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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Arusha, 09 juillet 2014 (FH) - Les juges antiterroristes français Marc Trévidic  et Nathalie Poux ont achevé leur enquête sur l'attentat contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana en 1994, considéré comme le signal déclencheur du génocide des Tutsis, apprend-on mercredi.

Il revient désormais au parquet de prendre ses réquisitions, avant que les magistrats instructeurs ne décident de renvoyer ou non en procès les sept proches du président rwandais Paul Kagame qui avaient été mis en examen dans cette enquête ouverte en 1998, a rapporté l’AFP.

 L'ancien juge d'instruction Jean-Louis Bruguière avait en novembre 2006 signé neuf mandats d'arrêt contre des proches du président rwandais, ce qui avait amené Kigali à rompre ses relations diplomatiques avec la France. Ces relations ont été rétablies en 2009.
« Ce (mardi) 8 juillet 2014, Mme et M. les juges d'instruction Poux et Trévidic ont décidé de mettre fin à l'instruction concernant l'attentat de l'avion Falcon survenu le 6 avril 1994 en phase d'atterrissage à l'aéroport de Kigali », ont indiqué Mes Léon-Lef Forster et Bernard Maingain dont les propos sont repris par l’AFP.
« La défense, qui fut très patiente, attend désormais que le non-lieu soit prononcé au plus vite, en faveur des personnes visées par des mandats d'arrêt injustifiés mais très pertinemment levés par les magistrats instructeurs », ont ajouté les deux avocats qui représentent les personnalités rwandaises mises en examen dans cette affaire.
Théoriquement, le parquet dispose de trois mois pour prendre ses réquisitions, un délai au cours duquel les parties peuvent également faire des observations.

 Dans la soirée du 6 avril 1994, l'avion transportant notamment le président Habyarimana  et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira, avait été abattu en phase d'atterrissage à Kigali. Cet attentat est considéré comme le signal déclencheur du génocide qui fit 800.000 morts selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie.
Une enquête avait été lancée en France en raison de la nationalité française de l'équipage de l'avion.
Soupçonnant un commando du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd'hui au pouvoir) de s'être infiltré à travers le dispositif des Forces armées rwandaises (FAR), pour abattre l'avion, le juge Bruguière avait lancé des mandats d'arrêt contre neuf proches de l’actuel président Kagame. 
Sept d'entre eux ont été mis en examen entre 2008 et 2010. Le huitième, entré en dissidence, est actuellement réfugié en Afrique du Sud tandis que le dernier serait décédé.
Une commission d'enquête rwandaise a, au contraire, imputé la responsabilité de l'attentat  à un noyau de Hutus radicaux qui auraient voulu se débarrasser du président Habyarimana, lui reprochant d’avoir accepté le partage du pouvoir avec la rébellion tutsie du FPR.
Kigali s'était estimé conforté par les expertises techniques présentées début 2012 par les juges d'instruction qui avaient désigné comme zone de tir des missiles « la plus probable » un camp alors tenu par l’armée gouvernementale.
Pour les parties civiles, dont les familles des membres français de l’équipage, ces expertises n'offrent aucune certitude sur l'identité des tireurs et des commanditaires. Les juges d'instruction ont rejeté l'automne dernier une demande de non-lieu faite par les mis en examen.
Le nouveau régime rwandais qui rejette toute responsabilité dans cet attentat accuse, au contraire, la France d’avoir joué un rôle dans le génocide des Tutsis, ce que Paris a toujours démenti.
ER

© Agence Hirondelle

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