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Publié par FRANCE-RWANDA TRIBUNE

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 20.11.2012  

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Les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) qui contrôlent la ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, ont enlevé des femmes et des enfants, affirme l'ONU mardi 20 novembre. D'après un porte-parole de l'organisation, les casques bleus contrôleraient néanmoins toujours l'aéroport et ont effectué des patrouilles dans la ville.

Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, selon l'ONU et Kinshasa, ont pris à la mi-journée le contrôle de la capitale régionale de la riche région minière du Nord-Kivu dans l'est de la RDC. "Nous avons des informations selon lesquelles le M23 a blessé des civils, (...) détruit des propriétés et intimidé les journalistes et ceux qui ont tenté de résister à leur avancée", a fait savoir le porte-parole de l'ONU Eduardo del Buey. "La situation dans Goma et autour a atteint un point critique", a-t-il ajouté.

Les rebelles ont également pris le contrôle des deux postes-frontières avec la ville rwandaise voisine de Gisenyi.

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Le Conseil de sécurité de l'ONU étudiait mardi une résolution présentée par la France pour imposer de nouvelles sanctions contre des dirigeants du M23, Baudoin Ngaruye et Innocent Kaina, et condamner tout soutien extérieur apporté à la rébellion, sans toutefois nommer de pays précis. Indirectement visés, le Rwanda et l'Ouganda ont démenti aider le M23, comme l'affirment des experts de l'ONU.

Pour le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, le mandat des 17 000 casques bleus déployés en République démocratique du Congo est également "à revoir", puisque leur mission qui ne leur permet pas d'intervenir pour s'opposer à "quelques centaines d'hommes".


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RÉGION RICHE EN RESSOURCES

Le M23 a été créé début mai par des militaires, qui, après avoir participé à une précédente rébellion, ont intégré l'armée en 2009, à la suite d'un accord de paix. Ils se sont mutinés en avril, arguant que Kinshasa n'avait pas respecté ses engagements et réclament notamment le maintien de tous les officiers dans leurs grades, refusant "le brassage" (affectations dans d'autres unités et d'autres régions) qui les éloignerait de leur zone d'influence dans l'Est.

La région composée des provinces des Nord et Sud-Kivu est le théâtre de conflits quasi ininterrompus depuis une vingtaine d'années en raison de ses richesses en ressources minières (or, coltan, cassitérite) et agricoles, que se disputent le gouvernement congolais, divers mouvements rebelles et les pays voisins de la RDC, l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi.

Kinshasa refuse catégoriquement de négocier avec le M23, qu'il qualifie de "forces fictives mises en place par le Rwanda pour dissimuler ses activités criminelles en RDC", selon le porte-parole du gouvernement. Le président congolais, Joseph Kabila, a de son côté lancé un appel "au peuple ainsi qu'à toutes les institutions" à se mobiliser contre l'agression dont la RDC se dit victime de la part du Rwanda voisin. "Je demande la participation de toute la population à défendre notre souveraineté", a-t-il dit.

Lundi, Kigali a accusé la RDC de l'avoir "délibérément" bombardé, ce que Kinshasa a aussitôt démenti. "Le Rwanda n'a pas l'intention de répondre à la provocation venant de la RDC. Les enjeux [en RDC]sont trop sérieux pour être soumis à ce petit jeu, a déclaré la ministre des affaires étrangères rwandaise. Le Rwanda s'efforcera d'aider la RDC, comme nous l'avons fait depuis le début de la crise."

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