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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Arusha, 17 décembre 2013 (FH) - Kigali a salué la peine de 25 ans de prison prononcée lundi par la chambre d’appel du Tribunal international pour le Rwanda (TPIR) contre l’ancien maire Grégoire Ndahimana qui avait été condamné à 15 ans de réclusion en première instance.

 

 

Aujourd'hui âgé de 60 ans, Grégoire Ndahimana dirigeait la commune de Kivumu, dans la préfecture de Kibuye (Ouest) pendant le génocide des Tutsis de 1994.
Les cinq juges de la chambre d’appel ont confirmé la culpabilité pénale de l’ancien responsable administratif pour génocide et extermination. Mais ils ont reproché à la chambre de première instance d’avoir sous-évalué la responsabilité pénale de Ndahimana.
« Nous, en tant que familles de survivants du génocide, saluons cette décision prise par la chambre d’appel du TPIR dans l’affaire Ndahimana », a réagi, dans le quotidien le New Times, Naphtal Ahishakiye, secrétaire exécutif d’Ibuka, la principale organisation de rescapés du génocide des Tutsis. « Il fait partie des gens qui ont planifié le génocide et il est responsable de la mort de milliers de personnes dans la commune Kivumu », a souligné Ahishakiye.
La chambre de première instance avait  condamné l’ancien maire pour n'avoir pas sanctionné les policiers communaux qui avaient été impliqués le 15 avril 1994 dans l'attaque contre les Tutsis réfugiés dans l'église catholique de Nyange, située dans sa commune. Il avait été également condamné pour « approbation tacite » de la destruction de l'édifice religieux le lendemain. L'église de
Nyange fut démolie à l'aide d'un bulldozer, le 16 avril, ensevelissant ainsi près de 2.000 Tutsis qui s'y trouvaient.
 Pour la chambre d'appel, l'ancien maire était bel et bien animé par l'intention génocidaire et a agi « dans le cadre d'une entreprise criminelle commune visant à exterminer les Tutsis de la commune Kivumu ». L'arrêt souligne que Ndahimana et d'autres dignitaires de l'endroit ont partagé de la bière, en guise de jubilation, après la destruction de l'église.
Le ministre rwandais de la Justice, Johnston Busingye, également cité dans le New Times, a souligné  « l’extrême sadisme avec lequel il (Ndahimana) a dirigé la démolition de l’église sur des milliers de Tutsis qui s’y étaient réfugiés dans l’espoir de trouver sécurité et protection ».
Arrêté le 10 août 2009 dans l'Est de la République démocratique du Congo Ndahimana avait été transféré au centre de détention des Nations unies à Arusha, en Tanzanie.
Il est la troisième personne condamnée par le TPIR pour le massacre de l'église de Nyange, après l'ancien prêtre de cette paroisse Athanase Seromba et l'homme d'affaires Gaspard Kanyarukiga.
ER

 

© Agence Hirondelle

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