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Publié par FRANCE-RWANDA TRIBUNE

drapeau rdcLa marche des chrétiens catholiques, organisée hier à travers la majorité des diocèses congolais du pays pour dire non à la balkanisation de la RDC par la voie de la rébellion du Mouvement du 23 mars, a été un succès. Ce succès, et surtout les commentaires à son sujet, font la Une des journaux parus ce matin à Kinshasa. En complément, on a droit à quelques nouvelles du front et à quelques nouvelles économiques. Il faut recourir à la presse étrangère pour avoir des nouvelles concernant le Sommet de l’OIF et le Procès Chebeya.

 

Marche des chrétiens / les faits


Des milliers de chrétiens catholiques ont marché mercredi 1er août à Kinshasa pour dire non à la balkanisation de la RDC par la voie de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23). Cette marche organisée par la Conférence nationale épiscopale du Congo (Cenco) a mis fin aux trois journées successives d’intenses prières en faveur de la paix à l’Est du pays. Encadrés par la police, les manifestants se sont dirigés vers les quatorze paroisses mères, ou doyennés, de Kinshasa pour une prière de clôture.

 «’Trop de mort au Congo, pas question de Balkaniser la RDC’, scandaient des milliers de manifestants» écrit Radio Okapi.
« C’est directement après la messe matinale, qu’ils avaient entamé cette marche, désireux d’exprimer leur indignation face au projet de la balkanisation de la RDC. Selon le programme établi par la Cenco, les fidèles sont partis chacun de leurs paroisses respectives, en passant par les grandes artères de leurs différentes communes, pour se regrouper dans les 14 doyennés, prévus comme points de chutes de la marche. Au doyenné Saint Joseph de Matonge, dans la commune de Kalamu, les fidèles ont été conviés à une prière de chapelet pour intercéder en faveur de la paix totale à l’Est de la RDC, sous la bénédiction de l’évêque auxiliaire de Kinshasa, Timothée Bodika. Cette marche pacifique s’est achevée sous la haute surveillance des dispositifs sécuritaires de la police ».

La même source donne quelques détails sur les marches analogues organisées en province.

« A Goma, les femmes invitent les Congolais à s’unir pour la paix ».   
La coalition des femmes leaders chrétiennes de toutes les confessions religieuses confondues de la ville de Goma, dans le Nord-Kivu, appellent la population de la RDC à joindre ses efforts en faveur de la paix dans cette province. Elles ont lancé cet appel à l’occasion de la journée de prière et manifestations pour la paix organisée ce mercredi 1er aout à Goma par le département femmes et enfants d’African Leadership And Reconciliation Ministries, ALARM – Congo, en partenariat avec l’Eglise du Nazaréen International. Ces femmes demandent au peuple congolais d’œuvrer dans la synergie et la cohérence dans cette lutte « salvatrice à tous ».

« A Kisangani, on appelle le Rwanda à la conversion »   
Les représentants de différentes confessions religieuses et différentes organisations de la société civile ont lancé mardi 31 juillet à Kisangani, en Province Orientale, un « appel vibrant » à la conversion du Rwanda et de ses dirigeants « pour qu’ils redécouvrent dans la RDC, dans les Congolais, un frère ou une sœur, à aimer et non à agresser ». Des fidèles des Eglises de réveil du Congo, l’Eglise protestante, l’Eglise kimbanguiste et l’Eglise catholique, ainsi que les représentants des autorités locales ont pris part à cette rencontre, au cours de laquelle les organisateurs ont lus des messages adressés à la communauté internationale et au peuple congolais. (On aura noté au passage l’allusion à « la haute surveillance des dispositifs sécuritaires de la police ». Il y a eu, en effet, du côté du pouvoir, des hésitations quant à savoir si ces manifs devaient être interdites ou soutenues. Pour comprendre ce paradoxe : se demander si le pouvoir, dans un pays en guerre, va autoriser une manifestation patriotique, il faut se reporter au contexte fort spécial qui résulte des élections du 28/11/11.         
Elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus.     
Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Ce contexte mène bien sûr à réprimer ou à interdire les manifestations. Mais, si le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli, le fait que les « affaires courantes » comprennent une guerre mène au contraire à autoriser ou même à organiser des manifestations de ferveur nationale. Cela n’a pas échappé au pouvoir qui essaye de profiter de l’effet « tous unis autour du drapeau ». Reste le danger de voir la manifestation patriotique dégénérer en manifestation contestataire… D’où les doutes et les hésitations. NdlR)

 

Marche des chrétiens / les commentaires


 « Réussite totale de la Marche de l’espérance, Non à la balkanisation : l’Eglise catholique envoie un signal fort ! », titre à la Une La Prospérité 
« Oui le Saint Esprit descendra et le Congo sera sauvé, oui le Saint Esprit descendra et le Kivu sera sauvé… », psalmodiaient des milliers des fidèles catholiques ce mercredi 1er août 2012, dans leurs paroisses respectives, comme l’indique ce journal, lors de la messe matinale, signe de réarmement spirituel, avant la marche de l’espérance pour dire NON à la Balkanisation de la RD-Congo.   
Avec une réussite qu’on peut qualifier, sans contradiction aucune, de totale, doublée d’une forte mobilisation et d’une discipline exemplaire, écrit ce journal, cette marche qui a été organisée à l’initiative de la CENCO, est partie, dans la Capitale, de chacune des églises locales, juste après la messe matinale, c’est-à-dire à 7 heures, passant par les grandes artères de différentes communes de Kinshasa, pour chuter dans les 14 paroisses dites doyennés. Au passage, on pouvait lire sur les calicots : ‘‘‘‘trop de mort au Congo, pas question de Balkaniser la RDC’’, ‘‘Non à la guerre’’ ; ‘‘Non à la balkanisation’’ ; ‘‘Non aux pillages et à l’exploitation illicite des ressources naturelles de la RD-Congo’’ et, enfin, ‘‘Non à l’agression’’. Au doyenné Saint François de la Salle (sic) de Kintambo, c’est M. l’Abbé Léonard Santedi, Secrétaire Général de la CENCO, dans une église pleine comme un œuf, qui a officié la messe, en présence de quelques personnalités politiques dont les Honorables Gilbert Kiakwama, Franck Diongo, M. Chérubin Okende, M. Beltchika, pour ne citer que ceux-là.

« Les catholiques ont marché contre le M23 », titre pour sa part Le Phare.
Pour ce dernier, des fidèles des Eglises de réveil du Congo, l’Eglise protestante, Eglise Kimbanguiste, ainsi que les représentants des autorités locales ont pris part à cette rencontre, au cours de laquelle les organisateurs ont lu des messages adressés à la communauté internationale et au peuple congolais, pour dire non à la guerre imposée au pays par le M23.        

« Face à une classe politique irresponsable et complice : le peuple s’assume à travers les Catholiques », note pour sa part Le Potentiel. Ce journal laisse entendre que seuls les diocèses de Goma et de Kisangani n’auraient pas répondu à l’appel.
Plus rien ne se décidera, désormais, sans le peuple congolais, écrit le journal qui rapporte que les catholiques ont répondu par milliers à l’appel de leurs évêques.
Les attitudes ambiguës, versatiles, hypocrites, irresponsables, sans conviction de la classe politique frisant la complicité avérée, poursuit le quotidien, la marche des catholiques est la démonstration parfaite d’un ras-le-bol de la nation entière déterminée à reprendre en main son destin. Sans casse ni incident majeur, les catholiques ont dit « Non à la balkanisation » du pays, à travers des marches organisées dans tous les diocèses. Seuls les diocèses de Goma et Kisangani n’auraient pas répondu à l’appel, relève Le Potentiel.        
Le quotidien indique que cela fait trois mois depuis que cette nouvelle agression menée sous le couvert d’une pseudo-rébellion dénommée Mouvement du 23 mars (M23). Dans leur démarche, commente le journal, ces militaires rwandais ont un seul objectif : balkaniser la RDC. Préoccupée, l’Eglise catholique a pris la décision de mener des actions de lobbying afin de sensibiliser la population pour faire échec à ceux qui cherchent à morceler le pays.

Olivier Cromwell, qui était au moins aussi croyant que les manifestants, disait à ses soldats « Mettez votre confiance en Dieu… et gardez votre poudre sèche ». La marche des chrétiens a montré que les Congolais ont de la piété et du patriotisme. Mais la guerre se fait avec de la poudre et des balles ! Quid, de ce point de vue ?

Avec le numéro du jour de L’Observateur, nous avons, en quelque sorte, une passerelle entre les nouvelles des manifestations relatives à la guerre et les nouvelles de la guerre elle-même

L’Observateur s’intéresse aux retombées de cette manifestation et s’interroge en titre: « Marche des catholiques, Kagamé et ses complices ont-ils compris ? ».      
Pour ce quotidien, à travers cette marche les catholiques et d’autres Congolais viennent de prouver à la face du monde que quelles que soient leurs divergences politiques, du reste communes à tous les pays du monde, ils ne sont pas du tout prêts à laisser tomber la moindre position, minime  fut-elle, de leur territoire national.    
Ils savent et sont conscients qu’ils n’ont que cette terre comme héritage légué par leur ancêtres. Ce patrimoine fabuleusement doté des immenses potentialités n’a pas été acquis de manière frauduleuse ou par invasion terroriste, analyse le journal qui poursuit : « C’est le ciel qui a voulu que cette partie de l’Afrique soit comblée de tant de richesses de diverses natures. Personne donc quelle que  soit sa puissance ne doit oser aller à l’encontre de ce que la nature a décidé. »         
Et les pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), ancêtre de l’actuelle UA, écrit encoreL’Observateur, comme s’ils étaient tous d’origine congolaise avaient voté une résolution interdisant toute velléité de révision des frontières hérités de la colonisation, une manière de dire catégoriquement que les pays africains vont garder intacte leur configuration actuelle, quelles que soient les tentatives de déstabilisation des ennemis de l’Afrique. Après ce 1er août, conclut l’Observateur, le gouvernement devrait comprendre la direction que les Congolais veulent lui donner : « Il s’agit de se rendre à l’évidence qu’il n’est pas question du tout d’hypothéquer la souveraineté du pays acquise au prix de mille et un sacrifices et de se lancer dans un dialogue hasardeux dont le but serait de satisfaire les appétits des hégémonistes dont les intentions sur la partie est de la RDC ne sont plus un mystère. »

Dans son éditorial intitulé « Le paix se gagne », ce même journal indique que « Pour une fois, la communauté nationale comme le monde ont été témoins de la belle unanimité des Congolais lors de la marche d'hier. Marche organisée par l'Eglise catholique et à laquelle ont pris part les Congolaises et Congolais de tous les horizons et de toutes les confessions. Au cours de celle-ci, les marcheuses et marcheurs ont réaffirmé l'opposition du peuple congolais à la balkanisation de la RDC dans sa partie Est. Chapeau bas à l'Eglise catholique et aussi à la ville qui a acceptée de jouer le jeu ».

Mais l’Observateur relève que lorsqu’il faut parler du déploiement de la force neutre à la frontière entre le Rwanda et la RDC, cette belle unanimité disparaît. Pour bon nombre de nos compatriotes, le déploiement de la force neutre ne se justifie pas. Le journal estime que c’est plutôt la Monusco qui doit impérativement changer de mandat pour s’adapter à la nouvelle donne sur le terrain. Si les avis divergent, poursuit le quotidien, les Congolais dans leur immense majorité semblent oublier que s’ils refusent qu’un centimètre carré de cette terre congolaise ne soit cédée à qui que ce soit, ils ont aussi l’obligation de la défendre à tout prix. « Il n’est donc pas normal qu’on se rabatte sur la Monusco et ses éléments alors que ce devoir  de défendre la terre de nos ancêtres nous incombe en premier lieu », conclut l’Observateur.

Est 

Grâce à l’harmonieuse transition fournie par nos confrères de l’Observateur, nous en arrivons ainsi tout naturellement aux articles traitant de la guerre elle-même ou des opérations diplomatiques qui l’entourent.

Le Potentiel titre « Diplomatie : Curieuse visite de Museveni à Dos Santos ».
Selon lui, le Chef de l’Etat angolais Jose Edouardo Dos Santos, s’est entretenu mercredi dernier avec son homologue ougandais Museveni pendant près de quarante minutes. L’entretien s’est focalisé non seulement sur la relance des relations bilatérales entre les deux pays, d’après l’agence angolaise de presse Angop, cité par Le Potentiel, mais aussi sur d’autres questions touchant à certains pays du continent, dont la République démocratique du Congo.

Le Phare titre « Goma sous la menace du M23 ».        
Il écrit : « C’est depuis le dernier week-end que des informations, difficiles à confirmer ou infirmer, circulent au sujet de la progression des rebelles du M. 23 en direction de la ville de Goma. Les radios périphériques les annoncent tantôt une soixantaine de kilomètres du chef-lieu du Nord-Kivu, tantôt à une cinquantaine, ou même à moins de 30 kilomètres. L’on retient, à ce stade, que la Monusco a dû bombarder, par deux fois, les positions des mutins avec ses hélicoptères de combat, dans le cadre de sa mission de protection des civils.          

A en croire Roger Meece, Représentant du Secrétaire Général de l’ONU en RDC et chef de la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo), qui est intervenu tout récemment au Conseil de Sécurité, la rébellion dispose d’un armement plus performant que celui des FARDC. C’est cet état des choses, a-t-il indiqué, qui expliquerait les revers des troupes loyalistes sur certains fronts
 ».   
Très judicieusement, Le Phare fait remarquer que cette information, qui en soi est plutôt mauvaise, a secondairement un  grand intérêt. « Ce constat, au lieu de froisser les Congolais, devrait au contraire les soulager. Car Roger Meece vient de leur apporter, sur le plateau d’or, la preuve que les mutins du M 23 sont armés par une main noire. En effet, si les hommes du colonel Ruzandiza alias Sultani Makenga étaient réellement des dissidents de l’armée nationale congolaise, ils devraient se battre avec le même type d’armes et de munitions que les  FARDC.   
On rappelle que les mutins clament partout que leur arsenal de combat s’enrichit chaque jour grâce au stock qu’ils récupéreraient dans les bases logistiques situées dans les localités abandonnées par l’armée nationale. Le rapport des experts des Nations Unies sorti au mois de juin 2012 avait déjà épinglé le Rwanda comme pourvoyeur du M23 en hommes, armes et moyens financiers. 
Lorsque l’on analyse froidement la communication de Roger Meece au Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’enseignement principal à en tirer est que l’armée du Congo démocratique est confrontée à une ou plusieurs armées étrangères au Nord-Kivu. Il n’y a plus à douter de la participation des troupes rwandaises aux hostilités. Quant à la présence de celle de l’Ouganda, le rapport complémentaire des experts des Nations Unies en avait déjà fait état.      
Même si les autorités de Kampala continuent de nier, les faits sur le terrain semblent démontrer le contraire. Et, ce n’est pas par hasard que le Parlement ougandais a interpellé dernièrement le président Yoweri Museveni à ce sujet. L’adage nous enseigne qu’il n’y a jamais de fumée sans feu. L’on peut simplement s’étonner du fait que l’homme fort de Kampala, qui prétend rechercher le retour de la paix en RDC, à travers l’organisation imminente d’une session extraordinaire de la Conférence Internationale de la Région des  Grands Lacs, développe la même thèse que celle soutenue à Kigali, à savoir que la guerre de l’Est est congolo-congolaise. Une telle prise de position montre que la RDC a affaire à la coalition de ses agresseurs. D’où, en principe, la diplomatie congolaise ne devrait pas être partie prenante au rendez-vous de Kampala
 ».    
 
Malheureusement
, comme l’écrivait l’Observateur, Le Phare tombe ensuite dans cette attitude qui fait que les Congolais dans leur immense majorité semblent oublier que s’ils refusent qu’un centimètre carré de cette terre congolaise ne soit cédée à qui que ce soit, ils ont aussi l’obligation de la défendre à tout prix. « Il n’est donc pas normal qu’on se rabatte sur la Monusco et ses éléments alors que ce devoir  de défendre la terre de nos ancêtres nous incombe en premier lieu ». Il semble croire que c’est plutôt la Monusco qui doit impérativement changer de mandat pour s’adapter à la nouvelle donne sur le terrain. Le Phare écrit « L’ONU se dit fort inquiète de l’évolution de la situation sécuritaire au Nord-Kivu. Elle se propose d’adopter, d’ici la fin de la semaine, une Résolution sous forme d’avertissement aux rebelles du M23 et à leurs sponsors. Même si ceux-ci ne sont pas cités, l’on croit savoir qu’il s’agit du Rwanda, formellement identifié, et de l’Ouganda, qui continue de jouer le jeu de cache-cache.   
Mais quel effet pourrait avoir un avertissement des Nations Unies aux Etats agresseurs de la RDC et à leurs pions du M23, si les forces onusiennes n’appliquent pas intégralement le Chapitre VII ? Au lieu d’une interpellation verbale, l’ONU ferait mieux d’intervenir dans le conflit en vue du rétablissement de la paix au Nord-Kivu et de l’intégrité territoriale de la RDCongo. Va-t-elle attendre la « somalisation », la « soudanisation » ou la « malinisation » de notre pays pour penser au changement du mandat de la Monusco ».

 

Economie

« Au caucus africain 2012, les financiers scrutent les pistes pour sortir le continent de l’ornière » écrit AfricaNews
A la faveur du lancement mercredi 1er août 2012 au Grand Hôtel Kinshasa, des travaux du Caucus Africain 2012, ce deuxième grand rendez-vous du gotha financier du continent noir dans la capitale congolaise, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo s’est félicité des performances, ces dernières années, des pays africains sur le plan de la croissance,
Peu avant l’intervention du Premier ministre, l’hôte de la cérémonie, le ministre des Finances Patrice Kitebi, a poussé ses pairs à donner le meilleur d’eux-mêmes.

L’autosatisfaction des « surdoués » de l’équipe Matata s’étale d’ailleurs jusqu’en Chine, où l’agence Xinhua annonce «  RDC: Le cadre macroéconomique reste sous contrôle (vice-PM) »
« 
Le cadre macroéconomique en République démocratique du Congo est sous contrôle, a indiqué mercredi le Professeur Daniel Mukoko Samba, le vice-Premier ministre et ministre du Budget, à l'issue d'une réuion avec le Premier ministre Matata Ponyo et plusieurs ministres, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale du Congo.
"Nous suivons, avec attention, la situation macroéconomique au niveau international et national, et nous regardons aussi la situation financière du secteur public", a indiqué le vice-Premier ministre Daniel Samba, confirmant que tous les indicateurs sont au vert, ce qui explique que le taux d'nflation est près de 0%, le taux de change s'apprécie, et le dollar américain se change à moins de 920 Franc congolais.      
"Nous étudions ce que nous allons faire pour relancer l'industrie locale du ciment pour maintenir la croissance, notamment dans le secteur minier, par une fourniture régulière de l'énergie électrique aux miniers du Katanga", a-t-il ajouté. 

(Encourageant, mais est ce que cela est suffisant ? En quoi la population bénéficie-t-elle des excellents résultats économiques dont on fait état, d’ailleurs, si l’on tient compte de ce que ces « bons résultats » (« bons » signifiant bien sûr « bons pour les investisseurs » sont surtout réalisés dans les secteurs du pétrole et des mines, ainsi que dans celui des télécoms, qui est sans retombées positives pour la population. 

Le Congo, en particulier, continue à axer son développement sur un modèle hérité de la colonisation, avant tout au service des mines, au lieu de mettre en valeur ses varitables richesses qui sont son potentiel agricole et hydrologique.  

Francophonie 

L‘Express (France) publie ce jour un long «papier » d’Anicet Mobe Fansiama sur la question toujours très controversée de la présence opportune ou non du Présdent Hollande : "L'OIF et la France prises au piège de la Françafrique?". En substance: "La présence du président Hollande n'aura de raison d'être que si elle permet à terme de libérer la politique africaine du pacte néo-colonial afin de la ramener à la raison démocratique", juge Anicet Mobe. http://www.congoforum.be/fr/analysedetail.asp?id=188091&analyse=selected pour lire l’article entier.

Parallèlement, on apprend, du côté de Paris, que le CLC, une organisation d’opposition de « l’autre Congo » (Brazzaville), estime également que le sommet de l’OIF ne devrait pas se tenir à Kinshasa.

 

Procès Floribert Chebeya 

Les Dépêches de Brazzaville annoncent « Procès Floribert Chebeya : la partie civilement responsable balaie la thèse du crime d'État ». 
Ce journal écrit :     
« Les mesures conservatoires sollicitées afin de sécuriser le site où serait enterré le corps de Fidèle Bazana seraient, d'après eux, dénuées de tout fondement juridique puisque fondées sur des rumeurs. La troisième audience foraine du procès en appel, mettant en cause les présumés assassins de l'activiste de droits de l'homme Floribert Chebeya, a été marquée par la réplique des avocats de la République en rapport avec la requête de la partie civile sollicitant des mesures conservatoires afin de sécuriser le site où serait enterré le chauffeur du président de la Voix des sans-voix, Fidèle Bazana.         
Auparavant, la Cour a procédé à la lecture d'une nouvelle requête de la partie civile exigeant la surséance du procès en attendant l'issue des enquêtes, mais aussi la comparution de l'auditeur général et de l'auditeur supérieur militaire aux fins d'éclairer l'instance judiciaire. En attendant l'examen de ladite requête, la partie civilement responsable avait, d'emblée, indiqué que le ministère public représentait au procès les deux hauts magistrats précités et, par conséquent, était en mesure d'éclairer toutes les zones d'ombre en rapport avec l'évolution des investigations sur le terrain.       
Quant à la sollicitation par la partie civile des mesures conservatoires, les avocats de l'État se sont opposés catégoriquement en demandant à la Cour de lui réserver une fin de non recevoir. D'abord, parce que la démarche ne répond pas à une disposition légale conforme à la procédure pénale. Ensuite, parce que ladite requête n'a aucun soubassement juridique puisque fondée sur les allégations d'un condamné en cavale, en l'occurrence Paul Mwilambwé.      
Ce dernier, rappelons-le, avait soutenu au cours d'un entretien avec Thiery Michel que le corps de Fidèle Bazana était enterré dans une ferme appartenant au général John Numbi sans toutefois y apporter les preuves nécessaires. Pour les avocats de l'État, il s'agit là ni plus ni moins que des « rumeurs sans fondements » d'autant plus que la requête est muette quant à la localisation du site en question. Intervenant sur la même question, un membre du Collectif a mis au défi ses collègues de la partie civile de produire un certificat d'enregistrement octroyant le droit de propriété de ladite ferme à l'ex-patron de la police.
La thèse du crime d'État a été balayée par ces avocats qui, en plus, ont mis en doute l'authenticité de l'entretien que le cinéaste belge aurait accordé à Paul Mwilambwé en évoquant les intérêts mercantiles qui sous-tendent cette démarche.«
N'oublions pas que nous avons affaire à un réalisateur, c'est-à-dire, un homme très outillé dans la manipulation de l'image et du son », a lâché un des intervenants qui n'exclut pas l'hypothèse d'un montage destiné à enfoncer davantage l'ex-inspecteur général de la police. Et l'intervenant de s'interroger sur la valeur juridique du film produit par le cinéaste belge en première instance sur lequel la partie civile s'appuie essentiellement pour bâtir son argumentaire.  
Intervenant sur RFI, le réalisateur belge a réagi en faisant valoir son souci de contribuer, à travers ce film, à la manifestation de la vérité. Thierry Michel estime, par ailleurs, que la Cour ferait œuvre utile en essayant de creuser les pistes offertes par Paul Mwilambwe plutôt que de dévier le procès en se focalisant sur sa personne
 ».

(Depuis le début de l’affaire Chebeya, et le film de Thierry Michel le montre à suffisance, la machine judiciaire congolaise est tiraillée entre deux exigences contradictoires : d’une part, montrer au monde un procès impeccable respectant toutes les règles de droit, d’autre part, aboutir néanmoins au résultat souhaité par ce que l’on appelle au Congo « la haute hiérarchie », appellation qui souligne plus qu’elle ne cache JKK. C’est évidemment la quadrature du cercle et c’est ce qui fait de certains passages du film des numéros comiques, alors que la matière ne l’est pas.   
Il est sans exemple que, dans un pays quelconque, la police ne se précipite pas sur un renseignement tel que le lieu où serait enterré le corps d’une victime, même si le renseignement vient d’une source extrêmement douteuse. Le refus de tenir compte d’un indice aussi essentiel ne peut qu’aggraver es soupçons quant à la volonté de ne pas toucher à John Numbi et, par ricochet, quant à l’idée qu’il aurait agi sur ordre de … « la haute hiérarchie ». NdlR) 

© CongoForum, le jeudi 2 août 2012

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