Publié par FRANCE-RWANDA TRIBUNE

Victoire menottéeSelon Monsieur KAGAME, Madame Victoire INGABIRE UMUHOZA ne saurait plus à quel saint se vouer, ses conseils seraient en train de la lâcher, a tel point qu’elle voudrait demander pardon et bénéficier de la grâce présidentielle.

Rien d’étonnant que le président KAGAME fasse de telles déclarations, car à y regarder de près, c’est plutôt lui qui en réalité est à bout de ses forces, par rapport au procès de la présidente des FDU, et ce, malgré sa capacité de nuire : faire disparaître les gens, les tuer, les empoisonner, les torturer, les harceler de la façon la plus abjecte. Toute personne qui a suivi son speech au cours de cette conférence de presse à Kampala, quand il parlait de Madame Victoire INGABIRE, a vite compris que Monsieur KAGAME  ne faisait que relayer ce qu’on qualifierait de « amakuru y’ibyifuzo » - « wish news » - « nouvelles fiction » ! Abattu par la façon dont cette combattante pour la démocratie, cette mère courage qui se défend de façon  méthodique et  intelligemment argumentée, il n’était sans doute jamais arrivé au président KAGAME de penser que quand Madame INGABIRE Victoire allait s’exprimer devant la cour, elle serait la porte parole des millions de sans voix rwandais que le pouvoir du FPR a rendu muets.
Fidèle à sa ligne argumentaire dépourvu de toute distinction, Monsieur KAGAME a rembarré, jouant au procureur, lorsqu’un journaliste lui a posé une question sur ce procès. Il aurait pu répondre diplomatiquement en insistant sur le fait que le pouvoir judiciaire est indépendant des pouvoirs exécutif et législatif, que lui aussi attend le prononcé de l’arrêt, que dès lors il ne pouvait se prononcer là-dessus. Mais au lieu de cela,  il s’est perdu dans des explications peu claires, tel un témoin à charge qui a mal appris sa leçon de la part des fabricants de fausses preuves. Ceci rappelle justement le fameux couac à propos des heures où les emails que soi-disant Madame INGABIRE Victoire aurait envoyés à certains témoins formés par le DMI et les bureaux du procureur MUKURARINDA Alain pour la charger. Il s’est avéré que les réponses ont été reçues aux heures antérieures à celles où les courriels auxquels elles étaient supposées faire suite ont été envoyés ! Puis à la partie adverse de tenter d’expliquer  que ces heures différées affichées par les ordinateurs sont la conséquence des décalages horaires, selon les pays où l’expéditeur et le destinataire se trouvaient ! Plus comédien de mauvais goût que le système judiciaire rwandais, allez savoir…

Même si l’indépendance du pouvoir judiciaire ne peut être nulle part un acquis total, pour la simple raison que les juges prononcent les arrêts sur base des lois et de la constitution de chaque pays, lorsque ce ne sont pas eux-mêmes qui les font ; tout de même cet acharnement qui pousse le pouvoir de Kigali à se ridiculiser à ce point démontre qu’il n’y a pratiquement pas de preuves sérieuses confirmant ce dont on accuse la présidente des FDU. Si vraiment Madame INGABIRE Victoire avait suivi la mode actuellement en vigueur au Rwanda de demander pardon à Monsieur KAGAME quand on est prisonnier, afin d’être libéré, le monde entier aurait déjà pu lire cette lettre de demande de pardon. En réalité ce que Monsieur KAGAME  a dit dans cette conférence de presse à Kampala, c’est une expression de son souhait. Le fait d’avoir chargé cette combattante de la démocratie avec tant de véhémence, devant toute cette assemblée, allant jusqu’à affirmer que l’avocat de Madame INGABIRE est en train de la lâcher, c’est une manipulation très calculée où se mêle une pression terrorisante, en espérant jouer sur la vulnérabilité mais surtout l’isolement dans laquelle on l’a confinée. Et pourquoi ne pas espérer ainsi la mettre en conflit avec son conseil Maître EDWARDS !

Cette tactique de Monsieur KAGAME  a parfois porté ses fruits. C’est ainsi qu’en avril 2006 il a dit aux journalistes de l’agence Hirondelle à propos de Monsieur Pasteur BIZIMUNGU qui moisissait dans la prison 1930 de Kigali : « je pourrais considérer toute demande de pardon en faveur de l’ancien président BIZIMUNGU. Mais comment puis-je pardonner quelqu’un qui ne l’a pas demandé » ? – a-t-il insisté, s’adressant à un journalise. Quelque temps après, cet ex-farouche ténor du FPR a dû s’incliner car son successeur était en train de le faire mourir à petit feu dans cette geôle. Ceux qui ont pu écouter le résumé du déroulement du procès de Madame INGABIRE par le journaliste de la BBC GAHUZAMIRYANGO hier mardi le 13 décembre 2011 ont très bien compris qu’elle n’a aucune intention de demander pardon ! Aussi a-t-elle insisté auprès de ceux qui en ont la compétence au sein de son parti pour qu’ils fassent un démenti clair et net à ce sujet.  Désormais c’est chose faite.

 

Marie Madeleine BICAMUMPAKA

 

SOURCE

Commenter cet article

Deogratias KAREGEYA 19/12/2011


                               
Victoire INGABIRE: La voix des sans voix


                                "
Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es"


Je me rappelle que- en pleine guerre- quelques temps après l'attaque du FPR sur la préfecture de Byumba, et sa prise qui s'en était suivie, la télévision rwandaise avait tenu un débat politique
entre les férus du hutu power, à savoir la CDR(Coalition pour la Défense de la République)représentée par Jean Bosco BARAYAGWIZA et Stanislas SIMBIZI, d'une part, et l'opposition acquise à
la cause FPR, représentée par Faustin TWAGIRAMUNGU, d'autre part. Faustin TWAGIRAMUNGU, alors premier ministre désigné suite aux accords de paix d'Arusha, avait été officieusement considéré
ennemi national numéro un de l'intérieur du pays pour avoir dit en public que même si Byumba tombait dans les mains du FPR cela importait peu car le FPR avait été reconnu comme une formation
politique progressiste qui faisait usage de son aile militaire comme ultime recours pour libérer les masses populaires subjuguées par le régime discriminatoire de HABYALIMANA. Ce qui était vrai,
en quelques sortes, et bon motif à brandir en face de la communauté internationale. Acculé par les accusations-questions de ces célèbres avocats du hutu power, et par le journaliste Vénuste
NSHIMIYIMANA- au micro duquel le débat devait avoir lieu- qui, tout inconsciemment semblait être de connivence avec la CDR, car à l'époque, d'ailleurs beaucoup de gens faisaient montre de
supporteurs de la cause  hutu power par conformisme ou juste pour la survie sociale, à l'exception de quelques audacieux qui avient, dans la foulée, payé cher le fait d'avoir affiché, au su
et au vu de tout le monde, leur sympathie à l'égard du FPR, Faustin TWAGIRAMUNGU avait fini par craquer et déclara qu'il serait déplorable si les propos d'un politicien belge qui avait dit que"
il semble qu'il n'ya pas de politiciens au Rwanda" allaient s'avérer confirmés par le comportement des membres de la CDR qui, jusqu'en ce moment-là, faisaient allusion au FPR par le terme
dérogatoire de"inyenzzi". Aujourd'hui même, chaque fois que je lis ou écoute à la radio le cas Victoire INGABIRE, à mon esprit, je me pose la question de savoir si le régime de Kigali, avec un
dictateur comme Paul KAGAME qui bat le record du non respect des droits de l'homme et du citoyen, a, en son sein, des conseillers politiquement intelligents. Cette dame a eu le courage
extraordinaire de venir se poser en challenger contre Paul KAGAME. Son acte constituait un coup de publicité en sa faveur vu le fait qu'elle avait, jusque là, été inéxistante de la scène
politique du Rwanda. Le pays en arrive au degré"iwandabaga". Vu le caractère phallocratique revêtu par la société rwandaise, il est hors du commun qu'une femme se livre en martyr socio-politique
pour venir à la rescousse de son peuple et essayer de le dégager de l'emprise d'un régime état-policier presque aux abois. Et on ne pouvait pas penser à une autre version" Agathe
UWILINGIYIMANA"dans si peu de temps. Comme une personne dans une maison en paille- pour reprendre les propres mots de KAGAME- qui prend feu, le pays en arrive à se vouer à tous
les"saints" en son sein. Victoire INGABIRE dit clairement, et sans équivoque, ce qu'elle pense être le mal socio-politique rwandais, et propose des solutions. Elle est victime de ses visions non
manichéennes car elle aspire à une transformation inclusive du conflit rwandais par un processus de résolution ad hoc, résolution qui se voudrait vraie et réconciliante. En effet, elle est
convaincue que:- il revient aux rwandais d'imposer le changement; sa formation politique doit être enregistrée, et partant, il serait de même pour toute autre eventuelle formation politique;
l'opposition doit être reconnue à l'intérieur du pays,  car elle ne l'est que sur papier, juste au service du FPR; il doit y avoir une clarté sur certaines accusations utilisées à tort
et à travers pour museler l'opposition; que le droit de mémoire revient à tous, ainsi qu'une justice équitable et la réconciliation nationale qui commencera par un vrai dialogue
inter-rwandais. Bien sûr, ceci ne fait pas bonne musique aux oreilles de Paul KAGAME. Et regrettable en est que les super maîtres de la démocratie et des droits de l'homme ne pensent peut être
pas qu'il soit le moment propice pour pistonner ce bout de dame. Vraiment à envier, la vertu d'audace qui marque cette dame qui ose jouer la vraie citoyenne, nationaliste et patriote en
descendant sur Kigali, un champs pratiquement politiquement miné contre elle. Il faut avouer que cela n'est pas donné à tout le monde. Encore, chapeau madame! Si le régime de Kigali continue
à la malmener, et si pire encore, quelquechose de sinistre lui arrive, cette dame aura le mérite de se voir élévée ue rang des grands défenseurs universels des droits de l'homme et du citoyen,
tels les MANDELA, GHANDI, LUMUMBA et autres.....Les régimes se suivent et se ressemblent. Vers les années 80, le journaliste Philibert RANSONI avait causé un tollé en écrivant dans Kinyamateka un
article qui disait que  faire le culte de la personnalité au président reviendrait à préparer sa ruine. Et depuis lors, cet homme avait passé du bon journaliste à" persona non grata" et
sa fin avait été certaine. Pouvez-vous imaginer celui qui a été le premier à le fustiger en public, par écrit, soutenant la thèse des "abaryankuna b'umwami"? Eh bien, c'est monsieur Christophe
MFIZI, alors directeur de l'office rwandais d'information, qui avait fait preuve de thuriféraire impénitent, pour enfin faire un"contre-pied" envers ses positions d'antan quand il démissionnait
du MRND, en 1992, accusant, à raison, le président HABYALIMANA et la clique"réseau zéro" de conduire le pays dans un gouffre. Le caractère" troubadour"et ésotérique inhérent aux sphères
politiques dans le contexte rwandais se vit à chaque fois qu'un régime succède à un autre. Soit parce que les proches de la magistrature suprême ne veulent ou ne peuvent pas s'attirer les
foudres sur leurs têtes en faisant savoir à celui qui préside aux déstinées de tout un peuple la vérité vraie. Les conseillers préfèrent dire cette vérité là, la bonne à écouter, évitant ce qui
ne fait pas plaisir aux oreilles du "père de la nation". Encore, question de survie socio-politique? Oui, bien sûr..... si ce n'est pas du"ôtes-toi de là que je m'y mette", c'est tout simplement
les alliances mouvantes, le cas du"on sèche ses habits là où le soleil brille". Et on pourrait se demander si les acteurs politiques dans les pays sous développés en général, et au Rwanda en
particulier, ont un peu de conscience? Il semble que dans toutes les dictatures du monde, suite à toute une complication de facteurs, les intellectuels académiques préfèrent passer pour des
ignares en sciences politiques et relations internationales pour continuer à asseoir les pouvoirs qui leur mettent du pain sur le plancher. Un philosophe avait dit:"après les perles et les
diamants, ce qu'il y a de plus cher, c'est l'esprit de discernement." Qui a cette grâce de l'esprit de discernement est à même de savoir décrypter les signes des temps, et à temps.
Malheureusement trop peu d'hommes politiques font montre de cet esprit là, et le moment viendra où les excuses ne seront plus permises, ni une certaine sortie honorable. Et seule garantie ne
pourra être qu'une mort ignominieuse à la kaddhafi, ou une déchéance politique à la bagbo. Entre temps, à Kigali, sans le savoir ni le vouloir, les politiciens- ou bien les guignols de Paul
KAGAME- peuvent continuer à faire, en faveur de Victoire INGABIRE, une publicité tous azimuts, gratuite et, tout de même méritée. Encore une fois, madame, tien bon, et reste rassurée de la
victoire du bien sur le mal.


 


 


 

Monier alain 21/12/2011


Bonjour,


        Mme INGABIRE merite toute notre attention par le courage dont elle fait preuve depuis son incarceration, Madame "Courage" en montre a ceux qui
parlottent sans vraiment avoir autant de  volonte pour reagir a leur tour. Les femmes en cette decennies se prennent en compte et prennent aussi les affaires du monde en affirmant une
volonte de changement sans eqivoque. Toute ma sympathie a Victoire, que l'espoir qu'elle porte pour le Rwanda l'aide dans sa lutte quotidienne contre la Tyrannie. Je voudrai signaler a M.
l'Ambassadeur, que l'arrestation de M.Gbagbo et son envoi devant le tribunal de la CPI est un deni de justice. La situation en CI est trop complexe, pour la resumer par 
cette situation  Cordialement Alain Monier 

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog