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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Murambi (Sud du Rwanda), 04 février 2014(FH)- Allumée le 7 janvier à Kigali,  la « flamme de la mémoire » du génocide des Tutsis de 1994, était lundi, pour sa neuvième étape, à Murambi, dans l’ancienne préfecture de Gikongoro (Sud du Rwanda), où des survivants ont raconté avoir été privés d’eau avant d’être attaqués à la grenade et à la machette.

 

 

Selon les chiffres officiels, ce sont environ 150.000 Tutsis qui ont été tués à Murambi, en avril 1994 par des militaires et des miliciens Interahamwe.  Parmi les témoins entendus sur les lieux, lundi, 20 ans après, figurent Siméon Mutangana, un rescapé, et Emmanuel Munyambuga, un ancien chef milicien. « Ils nous ont d’abord  coupé l’eau ; nous avons connu une soif indicible. Je n’ai pas de mots pour décrire cette soif», a raconté Mutangana.
Après le calvaire de la déshydratation, une attaque de grande envergure a été lancée le 21 avril 1994, selon ce survivant. Parmi les attaquants, se trouvait, en bonne place, Munyambuga qui reconnaît sa responsabilité. « Les crimes que nous avons commis nous ont ôté toute humanité. Nous en avons honte. Heureusement, quand nous avons eu le courage d’avouer notre responsabilité et demander pardon, les rescapés nous ont pardonné», a-t-il avoué.
Condamné à effectuer des Travaux d’intérêt général (TIG) pour avoir distribué grenades et armes traditionnelles pendant le génocide, Munyambuga est aujourd’hui libre et affirme vivre en paix  avec ses voisins depuis son retour dans son milieu.
Partie de Kigali, le 7 janvier, après avoir été allumée le jour-même au mémorial du génocide de Gisozi, la « flamme de la mémoire» fera le tour du pays pour revenir dans la capitale avant l’ouverture de la période de deuil national le 7 avril.
 « Cette flamme de la mémoire chasse la noire obscurité qui s’était emparée (pendant le génocide) de l’endroit où nous nous tenons aujourd’hui. Cette flamme permet d’espérer que ce qui s’est passé ici ne se reproduira pas ici ou ailleurs dans notre pays », a déclaré le ministre de la Jeunesse, Philibert Nsegimana, également présent à l’étape de Murambi.
C’est à Murambi que les forces françaises de l’Opération Turquoise avaient installé leur quartier général. De nombreux témoignages accusent ces soldats français de complicité avec les auteurs du génocide, ce que ces militaires ont toujours démenti.
L’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop a immortalisé ce site dans son roman « Murambi, le livre des ossements », écrit, grâce à un projet porté par l’association Fest’Africa. Dans le cadre de ce projet « Ecrire par devoir de mémoire », plusieurs écrivains africains ont publié des livres sur le génocide des Tutsis après un séjour au Rwanda, en 1998.
Le livre de Boris Diop, qui s’inspire de témoignages recueillis à Murambi, met en cause l’Opération Turquoise.
SRE/ER

 

© Agence Hirondelle

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