tripartite Plus 1 », regroupant la RDC, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Sont-ils satisfaits des résultats obtenus ? Cinquième interrogation à laquelle Barack Obama devrait y répondre quand il survolera, dans son discours du 11 juillet à Accra, la situation dans la région des Grands Lacs.


Mais s’il s’avère que les rumeurs selon lesquelles l’AFRICOM (Commandement militaire américain pour l’ Afrique,) y a été pour beaucoup dans l’ Opération UMOJA WETU et COUP DE TONNERRE, entre, d’une part la RDC et le Rwanda, et de l’ autre la RDC et l’ Ouganda, ces deux opérations ont laissé un goût d’inachevé. Elles n’ont pas réussi à enrayer les causes économiques qui sous-tendent les « économies de guerre », la création des groupes armés.


Pourquoi les FDLR résistent-elles ? Parce qu’elles contrôlent des zones minières où se livrent l’exploitation illégale des minerais et sont soutenues par des « groupes identitaires » qui résident à Paris, Londres, Bruxelles et Washington. Quels sont ces pays qui ont besoin du coltan, du nobium pour fabriquer des téléphones portables et offrir la matière première à l’industrie aérospatiale ? Le président des Etats-Unis les connaît ainsi que ceux qui ont besoin du diamant, de l’or et du cuivre congolais.

Les Congolais ont retenu les quatre priorités de la nouvelle politique africaine. La première relève du domaine de la sécurité et replacent la RDC au centre du débat compte tenu de sa position géostratégique en Afrique. Il sera question « de fournir aux pays africains la formation dans ce domaine précis, l’équipement, la logistique nécessaire à leur stabilité en République Démocratique du Congo, au Liberia ou au Soudan ». Cette mission, on le sait, est confiée à l’AFRICOM dont le Commandant, le Général William E : Ward a séjourné dernièrement en RDC


Bien plus, lors du dernier sommet de l’ OTAN à Bruxelles, Madame Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat américaine, et Karel De Gucht, ministre belge des Affaires étrangères, ont convenu de travailler davantage étroitement pour la restructuration des FARDC. Un premier pas a été effectué avec la relance de la coopération militaire RDC-Belgique et la signature d’un accord militaire avec les Etats-Unis pour la création de la « Brigade de réaction rapide ».


L’HEURE DE LA VERITE A SONNE


Mais à quoi serviraient ces interventions si l’on n’a pas brisé la quadrature du cercle dans la région de l’ Afrique des Grands Lacs ? A rien. Les Congolais en ont cure de la langue de bois. L’heure de la vérité a sonné pour que soit écartée définitivement cette menace de la balkanisation de la RDC. Les Etats-Unis peuvent rencontrer cette préoccupation des Congolais. Car en fait, ce plan machiavélique a bénéficié du soutien du « cabinet Clinton ». La précipitation de la chute de Mobutu a été une occasion pour que le Congo soit envahi, affaibli, et que le complot de la balkanisation de la RDC soit mis en marche.


Avec Hillary Clinton au Département d’Etat et Suzan Rice au Conseil de sécurité, les Congolais demeurent convaincus que la RDC n’est pas encore sortie de l’auberge. Les coups de boutoir vont se poursuivre pour que ce plan soit concrétisé. Sinon comment expliquer qu’ avec une force internationale de maintien de la paix de plus de 17 mille soldats, les forces négatives ne soient toujours pas vaincues et qu’aucune pression n’est exercée sur le Rwanda pour une ouverture politique comme ce fut le cas avec la RDC et le Burundi . Les Congolais attendent de Barack Obama une réponse précise.


POLITIQUE AFRICAINE : AVEC QUEL LOBBY ?


La nouvelle politique africaine des Etats-Unis se résume en cette phrase : « Avant, les Etats-Unis travaillaient pour l’Afrique. Nous voulons maintenant travailler avec l’Afrique ». Il s’agit d’un partenariat « made in Obama ».

Une chose à retenir : quel que soit le président des Etats-Unis, « il ne peut seul imposer une solution ». Obama n’échappera pas à cette réalité américaine, malgré ses origines africaines. Voilà pourquoi a fait appel à Johnnie Carson, le « nouveau Monsieur Afrique » des Etats Unis.


Obama avait déjà donné le ton dans son discours du 20 janvier 2009 : « A ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption et la fraude et en bâillonnant les opinions dissidentes, sachez que vous êtes du mauvais côté de l’histoire… Pour ceux qui veulent faire avancer leurs objectifs en créant la terreur et en massacrant des innocents, nous vous disons maintenant que notre résolution est plus forte et ne peut être brisée ; vous ne pouvez nous survivre et nous vous vaincrons ».


D’où la question de savoir avec quel lobby Obama va-t-il travailler dans le continent pour réussir sa politique africaine. Utilisera- t-il Bill Clinton, Bush ou créer lui-même son propre lobby ?


Le moment est venu pour Obama de donner un signal fort, tant il est vrai que le temps « de beaux discours est révolu » pour les Africains qui savent que les « Occidentaux réagissent toujours en retard et pour peu ». Constat d’ailleurs relevé par un ancien chancelier autrichien.


Le fait qu’il n’ait invité aucun chef d’Etat africain lors de son investiture fait dire à plusieurs observateurs « que l’Afrique ne constitue pas une priorité pour la Maison Blanche ». Que le continent africain « n’est pas un théâtre géopolitique prioritaire pour les Etats-Unis ». C’est ainsi qu’en ce qui concerne le cas de l’Afrique subsaharienne, le dossier est confié « au Département d’Etat » qu’à la Maison Blanche. Et pourtant, c’est dans cette partie de l’Afrique où existent des conflits armés susceptibles de favoriser le terrorisme international, le pillage des richesses à même de soutenir des groupes armés les plus extrémistes pour déstabiliser tout le continent et faire de l’Afrique un terrain propice à une troisième guerre mondiale. Allusion faite à la RDC, Somalie, Darfour et bientôt les pays du Golfe de Guinée avec cette réserve importante du pétrole qui pourrait bénéficier aux Etats-Unis en vue de les soustraire de la dépendance du pétrole arabe.

Le discours de Barack Obama est très attendu en République démocratique du Congo en particulier, et en Afrique en général.

 

Kinshasa, 6/07/2009 (LP/MCN, via mediacongo.net) 

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Opinion/Point de vue - Communauté : Afrique des Grands Lacs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 7 juillet 2009

Ecoutez, ô gens de Dieulefit

Par Madeleine Raffin

http//:madraffin.centerblog.net


"Gens de Dieulefit, je vous écris parce que je suis un peu de chez vous.
Mon grand père, le colonel Jacques RAFFIN était de Cléon d’Andran, où j’ai visité sa famille au château de Genas. Le sens de l’honneur fait partie des valeurs que j’ai reçues de mes ancêtres.

Ayant appris que certains de chez vous, qui se dénomment « les intore(1) de Dieulefit » sont allés au Rwanda et ont visité le site de Murambi, en préfecture de Gikongoro, j’ai décidé de vous écrire, étant le seul témoin européen du massacre qui a eu lieu dans la nuit du 21 avril 1994, à partir de 2 h 30 du matin. J’étais debout dans mon jardin qui surplombe à près de 2 km le site de Murambi, impuissante… Tous nos efforts pour les assister, en tant que Caritas diocésaine (Secours Catholique local), étaient réduits à néant par la haine, la violence et la barbarie de quelques rwandais, dont beaucoup étaient victimes d’une subite propagande anti tutsi, au lendemain de l’assassinat du Président. Beaucoup de ces gens, réfugiés à Murambi, étaient mes amis, mes visites leur donnaient confiance. Ils croyaient avoir échappé au pire. Le curé de la paroisse, Edouard NTAGANDA , et moi-même étions les seuls à oser les visiter et leur apporte l’aide que nous avions encore (4,5 tonnes de riz).
J’ai déjà témoigné sur ce blog de ce que j’ai vu à Murambi (16/03/09).

Ceux qui vous ont conduit là-bas ne sont pas des témoins, sauf peut-être le gardien du site qui récite une leçon qu’on lui a dictée. On ne guérit pas de la haine en y rajoutant d’autres haines qui sont de la propagande.

Les français de l’Opération Turquoise sont arrivés à Gikongoro autour du 27 juin 1994.

Lorsque j’entends que des gens de chez vous ont demandé pardon, au nom des soldats français, d’avoir massacré des tutsis à Murambi le 21 avril, deux mois avant leur arrivée, je ne peux pas me taire. Ces militaires français nous font honneur, eux que vos amis ont insulté, car ils nous ont aidés à sauver les tutsis encore cachés. Si certains ne témoignent pas aujourd’hui, c’est parce que la propagande officielle les en empêche.

S’il y a beaucoup d’ossements étalés à Murambi, les miens auraient pu en être. Sachez que tout un trafic a été organisé sur ce site. On y a transporté des cadavres anonymes dont personne ne peut dire s’ils sont tutsi ou hutu ou d’un autre pays, croyant ajouter à l’horreur, dans quel intérêt ? Où est la dignité dans tout cela ?

Cette demande de pardon n’engage que ceux qui l’ont faite et surtout les propagandistes d’aujourd’hui.

Gens de Dieulefit, n’ayez pas honte d’être français et essayez d’écouter les témoins. Les rwandais du monde entier ont besoin de trouver des chemins de réconciliation, de voir à l’horizon un avenir possible où ils se reconnaîtront frères.

Lorsque j'étais au Rwanda, j'ai beaucoup apprécié dans les fêtes, les danses des "intore". C'était toujours le clou de la fête. Ils étaient les hommes des grands jours. Je souhaite que les "intore de Dieulefit" reviennent un jour dans un Rwanda enfin réconcilié, pour y faire la fête, dans la vérité.

Au nom de nos ancêtres communs, je vous remercie de m’avoir écoutée.

Madeleine RAFFIN"

(1) Les « intore » dans la tradition ancienne du Rwanda étaient les « danseurs du roi », qui retraçaient dans leurs danses les hauts faits supposés du roi.
[COLOR=blue]

 

 

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Opinion/Point de vue - Communauté : Afrique des Grands Lacs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009

(Xinhuanet 03/07/2009)



La présidente gabonaise par intérim, Rose Francine Rogombé est rentrée jeudi à Libreville en provenance de Syrte en Libye où elle a représenté le Gabon à la 13ème sommet des chefs d'Etat et de gouvernements de l'Union africaine, a–t-on constaté sur place.

 

A sa descente d'avion, elle a été saluée par le Premier ministre gabonais Jean Eyéghé Ndong qui était entouré de certains membres du gouvernement.

 

Répondant aux questions des journalistes, Mme Rose Francine Rogombé a déclaré:" En effet, c'est ma première sortie internationale. J'ai pris part à ce 13ème sommet dont le thème principal porte sur l'agriculture, parce qu'il faudrait qu'en Afrique, nous arrivions à l'autosuffisance alimentaire".

Ce sommet a été marqué par une cérémonie qui a été faite en mémoire du défunt président gabonais Omar Bongo Ondimba.

 

"Il y avait sa photo et une couronne de fleur. Tous les chefs d'Etat qui étaient présents à Syrte ont fait le défilé et se sont inclinés. Cela m'a permis de mesurer à quel point notre président de la République El Hadj Omar Bongo Ondimba avait marqué vraiment le continent, parce que tout le monde lui a rendu hommage. En fait, nous sommes vraiment fiers de lui pour tout ce qu'il a fait pour l' Afrique. Et l'Afrique est vraiment reconnaissante", a dit Mme Rogombé.

 

Rose Francine Rogombé assure l'intérim du président de la République gabonaise depuis le 10 juin dernier après le décès du chef de l'Etat Omar Bongo Ondimba le 8 juin dernier à Barcelone en Espagne.

© Copyright Xinhuanet

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Diplomatie - Communauté : Afrique des Grands Lacs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 3 juillet 2009

Écrit par Flash-info-WLS   

30-06-2009

 

« Oui, car derrière le voile se dissimule le statut d'infériorité de la femme », dit Jacques Myard.

« Vous placez la France sur le banc des accusés du liberticide », lui répond Mohammed Moussaoui.

 

Le Figaro Magazine- : Quel est le sens du projet de commission d'enquête parlementaire sur le port du voile intégral en France? Est-ce une réaction au discours de Barack Obama commenté par Nicolas Sarkozy?

 

Jacques Myard-Le discours d'Obama n'est pas admissible, en effet, mais les propos tenus lundi par Nicolas Sarkozy au Congrès de Versailles ont levé toute ambiguïté : «La burqa n'est pas la bienvenue sur le territoire de la République française. Nous ne pouvons pas accepter, dans notre pays, des femmes prisonnières derrière un grillage.»

Ayant moi-même proposé dès septembre 2008 l'interdiction de la burqa, il était naturel que je cosigne l'initiative prise par le député-maire PCF de Vénissieux, André Gerin. Au début de la mission d'information qui devait aboutir à la fameuse loi du 15 mars 2004 sur le voile, nous n'étions que trois députés pour dire qu'il fallait agir. Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée, Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis, et moi. A la fin de la mission, l'ensemble des députés avait parfaitement compris.

 

Mohammed Moussaoui-J'observe quant à moi qu'une commission d'enquête parlementaire est une procédure bien lourde et contraignante pour un phénomène qui demeure très marginal. Certes, les femmes portant la burqa ne suivent pas la voie de la modération, aussi nous les appelons à retrouver le chemin du juste milieu, à l'instar de l'immense majorité des musulmans. Le principe fondamental étant l'absence de contrainte dans notre religion, nous ne sommes pas en mesure de forcer une personne qui croirait que sa religiosité ou sa spiritualité passe par ce type de vêtement. Voilà pourquoi nous faisons et nous devons faire le choix de l'éducation, de la pédagogie et du dialogue.

 

Jacques Myard-Reste que le port de la burqa ou du niqab que vous qualifiez de marginal ne cesse de s'amplifier dans certaines banlieues. Qu'au sein de votre foi vous rappeliez que cette pratique n'est pas conforme à vos dogmes, libre à vous. Pour moi, je me placerai sur le plan non pas de la religion mais de la stricte égalité des hommes et des femmes, et du respect de la dignité de la personne. Derrière la pratique coutumière du voile intégral se dissimule le statut d'infériorité de la femme, qui ne doit pas être vue et qui n'a pas les mêmes droits que l'homme. C'est insupportable dans une société laïque comme la nôtre.

 

Mohammed Moussaoui-Lorsque les femmes subissent le port de la burqa, la société a le devoir de les défendre, au nom de la liberté. Mais lorsqu'elles la revendiquent, nous devons comprendre leurs motivations par le dialogue. Le voile intégral existe dans d'autres traditions religieuses, on le retrouve notamment dans certains monastères. Des espaces fermés, j'en conviens...

 

Jacques Myard-Et il ne s'agit nullement de voiles couvrant le visage...

 

Mohammed Moussaoui-Il s'agit bien de ce type de voile. Je vous renvoie aux écrits de Jean Baubérot, spécialiste des religions.

 

Jacques Myard-Nous sommes alors dans le domaine de l'histoire. Revenons à notre siècle.

 

Mohammed Moussaoui-Les personnes qui ont choisi librement de porter la burqa évoquent le principe des libertés individuelles, qui ne peut être limité qu'en proportion des impératifs de l'ordre public.

 

Jacques Myard-Liberté individuelle, dites-vous ? Vous n'êtes pas sans savoir que la pression du groupe social - celle des hommes sur les femmes - est forte. Toutes proportions gardées, et sans vouloir offenser quiconque, cela me rappelle les prostituées affirmant agir librement pour avouer, une fois en sécurité, qu'elles étaient sous la contrainte de proxénètes. Quelques femmes veulent vivre sous la burqa, dont acte, mais votre argument de la liberté individuelle est à prendre avec des pincettes. Poussé à l'extrême, il ne saurait être le principe structurant d'une société. Existe aussi une éthique collective. Dans ma circonscription, lorsqu'on me rapporte qu'une coiffeuse doit fermer les volets de sa boutique pour coiffer ses clientes, je me demande où l'on va. La femme a-t-elle une vocation à l'invisibilité ? Il y a des limites à respecter. La liberté individuelle s'arrête aux principes structurants de notre société : l'égalité des sexes, la dignité de la personne - sans même parler des problèmes de sécurité.

 

Mohammed Moussaoui-Evoquer les problèmes de sécurité que peut générer ce type de vêtement me paraît essentiel, je vous l'accorde. Un responsable dans l'exercice de sa fonction peut légitimement demander à une femme de se dévoiler pour l'identifier. Du reste, ne confondons pas le principe de l'égalité des sexes, immuable car il relève de la dignité humaine, et les règles de mixité qui, elles, ne relèvent pas du même ordre.

 

Jacques Myard-Et vous voudriez changer nos normes, acceptées par tous ? Avec des rues réservées aux hommes et d'autres réservées aux femmes ?

 

Mohammed Moussaoui-Bien sûr que non. Mais admettez que la mixité n'est pas une norme qui s'impose dans toutes les circonstances et que les pratiques que vous dénoncez sont, je le répète, marginales. En revanche, la menace de la stigmatisation existe bel et bien. Des voix s'élèvent déjà pour traiter l'islam de secte.

 

Jacques Myard-Je vous le dis droit dans les yeux : la stigmatisation que vous évoquez n'est qu'un argument hypocrite. Les musulmans ne sont nullement mis en cause. Reste que la loi stigmatisera toujours, et à juste titre, les sectes. Ceux dont nous parlons relèvent de ce domaine. Il y a un moment où il faut avoir le courage d'agir. Je voterai donc pour cette commission d'enquête. Et vous y avez vous-même intérêt en tant qu'autorité musulmane, pour redonner des règles claires à l'intention de tous.

 

Mohammed Moussaoui-En tant que représentant du culte musulman, je dois veiller à ce que le débat demeure serein. Tel n'est pas toujours le cas. Il faut voir les multiples déclarations et réactions où les musulmans de France sont presque mis à l'index.

 

Jacques Myard-Mais puisque vous n'approuvez pas les pratiques sectaires, dénoncez-les ! Je n'ai jusqu'ici jamais rien repéré en ce sens dans vos propos. C'est regrettable. Cela éviterait au législateur d'intervenir.

 

Mohammed Moussaoui-Nous défendons la voie du juste milieu par le biais de la pédagogie, alors que vous placez la France sur le banc des accusés du liberticide. Même la loi du 15 mars 2004, malgré les subtilités qui l'entourent, est perçue comme telle, dès lors qu'on observe de graves dérives dans son application.

 

Jacques Myard-Ah bon ? Eh bien vous nous les signalerez ! J'ai l'impression au contraire que cette loi a amené beaucoup de sérénité. J'en veux pour preuve les nombreux témoignages que j'ai reçus de personnes de confession musulmane.

 

Mohammed Moussaoui-Des exemples de femmes confrontées à une forme d'intolérance parce qu'elles portent un foulard sont malheureusement nombreux, c'est ainsi qu'on leur interdit l'accès à des services, alors même que la loi les y autorise.

 

Jacques Myard-Nous sommes dans un pays où la liberté individuelle est respectée. Et vous savez bien que certains veulent enfermer la femme dans un statut d'infériorité, ce qui n'est pas acceptable dans les lois de la République. Battez-vous donc pour l'égalité des sexes et vous serez plus convaincant.

 

Mohammed Moussaoui-L'égalité des hommes et des femmes fait partie des principes fondamentaux de l'islam.

 

Jacques Myard-Alors, dites-le fort, dites-le à ceux qui cachent leurs femmes. Les dérives sectaires ne représentent pas la majorité du monde musulman, je vous l'accorde, mais c'est à vous de les combattre, sans vous retrancher derrière le faible argument du juste milieu.

 

Mohammed Moussaoui-Nous redoutons en effet que, dans la conscience collective, ces pratiques soient rattachées d'une manière ou d'une autre à l'islam. C'est ce qui nous fait craindre une stigmatisation de notre communauté. Mais c'est aussi à vous d'y prendre garde.

Par JMV Ndagijimana - Publié dans : Opinion/Point de vue - Communauté : Afrique des Grands Lacs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recherche

Présentation

Publicité

Articles récents

liste complète

Publicité

Publicité

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus