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Publié par FRANCE-RWANDA TRIBUNE

Décryptage par Frédéric Pons le jeudi, 27/10/2011

Parmi bien d’autres invités peu recommandables – mais la raison d’État justifie parfois des sacrifices –, la France a reçu ces dernières années des autocrates, rattrapés aujourd’hui par la colère de leur peuple ou confondus par leurs crimes. Mouammar al-Kadhafi, Bachar al-Assad et Paul Kagamé furent traités avec tous les honneurs par Nicolas Sarkozy, malgré les crimes terroristes qu’ils ordonnèrent contre nos compatriotes, malgré leurs menaces et leurs insultes répétées à notre égard.

Ces réceptions ont laissé un goût amer aux familles de leurs victimes comme à tous ceux qui travaillèrent à contrecarrer leurs actions.

Kadhafi et Sarkozy à ParisAccueilli à Paris en 2007 sans ja­mais avoir exprimé de regrets ou d’excuses, Kadhafi multiplia les ca­prices provocateurs. Il fallut tout accepter pour renouer le lien avec ce pays prometteur et remercier son “guide” mythomane d’avoir libéré les infirmières qu’il avait prises en otages ! Kadhafi vient de finir com­me un rat, achevé d’une balle dans la tête. C’est mieux ainsi. Un procès aurait sans doute conduit à un pénible déballage sur les coulisses de ce rapprochement franco-libyen. Reçu à l’Élysée en 2008, As­sad est l’héritier de ce régime res­ponsable de l’assassinat terroriste de plus de 160 de nos compatriotes (au Liban). De sa part également, jamais d’excuses ou de regrets. Assad sut berner l’Élysée, mais il montre en ce mo-ment son vrai visage : la répression en Syrie a déjà fait 3 000 victimes.

Sarko_Kagame-a-l-Elysee.jpgLe dernier en date de ces visiteurs dont la France aurait pu se passer est Paul Kagamé, chef de l’État rwandais depuis 1994. Accueilli à Paris le 12 septembre, il n’a jamais cessé d’insulter notre armée, accusée de complicité dans le génocide de 1994 (800 000 morts). Le procédé est ignoble, mais il lui permet de se disculper de sa responsabilité dans l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais (piloté par un équipage français), déclencheur de cette tragédie. Un nouveau témoignage d’un de ses proches, Théogène Rudasingwa, sans doute le plus accablant, confond un peu plus Kagamé : « Il savait que cet événement allait déclencher un déchaînement de violence, mais peu lui importait. Ce qui comptait pour lui, c’était le pouvoir, rien que le pouvoir. » Précis, cet ancien compagnon de combat de Kagamé parle en connaissance de cause : il fut son chef de cabinet puis son ambassadeur aux États-Unis.

Rudasingwa TheogeneRudasingwa veut témoigner devant la justice internationale et le juge français Marc Trévidic, chargé de l’instruction, ce qui pourrait relancer les man-dats d’arrêt émis en 2006. À Damas comme à Kigali, la France ne peut que se grandir en faisant éclater la vérité, pour cesser de courir après l’Histoire. L’honneur et la raison d’État ne sont pas toujours antinomiques. Frédéric Pons                        

Photo © Patrick Iafrate

Source : http://www.valeursactuelles.com

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