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Publié par JMVN

Stéphanie Hancq - Nouvelobs.com


L'ancien directeur du renseignement national des États-Unis préparait un pacte de non-espionnage entre son pays et la France. Un projet qui n'a pas plu à l'administration Obama, selon le New York Times.

Selon le New York Times (NYT), le fait que les États-Unis refusent de signer un pacte de non-espionnage avec la France serait l'une des raisons qui ont mené Dennis C. Blair à quitter ses fonctions de directeur du renseignement national vendredi 21 mai.

Le chef des services de renseignement, que le président américain avait lui-même choisi en janvier 2009, voulait en effet signer avec Paris un pacte écrit assurant formellement que les deux pays ne s'espionneraient plus. Soit une version un peu plus formelle de l'accord que Washington a avec la Grande-Bretagne: le "gentleman's agreement". Pour Blair, c'était d'ailleurs "l'occasion unique" pour les deux pays de nouer des liens de confiance et de sécurité durables.

Négociations avancées

Les négociations étaient si bien avancées que Nicolas Sarkozy en était venu à croire que l'accord allait être signé. Mais le refus de Barack Obama de signer au dernier moment a mis fin à toutes négociations et surtout mis en exergue les divergences d'opinion entre le président américain et son chef des renseignements.

Le journal précise également que cette mauvaise communication au sein de l'administration Obama avait mis en "colère" le président français, mis au courant qu'après coup de cette annulation, mettant à mal les relations entre les deux États, au moment même où ils tentaient de présenter un front uni pour démanteler le programme nucléaire iranien.

Crainte d'engagement

Mais pourquoi un tel refus de l'administration américaine ? Certains responsables politiques ont craint de s'engager par "écrit", un pacte qui aurait été le premier du genre aux Etats-Unis. Selon eux, le risque d'être pieds et poings liés en cas de revirement du gouvernement Français, ou de voir l'arrivée de dirigeants plus hostiles aux américains en matière de politique étrangère, était trop grand.

Surtout, contrairement à la relation de l'Amérique avec la Grande-Bretagne et d'autres proches alliés comme l'Australie, les États-Unis et la France ont une longue histoire d'espionnage réciproque. Le NYT rappelle ainsi que les Français ont été "particulièrement agressifs" en essayant de subtiliser des secrets de l'industrie de technologies et de défense américaine. Et vice-versa, les américains se méfient des liens qu'entretient la France avec des pays comme l'Iran, la Syrie, ou encore l'Afrique du Nord dont des "groupes de militants" opèrent sur le territoire français.

"Comment pourrait-on vérifier (le respect du pacte, ndlr), interroge un responsable du renseignement américain cité par le New York Times. En espionnant ?" Pour l'heure, l'accord est tombé aux oubliettes.

 

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