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Publié par JMV Ndagijimana

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Agence Hirondelle

16.02.10 -

Arusha, 16 février 2010 (FH) - L'ancien responsable des Nations Unies à Kigali pendant le génocide de 1994, le Camerounais Jacques-Roger Booh Booh, s'en est violemment pris au général canadien Roméo Dallaire et à la communauté internationale, lors de son témoignage mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

M.Booh Booh déposait à la demande de Joseph Nzirorera, ancien secrétaire général du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), parti de feu le président Juvénal Habyarimana tué le 6 avril 1994 dans l'attentat contre son avion. Nzirorera est jugé avec deux autres anciens responsables du MRND.

Le diplomate camerounais à la retraite a d'abord tiré à boulets rouges sur son ancien collaborateur, le général Dallaire, l'accusant d'avoir manqué à ses obligations de commandant de la force de l'ONU.

« Dans la soirée du 6 avril (1994), il est resté introuvable», a affirmé M.Booh Booh qui était interrogé par Me Peter Robinson, l'avocat principal américain de Nzirorera.

L'ancien responsable de la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR) a par ailleurs reproché à Dallaire de ne pas lui avoir donné de rapport sur les circonstances de l'attentat, ni sur les assassinats de politiques commis le lendemain.

« Qu'est- ce qui s'est passé à l'aéroport (de Kigali) qui était sous le contrôle de la MINUAR ? », a demandé Booh Booh.

« Comment le premier ministre Agathe Uwilingiyimana a été tuée alors que sa sécurité était assurée par des éléments de la MINUAR ? Qu'est- ce qui s'est passé avec les Casques bleus belges ?», a- t-il poursuivi.

Il a également mentionné les assassinats de plusieurs ministres qui bénéficiaient de l'escorte de la force des Nations Unies. « Pas le moindre rapport ! », a déploré cet ancien chef de la diplomatie camerounaise.

Booh Booh a affirmé n'avoir jamais eu de bons rapports de travail avec Dallaire. « Il n'y a pas eu de collaboration. Une mission de maintien de la paix de l'ONU n'a jamais eu deux chefs. On a eu de sérieux problèmes de dysfonctionnement au sein de la MINUAR », a-t-il dit.

Sa deuxième cible a été la communauté internationale qu'il a accusée d'avoir abandonné les Rwandais. « Il ne faut pas venir en Afrique seulement quand ça va bien. On pouvait rester avec les Rwandais », a-t-il déclaré, critiquant les pays occidentaux qui se sont empressés d'évacuer leurs ressortissants, au lieu de fournir l'équipement nécessaire aux troupes de certains pays africains dont monsieur Booh Booh dit qu'ils étaient prêts à intervenir.

« La communauté internationale a ignoré ce drame (...) J'espère que c'est ma dernière apparition ici pour les problèmes du Rwanda. Souvent, j'ai tendance à parler fort », a ajouté l'ancien patron du général Dallaire.

La déposition se poursuivra mercredi.

ER/GF

© Agence Hirondelle

 

 

 

 

 

 

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