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Publié par Le blog de Jean-Marie Ndagijimana

Paul Muland - direct.cd, le 23 mars 2013


http://direct.cd/2013/03/23/comment-kabarebe-convaincu-ntaganda-pour-se-rendre.html

Des officiers proches de Bosco Ntaganda ont pris de l'avance sur le nouveau chef du M-23, le Colonel Sulutani Makenga. Pendant que celui-ci négocie encore les conditions de sa réintégration et ses hommes dans les FARDC, le major ntagandiste Kiroko et le capitaine Sadiki de la même obédience séjournent déjà à Kinshasa où ils ont pris langue avec les autorités.


Les deux hommes sont comptés parmi les officiers ntagandistes qui s'étaient rendus à la MONUSCO. Ils sont arrivés, selon des sources recoupées, dans la capitale, il y a 72 heures. Ils ont été logés la première nuit au Grand Hôtel Kinshasa, puis une superbe villa a été mise à leur disposition. Pour l'heure, leur séjour est agréable, agrémenté qu'il est avec viatique et autre nécessaire. Le troisième, le Colonel Masozera s'est rétracté à la dernière minute pour faire le voyage avec ses compagnons. "Douglas Kiroko est un officier très influent dans les rangs des officiers et des hommes de Bosco Ntaganda.

Nul doute que Kinshasa cherchera à l'utiliser pour persuader les autres de réintégrer les FARDC", explique un ancien officier ex-CNDP reconverti dans la Police. Peut-être que les choses pourront aller vite de ce côté. De l'autre côté avec Makenga, les négociations piétinaient. La partie rebelle a monté les enchères vraisemblablement à l'instigation de Kigali passé maître dans l'art de souffler le chaud et le froid. Cas typique, le revirement de Paul Kagame pour coopérer au transfèrement de Ntaganda à La Haye après avoir affirmé que cela ne dépendait que des Américains. Ntaganda lui-même a été victime de la même politique de la part de ses parrains rwandais.

Kabarebe jamesPhoto : Général Kabarebe

Ses proches rapportent que c'est tard qu'il a compris que le Rwanda était entrain de monter les officiers du M-23 les uns contre les autres. Quand il l'apprend, il commet l'erreur d'appeler James Kaberebe, ministre de la Défense du Rwanda, à qui il a dit qu'il rendra ce qu'ils sont entrain de lui faire. C'était le mot de trop. Une menace pas assez voilée pour amener l'autre partie à se convaincre que le protégé est devenu incontrâble, donc dangereux. Déjà que, selon les mêmes sources, Ntaganda envisageait au pire des cas de passer une alliance avec le Général Cheka, à la tête d'un groupe armé mêlé des FDLR et des Maï Maï.

Tout comme il pouvait être tenté de pactiser avec le mouvement pro-Kayumba encore à un stade embryonnaire. Une sérieuse menace face à laquelle les autres n'ont pas trouvé d'autre parade qu'anéantir un homme devenu encombrant avec un mandat de la CPI sur le dos. D'où la consolidation décidée de l'aile de Makenga avec des renforts venus de l'autre côté de la frontière.

Les hommes de Ntaganda se retrouveront encerclés avec seule issue de battre en retraite au Rwanda. Lui-même s'est échappé juste en compagnie de quelques proches, notamment Nzimurinda, Kagabo pour se cacher dans la forêt avec quelques 36 hommes de troupe seulement. C'est alors que Muhire de la Sécurité extérieure du Rwanda a pris contact avec lui pour lui faire entendre raison. C'est le même Muhire qui est venu le chercher avec ses compagnons pour les convoyer jusqu'au Kanombe à Kigali.

Là, un autre officier rwandais en scène, le Général Charles Kayonga. Il embarque Bosco Ntaganda à bord de sa Jeep Lexus type Land-Cruiser. Pour un tête à tête avec James Kaberebe. Qui se met à expliquer Ntaganda qu'avec tout ce qu'il a fait, il ne mérite de se réduire à une vie d'hermite dans la forêt où il risque de connaître une mort sans gloire. Puis il donne des assurances. Comme quoi que son gouvernement a examiné, avec le concours des Américains, son dossier CPI sous toutes les coutures et qu'il n'y a pas trouvé de quoi l'inculper. Lui Bosco n'était que la troisième personnalité de l'UPC, donc un simple exécutant aux ordres des politiques. Si son chef Thomas Lubanga s'en est tiré avec quelques 14 ans d'emprisonnement dont plus de la moitié déjà purgé en détention et que Matthieu Ngodjulu a été simplement et purement acquitté, il y a donc lieu d'envisager un non-lieu pour le tombeur de Laurent Nkunda à qui ses mentors se réservent aujourd'hui quasiment le même sort. Au passage, d'autres garanties ont consisté à le rassurer que sa femme et ses enfants ne seront pas délaissés dans l'entre-temps. Aussi qu'il allait être mis à disposition les meilleurs avocats et que le Rwanda mettre tout en œuvre pour qu'il ne se fasse pas condamner.

En tout cas pas lourdement. Bosco Ntaganda a-t-il dit oui expressément ou n'avait-il plus le choix? Sur ces entrefaites, un appel a été donné au conseiller militaire de l'ambassade des Etats-Unis à Kigali pour concrétiser la démarche. A bord du même 4×4 du Général Kayonga, Bosco Ntaganda a effectué le voyage pour son lieu d'asile.

Sa capitulation forcée a beaucoup affecté des officiers rebelles chez les Ntagandistes comme les Makengistes. Les uns et les autres ont compris qu'ils ont le dindon de la farce. Un instrument que le Rwanda utilise pour s'en débarrasser très vite et sans remords lorsque la donne change.

Qu'importe si ceux qui se tirent dessus sont des cous¬ins germains comme Bau¬douin Birinda et son ancien chef Makenga. A Kinshasa de tirer parti de cet état d'esprit pour une ouvrir une nouvelle perspective avec tous ces professionnels de la guerre inféodés au Rwanda. Pendant que nous allions sous presse, la rédaction de "-CONGONE¬WS" a appris d'une source digne de foi que Baudoin Birinda, ex-second de Maken¬ga, Nzimurinda et les autres cantonnés au Camp Kanombe étaient acheminés, dans le Sud du Rwanda, Gikongoro.

 

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