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Publié par JMV Ndagijimana

Il est actuellement connu que lors de sa guerre de conquête contre le Rwanda, Paul Kagame a bénéficié de soutiens d’un certain nombre de pays dont les puissances anglo-saxonnes. Pour ce faire, il ne pouvait pas planifier l’assassinat du Président Habyarimana par la descente de son avion sans en informer ses mentors. Quiconque veut donc ouvrir ce dossier ne peut que s’attirer des foudres de ces puissances.

Les enquêteurs du TPIR, sous la houlette de l’australien Michel Hourigan, avaient recueilli pas mal d’éléments à ce sujet. Ils se sont vus dire que cela ne rentrait pas dans le mandat du Tribunal. Le dossier fut mis sous scellé par la canadienne Louise Arbour, alors Procureur de ce Tribunal. Quand son successeur, la suissesse Carla Del Ponte, a pris son courage à deux mains pour rouvrir le dossier, elle en a été dessaisie. Quand le juge Bruguière a lancé des mandats d’arrêt contre des proches de Paul Kagamé pour cet attentat qui a tué les pilotes français qui étaient aux commandes de l’avion, il a été sévèrement critiqué. L’arrestation de Rose Kabuye en exécution de ces mandats a déchaîné les passions. La dernière en date est celle de Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères. D’après ses déclarations, sans l’attentat le génocide rwandais aurait eu lieu car il avait été planifié à l’avance. A-t-il des preuves de ce qu’il dit ou il répète le discours propagandiste du FPR ?

Le TPIR peine depuis des années à trouver cette planification. Avec tous les moyens qui sont les siens, le Procureur s’est résolu à abandonner cette piste. Ainsi, alors qu’au départ elle s’était embarqué dans une théorie d’ « entreprise criminelle commune », il dû déchanter. Celle-ci était basée sur un postulat que les autorités administratives au sommet de l’Etat, l’armée et l’administration territoriale ont élaboré un plan qui a été exécuté en avril 1994. Le Procureur n’a pas su trouver des éléments pour convaincre les juges.

Ainsi, le Bourgmestre de Mabanza, Ignace Bagilishema, a été acquitté. A Cyangugu, le dossier regroupant André Ntagerura, ressortissant de cette préfecture, Emmanuel Bagambiki, Préfet de cette préfecture et le Lieutenant Samuel Imanishimwe, Commandant de l’armée dans cette préfecture, fut un fiasco pour l’Accusation. Les deux premiers furent acquittés mais des peines furent prononcées pour le responsable de l’armée. Si plan il y avait, le cas de Cyangugu aurait dû servir d’occasion pour montrer la compromission qui aurait existé entre les trois hommes.

Pourquoi alors Bernard Kouchner veut influencer la justice de son pays dans ses enquêtes en voulant dissocier l’attentat de l’avion et la catastrophe qui s’en suivi ? Même s’il est français, il est logique de conclure qu’il fait lui aussi partie du réseau tentaculaire qui ne veut pas que le dossier de l’avion soit ouvert. Car cet acte terroriste embarrasse pas mal de capitales occidentales qui savent ce qui s’est passé et qui ont des remords vu des milliers voire des millions de morts qui s’en est suivi au Rwanda et en RD Congo.

La position de Bernard Kouchner qui veut à tout prix renouer avec le Rwanda, est très délicate. Car Paul Kagame, en bon maquisard, reste insensible aux amabilités que certains ne cessent de lui témoigner. Il est ainsi en train d’engranger des réussites avec l’arrestation-mascarade de Rose Kabuye. Il a trouvé le tendon d’Achille d’une France divisée : son implication supposée dans le génocide rwandais. Il suffit de se souvenir du discours de Murambi en avril de 2007. Kagame avait dit, noir sur blanc, que les militaires français avaient précipités des Tutsi dans des fosses communes et y avaient construits des terrains de volleyball.

Profitant de ces soutiens intra-muros français, il ne va pas s’empêcher d’aller loin et d’instruire ses magistrats qui vont lancer incessamment des mandats d’arrêt contre les personnalités françaises déjà mentionnées dans le rapport Mucyo. Comment va s’y prendre Bernard Kouchner ? Il ferait mieux de laisser la justice suivre son cours et de garder pour lui ses sentiments de sympathie envers Paul Kagame.

Voilà comment la France est malmenée par une campagne médiatique tout azimut qui la présente comme ayant trempé dans le génocide. Cette campagne lui fait d’autant plus mal qu’elle est relayée par ses propres fils, à dessein ou manipulés par les réseaux sous-mentionnés.

Gaspard Musabyimana

http://www.musabyimana.be/ 

27/11/2008

 

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