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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

 

Un rebelle du M23 sur les hauteurs de Bunagana, en juillet 2012.
Un rebelle du M23 sur les hauteurs de Bunagana, en juillet 2012.
AFP PHOTO / PHIL MOORE

Par RFI

L'armée congolaise a indiqué, ce samedi 2 novembre, que l'offensive contre les derniers bastions du M23 continuait dans l'est de la République démocratique du Congo, après le semblant d'accalmie de la veille. Les combats se déroulent à 60 km au nord de Goma.

Les combats se concentrent sur une dernière place forte, les collines de Chanzu et Runyonyi, tout près de la frontière rwandaise. C’est là que sont retranchés les derniers irréductibles du M23, entre 200 et 300 rebelles, selon des sources militaires. Leur chef Sultani Makenga pourrait en faire parti.

Depuis ce samedi matin, les combats ont repris. L’armée congolaise avance pas à pas et se prépare à donner l’assaut final. Les FARDC tirent toujours à l’arme lourde pour forcer les rebelles à fuir ou à se rendre. En face le M23 riposte. Le M23 qui a aussi visé un hélicoptère de la Monusco hier.

Il s’agit de collines agricoles, couvertes de champs de bananiers ou de forêts très denses. Elles sont particulièrement difficiles d’accès, d’autant plus qu’elles se trouvent tout près de la frontière rwandaise et que ceux qui poursuivent le combat coté rebelle maîtrisent très bien ce terrain.

Ainsi, les positions du M23 ont beau être réduites à des toutes petites localités rurales et leurs troupes en grande partie en débandade, quelques éléments semblent toujours résister efficacement.

Dernière chance de se rendre

Une nouvelle fois, hier, l’Etat congolais a lancé un appel à la défection. « Nous donnons une dernière chance à tous les combattants du M23 de se rendre », a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l'armée pour le Nord-Kivu.

 → A (RE)LIRE : Thierry Vircoulon sur RFI : « Que reste-t-il à négocier avec le M23 en RDC ? »

« La guerre n’est pas une panacée », a affirmé de son côté, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé, encourageant les rebelles à signer un accord politique pour garantir une paix durable.

 

 
Des éléments des FARDC en opération au nord de Goma, le 31 octobre 2013.
REUTERS/Kenny Katombe

 

En effet, alors que l’offensive militaire contre les rebelles du M23 est toujours en cours, en parallèle les pourparlers politiques entre les deux parties continuent. La communauté internationale espère même qu’un accord pourrait être signé dans les jours qui viennent, comme l’explique le chef adjoint de la Monusco, Abdallah Wafy.

« Il y a toujours des pourparlers qui continuent au niveau de Kampala [Ouganda], explique ce dernier, l’objectif étant d’obtenir un accord politique […]. Mais les deux options restent sur la table : l’option militaire et l’option diplomatique. L’une n’excluant pas l’autre. »


 ■ REACTION : « On peut tenir une année », affirme un officier du M23

Face à l’avancée des FARDC, les militaires du M23 se sont retirés sur des collines à 2000 mètres d’altitude près de Bunagana. Certains sont également passés côté ougandais. C’est le cas de cet officier supérieur qui témoigne de manière anonyme au micro de RFI.

Il est assis, tête basse et regard fuyant, en jean et chaussures de sport. Mercredi, il a traversé la frontière vers l'Ouganda. Selon lui, ils sont une cinquantaine à avoir fait de même, notamment des cadres et des policiers.

« Le M23 n’est pas encore fini. Nous avons au moins cinq brigades et nos deux états-majors. Et les munitions que nous avons sont suffisantes. Nous les avons prises à Goma l’année dernière et un peu partout ailleurs. On peut tenir une année. »

Il dément tout recrutement forcé de militaires ou d’enfants. Il explique cependant que le mouvement enrôlait de force des voleurs dans des comités d’autodéfense. Il dément également tout soutien du Rwanda et de l’Ouganda à la rébellion.

« Les fosses communes existaient avant nous »

Concernant les fosses communes découvertes à Kibumba, ce dernier estime que le M23 n’y est pour rien : « Ces fosses communes existaient avant nous. Même lorsque nous étions dans l’armée régulière, nous savions qu’elles étaient là. Tout le monde sait qu’elles datent de l’époque du RCD. Ces accusations sont le fait de personnes mal intentionnées qui veulent nous faire porter le chapeau. »

Pour lui, désormais, l’avenir est incertain : « Je souhaiterais rejoindre mon unité au Congo, dès que possible. Mais la route est désormais barrée par les FARDC ». Selon le combattant, des « camarades » viennent d’être arrêtés au Rwanda voisin. Une nouvelle porte de sortie qui se referme.

→ A (RE)LIRE : RDC: le M23 en 12 dates

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