Attentat du 6 avril 1994

Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 00:05

Rwanda : Attentat du 6 avril 1994

Déclaration des organisations de la société civile et politiques rwandaises à propos de la communication mensongère du gouvernement de Kigali sur les conclusions du rapport d'expertise technique ordonné par les juges d'instruction français.

 

DÉCLARATION DE PARIS

Dimanche 12 février 2012

Le 17 novembre 2006, le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière a lancé des mandats d'arrêt internationaux contre des officiers du haut commandement de l'Armée patriotique rwandaise, branche armée du FPR (Front Patriotique rwandais) pour leur responsabilité dans l'attentat de Kigali contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, dans la soirée du 6 avril 1994. Cet acte criminel a coûté la vie aux présidents Habyarimana du Rwanda et Ntaryamira du Burundi, à plusieurs ministres et membres de leurs suites, ainsi qu'à l'équipage français du Falcon 50. L'actuel président du Rwanda, le général Paul Kagame est nommément accusé par plusieurs de ses anciens proches collaborateurs d’être le commanditaire principal de cet attentat terroriste considéré comme l’élément déclencheur du génocide de 1994 et de tous les massacres ayant fait des millions de victimes au Rwanda et en République Démocratique du Congo.

Poursuivant leurs investigations, les successeurs du juge Bruguière dans cette affaire, les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux, ont ordonné une expertise technique pluridisciplinaire, notamment balistique, dont les conclusions ont été communiquées aux parties, à Paris, le 10 janvier 2012.

Télécharger le texte intégral de la déclaration

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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 22:52

Filip-Reyntjens.jpgLe Monde | 31.01.12
Par Filip Reyntjens, professeur à l'Université d'Anvers et auteur de Rwanda. Trois jours qui ont fait basculer l'histoire (Paris, L'Harmattan, 1995)


Le 10 janvier dernier, les juges Trévidic et Poux ont communiqué aux parties un rapport d'expertise sur la destruction en vol, le 6 avril 1994, de l'avion présidentiel rwandais, événement déclencheur du génocide. Il ne s'agit pas d'un rapport des juges, mais d'un important élément versé au dossier d'instruction qui contient de très nombreuses autres informations.
Il n'est pas étonnant que les avocats des personnes mises en examen, sept officiers de l'armée rwandaise, aient relevé, lors d'une conférence de presse, les éléments du rapport qui semblent favorables à leurs clients, qu'ils en aient donné une lecture sélective et qu'ils aient affirmé que “la vérité a gagné”. Il est normal également que le gouvernement rwandais ait accueilli le rapport avec satisfaction et affirmé que cette “vérité scientifique” met un terme aux accusations portées contre lui.
Ce qui est nettement moins normal est la façon dont la presse et certains autres commentateurs ont immédiatement tiré des conclusions péremptoires et définitives, alors qu'ils n'avaient pas lu le rapport, couvert par le secret de l'instruction, et qu'ils ne pouvaient se baser que sur ce que les avocats des mis en examen en aient dit et, peut-être, sur leur propre intime conviction. Ils font ainsi dire au rapport ce qu'il ne dit pas, en l'occurrence que l'attentat a été commis par les FAR de Habyarimana. Des propos parfois très durs et définitifs ont été tenus. Ceux qui ont osé suggérer que le FPR pourrait être derrière l'attentat sont accusés de négationnisme et ceux qui n'adhèrent pas à ce qui semble être soudainement devenu politiquement correct sont violemment pris à partie, voire même intimidés. Ainsi, les avocats des mis en examen annoncent qu'ils vont porter plainte pour "tentative d'escroquerie au jugement en bande organisée". Certaines de ces affirmations pourraient bien avoir pour but d'orienter la suite de l'instruction, puisque, maintenant que "la vérité est connue", il serait plus difficile pour les juges de conclure à une autre vérité.
Ayant fait des recherches sur cette affaire, j'ai été fort sollicité par les médias qui souhaitaient entendre mes commentaires. J'ai systématiquement refusé de me prononcer, puisque je ne pouvais commenter un rapport que je n'avais pas lu. Maintenant que le rapport d'expertise est disponible grâce à une fuite dont j'ignore l'origine, une analyse peut être proposée. Elle débouche sur des conclusions bien moins tranchées que celles qu'on a pu entendre ces dernières semaines.
Le rapport d'expertise tente de donner des réponses à deux questions principalement : l'endroit d'où les missiles ont été tirés et le type des missiles utilisés. Deux données techniques autorisent les experts à désigner les endroits de tir les plus probables: d'une part, le point d'impact du missile qui a touché l'avion, d'autre part des données acoustiques sur le bruit du souffle de départ des missiles que des témoins ont entendu. Notons que l'expert acousticien ne s'est pas rendu sur les lieux, mais a effectué une simulation sur un terrain militaire en France. Quant à l'endroit où l'avion a été touché, les experts se basent sur une approche normale, alors que l'avion aurait pu être dévié de sa trajectoire par le premier missile ou que le pilote aurait pu effectuer une manœuvre d'évitement, possibilité d'ailleurs signalée dans le rapport. Sur cette double base technique, l'expertise privilégie deux endroits à l'intérieur du domaine militaire de Kanombe, le cimetière et une position en bas du cimetière, tout en notant que la zone Masaka se situe dans le prolongement des endroits retenus.
Les experts estiment également que la position de Masaka est la meilleure de celles étudiées et que celles retenues offrent une probabilité d'atteinte de l'avion moins élevée, mais qu'elle était suffisante pour que, sur les deux missiles tirés, l'un d'eux puisse toucher l'avion. Plusieurs points doivent être notés à ce sujet. D'abord, contrairement à ce qu'ont affirmé de nombreux commentateurs, ces endroits ne se trouvent pas à l'intérieur du camp militaire de Kanombe (ce qui en toute probabilité désignerait les FAR), mais à la lisière d'un vaste domaine militaire d'une centaine d'hectares. Ce domaine n'était ni clôturé ni gardé. Les experts estiment en outre que le périmètre de lancement pourrait s'étendre vers l'Est ou le Sud, de l'ordre d'une centaine de mètres voire plus, ce qui situerait l'endroit de tir en dehors du domaine militaire.
Ensuite, deux importants témoins cités dans le rapport ont vu les traînées des missiles à travers la baie vitrée à l'arrière de la maison qui est située à la limite du domaine et qui est orientée vers la vallée de Masaka. Dans une déposition faite devant l'auditorat militaire belge le 13 avril 1994, une semaine après les faits, le colonel médecin Daubresse déclare qu'il a vu "regardant en direction de l'est (c'est-à-dire les environs de Masaka), monter de la droite vers la gauche, un projectile propulsé par une flamme rouge-orange" à une distance maximale de cinq km et une distance minimale de un km (les deux endroits retenus par les experts se situent à 116 et 203 mètres respectivement de la maison). Cette observation est confirmée le même jour par son collègue le colonel médecin Pasuch. Ces deux témoins ne situent donc pas le départ des missiles à l'intérieur du domaine militaire, mais dans la direction de la vallée de Masaka.
Enfin, puisque le lieu dit "La Ferme" dans la vallée à côté de Masaka a été cité comme lieu de départ des missiles, il est étonnant qu'aucun témoin de Masaka n'ait été entendu par les experts ni dès lors que leurs déclarations aient été vérifiées du point de vue acoustique. Or en octobre 1994 des témoins de Masaka m'ont dit avoir vu les missiles partir des environs de "La Ferme", et cela à un moment où ni eux ni moi ne nous rendions compte de l'enjeu que constitue l'endroit de départ des tirs. On constate donc que l'expertise technique ne correspond pas forcément aux observations de témoins oculaires, et il appartiendra à l'instruction d'évaluer la force probante de ces données contradictoires.
Quant aux missiles utilisés, le rapport d'expertise conclut, par un processus d'élimination, à la probabilité qu'il s'est agi de SA16 d'origine soviétique. Les experts soulignent que leur conclusion n'est pas influencée par la découverte, près de "La Ferme" quelques semaines après l'attentat, de deux tubes de lancement de missiles SA16. Les experts notent que 50 à 60 heures de formation sont nécessaires pour pouvoir se servir de ces armes et qu'un novice ne peut pas mettre en œuvre un tel système. Or les anciennes FAR ne possédaient pas de missiles sol-air (elles avaient en vain tenté d'en acquérir), alors que le FPR s'en était servi pendant la guerre. Le juge Bruguière avait déjà établi que les missiles dont les lanceurs ont été trouvés près de "La Ferme" avaient été vendus par l'Union soviétique à l'Ouganda. Mes sources haut placées dans l'armée ougandaise affirment qu'ils faisaient partie d'un lot plus tard cédé au FPR.
Ces quelques constats montrent simplement que ceux qui ont affirmé qu'avec le rapport d'expertise, "la vérité est connue" aiment les histoires simples. Même si je pense toujours que les faisceaux d'indications désignent plutôt le FPR que les FAR comme auteur de l'attentat, je ne prétends pas connaître la vérité. Ce sera aux juges Trévidic et Poux de décider, à l'issue de leur instruction, sur base de tous les éléments du dossier et –surtout? en toute indépendance, si oui ou non il sera nécessaire de transmettre le dossier pour poursuites éventuelles. Puisque le gouvernement rwandais a salué le sérieux des deux juges, il faut espérer que leur décision mettra fin à une controverse vieille de près de 18 ans.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/31/attentat-de-kigali-la-verite-a-gagne_1636326_3232.html

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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 06:55

Photo : Rony Brauman, ex-président de MSF

Rony-Brauman.jpgPar Rony Brauman, Jean-Hervé Bradol et Claudine Vidal - Tribune |
Samedi 28 Janvier 2012
Les découvertes du juge Trevidic ont relancé la polémique sur le Rwanda, une partie de la presse exonérant Kagame de ses responsabilités passées et présentes. « De tout temps, les conteurs comme leurs publics ont préféré les histoires où les bons combattent les méchants plutôt que celles où des salauds en affrontent d'autres » : Rony Brauman, ex-président de Médecins sans frontières, Jean-Hervé Bradol (Fondation Médecins sans frontières) et Claudine Vidal (CNRS), tentent de mettre en lumière les véritables enjeux des réactions à l'expertise balistique du juge Trevidic.
Depuis dix-huit ans, des centaines de milliers de morts, rwandais et congolais, sont imputables au Front patriotique rwandais (FPR) mais aucun de ses membres n'a été condamné pour ces faits. Les sources existent, elles sont connues. Comment expliquer une telle absence de réponse face à ce qui peut être considéré comme des crimes contre l'humanité ? La quasi-unanimité de la presse française sur les prétendues conclusions du rapport balistique commandé par les juges français chargés d'instruire la plainte des familles dont les membres sont morts dans l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, le 6 avril 1994, fournit une nouvelle opportunité de comprendre comment le régime de Kigali assure son impunité.

Trois éléments de méthode sont utilisés.

Le premier consiste à déclarer qu'une vérité historique, le génocide des Rwandais tutsis, est en butte au négationnisme et au révisionnisme. Ce déni créerait les conditions d'une reprise de la politique génocidaire. La réalité est tout autre et on peut s'en féliciter. Les principaux concepteurs et réalisateurs du génocide ont été arrêtés et condamnés. Ceux qui, pour l'instant, avaient réussi à s'échapper et dont les lieux de résidence sont connus vivent désormais dans la crainte non plus d'être traduits devant un tribunal international mais d'être directement transférés à Kigali comme c’est déjà le cas.

Le deuxième élément de méthode est l'emploi systématique de la terreur pour imposer le point de vue des amis de Paul Kagame en dépit des évidences contraires. Il n'existe plus de réelle opposition structurée à l'intérieur du Rwanda, ni de presse libre, en raison des arrestations et des assassinats. Les agences de presse en ont témoigné régulièrement ainsi que des ONG internationales. Les anciens du FPR qui se sont dissociés du pouvoir en place ont été réduits au silence ou contraints à l'exil quand ils n'ont pas été tout simplement assassinés. Dans cette entreprise, les sicaires de Kigali ne s'embarrassent pas des frontières et plusieurs opposants et journalistes ont été exécutés dans les pays où ils s'étaient réfugiés, crimes et tentatives d’assassinats précisément relatés par les médias des pays concernés (Afrique du Sud, Ouganda, Royaume Uni, etc.)

Le troisième élément de méthode est le soutien de réseaux d’ « amis » à l'étranger (à une autre époque, on aurait parlé de « compagnons de route ») afin de relayer les accusations de négationnisme et de révisionnisme contre les commentateurs qui osent contredire les versions des faits produites par le régime en place à Kigali. Ces « amis », hyperactifs dans le débat public, viennent récemment d’occuper la plupart des tribunes afin de faire dire à un rapport balistique ce qu’il ne disait pas, et se sont comportés, volontairement ou non, en vecteurs de la propagande internationale du FPR.

La justice française (ainsi qu’une procédure espagnole en février 2008) a accusé Paul Kagame et des membres du FPR en leur imputant l’attentat contre l’avion d’Habyarimana. La sortie d'un rapport balistique qui ne pouvait en aucun cas produire une conclusion sur l'identité des assassins a été accompagnée d'une campagne médiatique affirmant le contraire : l'expertise balistique innocenterait Kagame. Les deux avocats du FPR, qui se sont exprimés après la remise du rapport balistique, ne sont pas les seuls responsables de cette vague d’enthousiasme en faveur de Kagame. Le juge Bruguière, auteur d'une précédente instruction incohérente, et une bonne partie de la presse française ont apporté leur contribution au brouillage de pistes. De tout temps, les conteurs comme leurs publics ont préféré les histoires où les bons combattent les méchants plutôt que celles où des salauds en affrontent d'autres. Doit-on pour autant présenter comme équivalents le génocide des Rwandais tutsis et les crimes commis par le FPR ? Absolument pas. Pour cela il faudrait oublier la différence entre deux types d'ordres : « Exterminez les tous » ou « Massacrez une partie d'entre eux ».

SOURCE

 

COMMENTAIRE DE L'AMBASSADEUR JMV NDAGIJIMANA

001.jpgJe ne partage pas la conclusion de cet article, en ce qu'elle cherche à différencier les deux types de crimes du fait qu'ils découlent de deux types d'ordres différents : « Exterminez les tous » ou « Massacrez une partie d'entre eux ».

Sur le plan strictement juridique, les deux types d'ordres sont d'essence génocidaire. Les éminents auteurs de cet article, craignant sans doute, eux aussi, de se voir accuser de négationnisme ou de révisionnisme du génocide des Tutsi, font abstraction de la définition du génocide par le seul instrument juridique qui a pour la première fois tracé les contours de ce crime des crimes contre l'humanité, à savoir la Convention du 9 décembre 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide. Dans son article II, cette convention définit le crime de génocide comme suit : « Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie (c'est nous qui soulignons) un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) Meurtre de membres du groupe; b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe; c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle; d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe. »

Il va de soi que l'ordre d'exterminer tout ou une partie importante d'un groupe ethnique, qu'il soit hutu ou tutsi, rentre bien dans la définition du génocide au titre de cette convention, dès lors que les faits sont avérés.

Il ne convient pas de comparer la quantié ni mettre en opposition l'origine des victimes, mais de dénoncer et condamner tous les crimes commis contre les populations civiles du Rwanda et de la Région des grands lacs africains. Et d'exiger, comme le font Rony Brauman, Jean-Hervé Bradol, Claudine Vidal et de nombreux autres spécialistes, que les auteurs de ces atrocités soient poursuivis et punis avec la même rigueur par la justice internationale, sans discrimination fondée sur la position politique actuelle ou l'origine ethnique des présumés criminels.

 

Ambassadeur Jean-Marie V. Ndagijimana

 



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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 17:31

Rwandese Protocol to Return the Kingdom (RPRK) irasaba Perezida Kagame kwegura 

Ibarwa yanditswe na Eugen Nkubito, Umuyobozi wa R P R K

 

Bwana Perezida wa Repubulika,


1-Mu ijoro ryo ku itariki ya 30/11/2011, umunyamakuru Charles Ingabire wari ukuriye ikinyamakuru inyenyerinews.com cyandikirwa kuri internet, akanaba yari n’umuyobozi w’ikindi kinyamakuru cyitwa Ukuri News cyandikirwa mu mujyi wa Kampala muri Uganda, yarishwe arashwe. Ingabire Charles ni umunyamakuru w’umucikacumu rya Génocide yo muri 1994 mu Rwanda. Yavuye mu Rwanda ahunze Leta mubereye umuyobozi yashakaga kumwica, kandi mu nshingano zayo z’ibanze ariyo yakagombye kumurinda.

Abarengera uburenganzira bw’ikiremwamuntu, ibinyamakuru binyuranye, n’abandi bantu bakurikiranira hafi ibibera mu Rwanda kandi bikorwa na Leta y’u Rwanda, bashingiye ku bimenyetso binyuranye bifatika, bemeza ko Charles Ingabire yazize kuba mu nyandiko ze yararanzwe no kunenga bikomeye ubutegetsi bwanyu. Bwari uburenganzira bwe busesuye nk’undi munyarwanda wese, by’umwihariko nk’umunyamakuru.

Muri mu ruzinduko rw’akazi I Kampala ho muri Uganda, abanyamakuru bababajije ku birebana n’iryo yicwa ry’umunyarwanda kandi arashwe. Ntimwigeze munababazwa ko ari umwe mu bana b’u Rwanda wapfuye, kabone n’iyo mwaba mutabona ibintu kimwe, ahubwo mwihutiye kumushinja ko yavuye mu Rwanda yibye. Nk’ umukuru w’igihugu ni irihe tegeko ribemerera kuba umushinjacyaha? Ibyo mwabikoze nta burenganzira mubifitiye, nta n’ibimenyetso mufite . Muzi neza ko itegekonshinga mwishyiriyeho ku itariki ya 04/06/2003 ritabemerera kwivanga muby'ubucamanza. Ikindi ni uko, biramutse ari nabyo, Charles Ingabire yari gushyikirizwa ubutabera ( tuzi ko butabaho mu Rwanda), ntabwo yari kwicwa. Si nabyo mwari gushyira imbere mushinja umuntu wapfuye udashobora kwisobanura ku byaha ashinjwa n'Umukuru w'igihugu.

2- Namwe ubwanyu murabona ko biteye isoni n’agahinda, igihe mubwira isi yose ko mwe na FPR muyobora arimwe mwahagaritse Génocide, none akaba ari mwe mukekwaho kwica no kwicisha abacikacumu b’iyo Génocide baba abari mu gihugu, ndetse n’abashoboye kubahungira hanze y’igihugu.

3- Nyakwubahwa Perezida wa Repubulika, muzi ko mbere yo gufata ubutegetsi mukoresheje imbunda, mukekwaho kuba mwarishe, mukanamena amaraso menshi y’abanyarwanda ndetse n’ay’abanyamahanga. FPR mubereye ku isonga yishe abanyarwanda bo mu bwoko bw’abahutu bazira gusa ko ari abahutu kuva intambara yatangira muri 1990 kugeza muri 1994.

Mu duce FPR yari yigaruriye, mwahamagaraga abantu ngo bajye mu nama, bose mukabica ntihagire n’umwe urokoka. Mwafungiranye abantu mu mazu muratwika, mwishe abantu benshi, abagore, abagabo, impinja n’abakecuru mukoresheje udufuni n'ingoyi mwise ‘akandoyi’. Mwakuye abantu mu byabo barenga miliyoni, baba impunzi mu gihugu cyabo muri Nyacyonga n’ahandi mu gihe kirenga umwaka wose, Ibimenyetso bifatika birahari n'abagabo babihagazeho barahari.

Mu gihe kimwe, mwishe kandi mwicisha abana b’abatutsi bavaga mu Rwanda, mu Burundi, muri Tanzaniya no muri Congo. Baje mubasabye ababyeyi babo, abandi baje mu ngabo z'umutwe wa FPR yababwiraga ko bahaguruka bakarenganura abatutsi no guharanira uburenganzira bwabo Leta ya Perezida Juvenal Habyarimana yabavukije.

Bishwe bazira ko bashobora kuba baje ari intasi za Leta ya Habyarimana. Abandi bazize ko bari bavuye muri za Kaminuza no mu mashuri yisumbuye n’amakuru, igihe abo bari baje basanga baturutse mu gihugu cya Uganda batari baragize amahirwe yo kwiga biturutse ku kibazo cy’ubuhunzi bamazemo igihe kirekire.

Mbere y’uko urugamba rwa FPR rwiswe urwo kwibohoza rutangira, mwari mwungirije umukuru w’iperereza mu gihugu cya Uganda. Mushinjwa kuba, mwitwaje ububasha mwahawe n'uwo murimo mwarishe abantu benshi b’inzirakarengane barimo abaturage ba Uganda, n’abanyarwanda bari muri icyo gihugu, kugeza ubwo muhabwa izina rya Pilato. Bose bazize ko mwari mufite imyumvire itandukanye.

Urugamba rwa FPR rugitangira, mukekwaho kuba arimwe mwateguye kandi mugashyira mu bikorwa iyicwa rya Général Major Fred Gisa Rwigema ku itariki ya 02/10/1990. Général-Major Fred Gisa Rwigema yaharaniraga ko Umwami w’u Rwanda Kigeli V Ndahindurwa yataha mu Rwandank’umukuru w’igihugu.

Mwebwe mwari mugambiriye gufata ubutegetsi bwose ku nyungu zanyu bwite n’iz’agatsiko mwari mufatanije kandi mugifatanije. Niko byagenze, umugambi mwawugezeho mumaze kumena amaraso menshi y’inzirakarengane z’abahutu, abatwa, n’abatutsi ndetse n’ay’abanyamahanga.

4- Amaperereza yose yakozwe yemeza ko muri ku isonga mu bakekwaho kuba ku itariki ya 06/04/1994, mwarahanuye indege ya Perezida Juvenal Habyarimana, wari umukuru w’u Rwanda, ari kumwe na Perezida Cyprien Ntaryamira w’ I Burundi n’abafasha babo ba hafi bari kumwe muri iyo ndege, ndetse n’abapilote bayo bakomoka mu gihugu cy’ubufaransa.

Icyo gikorwa cy’iterabwoba kigayitse, cyahitanye abakuru b’ibihugu bibiri, n’abandi bantu b’inzirakarengane, ntimwigeze mushaka ko ukuri kujya ahagaragara.

Nk'umukuru w'igihugu ni mwe mwari mufite inshingano zo gushyira ukuri ahagaragara kubijyanye n'iyicwa rya Général Fred Gisa Rwigema wari ukuriye FPR, yamara kwicwa akaba ari mwe mwamusimbuye.

Ni namwe mwari mufite kandi mugifite inshingano zo gushyira ahagaragara iby'urupfu rwa Perezida Habyarimana wishwe ku nyungu zo kugira ngo mufate ubutegetsi bwose ku ngufu. Mugamije guhisha ukuri, no gukomeza kwubakira politike yanyu ku kinyoma, mwanze nkana ko hajyaho amatsinda yigenga ngo akore iperereza ritabogamye kuri ubwo bwicanyi bwombi ndengakamere.

Mbere y’urupfu rw’abo bakuru b’ibihugu bombi, Mukekwaho kuba mwaragize uruhare rufatika, muri gatozi cyangwa icyitso, mu rupfu rwa Perezida Melchior Ndadaye, Perezida wa mbere w’umuhutu w’I Burundi wari watowe binyuze muri Demokarasi. Yazize gusa ko yari umuhutu. Mutekereza igikorwa cyo kwica Perezida Juvénal Habyarimana, mwari muzi neza ko bizagira ingaruka mbi ku banyarwanda bo mu bwoko bw’abatutsi bari imbere mu gihugu. Ibimenyetso bifatika byari bihari byari gutuma mutekereza kabiri mbere yo gukora kiriya gikorwa cy’iterabwoba kigayitse.

Ikimenyetso gikomeye ni iyicwa rya Perezida Ndandaye wishwe ku itariki ya 23/10/1993, urupfu rwe rwakurikiwe n’umwuka mubi watumye urwikekwe hagati y’abahutu n’abatutsi bo mu Rwanda rurushaho kwiyongera. Urwikekwe rwari rwarabyukijwe n’intambara ya FPR yo kuwa 01/10/1990 no gufungwa kwakurikiyeho kw’abatutsi bo mu Rwanda bakekwagaho ko ari ibyitso bya FPR. Nubwo bitavanaho na busa icyaha abahutu b’intagondwa bishe abatutsi babaziza ko ari abatutsi,ntawashidikanya ko Genocide yakorewe abatutsi bo mu Rwanda muyifitemo uruhare runini. Hari ibimenyetso simusiga kandi bifatika byerekana ko umugambi mubisha wo guhanura indege y'uwahoze ari umukuru w'igihugu Juvenali Habyarimana wacuriwe mu nama yabereye ku Mulindi wa Byumba. Iyo nama yari iyobowe namwe ubwanyu mu ntangiriro z'ukwezi kwa gatatu 1994.

TITO RUTAREMARA2Patrick Mazimhaka,Muribuka ko bamwe mu byegera byanyu nka Honorale Tito Rutaremara na Ministre Patrick Mazimpaka, bababwiye ko kurasa indege y'umukuru w'igihugu bizagira ingaruka mbi kubanyarwanda bo mu bwoko bw'abatutsi bari imbere mu gihugu. N'akababaro kenshi bakubwiye ko icyo gikorwa gishobora gutuma haba itsembatsemba ry'abatutsi bari mu Rwanda. Mwarabyanze mufata icyemezo kidakuka ko bigomba kuba uko mwabitekereje. Mwahise munategeka ko missile ebyiri zo mu bwoko bwa SAM 7 zabarindaga hamwe na Colonel Alexis Kanyarengwe zijyanwa i Kigali muri CND gutegura icyo gikorwa.

Lieutenant Frank Nziza (ubu ni Major) hamwe na Caporal Eric Bizimana (ubu ni Capitaine) kandi bose bakiri mu ngabo zibarinda, bahise bajyana nazo. Ni nabo bombi barashe indege. Inkiko zitabogamye nizimara kubisesengura biraboneka ko arimwe mwayiteguye kandi mutuma Génocide yamaze abanyarwanda ishyirwa mu bikorwa mugamije kwifatira ubutegetsi bwose ku ngufu. Ni nayo mpamvu urukiko rwa Arusha rutashoboye kwerekana uwaba yarateguye Génocide, kandi bigaragara ko yabayeho. Ukuri ku ihanurwa ry'indege kwarirengagijwe nkana, ahubwo urucyiko rushishikazwa, rufatanije n'ubutegetsi bwanyu, gushakira ibyaha no gushinja abo mwatsinze mushaka guhora, kwihimura, no kubacecekesha burundu. Urukiko rwa Arusha nirufunga imiryango nkuko rubiteganya rutababajije iby'ihanurwa ry'indege ya Perezida Habyarimana kandi rufite ububasha, ubushobozi n'ibimenyetso, ruzaba rwirengagije ubutabera, kandi ruteranije abanyarwanda aho kubunga.

Colonel Bagosora Théoneste mwashinje ko ariwe uri ku isonga mubateguye Génocide yo mu Rwanda, ndetse akanayishyira mu bikorwa, urukiko rwa Arusha mu rwego rw'ubujurire rwamuhanaguyeho icyaha cyo gutegura Génocide. Mu gihe kimwe Ministre w'intebe wa Leta y'abatabazi Yohani Kambanda,munyandiko yashyize ahagaragara ku itariki ya.10/11/2011 yongeye kwemeza ko we na Leta ye batigeze bategura Génocide.

Nkuko Procureur w'urukiko rwa Arusha Madame Carla Delpont yabivuze mu kwezi kwa gatatu 2008 ko afite ibimenyetso simuziga bigaragaza ko arimwe mwahanuye indege. Major Dr Théogène Rudasingwa,wari Umunyamabanga mukuru wa FPR akaba yarabaye n'umukuru w'ibiro byanyu ndetse akaba na ambasaderi w'u Rwanda muri Loni yabyemeje mu nyandiko ko arimwe mwamubwiye ko mwahanuye indega ya Perezida Juvena Habyarimana.

igihe kirageze ngo abanyarwanda bave mu gihirahiro bamenye imvo n'imvano ku mahano yabahekuye.

Ubu inzira isigaye yo kumenya ukuri ni imwe. Ni uko mwashyikirizwa ubutabera butabogamye.

5- Mbere y’uko FPR mwari mubereye ku isonga, na n'ubu mukiyobora ifata ubutegetsi ku ngufu, munashinjwa ko mwakoresheje ubwicanyi bw’indengakamere kugira ngo muharabike Leta ya Juvénal Habyarimana, muyishinja ko yica abatavuga rumwe nayo. Ni muri urwo rwego FPR yishe ba Ministre Gatabazi, Umunyamabanga mukuru w’ishyaka rya PSD, yica Bwana Gapyisi Emmanuel, Landuard Ndasingwa n’abandi…

Ntabwo FPR mwari muyoboye yibasiye abahutu gusa. Yishe n’abatutsi kugira ngo Leta ya Juvenal Habyarimana ishinjwe ko yatangiye Génocide. Ku itariki ya 04/02/1993, mwohereje commandos kujya kwica abatutsi b’abagogwe kugira ngo bishyirwe kuri Leta ya Juvenal Habyarimana. Bityo haboneke impamvu yo kugaba igitero mubeshya amahanga ko mugiye gutabara abatutsi.

Nyuma yo kwica abagogwe FPR, yirengagije imishyikirano hagati y’impande zombi zari mu mirwano yari igeze kure Arusha mu gihugu cya Tanzaniya, yagabye igitero kuwa 08/02/1993 cyayogoje igihugu. Umugambi mwari mufite wari uwo gufata ubutegetsi bwose ku ngufu za gisirikare. Ni mwe nk’umuyobozi mukuru w’igisirikare cy’uwo mutwe, mugomba kubazwa kandi mukaryozwa n’ubutabera bwigenga iby’ubwo bwicanyi ndenga kamere bwakorewe abanyarwanda bo mu bwoko bw'abagogwe.

6- Bwana Perezida wa Repubulika, murashinjwa kandi kuba mwarishe abayobozi bakuru ba Kiliziya Gatolika mwiciye i Gakurazo ho muri Perefegitura ya Gitarama ku itariki ya 05/06/1994. Mushinjwa kuba mwarishe ba Musenyeri Visenti Nsengiyumva, Umushumba wa Kigali, Musenyeri Tadeyo Nsengiyumva, Umushumba wa Kabgayi, Musenyeri Yozefu Ruzindana, Umushumba wa Byumba. Mushinjwa kandi urupfu rwa Musenyeri Phocas Nikwigize, Umushumba wa Ruhengeri warigishijwe n’abasirikare ba FPR, ku mupaka wa Goma – Gisenyi atahutse avuye mu buhungiro, nyuma akicwa n’abasirikare ba FPR mwari mukuriye muri 1996.

7-Mbere y’uko mwambuka mukajya kwica impunzi z’abahutu bahungiye mu gihugu cya Kongo, ndetse no kwica abanyekongo babacumbikiye, mwabanje kwica impunzi z’abahutu zari mu nkambi ya Kibeho ku Gikongoro. Imiryango itegamiye kuri Leta yemeza ko hagati y'amatariki 18 na 22 /04/ 1995 mwishe impunzi z'abahutu barenga 60,000. Abashoboye kurokoka, FPR yabakurikiranye mu mayira n'aho batahaga hose irabica. Ubwo bwicanyi bwakorewe mu Rwanda, bugakorwa n'ingabo mwari mubereye ku isonga nta butabera bwigeze bushaka kumenya uko byagenze kugira ngo abakoze ayo mahano babiryozwe.

Nyakubahwa Perezida wa Repubulika murumva ko mutakwisasira imirambo y'inzirakarengane zingana zityo, ngo mwiyorose amaraso yazo, ngo mutabibazwa n'ubutabera mwitwaje ubudahangarwa mwihaye mufata ubutegetsi mukoresheje imbunda, mukabishimangira mwiba amatora ubugira kabiri. Nta budahangarwa mukwiye kuko ubutegetsi mwabwibye rubanda, ntimwabuhawe na rubanda.

Impunzi z’abahutu zari muri Kongo nkuko mwabyivugiye ngo ‘twarabacyuye abandi twarabarashe, zarishwe zizira gusa ko ari abahutu, zihambwa mu byobo rusange nkuko rapport ya ONU (Mapping report) ibyerekana neza. Iyo mapping report yerekana neza uruhare runini mubifitemo nk’uko namwe mubyiyemerera. Perezida wa Congo Lawurenti Desideri Kabira yabyemeje atarapfa ku itariki ya 19/11/1998 mu kiganiro yagiranye n'ikinyamakuru ' Le soir' cyo mu gihugu cy'Ububiligi ko mwishe impunzi z’abahutu.

Munashinjwa kandi mu gihe kimwe, kuba mwarishe, cyangwa mukicisha abatutsi b'abanyekongo bo mu gice cy'abanyamurenge. Bamaze kwanga kuba igikoresho cyanyu, mwohereje Colonel Dani Gapfizi (ubu usigaye ari kwipeti rya Brigadier General) wari uyoboye igitero cyabagabweho, abica ku bwinshi. Abashoboye kurokoka iryo cumu ryanyu baratatanye bata ibyabo, abatarashoboye guhungira mu yandi mahanga ubu bamaze imyaka igera kuri 15 bari mu makambi mu Rwanda. Inkurikizi zabyo zose ni mwe zigomba kuryozwa.

8- Bwana Perezida wa Repubulika, mwahekuye u Rwanda. Ibigwi byanyu ni birebire kuko mwishe kandi mwicisha abanyarwanda abahutu, abatwa, abatutsi ndetse n’abanyamahanga. Ntawabarondora bose ngo bishoboke. Mwishe Seth Sendashonga, mwica Colonel Lizinde, mwica umucuruzi Bugirimfura, abo bose mubasanze aho babahungiye i Nairobi muri Kenya. Bahunze ubutegetsi bwanyu kandi aribo mwakoresheje nk’abahutu b’ibikoresho kugira ngo mugere ku nyungu zanyu bwite.Mwishe Kabera Assiel, ba Rwisereka, abatutsi bakoreye FPR batizigama, igihembo kiba kwicwa. Mwica Jean Leonard Rugambage w’umunyamakuru, mwicisha Ministre Juvenal Uwiringiyimana mu bu birigi mumuziza ko yari amaze gutahura umutego mwashakaga kumutamo mufatanije n’abidishyi b’ingoma yanyu bakora mu rukiko Arusha, n’abandi bo mu bubiligi….n’abandi n’abandi.

9-Mwafashe ubutegetsi ku ngufu kandi nyuma ya genocide mwarayikoresheje ku nyungu zanyu. Mu rwego rwo kwikiza abatavuga rumwe n’ubutegetsi bwanyu, mukimara gufata ubutegetsi ku ngufu nyuma yo kumena amaraso menshi y’inzirakarengane, mwakoze liste y’abanyarwanda bo mu bwoko bw’abahutu gusa mutavuga rumwe cyangwa se bashobora kubangamira inyungu zanyu bwite. Mubahamya icyaha cyo gutegura no gushyira mu bikorwa Génocide, mukora amalisiti nta bimenyetso bibahamya icyaha, amalisti muyatangaza mu igazeti ya leta, muyakwirakwiza isi yose mugambiriye kubabuza amahwemo aho babahungiye.

Bamwe byabaviriyemo gufungwa, abandi bimwa ubuhungiro mu bihugu bahungiyemo, abandi bakurwa ku mirimo bari babonye aho bahungiye, abandi batotezwa n’abene gihugu babita abicanyi. Byose mwabikoze muzi neza ko byubatse ku kinyoma.

Mu bafungiwe Arusha bashinjwa ko bari mu rwego rw’abo mwise ba Ruharwa hamaze guhanagurwaho icyaha abari mu nama ya Leta nka Ministre Ntagerura, Ministre Rwamakuba, Ministre Bizimungu, Ministre Bicamumpaka, hagirwa umwere Géneral Kabirigi wari ushinzwe ibikorwa bya gisirikare, hahanagurwaho icyaha Prefet Bagambiki, na Protais Zigiranyirazo mwitiriraga akazu kateguye Génocide. Abo bose mwatumye bafungirwa ubusa igihe kirekire mubizi neza ko ari abere. Imiryango yabo ibura kivurira, ibintu byabo birasenyuka ibindi murabyangiza, ndetse n’aho bafunguriwe kubera ikinyoma cyanyu mwabeshye isi yose bakaba ntagihugu cyashoboye kubakira. Hari abandi bagifungiye Arusha, no mu gihugu hirya no hino, cyangwa ahandi, ari abakatiwe ari n’abatarakatirwa, bose nta butabera babonye kuko ikinyoma mwubakiyeho ingoma yanyu, nubwo gitangiye kujya ahagaragara, cyabaye ingorabahizi.

10- Nyakwubahwa Perezida wa Repubulika, si abanyarwanda gusa mwahekuye. Nkuko umucamanza Fernandi Andreu wakoze iperereza rinonosoye abyemeza kandi abibashinja. Ashingiye ku bimenyetso bifatika, abashinja kuba mwarishe muri gatozi cyangwa icyitso abagiraneza b’abasipanyolo 9 bakurikira:

-Joaquím Vallmajó,

-Servando Mayor,

-Julio Rodríguez,

-Miguel Angel Isla,

-Fernando de la Fuente,

-Flors Sirera,

-Manuel Madrazo,

-Luis Valtueña ,

-Isidoro Uzcurun.

Mushinjwa kandi kuba mwarishe mukoresheje ingabo mukuriye umunya Canada witwa Claude Simard ku itariki ya 18/10/1994 i Gitarama. Ku itariki ya 02/02/1997, nabwo mushinjwa kuba mwarishe undi munya Canada witwa Guy Pinard wari umaze imyaka 35 mu Rwanda i Kampanga ho mu Ruhengeri.

11- Nyakubahwa Perezida wa Repubulika mwaranzwe kenshi no gukurikirana impunzi zabahunze hanze y'igihugu kugira ngo muzicireyo. Rimwe na rimwe umugambi mubisha ukamenyekana mutaramena amaraso nkuko byagenze mu bwongereza mushaka guhitana Musonera, mu gihugu cya Afurika yepfo mushaka kwica Général Kayumba Nyamwasa mwasangiye akabisi n'agahiye.

12- Nyakubahwa Perezida wa Repubulika, Biteye isoni n'agahinda kuba ubucamanza bwakagombye kwigenga mwarabuhinduye intwaro yo gukomeza kuniga, guheza,no gupfukirana abatemera ubutegetsi bw'igitugu mwashyizeho mukoresheje imbunda. Mu bizi neza kandi mubigambiriye mukomeje gushinja abahutu muri rusange ibyaha bya Génocide, mu gihe mushinja abatutsi mudashaka ubujura no guhungabanya umutekano w'igihugu.

Madame Victoire Umuhoza Ingabire, bigaragara ko azira ibikorwa bya Politiki, cyane cyane kuba yaraje mu Rwanda kwiyamamaza ashaka guhatanira namwe umwanya wo kuba umukuru w’igihugu. Ni uburenganzira bwe. Kandi kuba ibitekerezo bye yagaragaje bitandukanye n'imyumvire yanyu nta gitangaza kirimo.

Igihe yemera ko mu Rwanda haba amoko, kandi ko hapfuye abahutu n'abatutsi, ndetse bose bakaba bakwiye ubutabera, mwe mwemeza ko nta moko abaho mu Rwanda, mwahindukira mukavuga ko abahutu bishe abatutsi babaziza ko ari abatutsi. Mwagera ku bahutu bapfuye kandi mubifitemo uruhare mukagoreka indimi. Ibitekerezo byanyu ntaho byazigera bihura n'ibya Madame Victoire Ingabire. Abanyarwanda bonyine nibo bafite uburenganzira bwo guhitamo uvuga ukuri bemera.

Igisubizo ntabwo ari ukumushyira mu buroko, mugahimba abamushinja ibinyoma bigaragarira buri wese ko ari ikinamico, namwe mukemeza ko yemeye ibyaha mutarigeze mugera mu cyumba cy’urucyiko aburaniramo ! Maitre Ntaganda, Karoli Ntakirutinka, Niyitegeka, Déogratias Mushayidi, bose bafungiwe ibikorwa bya Politiki.

By'umwihariko kuri Madame Umuhoza Ingabire Victoire, mu Kiganiro mwagiranye n'abanyamakuru ku itariki ya 11/12/2011 igihe mwari mu ruzinduko i Kampala, mwaratinyutse mubeshya isi yose ngo Madame Victoire Ingabire yemeye ibyaha. Ni irihe tegeko ribaha uburenganzira bwo kwivanga mu bucamanza bwagombye kuba bwigenga ? Perezida wa Repubulika amenya ate ko uregwa yemeye ibyaha urubanza rukiburanwa ?

Ni uwuhe mucamanza uzavuguruza Perezida wa Repubulika wamaze gutangaza ko Madame Victoire yemeye ibyaha ? Mwamuhamije ibyaha atararangiza kuburana, nta n'uburenganzira mubifitiye. Igisigaye ni ukumukatira. Murumva atari urukoza soni ku gihugu cyagombye kugendera ku mategeko? Binyuranye n’itegeko nshinga mwishyiriyeho.

13- Nyakubahwa Perezida wa Repubulika,

Tumaze kubona aya marorerwa yose mwakoze, isi yose ikaba iyazi ariko ku nyungu zitandukanye ikicecekera, Tumaze kubona ko ibi bikorwa bigayitse mufitemo uruhare rugaragara, bihesha isura mbi u Rwanda n'abanyarwanda bose, Tumaze kubona ko mwaranzwe, no guteranya abana b'u Rwanda mukoresheje abandi banyarwanda, Tumaze kubona ko kwica abanyarwanda nkuko namwe mubyiyemerera, cyane cyane abatemera ibitekerezo byanyu ariyo ntwaro yanyu ya politiki;

Tumaze kubona ko mu biganiro bitandukanye mwagiranye n'ibinyamakuru mwiyemereye ko arimwe mwishe uwari umukuru w'igihugu Perezida Habyarimana, mukanemera ko mwarashe impunzi z'abahutu zahungiye muri Congo, mukanica n’abanyekongo b’aba Tutsi bo mu bwoko bw’abanyamurenge, mukagaragaza ko mufite umugambi wo kwica abo mutavuga rumwe nkuko mwabivuze muvuga Général Kayumba Nyamwasa, muvuga ko n’isazi muzayicisha inyundo, bwacya mukamurasa;

Tumaze kubona ko mwivanga bikabije mu butabera kandi mukabukoresha ku nyungu zanyu bwite, ibyo bikaba binyuranye n’ibiteganywa n’itegeko nshinga mwishyiriyeho, Tumaze kubona ko mwafashe ubutegetsi mu maze kumena amaraso menshi y'abanyarwanda, ndetse n'ay'abanyamahanga, Tumaze gusanga mwaribye amatora ubugira kabiri bityo akaba nta munyarwanda wabahaye ubutegetsi;

Dusanze ntabudahangarwa mukwiye kuko mwibye rubanda ubutegetsi bwabo, Dushingiye ku biteganywa n'itegekonshinga ry' u Rwanda ryo kuwa 04/06/2003 mwishyiriyeho, cyane cyane mu ngingo yaryo ya 99 aho iteganya ko uwiyamamariza umwanya w'umukuru w'igihugu agomba kuba inyangamugayo, no mu ngingo ya 60 iteganya ko inzego z'ubutegetsi zitandukanye kandi zigenga bityo ubucamanza bukaba bugomba kwigenga ntimubuvogere cyangwa ngo mubukoreshe mu nyungu za politiki, no mu ngingo ya 98 iteganya ko umukuru w'igihugu agomba kubumabatira ubumwe bw'abanyarwanda no kuba umurinzi w'itegekonshinga;

Dushingiye ku bikubiye muri iyi nyandiko turasanga nta na kimwe mwujuje, bityo mukaba mwarishe nkana mubizi kandi mubishaka itegeko nshinga mwishyiriyeho,Turabasaba ko mwakwegura kuri uwo mwanya wa Perezida wa Repubulika, kugira ngo ubutabera bukore akazi kabwo, Turasaba inkiko zigenga, zibifitiye ububasha n'ubushobozi gufata ikibazo cy'ubutabera zitajenjetse, zititaye kubudahangarwa mwihaye mutahawe n'abanyarwanda, Turasaba ibihugu by'inshuti bifasha u Rwanda n'abanyarwanda, gufasha abanyarwanda bamaze gushavura gushyira mu bikorwa ibi byifuzo kugira ngo amahoro arambye agaruke mu Rwanda no mu karere k'ibiyaga bigari:

Umwami w'u Rwanda Nyiricyubahiro Kigeri V Ndahindurwa, uri mu buhungiro mu gihugu cya Leta zunze ubumwe z’Amerika warahiriye kuba Umwami ugendera ku itegekonshinga tariki 09/10/1959, agomba guhita agaruka mu Rwanda nk'Umukuru w'igihugu, Natahe abanyarwanda bicare ku meza amwe babwizanye ukuri ntawuhejwe, ntanuzira ukuri avuze, bace ikinyoma basubirane ubumwe bwabo n’amahoro mbere yo kujya imbere y’ubutabera budahora.

Ubwami bugendera ku itegekonshinga, imitegekere y’igihugu yemejwe kuri 28/07/1959 igihe Umwami Kigeli V NDAHINDURWA yasimburaga Umwami Mutara III Rudahigwa niyo nzira yonyine isubiza abanyarwanda uburengazira bwabo bwo kujya mu mashyaka bihitiyemo no kuragiza ubutegetsi abo bashaka binyuze mu matora adafifitse.

Nyakubahwa Perezida wa Repubulika, mukwiye gufata icyemezo cy’ubutwari mukegura ku mirimo mwihaye mukareka abanyarwanda bakiyunga nyabyo. Bazabishingiraho babakorera ubucamanza butabera kandi budahora.

Mugire amahoro.

Eugen Nkubito

Chaiman R P R K

Bimenyeshejwe

Son excellence Monsieur le Président des USA

Son excellence Monsieur le Président de la République Française

Son excellence Monsieur le Président de la République de l'Uganda

Son excellence Monsieur le Président de la République-Uni de Tanzanie

Sa Majesté le Roi du Rwanda en Exil aux USA Kigeli V Ndahindurwa

Son excellence Monsieur le Premier Ministre Britanique

Son excellence Monsieur le Premier Ministre Belge

Son excellence Monsieur le Premier Ministre du Portugal

Son excellence Monsieur le Premier Ministre d'Espagne

Son excellence Monsieur le Premier Ministre de la Norvége

Son excellence Monsieur le Premier Ministre des Pays Bas

Son excellence Monsieur le Premier Ministre du Canada

Son excellence Madame la Chanceliere da Republique d’Allemagne

Son excellence Monseur le Premier Ministre Danois

Son excellence Monsieur le Premier Ministre du Duche du Luxembourg

Son excellence Monsieur le Premier Ministre du Maroc

Son Excellence Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU, à New York

Son Excellence Monsieur le Président du Conseil de Sécurité, New York,

Madame/Monsieur le Représentant du pays membre permanent du Conseil de

Sécurité (tous)

Monsieur le Greffier du TPIR à Arusha

Monsieur le Procureur du TPIR à Arusha

Commission des Droits de l’homme, à Genève

Commission Internationale des Juristes, à Genève

Association Américaine des Juristes

Association internationale des Juristes démocrates, New Delhi

Cour Européenne de Justice

Cour Européenne des Droits de l’Homme

Cour Africaine des Droits de l’Homme

Centre de lutte contre l’impunité et l’injustice au Rwanda, à Bruxelles

Amnesty International à Londres

Avocats sans frontière à Paris.

FIDH à Paris

HRW (Human Rights Watch)

 

http://rwandarwiza.unblog.fr/2012/01/07/rwandese-protocol-to-return-the-kingdom-rprk-irasaba-perezida-kagame-kwegura/

Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE - Publié dans : Attentat du 6 avril 1994 - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 23:54

 


 

Kagame furieux et ému au point d'en perdre la salive !

Principale déclaration : "Ces mêmes personnes-là qui sont impliquées dans le génocide (entendez les Français) ne peuvent pas nous juger".

Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE - Publié dans : Attentat du 6 avril 1994 - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 06:07

Arusha, 19 janvier 2012 (FH) - Le rapport d’expertise réalisé dans le cadre de l’instruction ouverte en France sur la « destruction en vol du Falcon 50 » de Juvénal Habyarimana détermine le lieu probable du tir et confirme la nature des missiles employés le 6 avril 1994. En revanche, cette expertise confidentielle de 328 pages, dont l’agence Hirondelle a obtenu une copie, n’identifie pas les auteurs du crime.

Ouverte le 27 mars 1998 à la suite d'une plainte déposée par la famille du pilote français du Falcon 50, l'enquête a abouti, en novembre 2006, à l’émission de neuf mandats d’arrêt contre des proches du président Paul Kagame.

Dès la présentation du rapport aux parties, le 10 janvier, les autorités rwandaises en ont interprété les conclusions comme exonérant le FPR de toute responsabilité dans l’attentat, et plusieurs médias ont conclu à la culpabilité des extrémistes hutus.

Déroulement de l’expertise: Avant de se rendre au Rwanda du 12 au 17 septembre 2010 pour, notamment, examiner les lieux de tir possibles, les experts ont étudié les pièces de la procédure.

Au nombre de ces pièces se trouve une lettre du pilote décédé du Falcon 50, Jean-Pierre Minaberry, qui exprime ses craintes après avoir appris que le FPR était entré en possession de missiles SA7.Un ancien lieutenant des FAR, russophone, dit pour sa part avoir eu entre les mains les tubes lance-missiles (soviétiques) et donne leurs numéros de série.

Les témoignages de plusieurs transfuges du FPR, recueillis en 2003 et 2004, attribuent l’attentat au FPR (certains témoins se sont cependant récusés par la suite). Un rapport établi par une commission d’enquête officielle rwandaise, diffusé en 2009, incrimine en revanche les FAR.

Après lecture des pièces, les experts retiennent six zones de tir potentielles. Trois de ces zones sont dans le secteur du camp militaire de Kanombe, qui abritait notamment le bataillon parachutiste et jouxtait la villa de Juvénal Habyarimana. La quatrième zone, dite « la porcherie », est également proche de la résidence présidentielle. Deux zones se situent dans la plaine de Masaka alors également située en territoire contrôlé par les FAR. La thèse du juge Bruguière est que des éléments du FPR  auraient réussi à s’y infiltrer depuis leur cantonnement officiel pour abattre l’avion.

Lors de leur déplacement au Rwanda, les experts entendent douze témoins et effectuent, dans les six zones retenues, les relevés géométriques, topographiques, acoustiques, nécessaires pour tester leurs différentes hypothèses. L’expertise aboutit aux conclusions suivantes :

Détermination de l’arme utilisée : partant de 53 possibilités, l’expertise procède par élimination. Certaines armes sont écartées en raison de la date de leur mise en service, d’autres parce qu’elles ne correspondent pas au type d’impact relevé sur les débris de l’avion, ou bien qu’elles ne peuvent être utilisées de nuit.

Seul le missile sol-air de fabrication soviétiqueSA16 est finalement retenu. Les experts précisent qu’il y avait deux tireurs, éloignés d’une vingtaine de mètres, chacun ayant tiré un missile.

Ils ajoutent que "leur prise de position n'a pas été influencée par la découverte, dans la zone de Masaka, de deux tubes de lancement de missiles SA16", se référant implicitement au témoignage livré en 1999 - et de fait validé - de l'officier russophone des FAR.

Ils rappellent enfin que « la mise en œuvre de ce matériel sol-air nécessite une préparation et un entraînement sérieux. Ce n’est pas un « amateur » ou un néophyte qui peut utiliser correctement ces missiles. Comme nous l’avons précédemment indiqué, 70 tirs d’entraînement, soit 50 à 60 heures, sont nécessaires pour une bonne compréhension du système d’arme afin de devenir un tireur opérationnel.»

Détermination de la zone de tir la plus probable : les experts estiment que les positions de tirs de Masaka sont idéales : « C’est à partir de ces deux positions que la probabilité d’atteinte est la plus élevée de toutes les positions de tirs étudiées », relèvent-ils.

Les positions de Kanombe sont moins bonnes :« La probabilité d’atteinte de l’avion est moins élevée que celle des configurations de tirs Masaka. Elle était suffisante pour que, sur les deux missiles tirés, l’un d‘eux puisse toucher l’avion ».

Cependant, Masaka est finalement écarté: un tir depuis ce lieu aurait percé le réacteur gauche, et n’aurait pas percuté le dessous de l’aile, notent les experts. Surtout, le tir n’aurait pas été entendu de la façon décrite par les témoins de référence du dossier, à savoir un couple belge et leurs invités, qui dinaient ce soir- là dans leur maison située à l’intérieur du camp militaire de Kanombe.

Le rapport conclut : « Le faisceau de points de cohérence qui se dégage des études que nous avons conduites nous permet de privilégier comme zone de tir la plus probable, le site de Kanombe (…) Le fait que nous privilégiions ces deux positions ne signifie pas que les missiles n’ont pas pu être techniquement mis en oeuvre dans un périmètre un peu plus étendu. Nous considérons qu’une zone étendue vers l’Est et le Sud, de l’ordre d’une centaine de mètres voire plus, sous réserve d’avoir un terrain dégagé vers l’axe d’approche de l’avion, peut être prise en compte ».

Cette marge d'appréciation est importante puisqu'elle permet d'envisager que les tireurs aient été postés à l'extérieur de l'enceinte du camp militaire de Kanombe.

Les cinq experts commis devaient remettre leur copie en mars 2011. Après plusieurs reports et l’ajout d’un acousticien, la version finale a été livrée aux magistrats le 5 janvier 2012. Les parties sont trois mois pour remettre leurs observations. Les sept inculpés restent pour le moment mis en examen.

GF/ER/JC
© Agence Hirondelle

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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 05:44

20. jan 2012

Johan_Swinnen-300x200.jpg Dans une interview accordée à l’Hebdomadaire belge « Le Vif l’Express », Johan Swinnen, l’ancien Ambassadeur de la Belgique au Rwanda de 1990 à 1994, a livré son analyse sur le Rwanda, en marge de la publication du rapport d’expertise commandité par les juges français Trevidic et Poux et à l’aube du 50ème anniversaire de l’indépendance du Rwanda.

Interrogé sur  le « rapport Trevidic », l’ancien Ambassadeur  a déclaré ne connaitre de ce rapport que les extraits qui ont fait l’objet de fuites dans la presse sur ce qui n’est « qu’un rapport intermédiaire » et a estimé qu’il était « inacceptable » d’« extrapoler comme le font certains en désignant déjà les tireurs ».

Invité ensuite à livrer son intime conviction sur l’auteur de cet attentat, il hésite « Je n’ose me prononcer là-dessus. Les extrémistes Hutu, peut-être. Mais je n’exclus pas un scénario machiavélique du FPR qui aurait considéré les Tutsi du Rwanda comme quantité négligeable. Voulait-il s’emparer de tout le pouvoir ? Comme il était minoritaire, il ne voulait pas entendre parler d’élections, pourtant inscrites dans les accords d’Arusha de 1993. » Avant d’ajouter « mon intime conviction est que nous devons avoir le courage de poser les questions et y répondre ».

Pour lui, la meilleure méthode afin d’avancer « serait une enquête objective et internationalement mandatée » et  il considère que « Le problème aujourd’hui, c’est que le débat est tronqué. Quiconque émet une nuance, ou formule une question, se fait vite taxer de révisionniste et négationniste. » Avant d’exprimer son ras le bol de la situation « J’en ai assez de ces antagonismes plus idéologiques que factuels, entre experts, politiques, diplomates, rwandais ou européens. »

Sur la question de la planification du génocide, Johan Swinnen s’interroge, « y’avait-il un plan pour exterminer les Tutsi ? Je ne l’exclus pas, mais honnêtement, je n’ai pas connaissance d’un plan général orchestré jusque dans les moindres détails pour associer en masse les Hutu contre les Tutsi et les Hutu modérés. Même si on doit me taxer de révisionniste… »

Il explique alors ce qui pour lui a provoqué des massacres d’une telle ampleur, « La tension était à son comble. Les rebelles du FPR avaient provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes, qui vivaient dans des conditions innommables. Ils sont tous tombés dans le piège de la radicalisation et de l’extrémisme. La haine était partagée entre Hutu et Tutsi !Je suis le seul diplomate à m’être rendu à Mulindi pour dire à Kagame qu’il devait également faire taire sa radio Muhabura, si je voulais avoir des chances de succès dans mes démarches à l’égard de la RTLM. Muhabura était aussi une radio de la mort. »

Durant l’interview, l’ancien Ambassadeur a également répondu  à des questions  sur le rôle de la MINUAR, les raisons du retrait des belges du Rwanda, les relations entre les bailleurs de fonds et le Rwanda pour lequel il considère malgré des aspects à apprécier à leur juste valeur, qu’« Il y’a une dérive autoritaire. »

L’intégralité de l’entretien est disponible dans le Vif l’Express 20 au 26 janvier 2012.

Ruhumuza Mbonyumutwa

 

Télécharger l'interview de l'Ambassadeur Swinnen

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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 05:40

Myard Jacques

Par Jacques Myard(UMP)

Vendredi 13/01/2012

Ainsi donc, après 18 ans de tensions entre Paris et Kigali, la « vérité » surgirait enfin du trou noir et, selon les conclusions du juge Trévidic, les missiles qui ont abattu l'avion du Président Habyarimana le 6 avril 1994 auraient été tirés du camp de Kanombé tenu par les forces armées loyales. En un mot, le Président Habyarimana aurait été assassiné par des Hutus extrémistes qui ne voulaient pas du processus de réconciliation prévu par les accords d'Arusha.

Cette « vérité » semble cependant avoir un fort goût de vérité de circonstance , pour ne pas dire diplomatique, elle oublie un peu vite des éléments qui sont autant d'éléments qui accusent le Président Kagamé.

Le camp qui avait tout à craindre d'élections démocratiques -un homme, une voix - n'était pas celui des Hutus, mais celui des Tutsi, ethniquement minoritaire. Kagamé voulait prendre le pouvoir ; une seule solution : la force, il l'a lui même répété à plusieurs reprises.

Les fameux missiles sol-air de fabrication russe provenaient d'un stock vendu par Moscou à l'Ouganda, base arrière et de soutien des forces du FPR de Kagamé.

Les écoutes ont prouvé que les « tireurs » des missiles ont rendu compte immédiatement après le crash de l'avion à des éléments du FPR, indiquant que leur mission était accomplie.

La vérité flambant neuf du juge Trévidic, à l'évidence, semble fort sélective !

Jacques Myard rappelle qu'il a été membre de la mission d'information parlementaire qui a enquêté pendant 6 mois, en 1998, sur le génocide rwandais.

http://www.medias-france-libre.fr/chroniques/25-communiques-politique/1969-rwanda-manipulation-par-jacques-myardump

Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE - Publié dans : Attentat du 6 avril 1994 - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 04:57

LUGAN.jpg Mercredi 18 Janvier 2012

1) Le Rapport parlementaire français date de 1998. Or, depuis, les connaissances que nous avons de la question ont considérablement progressé. C’est ainsi que devant les quatre Chambres du TPIR, des centaines de témoins ont parlé, des milliers de documents ont été présentés, de nombreux experts de toutes disciplines ont déposé des rapports. L’histoire a donc avancé. Vous semblez l’ignorer et c’est pourquoi votre analyse des évènements est obsolète.

Expert dans les principaux procès qui se sont tenus devant le TPIR[1], et étant intervenu en fin de chaque procédure, j’ai très exactement eu à faire le bilan de ces avancées historiographiques. Pour être clair, disons que je fus à plusieurs reprises assermenté par le TPIR, à la demande de la Défense, pour montrer au Tribunal en quoi les avancées scientifiques résultant d’années de procédure contredisaient l’acte d’accusation dressé dans les années 1995-1997, et le rendaient par conséquent obsolète.

Assermenté dans les deux principaux procès des responsables militaires (Militaires I et Militaires II TPIR-98-41-T et TPIR- 2000-56-T), j’ai tout particulièrement travaillé sur la question du « timing » de l’offensive du FPR.

Cette question est en effet fondamentale car, depuis 1994, le FPR soutient qu’il l’a lancée plusieurs jours après l’attentat pour se porter au secours des populations massacrées.

Or, non seulement cette thèse n’a pas prospéré devant le TPIR, mais il a même été établi et cela sans le moindre doute, que cette offensive - qui avait été programmée puisque les forces et les moyens avaient été prépositionnés -, a suivi l’attentat et qu’elle débuta dès la nuit du 6 au 7 avril 1994. Nous avons le nom des chefs de colonnes, leur lieu de concentration dans  le nord du Rwanda, leur effectif, leur ordre de marche et le minutage précis de leur progression. Les premiers combats ont commencé à Kigali le 7 avril très précisément entre 5 et 6 heures du matin[2].

 

Il est insolite de constater que vous semblez l’ignorer ; mais il est vrai que votre association n’a pas eu, comme moi, accès à l’ensemble des travaux du TPIR.

 

2) Contrairement à ce que vous écrivez, les experts n’ont pas déterminé avec une précision « qui n’est pas contestée » le lieu du tir des deux missiles lequel est d’ailleurs en contradiction avec les témoignages des acteurs de l’attentat. Mais, ce sera au juge de les confronter.

Dans l’immédiat, je vous livre quelques informations qui ont leur importance au sujet de l’expertise acoustique puisque c’est elle qui l’a emporté sur les hésitations des autres experts :

 

- L’expert acoustique ne s’est pas rendu au Rwanda et il a fait son expertise « en chambre ».

- Il n’a jamais entendu un départ de SA 16.

- Selon certaines informations « officieuses » en cours de vérification, cette expertise aurait été faite sur simulation, avec un missile d’un type voisin du SA 16 et dans un camp militaire français de la région de Vierzon. Pour mémoire, la région de Vierzon est plate alors que celle du lieu de l’attentat est un cirque de collines…, ce qui a tout de même une certaine importance dans la propagation des sons !!!

Si ces informations étaient vérifiées, nous serions donc en plein amateurisme, pour ne pas dire en pleine dérive…

 

3) Le camp Kanombe n’était pas comme vous l’écrivez, le « sanctuaire » de la garde présidentielle dont le cantonnement principal était situé au centre ville de Kigali, face au CND, casernement de l’APR depuis la signature des Accords d’Arusha.

J’ai bien connu le camp Kanombe quand je vivais au Rwanda. Je puis certifier qu’à cette époque - peut-être y eut-il des changements ensuite -, il n’avait rien d’une caserne de la Légion étrangère… et on y pénétrait facilement à condition de ne pas franchir l’entrée principale. A mon époque toujours, c’était un vaste espace en partie  clôturé par deux rangs de barbelés souvent détendus, ouvert vers Masaka sur des friches et des taillis. J’y ai chassé la perdrix sur ses limites hautes vers la colline Masaka, et la bécassine  dans  le vallon séparant la colline Kanombe de celle de Masaka.

Ceci pour dire qu’effectivement,il n’est pas exclu qu’un commando FPR ait pu s’y introduire. Mais les acteurs de l’attentat parlent tous de Masaka.

Or, vous faites totalement l’impasse sur ces témoignages extrêmement détaillés qui figurent pourtant au dossier et que le juge confrontera au rapport des experts.

Afin de précéder votre question, je porte à votre connaissance, car vous semblez définitivement ignorer les travaux du TPIR, que l’un de ces témoins, Abdul Ruzibiza, a fait sous serment devant la Cour les mêmes déclarations que celles antérieurement faites au juge Bruguière et que, quelques semaines avant sa mort, il les confirma devant la justice française, revenant ainsi sur une précédente rétractation. Depuis, d’autres témoins ou acteurs se sont déclarés qui, tous, confirment l’hypothèse avancée par le juge Bruguière.

 

Nous sommes d’accord sur un point : l’avion présidentiel a bien été abattu par deux missiles Sam7. Or, et là encore, et vous semblez l’ignorer, la traçabilité de ces deux missiles a été établie. Grâce à la coopération judiciaire de la Russie nous savons en effet que ces deux missiles portables SAM 16 dont les numéros de série étaient respectivement 04-87-04814 et 04-87-04835 faisaient  partie d’un lot de 40 missiles SA 16 IGLA livrés à l’armée ougandaise quelques années auparavant. Or, vous n’êtes pas sans savoir que Paul Kagamé et ses principaux adjoints furent officiers supérieurs dans l’armée ougandaise avant la guerre civile rwandaise et que, de 1990 à 1994, l’Ouganda fut la base arrière mais aussi l’arsenal de l’APR. Sur ce point également, les travaux du TPIR permettent des certitudes.

De plus, comme cela a été établi, une fois encore devant le TPIR, l’armée rwandaise ne disposait pas de tels missiles.

Le FPR a tenté de faire croire qu’en 1991, quand il était chef d’état-major des FAR, le colonel Serubuga en aurait commandé à l’Egypte. Cet argument a été balayé de la manière la plus formelle par le TPIR qui a admis qu’il s’agissait d’un faux, ou plus exactement d’une tentative de manipulation à partir d’une facture pro forma (je donne la photocopie du document dans mon livre page 297) que l’on avait tenté de faire passer pour une facture authentique. Cette curieuse méthode attira d’ailleurs une réponse cinglante du président de la Chambre que je cite pages 261-264 de mon livre.

 

Voilà, cher Monsieur, quelques éléments de réponse qui, j’en suis sûr, n’entameront pas vos certitudes militantes.

Que peuvent en effet les preuves face à une croyance quasi religieuses puisque vous êtes persuadé d’être le Bien contre le Mal ? L’historien dont la position a évolué au fur et à mesure du dossier a, quant à lui, toujours à l’esprit cette phrase de Beaumarchais que je vous invite à méditer : « Je ne blâme ni ne loue, je raconte ». 

 

Bernard Lugan

14/01/12

 

[1] Expert assermenté dans les affaires Emmanuel Ndindabahizi (TPIR-2001-71-T), Théoneste Bagosora (TPIR-98-41-T), Tharcisse Renzaho (TPIR-97-31-I), Protais Zigiranyirazo. (TPIR-2001-73-T), Innocent Sagahutu (TPIR-2000-56-T), Augustin Bizimungu (TPIR- 2000-56-T). Commissionné dans les affaires Edouard Karemera (TPIR-98-44 I) et J.C Bicamumpaka. (TPIR-99-50-T). La synthèse de ces rapports et des travaux du TPIR a été faite dans Bernard Lugan (2007) Rwanda : Contre-enquête sur le génocide et l’actualisation du dossier dans l’Afrique Réelle, n°4, avril 2010, disponible par PDF à la revue www.bernard-lugan.com

[2] Pour la chronologie détaillée de cette question, je vous renvoie à mon livre (Rwanda : Contre-Enquête sur le Génocide à partir de la page 84.) Depuis la parution de ce livre, la chronologie a encore été affinée.

Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE - Publié dans : Attentat du 6 avril 1994 - Communauté : Afrique des Grands Lacs
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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 21:44

par Hervé Cheuzeville, mercredi 11 janvier 2012, 15:00

http://www.facebook.com/ibukabose

http://www.facebook.com/notes/herv%C3%A9-cheuzeville/la-lourde-responsabilit%C3%A9-du-juge-tr%C3%A9vidic/10150520766638850

 Ce matin, j’éprouve un sentiment d’indignation, d’effarement, de révolte. J’ai l’impression que tous les efforts consentis depuis des années, par moi-même mais aussi par d’autres que moi, souvent plus qualifiés, afin de faire éclater la vérité, ont été anéantis par quelques flashs d’information claironnant depuis hier soir les résultats biaisés d’une enquête de complaisance.

On l’aura compris, c’est la publicité donnée aux conclusions des « experts » désignés par le juge français Marc Trévidic qui me met hors de moi. Ainsi donc, si j’en crois ce qui a été abondamment relayé par les médias français, l’avion dans lequel les présidents rwandais et burundais, leurs entourages respectifs et l’équipage français, en ce funeste soir du 6 avril 1994, ce Falcon 50 aurait été abattu par des « extrémistes hutu » (pour reprendre la terminologie douteuse utilisée par nos grands médias). Il n’aurait donc pas été descendu par les hommes de Paul Kagame, l’homme fort arrivé au pouvoir dans les mois qui suivirent cet élément déclencheur d’épouvantables massacres et de la reprise de la guerre au Rwanda.

Ces mêmes grands médias ainsi que les relais traditionnels de la propagande kagamiste en France et en Belgique nous « rappellent » que ces conclusions contredisent une thèse officielle depuis 1994, à savoir celle qui indique que c’est le FPR  de Paul Kagame qui serait à l’origine du tir de missiles contre l’avion présidentiel. Il n’y a rien de plus mensonger ! Ces conclusions remettent au contraire à l’honneur la thèse officielle qui a prévalu durant les années qui ont suivi le génocide rwandais. En effet, durant toute la fin des années 90 et jusqu’au début des années 2000, c’est bien cette thèse d’un acte commis par les « extrémistes hutu » qui était considérée comme la plus crédible et qui était reprise par les grands médias internationaux. Ce n’est que peu à peu que la gangue de mensonges accumulés pendant des années a commencé à se craqueler. Tout doucement, on a commencé à évoquer une autre possibilité : celle d’une action d’hommes du FPR, sur ordre de Paul Kagame. Il est vrai que cette version-là fut largement diffusée à la suite du travail accompli par le juge Bruguière, prédécesseur du juge Trévidic.  Bruguière n’avait pas hésité à lancer des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de proches de Paul Kagame, faute de pouvoir inculper Kagame, protégé par son immunité de chef d’Etat. La procédure lancée par le juge Bruguière amena le dictateur rwandais, rendu furieux, à rompre les relations diplomatiques avec la France, le 24 novembre 2006.

La thèse selon laquelle Paul Kagame a donné l’ordre d’abattre l’avion du président Habyarimana n’émane pas de la seule ordonnance du juge Bruguière. De nombreux témoins rwandais, dont certains issus des rangs du FPR, l’ont aussi défendue. Le dernier en date n’est autre que le Dr Théogène Rudasingwa, qui fut secrétaire-général du FPR et qui était major dans l’armée de Kagame au moment des faits. Monsieur Rudasingwa a fui aux Etats-Unis et c’est depuis ce pays qu’il a publié une confession choc, en octobre 2011. Dans ce document, il révélait que Kagame lui-même lui avait confirmé avoir donné l’ordre d’abattre l’avion. Dans un communiqué publié hier, il s’étonne de ne pas avoir été entendu par le juge Trévidic, malgré sa pleine et entière disponibilité pour témoigner.

Afin d’essayer d’y voir clair, il convient de reprendre un certain nombre d’éléments importants.

1.    Selon la thèse mettant en cause les « extrémistes hutu », le président Habyarimana aurait été assassiné car il avait fait de trop grandes concessions lors des négociations d’Arusha. Les extrémistes, craignant de voir le FPR entrer au gouvernement de transition, auraient décidé de s’emparer du pouvoir. Pour cela, il fallait éliminer le président. Tous les témoins sur place confirment la panique et l’inorganisation qui régnaient au sein de ce qui restait du gouvernement rwandais dans les heures qui suivirent la mort d’Habyarimana. Ceux qui devaient prendre les rênes du pouvoir le lendemain avaient été visiblement pris au dépourvu par l’évènement. Leur état d’impréparation et d’inorganisation était total.  Pour avoir vécu un certain nombre de coups d’Etat militaires, je sais qu’une telle opération ne s’improvise pas. Elle est toujours planifiée des semaines, voire des mois à l’avance. L’organigramme du nouveau pouvoir est généralement prêt avant même que le coup d’Etat n’ait eu lieu. Cela n’a pas été le cas au Rwanda le 6 avril 1994. Le sommet de l’Etat a été décapité par l’attentat et des hommes de seconde importance se sont retrouvés propulsés sur le devant de la scène sans y avoir été préparés, tel ce colonel Bagosora qui n’était que directeur du cabinet du ministre de la défense. Par contre, l’offensive générale lancée par le FPR le soir même de l’attentat était loin d’être improvisée. Sans avoir étudié dans une école de guerre, je sais qu’une offensive générale doit nécessairement être minutieusement préparée, des mois à l’avance. La logistique, en particulier, doit être en place (carburant, munitions, moyens de transport et de communication). La coordination entre les différentes unités, entre les différents services, doit être scrupuleusement réglée. Et enfin, les hommes doivent être prêts et ils doivent se trouver rassemblés aux endroits voulus au moment voulu. Cette offensive générale du FPR ne peut donc pas avoir été décidée en réaction à la mort du président Habyarimana, mais bien en prévision de cette mort.    

2.    Des éléments du FPR se trouvaient depuis des mois à Kigali, en vertu des accords d’Arusha. Ils étaient stationnés au CND, le parlement rwandais, et des convois escortés par les forces de l’ONU leur permettaient d’aller et venir entre le territoire occupé par le FPR, au nord du pays, et la capitale.  Il n’est donc pas inconcevable de penser que des soldats du FPR, probablement déguisés en soldats gouvernementaux, aient pu s’approcher de l’aéroport afin de tirer des missiles contre l’avion en phase d’atterrissage.

3.    Les missiles : il a été établi que ces missiles étaient d’origine soviétique. Or, l’armée rwandaise n’en était pas équipée. Par contre, l’armée ougandaise en avait. Rappelons ici que le FPR est une émanation de la NRA , l’armée du président ougandais Museveni. C’est une faction de cette armée, composée de soldats et d’officiers d’origine rwandaise, portant l’uniforme ougandais, utilisant des armes provenant des armureries ougandaises, qui a attaqué le Rwanda, à partir du territoire ougandais, le 1er octobre 1990, déclenchant ainsi la guerre qui devait amener le FPR au pouvoir. Durant toute la durée de cette guerre, le FPR a disposé de bases en Ouganda, il a recruté en Ouganda et il a reçu son armement, son équipement et ses renforts de ce pays. Et-il donc inconcevable de penser que les missiles sol-air qui ont abattu l’avion du président Habyarimana aient été fournis au FPR par l’Ouganda ?

4.    Les conclusions du rapport d’experts du juge Trévidic indiquent que les missiles auraient été tirés depuis le camp militaire de Kanombe. Il convient d’expliquer ici la configuration topographique de Kigali. Cette ville s’est progressivement étendue sur différentes collines, qui sont devenues les différents quartiers composant la capitale rwandaise. Kanombe n’est pas seulement un camp militaire. C’est avant tout un quartier de Kigali situé sur une colline dénommée Kanombe, se trouvant à proximité immédiate de l’aéroport. S’il est difficile d’admettre que des soldats du FPR aient pu tirer les missiles depuis le camp militaire de Kanombe, il est par contre possible qu’ils aient opéré depuis la colline de Kanombe. Cela ne contredirait en rien les conclusions du rapport d’experts.

Ceci étant posé, il convient aussi de rappeler dans quel contexte ce rapport d’experts est rendu public. Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la diplomatie française, à l’initiative du ministre Kouchner, ami et propagandiste de Kagame, a tenté de renouer avec le Rwanda. Claude Guéant s’est rendu à Kigali en 2009 pour négocier avec le dictateur rwandais les termes de la réconciliation franco-rwandaise. Cela tombait à pic pour Kagame : il était de plus en plus isolé, ses alliés anglo-saxons et ses amis scandinaves commençaient à prendre leurs distances avec son régime. Kagame émit une condition sine qua non au rapprochement avec Paris : l’effacement du contentieux juridique créé par l’ordonnance du juge Bruguière. Tout fut donc mis en œuvre, en France, pour décrédibiliser le travail de ce juge, afin de permettre l’annulation des mandats d’arrêts internationaux visant les proches du général-président. Il fut convenu que le remplaçant de Bruguière aurait la possibilité de mener son enquête sur le terrain. Jusqu’alors, Kagame s’était toujours opposé à la moindre investigation sur la mort de son prédécesseur. Nul doute que ses services, fort compétents en la matière, aient soigneusement préparé la venue des experts du juge Trévidic, et qu’ils leur aient fourni des éléments savamment concoctés.

La prochaine étape de ce processus sera certainement l’annulation des mandats d’arrêts  internationaux lancés par le juge Bruguière.  

Des militaires français sont morts le 6 avril 1994 : Jack Héraud, pilote du falcon 50, Jean-Pierre Minaberry, co-pilote et Jean-Marc Perrine, mécanicien de l’avion.  D’autres Français furent mystérieusement assassinés dans leur résidence dès le lendemain : les adjudants-chefs Maier et Didot ainsi que Gilda, l’épouse de ce dernier. Il est probable qu’ils en savaient trop pour avoir vu ce qui s’était réellement passé la veille. Depuis près de 18 longues années, les familles de ces citoyens français attendent que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ces décès. Les Burundais se demandent aussi quand seront élucidées les circonstances de la mort du président Cyprien Ntaryamira, de Bernard Ciza, ministre du plan et de Cyriaque Simbizi, ministre  de la communication.   Enfin, le peuple rwandais dans son ensemble continue à espérer que la vérité finisse un jour par éclater au sujet de cet attentat qui coûta la vie au président Juvénal Habyarimana, au général Déogratias Nsabimana, chef d’Etat-Major, au colonel Elie Sagatwa, chef du cabinet militaire de la présidence, au major Thaddée Bagaragaza, responsable de la maison militaire de la présidence, à Juvénal Renzaho, conseiller du président pour les affaires étrangères et au Dr Emmanuel Akingeneye, médecin personnel du chef de l’Etat.  Car au-delà de la mort de toutes ces personnes, il s’agit de comprendre qui a donné l’ordre d’abattre l’appareil, qui a commis ce crime et comment. Car la réponse à ces questions permettrait aussi de savoir qui porte la plus grande responsabilité dans les massacres de grande ampleur qui ont suivi l’attentat. C’est cet attentat, suivi par la rupture de la trêve, qui a réuni les conditions pour que de tels massacres puissent avoir lieu.

Le juge Marc Trévidic porte donc une lourde responsabilité. Il devrait prendre le temps de recueillir tous les témoignages, y compris celui du Dr Rudasingwa, qui ne demande qu’à témoigner, et ceux d’autres anciens membres du FPR. Il devra faire preuve d’indépendance pour résister aux fortes pressions politiques et diplomatiques. Et surtout, les grands médias devraient se garder de toutes conclusions hâtives et avoir davantage d’esprit critique. La tragédie rwandaise dépasse beaucoup d’autres grands drames par son ampleur, sa magnitude et surtout son horreur. Les victimes, toutes les victimes, doivent avoir le droit au respect et à la vérité.

Hervé Cheuzeville,  11  janvier 2012      

(Auteur de trois livres: "Kadogo, Enfants des guerres d'Afrique centrale", l'Harmattan, 2003; "Chroniques africaines de guerres et d'espérance", Editions Persée, 2006; "Chroniques d'un ailleurs pas si lointain - Réflexions d'un humanitaire engagé", Editions Persée, 2010)

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