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Publié par FRANCE-RWANDA TRIBUNE

1. Suivre de près une campagne  électorale dans un pays démocratique procure alternativement des moments d’angoisse et de bonheur intense.

Quand le candidat que vous soutenez est bien positionné dans les sondages d’opinion, le bonheur est là mais momentané. Il suffit d’une petite baisse dans les sondages et l’angoisse commence. Mais le lendemain la situation peut avoir évolué et donner de meilleurs  résultats. Vous revoilà regonflé à bloc. Cet exercice auquel le mental est soumis donne du sel à la vie.

2. Une campagne électorale dans un système dictatorial est extrêmement ennuyeuse. On connaît les résultats à   l’avance. Toute dramatisation est impossible. Aucune surprise possible alors que c’est l’élément essentiel d’une bonne campagne en tous cas pour ce qui concerne les sensations. C’est comme dans un bon match de football, équilibré par définition. Tant que le sifflet final n’a pas encore retenti, aucune équipe ne peut se  reposer sur ses lauriers  car l’adversaire en profiterait pour marquer le but décisif. Il faut donc faire comme si rien n’était joué jusqu’à la dernière minute.

3. Reconnaître la victoire de l’adversaire est dans la nature  même de la démocratie. C’est pourtant le moment le plus terrible où il faut se rendre à l’évidence qu’on a perdu et que celui qui est en face est le gagnant de la course que nous nous  étions juré de remporter. Faire ce pas  apporte une grandeur supplémentaire à celui qui le fait.

4. Nous avons connu une campagne désastreuse au Sénégal au début de l’année, une campagne ponctuée de violence à laquelle le Sénégal ne nous avait pas habitués. L’inquiétude avait même fini par gagner chez beaucoup d’observateurs qui s’étaient ralliés à l’idée que la violence est de l’ordre du normal en Afrique. La sagesse a fini par gagner et Abdoulaye Wade n’a pas fait de résistance. Il a reconnu immédiatement la victoire de son adversaire élu au deuxième tour le 26.03.2012, Macky sall, par ailleurs son ancien premier ministre. Ce qui a soulagé l’ensemble du peuple sénégalais qui avait cru un moment que le drame allait tourner à la tragédie.

5. La campagne électorale française qui s’est achevée ce 06.05.2012 a été intense et riche en rebondissements avec des mises en scènes plus ou moins réussies par les différents candidats. Tous les ingrédients d’une démocratie arrivée à maturité ont été réunis : participation massive de l’électorat, alternance, médiatisation, analyses, sondages extrêmement pointus qui ont certainement préparé le président sortant, Nicholas Sarkozy à affronter la dure réalité de l’échec. Bon joueur, le président sortant a reconnu immédiatement la victoire de son adversaire, François Hollande donné favori dans tous les sondages alors qu’il n’était qu’un illustre inconnu du grand public il y a un an. Nous lui souhaitons beaucoup de succès dans la dure mission qui est maintenant la sienne, car il prend la tête de l’Etat français dans une période de grave crise économique et financière mondiale.

6. Le jour viendra où le Rwandais se rendra aux urnes, libre de choisir entre deux ou plusieurs candidats, sous la seule surveillance de sa conscience. Paul Kagame, s’il est candidat, battra ou sera battu d’une courte majorité car le peuple aura de la difficulté à se prononcer sur le programme des concurrents qui sera axé sur la justice, la liberté, le développement intégral du pays, les soins de santé et la scolarisation pour tous.

Le candidat battu reconnaîtra la victoire de son concurrent et ira vivre en paix sur l’une des mille collines que compte ce merveilleux pays. Permis de rêver.

Jean-Baptiste Ngarambe

Belgique

07.05.2012

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Sinumvayabo 07/05/2012


C´est une alternative du pouvoir qui peut garentir le bon déroulement des élections présidentielles. Dans la bonne mesure le mandat devrait pas aller au-delà de cinq ans. Ên ce qui concerne le
Rwanda, de ma part je souhaiterait même un seul mandat de 4 ans,  pour qu´il y ait cette tradition d´alternance extrêmement  chère parmi les  principes démocratiques.

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