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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Par RFI

mediaLes documents du procès Simbikangwa.REUTERS/Charles Platiau

Dans le procès aux assises de l'ancien capitaine rwandais Pascal Simbikangwa, poursuivi pour « complicité de génocide » et « complicité de crimes contre l'humanité », les débats se sont achevés ce vendredi 7 mars après cinq semaines d'audiences. Il s'agit du premier procès en France lié au génocide qui a fait 800 000 morts au Rwanda en 1994. Les plaidoiries et le délibéré sont attendus pour la semaine prochaine. Bilan des débats.

Pendant ces cinq semaines d'audience, Pascal Simbikangwa aura parlé, beaucoup parlé. De son enfance, de la situation politique au Rwanda, de sa fascination pour le défunt président Juvénal Habyarimana. Mais en définitive, il fut bien peu prolixe sur le génocide des Tutsis, dont il n'a rien su, rien vu. Petit fonctionnaire sur la touche, comme il se décrit, il serait resté reclus ou presque à son domicile de Kigali le temps des massacres.

simbikangwa_500.jpgPascal Simbikangwa est resté inflexible : il n'a vu aucun cadavre, même lorsqu'il franchissait les barrières. Or, de très nombreux témoins sont venus raconter l'horreur à Kigali : les corps empilés, mutilés, qui brûlaient... Mais non, du haut de la cabine de son pick-up, Pascal Simbikangwa assure que son handicap l'empêchait de voir le résultat de cette folie meurtrière. Mieux encore, il affirme qu'il a fait le bien, puisqu'il a sauvé des Tutsis.

Ces Tutsis, justement, ont dépeint à la barre un homme autoritaire, influent, qui allait tous les jours sur les barrières comme on va au travail, qui donnait des ordres et distribuait des armes. Rien que des ingrats, tous manipulés par le FPR, a rétorqué l'accusé, espérant peut-être ainsi faire naître le doute dans l'esprit des jurés. Pour ces derniers, qui ne connaissaient certainement rien ou presque sur l'histoire du Rwanda, juger Pascal Simbikangwa, 20 ans après les faits, sera une véritable épreuve, à n'en pas douter.

→ À (RE)LIRE : Génocide au Rwanda, un procès pour l'Histoire


■ La parole aux protagonistes

 

Me Simon Foreman, avocat des parties civiles 07/03/2014 - par Franck AlexandreÉcouter

 

Aux yeux des parties civiles, la posture de Pascal Simbikangwa n'a pas résisté aux cinq semaines de débat. Me Simon Foreman confie : « On voit tout à fait se confirmer, de témoignage en témoignage, l'image d'un homme qui régnait en maître sur toute une partie de Kigali, et pas la moindre : le quartier de la présidence, des ambassades, des ministères. Il donnait des ordres (...), avait un rôle dans la distribution des armes. Donc, c'était un rouage très important de ce génocide. »

 

Me Alexandra Bourgeot, avocate de la défense 07/03/2014 - par Franck AlexandreÉcouter

 

Dans ce procès, l'accusation ne repose pourtant que sur des témoignages. Or, ces derniers sont douteux, plaide la défense. Me Alexandra Bourgeot relate : « Sans même parler de manipulation - ça, je laisserai la cour apprécier -, sur la cohérence des témoignages, je pense qu'on a bien vu qu'il y avait un gros problème, de trop grosses divergences, de trop grosses imprécisions, des témoignages imprécis, incohérents. Et puis, des faux témoignages, on en a quand même eu de très beaux ! »


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