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Publié par JMVN

BARAKA (RDCongo) - La peine de mort a été requise samedi devant un tribunal militaire de l'est de la République démocratique du Congo contre cinq des 11 militaires accusés d'avoir violé une soixantaine de femmes début janvier, et 20 ans de prison contre cinq autres.

Le ministère public de la cour militaire de Bukavu (est), délocalisée à Baraka, dans la province du Sud-Kivu, a requis la peine de mort contre un lieutenant-colonel, trois majors et un sous-lieutenant pour "crimes contre l'humanité par le viol, et autres formes d'actes inhumains et terrorisme".

Il a également réclamé 20 ans de prison contre cinq caporaux, qualifiés de "délinquants primaires" sans aucun niveau d'instruction, et demandé à la cour de transférer devant un juge des enfants le onzième prévenu qui est mineur.

La cour a mis son jugement en délibéré à lundi.

Les militaires sont jugés depuis le 10 février pour les viols d'une soixantaine de femmes, et des violences et pillages commis dans la localité de Fizi, dans la nuit du 1er au 2 janvier.

Au cours des débats, des prévenus ont affirmé avoir reçu des ordres de leur chef et principal accusé, le lieutenant-colonel Daniel Kibibi Mutware, pour commettre les viols, mais ce dernier a démenti et affirmé avoir été débordé par ses hommes.

Les prévenus auraient participé à une expédition punitive après la mort d'un militaire qui avait blessé par balle un habitant à la suite d'une altercation. Les habitants avaient lapidé ce soldat, puis étaient allé le sortir de l'hôpital où il était soigné, pour le tuer.

L'avocat du lieutenant-colonel a demandé que son client soit "innocenté", parce qu'il "n'a pas violé". Des défenseurs des autres prévenus ont démandé également la relaxe ou bien une peine réduite pour leurs clients.

Un accusé a demandé "pardon" pour avoir volé à un habitant la somme de 7.000 Francs congolais (un peu plus de 7 dollars américains) et les autres ont demandé à continuer à servir dans l'armée.

Le prévenu lieutenant-colonel est un ex-officier de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), et les autres des ex-miliciens des Patriotes résistants congolais (Pareco), intégrés début 2009 dans l'armée congolaise, après un accord de paix avec Kinshasa.

La peine de mort en RDC n'a pas été abrogée mais les sentences capitales prononcées sont commuées en prison à perpétuité. Il n'y a plus eu d'exécutions depuis l'arrivée au pouvoir du président congolais Joseph Kabila en 2001.

Des militaires congolais sont régulièrement accusés de commettre des violences contre les populations dans l'est de la RDC, tout comme les groupes armés qu'ils combattent dans cette région instable.

(©AFP / 19 février 2011 19h08)

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