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Publié par JMVN

bernard_desgagne.jpgPar Bernard Desgagné

 

Chers amis et correspondants,

 

Puisque vous vous intéressez au Rwanda et à la République démocratique du Congo (RDC), où Paul Kagame et ses complices commettent depuis 1990 l'un des pires carnages de l'histoire de l'humanité, je vous invite fortement à signer la pétition se trouvant à l'adresse ci-dessous. Il ne vous faudra qu'une minute.

 

http://www.lapetition.be/petition.php?petid=8188

 

Cette pétition s'adresse à la Belgique et à l'Europe, mais les gens d'ailleurs peuvent tout à fait y mettre leur signature, eux aussi. Soyons solidaires des démarches entreprises partout dans le monde pour que:

 

1. Le rapport du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies soit publié intégralement.

2. Un tribunal spécial international soit créé pour juger les crimes de guerre, contre l’humanité et de génocide commis en RDC de 1996 à 2010*.

3. Des parlementaires soutiennent ces demandes légitimes.

 

* Il faudrait aussi juger comme il se doit les crimes commis au Rwanda de 1990 à 2010, plutôt que de financer la justice des vainqueurs du TPIR, dont le mandat se limite à 1994, et qui n'a inculpé que des Hutus jusqu'à ce jour.

 

Par ailleurs, si ce n'est encore fait, je vous suggère de regarder le reportage de la Télévision suisse romande qui montre bien que la communauté internationale est au courant depuis longtemps du drame, mais qu'elle laisse Rwandais et Congolais se faire massacrer par Kagame et ses brutes, notamment en entretenant la croyance que les tueurs et les violeurs en RDC sont des FDLR et des Maï-Maï. À grand renfort de mensonges diffusés par la presse et sous le couvert de la chasse aux «génocidaires», Kagame poursuit son oeuvre sanguinaire.

 

Je tiens à préciser que, contrairement à ce que dit le reportage, les massacres n'ont pas commencé «après le génocide rwandais». Les Hutus sont massacrés par Paul Kagame depuis 1990. Le génocide des Hutus a commencé au Rwanda, en 1990, s'y est poursuivi en 1994 et après, notamment à Kibeho, et s'est répandu en RDC. Les populations autochtones de la RDC en sont également victimes depuis une quinzaine d'années.

 

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À propos du rapport du Haut-commissariat de l’ONU aux Droits de l’Homme

 

La révélation, fin août, par le journal Le Monde de l’existence d’un rapport accablant, entre autres pour les responsables rwandais et ougandais, a fait l’effet d’une bombe. Étrange que l’annonce de ces massacres à grande échelle et à répétition suscite, de façon un peu hypocrite, autant de remous. En effet, depuis des années, de très nombreux témoignages provenant d’horizons divers relatent par le menu le long calvaire des réfugiés hutus et des populations congolaises des provinces orientales du Congo.

 

L’ONU, elle-même, n’a pas été en reste. Dès septembre 1994, un rapport du Haut-commissariat aux réfugiés accusait déjà l’Armée patriotique rwandaise (APR) de tueries « ciblées » contre les réfugiés hutus. Le « rapport Gersony », du nom de son coordinateur, a été jugé tellement dérangeant à l’époque qu’il fut purement et simplement retiré de la circulation et considéré comme n’ayant jamais existé. L’escamotage de ce rapport politiquement très incorrect n’est qu’une tentative, parmi les nombreuses autres, de camoufler la vérité à l’opinion publique internationale quant à la véritable stratégie développée, dans la région des Grands Lacs, par l’Ouganda de Museveni et le Rwanda de Kagame et ce, avec la bénédiction si pas l’encouragement de leurs sponsors anglo-saxons.

 

Au fil des années, cette première relation des massacres perpétrés par l’APR fut complétée par de nombreux autres rapports, de même nature, réalisés par plusieurs ONG défendant les droits de l’homme et à nouveau par l’ONU. Rappelons également les enquêtes des juges français Bruguière et espagnol Merelles qui toutes deux pointent la responsabilité directe de Paul Kagame dans les événements qui depuis 1994 ensanglantent le Rwanda et le Congo. À maintes reprises, Rencontres pour la Paix a fait état dans ses colonnes de la véritable omerta qui frappe tout ce qui, de près ou de loin, pourrait mettre à mal le système de pensée unique que d’aucuns tentent d’imposer au monde, dans le but de camoufler leur propre implication dans cette tragédie humaine.

 

Sur près de 600 pages, le rapport du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) réalise une véritable radiographie des violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 en République démocratique du Congo (RDC). Derrière ce libellé se cache une décennie de meurtres, de viols, de pillages auxquels prirent part plusieurs pays de la région. Des actes qui firent un nombre indéterminé de morts, mais qui se chiffrent au bas mot à plusieurs millions. Selon l’ONG International Rescue Committee, rien que sur le sol de la RDC, 3,8 millions de personnes auraient péri entre août 1998 et avril 2004. Autant de crimes qui sont, à quelques exceptions près, restés impunis. Si l’on considère la période allant de 1990 à nos jours, les experts s’accordent pour estimer le nombre de victimes au Rwanda et en RDC se situant dans une fourchette allant de 6 à 8 millions de personnes.

 

La compilation des rapports existants et la collecte de nouveaux témoignages menées par le HCDH fournissent une base pour des poursuites judiciaires à venir contre les auteurs de ce que le HCDH qualifie de crimes contre l’humanité, crimes de guerre, voire de génocide. Le document estime, en effet, que les attaques systématiques et généralisées (N.D.L.R. : contre des Hutus réfugiés en RDC) révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide.

 

Rencontres pour la Paix ne peut qu’exprimer à nouveau son sentiment qu’il est grand temps que les responsables de ces crimes dont l’ampleur est historique rendent enfin compte de leurs actes devant la justice internationale. C’est l’unique façon que ces millions d’êtres humains, victimes de la soif de pouvoir d’un noyau de fanatiques enragés et de l’indifférence coupable de beaucoup d’autres, ne périssent une seconde fois abandonnés dans les oubliettes de l’histoire.

 

Au Rwanda, on a parfaitement mesuré l’ampleur du danger. Depuis des semaines, Kigali déploie ses réseaux et son énergie pour tenter d’étouffer ce rapport qui risque d’atteindre le cœur du régime du président Paul Kagame, celui qui s’est emparé du pouvoir par les armes en 1994 sous le couvert des accords de paix d’Arusha dont il était signataire.

 

Ce qu’il adviendra de ce rapport du HCDH (non encore publié au moment de la rédaction de ces lignes) sera révélateur de l’indépendance réelle de Ban Ki-Moon, Secrétaire général de l’ONU, à l’égard de ceux qui font la pluie et le beau temps dans le grand immeuble de verre de New York. Rappelons que, malgré les suspicions et les accusations dont Paul Kagame est l’objet depuis de nombreuses années, Ban Ki-Moon, de façon assez incompréhensible, n’a pas hésité à désigner l’homme fort de Kigali en qualité de co-président, avec le Premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero, de la conférence des Nations unies sur la pauvreté dans le monde. Ce dernier a finalement refusé de co-présider avec Kagame le sommet qui s’est déroulé à Madrid en juillet dernier. Nous ne pouvons que constater et regretter que certains hommes politiques de notre pays n’aient pas la même retenue que M. Zapatero quand ils s’affichent, grand sourire aux lèvres, au côté de celui qui très vraisemblablement porte une part de responsabilité dans l’assassinat des dix casques bleus belges, le 6 avril 1994 à Kigali. 

 

Rencontres pour la Paix

rencontres.paix@yahoo.fr

 

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