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Publié par JMV Ndagijimana

Source: Le Potentiel

Date: 20 Oct 2009


23 septembre 2009, les députés nationaux du Sud-Kivu se réunissaient pour évaluer la situation sociopolitique et sécuritaire de leur province. 5 octobre, Mgr Mauroy tirait la sonnette d'alarme depuis le synode des évêques catholiques à Rome pour attirer l' attention de la communauté tant nationale qu' internationale sur la situation préoccupante au Kivu. Il quittait d'ailleurs Rome pour ce motif bien précis afin de regagner Bukavu.


6 octobre 2009, les députés nationaux du Nord et du Sud Kivu déposaient une motion incidentielle à l'Assemblée nationale, toujours sur la situation sécuritaire au Kivu. Ce 20 octobre 2009, selon des sources concordantes, le président de la République recevait une délégation de parlementaires du Sud-Kivu qui lui ont remis un mémorandum dénonçant les mêmes effets d'insécurité, de pillage des ressources congolaises susceptibles de produire les mêmes causes.


C'est comme qui dirait : la guerre du Kivu n'est pas encore terminée. Un défi pour l'Etat congolais.

La Mission des Nations Unies au Congo, MONUC, totalisera bientôt dix ans de mission de paix en République démocratique du Congo. Le temps est certainement au bilan, car selon les évaluations, la MONUC est en train de vivre ces derniers moments en RDC.

Certes, l'on n'exclut pas une probable prorogation du mandat de la MONUC. Mais plus dans les mêmes termes antérieurs. La prorogation n'excéderait pas six mois.

Mais au moment où l'on s'apprête à tirer les leçons de ces dix ans de « mission de paix » de la MONUC en RDC, la question est celle de savoir si le but a été atteint. Car, en ces instants précis, il y a encore plus d'inquiétude que de quiétude. Preuve : des faits politiques qui parlent d'eux-mêmes. Tenez.


Le 23 septembre 2009, les députés nationaux du Sud-Kivu ainsi que quelques notabilités ont examiné la situation socio-politique de leur province. Il s'est dégagé de cette rencontre que la situation sécuritaire demeure préoccupante. C'est dire que l'opération Kimia II est loin d'atteindre ses objectifs tant il est vrai que les FDLR restent présentes en RDC. Qui plus est, conservent leur puissance de feu et auraient obtenu le renfort des éléments FNL-Burundi. Ils accusent les FARDC d'exactions et évoquent « l'occupation subtile du Sud-Kivu » avec le concours des militaires du CNDP qui imposent de plus en plus le kinyarwanda comme langue en lieu et place du swahili et autres dialectes du Congo.


Pendant ce temps, les éléments Maï-Maï seraient isolés. Ils sollicitent la constitution d'une délégation parlementaire, députés et sénateurs du Sud-Kivu, pour apporter sa contribution, sur terrain, à la mission de pacification de cette province.


A Rome où il se trouvait, Mgr Mauroy, archevêque de Bukavu, s'est attardé sur la violence au Sud-Kivu, laquelle violence n'épargne plus les religieux ou missionnaires. Il en appelle à la communauté internationale pour secourir une population en danger. Appel qui a été soutenu par les missionnaires comboniens de tous les continents et présents à Rome pour le synode de la paix.


Le 6 octobre, une motion incidentielle des élus nationaux du Nord et du Sud-Kivu a été lue à la tribune de l'Assemblée nationale. Elle tournait autour de la guerre au Nord-Kivu qui perdure. Cette motion distribue des cartons rouges tant au CNDP, aux FARDC qu'à la MONUC. Cette dernière est même accusée de « partisane » aux temps forts de la guerre « FARDC-CNDP/NKUNDA ». Cette motion incidentielle dénonce également la « mauvaise gestion » de cette guerre en relevant que tous ceux qui ont inventé plusieurs approches, à savoir « Programme Amani, mixage », avaient leur part de responsabilité dans « les résultats mitigés » de cette guerre du Nord-Kivu. Ils affirment que les FDLR, au lieu qu'ils soient neutralisés et renvoyés chez eux au Rwanda, « s'enfoncent davantage dans les profondeurs du territoire congolais », grâce à ces opérations militaires.


Comme pour dire que l'affaire ne sera pas réglée demain tant qu'il existe des tireurs de ficelle qui jouissent de ces opérations militaires. Ces élus n'ont pas la même lecture des opérations « UMOJA WETU et KIMIA » que les responsables militaires des FARDC et de la MONUC qui parlent des « avancées significatives ».


UNE GUERRE D'USURE


Enfin, ce mardi 20 octobre, il nous revient des sources concordantes que le président de la République a reçu une délégation de parlementaires du Sud-Kivu. Même objet sécuritaire dans la partie Est de la RDC. Un mémorandum lui a été remis au cours de cette audience.


Au regard de tous ces faits, il ne fait l'ombre d'aucun doute que la situation au Kivu demeure préoccupante. Pas plus tard que dans un rapport publié récemment par Pole Institue, basé à Goma, cette structure mettait en doute le « succès » de l'opération KIMIA II. Parlant pratiquement dans les mêmes termes que les parlementaires du Kivu, Pole Institue affirme que la puissance de nuisance des FDLR n'a pas été détruite. Partant, il y aurait lieu d'examiner la proposition du Rwanda d'assister le FARDC. Proposition qui ne rencontre nullement le consentement des élus du Kivu qui voient là une astuce pour favoriser l'occupation du Kivu. Il faut alors procéder par l'usure de l'Etat congolais avant de porter l'estocade.


En effet, d'autres analystes qui suivent cette situation de près, sont catégoriques. La guerre du Kivu, affirment-ils, est un commerce juteux. « Les gens s'amusent à ce jeu de morts » dans le seul but de réussir la balkanisation de la RDC. « C'est une guerre d'usure de l'Etat congolais », soulignent-ils. Car ils ne comprennent pas que cette guerre qui dure depuis douze ans, qui a bénéficié de l'intervention d'une force multinationale avec un budget de 1 milliard de dollars américains par an, perdure.


Cette guerre a nécessité des initiatives politiques et militaires encourageantes avec le concours financier et technique des partenaires extérieurs, à savoir « les Baraza communautaires, la Conférence de paix et sécurité de Goma, Umoja Wetu, Kimia II ». Mais l'on est loin encore d'une paix durable.

Au demeurant, la guerre du Kivu, disons de toute la partie orientale de la RDC, avec la présence de la LRA en Ituri, n'est que une guerre d'usure de l'Etat congolais. Tout le danger est là.

 

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