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Publié par Le blog de Jean-Marie Ndagijimana

Le Phare du 27 mars 2013

Ntaganda Terminator photo grande tailleLes rédacteurs et signataires de l’Accord Cadre d’Addis-Abeba étaient certainement loin de s’imaginer les retombées de leur texte dans la sous-région des Grands Lacs et plus particulièrement au Rwanda, en RDC et en Ouganda. Quatre jours après le transfèrement de Bosco NTAGANDA à La Haye pour y être entendu sur les crimes lui imputés en Ituri et dans le Nord-Kivu, voilà que des noms circulent sous le manteau au sujet d’autres futurs clients de la Cour Pénale Internationale. Des personnalités issues des divers milieux, notamment des groupes armés, des cercles politiques au pouvoir dans les trois Etats, des officiers supérieurs des forces armées régulières de ces Etats et même des milieux d’affaires.

Cet accord cadre stipule dans l’un de ses chapitres que les Etats devraient s’abstenir d’héberger des éléments ayant commis des crimes dans l’un ou l’autre Etat de la sous-région. Autrement dit, toute personnalité accusée d’avoir trempé dans des actes criminels dans l’un ou l’autre Etat de cette sous-région doit être interpellée et au besoin remise entre les mains de la justice du pays concerné ou expédiée à la Cour Pénale Internationale.

Il se fait cependant que de nombreux criminels reconnus comme tels continuent à se la couler douce dans certains Etats de la sous-région, sans être inquiétés le moins du monde. Le plus cocasse, c’est que certains régimes au pouvoir les utilisent pour déstabiliser les pays voisins, en brandissant des prétextes fallacieux. C’est le cas de ce mouvement dit M23 qui apparait aujourd’hui comme une gaffe de trop perpétrée par Kigali et qui a abouti au transfèrement de Bosco NTAGANDA à la Cour Pénale Internationale alors qu’il était poursuivi par deux mandats d’arrêt internationaux depuis près d’une décennie. Le transfèrement de Bosco NTAGANDA n’est pas une opération du Saint Esprit et encore moins un fait du hasard. Il est le premier acte de l’exécution de cet accord cadre d’Addis Abeba suite aux multiples pressions exercées par les puissances occidentales sur le régime de Kigali. Ce criminel ne s’est pas du tout livré de lui-même comme d’aucuns voudraient le faire croire. Il a été rattrapé par les éléments des services de sécurité du Rwanda et escorté manu militari jusque devant les bâtiments abritant l’Ambassade des Etats-Unis à Kigali. Le régime de Kigali a tenu à faire d’une pierre trois coups. Tout d’abord prouver à l’opinion que la bonne gouvernance, l’autorité de l’Etat et le sens d’organisation ne sont pas de vains mots au Rwanda. Ensuite, Kigali a fait un pied de nez à la MONUSCO qui a été incapable de mettre la main sur Bosco NTAGANDA alors qu’elle dispose de 17.000 hommes bien équipés et déployés sur toute l’étendue des trois provinces de l’Est où opérait ce criminel. Sans le dire expressément, c’est un sujet américain et ancien ambassadeur de Washington à Kinshasa qui se trouve à la tête de cette force onusienne depuis plus de cinq ans. Enfin, Kigali s’est moqué du régime de Kinshasa qui a toujours soutenu que Bosco NTAGANDA était un élément indispensable au maintien de la paix dans les deux provinces de l’Est. Kinshasa l’avait même élevé au rang de Général de Brigade alors qu’il était l’objet d’un mandat d’arrêt lancé par la Cour Pénale Internationale pour des crimes commis en Ituri sous la bannière de l’UPC de Thomas LUBANGA, aujourd’hui condamné à quatorze ans de prison ferme.
 

 

NTAGANDA : un cauchemar pour les trois Etats….


Il devient de plus en plus certain que l’ancien chef d’Etat major général des forces de l’UPC de Thomas LUBANGA va passer à table. Et le plus probable, c’est qu’il va spécialement se décharger sur certaines personnalités de la RDC avec lesquelles il a eu à composer pour des trafics illicites des matières précieuses, d’armées et munitions de guerre. L’annonce de sa livraison à l’Ambassade des USA à Kigali doit avoir provoqué des cauchemars et des crises d’hypertension artérielle. C’est pour ces raisons que des noms commencent à circuler sous le manteau et il devient de plus en plus certain que des pressions vont s’intensifier sur les trois Etats pour livrer le plus tôt possible tous ceux qui sont liés de près ou de loin dans ce génocide qui continue à sévir dans les trois provinces de l’Est de la RDC. Particulièrement ceux dont les noms ont été cités dans le rapport MAPPING et ceux des experts indépendants de l’ONU qui ont provoqué la colère des autorités de Kigali.

F.M.

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