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Publié par JMV Ndagijimana

La pression des régionales s'accumule sur Nicolas Sarkozy

REUTERS

Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou

Nicolas Sarkozy ne pourra pas faire comme s'il ne s'était rien passé, après le second tour des élections régionales dimanche, mais un remaniement ministériel risque de ne pas suffire, estiment des analystes politiques.

Officiellement, l'Elysée renvoie à l'interview que le président de la République a accordée la semaine dernière, trois jours avant le premier tour, qui s'est soldé par une abstention record et une poussée de la gauche au détriment de l'UMP.

Le chef de l'Etat avait alors de nouveau exclu un impact national de ce scrutin régional et écarté un fort remaniement ministériel, à "quelques adaptations gouvernementales" près.

Mais pour Frédéric Dabi, directeur du département opinion publique de l'institut Ifop, "si la pression est trop forte, si la sanction est trop écrasante, le président ne pourra pas ne pas en tenir compte" et un remaniement important s'imposera.

Il cite le précédent de François Mitterrand, qui avait sacrifié son Premier ministre Edith Cresson après une déroute de la gauche en 1992, bien qu'il lui ait renouvelé sa confiance.

Pour François Miquet-Marty, directeur de l'institut Viavoice, cependant, si un remaniement peut être souhaitable, "il ne suffira pas, surtout s'il est superficiel".

Même un remaniement plus profond ne répondrait pas à la question posée, estime cet analyste, car c'est l'image même de Nicolas Sarkozy qui est selon lui atteinte.

"C'est moins un remodelage de l'exécutif qu'une vision nouvelle qui s'impose, c'est ce qu'attendent les électeurs UMP", souligne François Miquet-Marty.

En attendant, le jeu des pronostics postélectoraux agite de nouveau le petit monde médiatico-politique.

Tout y est propice: que Nicolas Sarkozy reçoive mercredi le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, avec qui il n'a pas la réputation de s'entendre, et voilà lancée l'idée qu'il a offert un maroquin à Jean-François Copé - lequel ne paraît pourtant pas pressé de renoncer à sa liberté de parole.

Il se murmure que Bernard Kouchner, icône du "strabisme à gauche" reproché à Nicolas Sarkozy par des élus UMP, pourrait faire les frais d'une Bérézina électorale et céder les Affaires étrangères à sa collègue de l'Economie, Christine Lagarde.

Mais cette rumeur serait alimentée par des diplomates qui ne supportent plus leur ministre et par le fait que la locataire de Bercy n'a jamais caché que le Quai d'Orsay la faisait rêver, dit-on de source gouvernementale.


TÊTE-À-TÊTE AVEC BERTRAND

"Si à l'issue d'élections régionales, la conclusion de Nicolas Sarkozy c'est de virer les ministres d'ouverture, ça n'a aucun sens", estime pour sa part un responsable de l'UMP.

D'autres ministres sont, dit-on sans le moindre début de confirmation, dans le collimateur, comme Roselyne Bachelot, pour cause de gestion erratique de la grippe A, ou la secrétaire d'Etat Fadela Amara, qui pourrait être recasée à la tête de la Haute autorité pour la lutte contre les discriminations (Halde).

A l'UMP, c'est le secrétaire général, Xavier Bertrand, homme de confiance de Nicolas Sarkozy, qui est la cible des critiques.

Le chef de l'Etat l'a invité mercredi à déjeuner en tête-à-tête pour lui manifester son "amitié" et son "soutien", dit-on de source proche de la direction de l'UMP.

Il s'apprêterait cependant à l'encadrer plus étroitement en renforçant le rôle de deux de ses proches à la direction du parti, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux et le secrétaire d'Etat aux Collectivités territoriales Alain Marleix.

"L'idée est de bétonner la commission des investitures de l'UMP pour calmer les ardeurs et les frondeurs", explique un responsable de la majorité.

Selon une source gouvernementale, Xavier Bertrand ferait pour sa part campagne pour tenter de revenir au gouvernement.

Mais remanier en profondeur le gouvernement après les régionales, en se reniant au passage, reviendrait pour Nicolas Sarkozy à griller prématurément une de ses principales cartouches à deux ans de la présidentielle de 2012.

Il suffirait au demeurant que la catastrophe ne soit pas dimanche celle annoncée par la gauche et les sondages - par exemple que l'UMP garde l'Alsace et gagne la Guyane - pour que la pression se fasse moins forte.

"Le président de la République pourrait alors rester sur sa ligne (pas de conséquences nationales)", explique un cadre UMP.

Un espoir tempéré par une autre source proche de la direction du parti présidentiel. "Ce n'est pas le nombre de régions qu'il faut regarder mais le score gauche-droite", explique cette source. "A 60-40 pour la gauche, les élus UMP commencent vraiment à se poser des questions."

Avec Sophie Louet et Service France, édité par Yves Clarisse

 

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