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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 02:40

HUMAN RIGHTS WATCH LOGO Les progrès se sont poursuivis au Rwanda en 2011 dans les domaines du développement, des services publics, de la santé et de l'économie. Les projets de révision des lois sur l'idéologie du génocide et les médias contenaient quelques modifications positives, mais laissent ouverte la possibilité de poursuites inappropriées pour « idéologie du génocide ». Par ailleurs, la liberté d'expression et l'espace politique sont toujours sévèrement restreints. Les membres des partis d'opposition, les journalistes et autres personnes considérées comme des détracteurs du gouvernement ont été arrêtés, détenus et traduits en justice, certains pour le simple fait d’avoir exprimé leurs opinions. Les chefs d’accusation comme l’atteinte à la sûreté de l'État et l’incitation à la désobéissance civile ont été de plus en plus utilisés pour poursuivre les détracteurs du gouvernement.

Les tribunaux communautaires gacaca avaient presque terminé leurs travaux à la fin de l'année, après avoir traité depuis 2005 plus de 1,2 million d’affaires liées au génocide de 1994. Un certain nombre de demandes de révision des décisions gacaca sont restées en suspens.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a jugé que l’affaire de Jean-Bosco Uwinkindi devait être renvoyée devant les tribunaux nationaux du Rwanda.

Opposants au gouvernement et autres détracteurs

Bernard Ntaganda, chef du parti d'opposition PS-Imberakuri, a été jugé et condamné à quatre ans de prison en février 2011. Il a été reconnu coupable d'atteinte à la sécurité nationale, de divisionnisme et d’avoir tenté d'organiser des manifestations sans autorisation.

Le procès de Victoire Ingabire, dirigeante du parti d'opposition FDU-Inkingi, a véritablement commencé en septembre après de multiples ajournements. Victoire Ingabire fait face à six chefs d’accusation : création d'un groupe armé, complicité dans des actes terroristes, complicité dans l’atteinte à la sûreté de l'État par le terrorisme et la violence armée, incitation de la population à se soulever contre l'État, idéologie du génocide et divisionnisme. Elle était jugée avec quatre co-accusés, tous membres actuels ou anciens des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé opérant en République démocratique du Congo, composé en partie de personnes qui ont participé au génocide rwandais. Ils ont tous les quatre incriminé Victoire Ingabire. Le procès était en cours à ce jour.

D’autres membres des FDU-Inkingi et du PS-Imberakuri ont été harcelés et intimidés. Les représentants des FDU-Inkingi, Anastase Hagabimana et Norbert Manirafasha ont été arrêtés le 20 avril en liaison avec un projet de déclaration par leur parti critiquant l'augmentation du coût de la vie au Rwanda. Manirafasha a été libéré le 3 mai, sans chefs d’accusation. Hagabimana a été maintenu en détention préventive jusqu'au 26 août, date à laquelle il a été libéré provisoirement. Il a été jugé sur des accusations d’atteinte à la sûreté de l'État. À ce jour, le jugement était prévu pour novembre.

Il n'y a pas eu de progrès dans l’affaire du meurtre en juillet 2010 d'André Kagwa Rwisereka, vice-président du Parti vert démocratique du Rwanda, parti d’opposition. Personne n'a été inculpé de son meurtre.

Quatre anciens hauts représentants du gouvernement et de l'armée devenus des critiques virulents, et vivant aujourd'hui en exil — Faustin Kayumba Nyamwasa, Patrick Karegeya, Gerald Gahima, et Théogène Rudasingwa — ont été jugés par contumace par un tribunal militaire en janvier. Le procès s’est concentré sur les critiques formulées publiquement par les accusés contre le gouvernement et le président Paul Kagame. Ils ont été reconnus coupables d'atteinte à la sûreté de l'État, déstabilisation de l'ordre public, de divisionnisme, de diffamation et de formation d’une association de malfaiteurs. Karegeya et Gahima ont été condamnés chacun à 20 ans d'emprisonnement, et Nyamwasa et Rudasingwa chacun à 24 ans, avec une inculpation supplémentaire pour désertion de l’armée. Le procès de six personnes accusées d'implication dans une tentative manquée d'assassinat de Nyamwasa en 2010 a débuté en Afrique du Sud en juin et les audiences ont continué jusqu’en octobre. À ce jour, le procès n'était pas encore terminé.

Le frère de Nyamwasa, le lieutenant-colonel Rugigana Ngabo, détenu au secret depuis son arrestation en août 2010, a comparu devant un tribunal militaire en janvier, accusé d’atteinte à la sûreté de l'État. Les détails de ses crimes présumés n'ont pas été divulgués lors des premières audiences. Àla demande de l’auditeur militaire, les audiences suivantes ont eu lieu à huis clos.

Des individus moins en vue ont également été sanctionnés pour avoir critiqué les politiques de l'État. L'abbé Émile Nsengiyumva, un prêtre de l'Est du Rwanda, a été arrêté suite à un sermon de Noël en décembre 2010 dans lequel il s'était opposé à une politique du gouvernement visant à détruire les maisons de chaume et des propositions visant à introduire des restrictions dans les plannings familiaux. Il a été accusé d'atteinte à la sûreté de l'État et d’incitation à la désobéissance civile. En juillet, il a été condamné à 18 mois d'emprisonnement.

La loi sur l'idéologie du génocide, qui a été utilisée pour cibler les détracteurs du gouvernement, est passée par un processus de révision. S’ils sont adoptés, certains projets d'amendements permettraient de limiter l’étendue du détournement de la loi en définissant l'infraction avec plus de précision et en exigeant que l’intention du délit soit prouvée. Toutefois, des infractions vagues telles que l'approbation du génocide par le mépris d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leurs caractéristiques communes sont incluses dans le projet et sont propices aux abus. Le nouveau projet de loi propose une réduction des peines.

Médias indépendants

Le gouvernement a fait des projets d'amendements aux lois sur les médias qui, si ceux-ci sont adoptés, lèveront certaines des lourdes restrictions imposées aux journalistes et introduiront l'autorégulation par les médias. Cependant, après des années d'intimidation et une répression accrue des médias indépendants en 2010, il n'y a presque aucun journaliste indépendant rwandais opérant au Rwanda. Plusieurs journalistes indépendants notoires demeurent en exil.

En février, Agnès Uwimana Nkusi et Saidati Mukakibibi, du journal Umurabyo, ont été jugées et condamnées à des peines de 17 ans et 7 ans de prison, respectivement, pour la publication d'articles critiques à l’égard du gouvernement et du président Kagame. Le tribunal a jugé que les deux femmes avaient incité le public à se soulever contre l'État et les a trouvées toutes deux coupables d'atteinte à l'ordre public. Uwimana, rédactrice en chef du journal, a également été reconnue coupable d'avoir minimisé le génocide, de divisionnisme et de diffamation.

En septembre, la Cour suprême a entendu l'appel de Didace Nduguyangu et Antoine Karemera, reconnus coupable de l'assassinat du journaliste d'Umuvugizi, Jean-Léonard Rugambage, en 2010. L’affaire reposait sur la théorie selon laquelle ils avaient tué Rugambage pour venger la mort d'un parent, que Rugambage avait prétendument tué pendant le génocide. Les deux hommes ont été condamnés à la prison à vie en 2010. En appel, la peine de Nduguyangu a été réduite à 10 ans et Karemera a été acquitté. D’après les informations disponibles, les autorités judiciaires n’auraient pas poursuivi des pistes suggérant que Rugambage pourrait avoir été tué à cause de son travail d'investigation en tant que journaliste.

Défenseurs des droits humains

L'intolérance du gouvernement pour les critiques et son hostilité envers les organisations des droits humains signifient qu'il y a peu de marge pour que les organisations rwandaises puissent rendre compte des violations des droits humains par l'État. En raison des menaces et des actes d’intimidation commis par des individus proches du gouvernement à l’encontre des défenseurs des droits humains, ainsi que d’un certain degré d'autocensure, peu d’associations de la société civile rwandaise critiquent publiquement le bilan du gouvernement en matière de droits humains.

En août, Joseph Sanane et Epimack Kwokwo, le président et le secrétaire exécutif par intérim de la Ligue des droits de la personne dans la région des Grands Lacs (LDGL) — une des rares organisations de droits humains encore active au Rwanda — ont été empêchés de se rendre au Burundi et ont été détenus par la police. Ils ont été interrogés sur l'administration interne et les finances de la LDGL, et accusés d'avoir aidé son ancien secrétaire général à quitter le pays. Kwokwo a été libéré le jour même. Sanane a été détenu pendant une nuit. Aucun des deux n’a été inculpé d’une infraction criminelle.

De hauts responsables gouvernementaux et des médias pro-gouvernementaux ont continué de discréditer les organisations internationales de défense des droits humains dans des discours publics, des articles et des interviews. Des médias et des sites Internet pro-gouvernementaux ont également lancé des attaques personnelles contre des défenseurs des droits humains, des universitaires et d'autres personnes pour avoir peint une image négative de la situation de droits humains au Rwanda.

Justice pour le génocide

Les tribunaux communautaires gacaca, qui ont traité plus de 1,2 million d’affaires liées au génocide depuis 2005, avaient presque achevé leurs travaux à la fin de 2011. Ils laissent derrière eux un héritage mitigé, avec un certain nombre de réalisations positives — notamment le travail rapide des tribunaux, la forte participation de la population locale et la révélation d’informations sur les événements de 1994 — mais aussi des violations du droit à un procès équitable, l’intimidation de témoins, la corruption de juges et autres parties, et l'ingérence politique. Alors que le système gacaca se prépare à fermer, le gouvernement réfléchit à la manière de traiter les demandes de révision des décisions des tribunaux gacaca.

En juin, la chambre de renvoi du TPIR a jugé que l’affaire de Jean-Bosco Uwinkindi devait être transférée devant les juridictions nationales du Rwanda. Dans le passé, le TPIR et les juridictions d'autres pays avaient refusé de transférer les affaires de génocide au Rwanda en raison de préoccupations au sujet de l’équité de la procédure. L’appel d’Uwinkindi contre la décision était en instance à ce jour. En octobre, la Cour européenne des droits de l'homme a jugé que l'extradition de Sylvère Ahorugeze de la Suède vers le Rwanda ne l'exposerait pas à un risque réel de déni de justice flagrant, et ne violerait donc pas la Convention européenne des droits de l'homme. Ahorugeze avait été arrêté en Suède en 2008 suite à une demande d'extradition par le Rwanda.

Procès liés aux attaques à la grenade de 2010

Vingt-neuf personnes ont été jugées dans le cadre d'une série d'attaques à la grenade au Rwanda en 2010 et durant les années précédentes. La plupart des accusés ont plaidé coupable. Plusieurs ont déclaré au tribunal qu'ils avaient été placés illégalement en détention militaire pendant plusieurs mois et torturés. Le procès, qui a débuté en février, était en cours à ce jour.

Dans une affaire distincte, un professeur d'université, Lambert Havugintwari, a été arrêté à Huye le 9 février et placé illégalement en détention militaire dans un endroit tenu secret pendant plusieurs semaines. Lui et son co-accusé, Alexandre Munyentwali, ont été accusés d'avoir introduit des grenades dans le pays et inculpés d'atteinte à la sûreté de l'État et de former une association de malfaiteurs. Ils ont été jugés en novembre et attendent le verdict du tribunal à ce jour.

Cas liés à la République démocratique du Congo

Il n'y a eu aucun progrès dans l’affaire de Laurent Nkunda, ancien dirigeant du groupe armé congolais du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), qui est resté détenu illégalement en résidence surveillée à Kigali, la capitale, depuis janvier 2009, sans accès à un avocat et un accès occasionnel aux membres de sa famille. Des tentatives répétées pour obtenir que son dossier soit traité par les tribunaux rwandais sont restées bloqués.

D’après les informations disponibles, les autorités rwandaises n’auraient pas pris de mesuresen réponse aux allégations de crimes graves commis par l'armée rwandaise au Congo en 1996 et 1997, contenues dans le rapport de mapping de 2010 du bureau du Haut commissaire pour les droits de l'homme des Nations Unies.

Protection des refugiés

Le Rwanda a exercé une pression considérable sur les États hébergeant des réfugiés rwandais et sur le bureau du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) pour qu’ils invoquent avant le 31 décembre 2011 « la clause de cessation» de la Convention de 1951 de l’ONU relative au statut des réfugiés, en vertu de laquelle les pays d'accueil peuvent déclarer qu'un groupe donné de réfugiés n'ont plus besoin de protection et devraient retourner chez eux. Le gouvernement de la Zambie et le HCR ont annoncé des mesures pour préparer la cessation le 5 septembre. Dans un communiqué conjoint avec le gouvernement rwandais le 7 octobre, le HCR a recommandé que les États invoquent la clause de cessation avant le 31 décembre 2011, effective à partir du 30 juin 2012. Les ONG internationales ont exprimé leur préoccupation au sujet des violations de droits humains au Rwanda, ainsi que leurs craintes que les pays accueillant un grand nombre de réfugiés rwandais puissent ne pas avoir des procédures adéquates pour traiter les demandes d'exemption au regard de cette clause.

Acteurs internationaux clés

La plupart des gouvernements étrangers ont continué de largement soutenir le gouvernement rwandais et d'applaudir les succès de son développement. Toutefois, certains gouvernements ont exprimé une préoccupation croissante au sujet des restrictions sur la liberté d'expression et l'espace politique après les élections de 2010. Un avertissement par la police métropolitaine de Londres au sujet de menaces de sécurité contre deux Rwandais vivant au Royaume-Uni en mai a influé sur les perceptions occidentales du gouvernement en matière de droits humains, en particulier au Royaume-Uni, l'un des partenaires les plus importants du Rwanda. Toutefois, ces évolutions n’ont pas modifié fondamentalement la politique étrangère et la politique de développement de la plupart des gouvernements occidentaux.

Suite à la reprise des relations diplomatiques entre le Rwanda et la France et à la visite du président français Nicolas Sarkozy à Kigali en 2010, le Président Kagame s'est rendu à Paris pour la première fois en septembre 2011.

Télécharger le rapport

http://www.hrw.org/fr/world-report-2012/rwanda

Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 08:25

UA_Chine.jpg La clôture du 18ème Sommet de l’Union africaine, lundi 30 janvier à Addis-Abeba, a donné lieu à un coup de théâtre inédit : l’échec de l’élection du Président de la Commission de l’Union. Le Gabonais Jean Ping, Président sortant, n’a en effet pas réussi à rassembler sur son nom les 2/3 des voix, nécessaires à son élection. L’unité africaine est-elle en panne ?
Après quatre jours de retrouvailles, quatre tours de vote lors de la dernière journée du dix-huitième sommet de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, lundi 30 janvier 2012… Et aucun des deux compétiteurs, le Gabonais Jean Ping (69 ans), président sortant, et la Sudafricaine Nkosazana Dlamini-Zuma (63 ans), ancienne épouse de l’actuel président sud-africain Jocob Zuma, n’a pu rassembler à son compte la majorité obligatoire des deux tiers des voix pour être élu(e) à la tête de la Commission de l’ Union Africaine (UA).
Suite à cet échec électoral, la tenue d’un nouveau vote aura lieu dans 6 mois lors du prochain sommet de l’Organisation au Malawi. Dans l’attente d’ici là de trouver leur nouveau porte-drapeau, les chefs d’État et de Gouvernement africains, qui avaient ce lundi en fin de matinée, d’abord confié l’intérim à l’actuel vice-président de la Commission, le Kenyan Erastus Mwencha, ont quelques heures plus tard finalement demandé au candidat et président sortant de la Commission, Jean Ping, « d’expédier les affaires courantes jusqu’au prochain sommet de l’Organisation prévu en juillet 2012 ».
Doit-on parler d’un « continent divisé » ?
La nouvelle fut reçue comme un coup de massue, lorsque lundi en fin de matinée les dirigeants africains multipliaient tous azimuts les déclarations à l’égard de la presse exprimant ainsi leur incapacité à élire un président pour leur organe-clé, la Commission. Réunis depuis quelques jours dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, les 54 pays membres de l’Organisation Africaine (UA) ne sont donc pas parvenus à trancher, et ce même après 4 tours de scrutin, entre les deux candidats en lice, le francophone et président sortant, Jean Ping d’un côté, et l’anglophone et actuelle ministre sudafricaine de l’intérieur et ex-épouse du président Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma (63 ans) de l’autre.
Les soutiens et la sympathie peu ou prou clairement exprimés par les dirigeants pour ou contre tel ou tel candidat et l’analyse des résultats mathématiques du scrutin (selon les sources sûres, M. Ping n’obtient respectivement pour les trois premiers que 27, 28 et 29 voix contre 25, 26 et 24 pour sa rivale, tout comme au quatrième tour à l’issue duquel Jean Ping, seul candidat en lice suite au retrait obligatoire de la candidature de Mme Dlamini-Zuma -comme le prévoit le règlement- ne parvient à réunir que 32 voix à son compte… contre 20 bulletins blancs, passant ainsi, à quatre voix manquantes, à côté de la majorité qualifiée requise) mettent en quelque sorte en lumière les lignes de fracture linguistique et géographique sur le continent : d’une part une Afrique francophone et occidentale majoritairement pour le candidat originaire du Gabon et une Afrique anglophone et australe, numériquement minoritaire en termes de voix, mais assez soudée derrière sa candidate sudafricaine.
Alors que les dirigeants du continent s’apprêtaient avec impatience à installer la nouvelle équipe dirigeante de la Commission dans leurs nouveaux locaux « gracieusement » offerts par la Chine pour quelque 200 millions de dollars, et fraîchement inaugurés samedi dernier, ce « coup de tonnerre » politique viendra promptement siffler la fin du 18e sommet, le premier depuis le renversement de l’ancien guide libyen, Mouammar Kadhafi, qui s’était voulu figure de proue, toujours controversée, de l’Organisation.
Signe de désaveu pour Jean Ping ?
Un essai d’analyse ou de compréhension d’un tel échec pour l’Union Africaine (UA) ne pourrait se faire sans poser des questions à la fois sur la légitimité et la capacité du président sortant, Jean Ping, à rassembler et faire l’unanimité sur le continent, car le moins qu’on puisse dire est que l’ancien bras droit du président défunt Omar Bongo, aux manettes depuis 2008, a vu au fil de ces derniers mois, son image entachée, son leadership et sa crédibilité fortement mis en cause, du fait de son incapacité à faire face aux multiples conflits, qui depuis plus d’un an minent le continent et également à y faire entendre la voix de l’Afrique unie.
Tout partiuculièrement lors de la rébellion libyenne, l’Afrique du Sud reproche officieusement à Jean Ping sa fébrilité et son manque de fermeté, de n’avoir pas su apaiser les tensions anti-khadafistes et plus encore, de n’avoir pas réussi à exprimer le plus clairement et fermement possible son opposition à l’intervention de l’Otan en Libye, qui grâce à son arsenal militaro-aérien, a indiscutablement contribué à la chute et au décès de Mouammar Kadhafi. Trop grande proximité de Jean Ping avec les cercles français ? Cette proximité en tous les cas semble avoir nuit, dans ce dossier, à la clarté des positions de l’Union africaine.
Un signe de démocratie peut-être ?
Si certains voient en la candidature de Mme Dlamini-Zuma non pas seulement le rejet de la personne de Jean Ping, mais aussi « une affaire de politique intérieure sud-africaine » (un journaliste de l’AFP relayait ainsi les propos d’un diplomate européen sous couvert d’anonymat) on pourrait aussi retenir de ce revers politique un scénario démocratique assez inédit, assez inhabituel au sein des instances africaines… Place à la discussion et donc obligation de construire un consensus raisonné ?
Même si le blocage final de l’élection met plus que jamais en lumière une Afrique encore fragilisée politiquement, fissurée géographiquement et toujours incapable de dépasser ses velléités partisanes, plutôt qu’une Afrique en plein essor démocratique et affirmant sa capacité à choisir son chemin dans le dialogue.
http://direct.cd/actu/2012/01/31/lunion-africaine-en-panne.html

 

delegation-Sudaf-a-l-UA.jpg Nkosazana Dlamini Zuma se présentera de nouveau à la présidence de la commission de l’Union Africaine lors du prochain sommet prévu en juin au Malawi selon la ministre sud-africaine des relations extérieures Maite Nkoana-Mashabane.
Jean Ping n’est plus rééligible, suite à son échec lors de l’élection qui a eu lieu ce week-end, ce qui donne une nouvelle opportunité à Nkosazana Dlamini-Zuma : "Le message qui est très clair, si vous regardez le règlement, c’est que le président sortant doit laisser la place et l’intérim doit être assuré par le vice-président (1). Donc rien ne nous empêche de représenter le même candidat parcequ’elle (Nkosazana Dlamini Zuma NDLR) a montré qu'elle était une formidable candidate que le président sortant n’a pu battre" a déclaré Maite Nkoana-Mashabane.
L’Afrique du Sud soutiendra de nouveau la candidature de Dlamini-Zuma si elle se représente et fera du lobbying en conséquence. Pour Clayton Monyela, porte-parole du ministère des relations extérieures sud-africain, le grand nombre de pays africains qui ont voté en faveur de Dlamini-Zuma lors des trois premiers tours de l’élection montre qu’elle a une très bonne chance d’être élue en juin.

Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE
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Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 05:22

Dr Sosthène 19:53 - 08/11/11

BORDEAUX (France) (AFP) - (AFP) - Une association a été reconnue coupable mardi de non-respect de la présomption d'innocence par un tribunal français après que ses membres eurent publiquement accusé un médecin rwandais d'avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda.
La plainte du Dr Sosthène Munyemana faisait suite à une manifestation organisée le 30 janvier 2010 par l'association Cauri devant l'hôpital Saint-Cyr de Villeneuve-sur-Lot (sud-ouest) où il est médecin urgentiste depuis 2001.

Les manifestants avaient brandi des pancartes indiquant "pas d'asile pour les génocidaires", et distribué des tracts visant une "personne qui a pu en envoyer (d'autres) par dizaines à la mort". Des membres de l'association avaient également tenu dans le journal régional Sud-Ouest des propos similaires.

Le jugement du tribunal de Bordeaux, dont l'AFP a eu connaissance, observe que "les publications au sujet des faits, exceptionnels par leur horreur, qui se sont déroulés au Rwanda, restent soumises au principe de la présomption d'innocence (qualifiée ailleurs dans le jugement "d'exigence fondamentale", ndlr) alors même que les exigences de vérité et celles des historiens justifieraient que la justice puisse enfin se prononcer sur l'imputabilité de ces faits".
Le tribunal, notant que le médecin n'a pas subi de préjudice matériel puisqu'il a gardé son emploi, a limité la réparation à un encart dans Sud- Ouest rendant compte du jugement, et au remboursement de ses frais de justice, lui refusant les dommages et intérêts qu'il réclamait.
L'ancien médecin de Butare (sud du Rwanda) est fiché par Interpol pour génocide et crime de guerre depuis 2006 à la suite d'un mandat d'arrêt international émis par Kigali. La Cour d'appel de Bordeaux avait rejeté en octobre 2010 sa demande d'extradition.

M. Munyemana est également visé par une information judiciaire ouverte en 1995 à Bordeaux et transférée en 2001 à Paris.

http://africatime.com/rwanda/index.asp

Par FRANCE-RWANDA TRIBUNE
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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 04:22
Par IBUKABOSE
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Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 09:17

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Par JMVN
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