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Publié par Le blog de Jean-Marie Ndagijimana

Mushikiwabo_Louise_12_02.jpgLe Rwanda a indiqué mardi ne pas avoir à se mêler d'un éventuel transfert devant la Cour pénale internationale (CPI) du rebelle de République démocratique du Congo (RDC) Bosco Ntaganda, réfugié depuis lundi dans l'ambassade américaine à Kigali.

Cette affaire est entre les Etats-Unis qui détiennent le suspect, la RDC - pays de nationalité du suspect - et la CPI qui recherche le suspect, a déclaré la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, à l'AFP. Le Rwanda n'a donc aucune décision à prendre ici, a-t-elle ajouté.

Le département d'Etat américain a confirmé lundi soir que Bosco Ntaganda, sous le coup de deux mandats d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'Humanité en RDC, s'était présenté dans la matinée à son ambassade à Kigali et avait demandé son transfert à La Haye.

Ni les Etats-Unis ni le Rwanda ne sont signataires du traité fondateur de la CPI. Ils ne sont donc pas tenus de lui livrer un suspect. Lundi, le département d'Etat a cependant affirmé que Washington avait pris contact avec la CPI et Kigali pour faciliter la demande de transfert.

Bosco Ntaganda était chef d'état-major de la rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) jusqu'à un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa qui avait conduit à l'intégration de nombreux miliciens dans l'armée de RDC. Lui-même avait obtenu le grade de général.

Il était depuis retourné dans le maquis et était soupçonné d'avoir fomenté la création d'une mutinerie, dite du M23, début 2012.

Les mutins du M23 sont pour l'essentiel des Tutsi, ex-membres du CNDP qui avaient bénéficié de la vague d'intégration à l'armée de RDC après la signature de l'accord de 2009. Ils se sont de nouveau rebellé il y a environ un an dans la riche province minière du Nord-Kivu, située dans l'est de la RDC et voisine du Rwanda, estimant que les termes de cet accord n'avaient jamais été pleinement respectés.

Réputé sans pitié, surnommé Terminator, Bosco Ntaganda fait l'objet de deux mandats d'arrêts de la CPI, accusé notamment de l'enrôlement d'enfants-soldats et de viols dans les régions de l'Ituri (nord-est de la RDC) et du Kivu (est).

Mardi, la CPI a salué sa reddition, et indiqué chercher à obtenir son transfert à La Haye pour le juger.

Le Rwanda est accusé par la RDC et l'ONU de soutenir le M23. Kigali s'en défend. Mais depuis plusieurs années, la nature des relations entre Bosco Ntaganda et Kigali font elles aussi l'objet de nombreuses spéculations.

Le week-end dernier, Kinshasa a encore accusé le Rwanda d'avoir laissé passer Bosco Ntaganda sur son territoire, en même temps que quelque 600 hommes d'une faction défaite du M23. Kigali a de nouveau démenti.

Lundi, le porte-parole du gouvernement de RDC, Lambert Mende, est revenu à la charge, affirmant que le suspect de la CPI avait même été conduit jusqu'au portail de l'ambassade par l'armée rwandaise.


Kigali, 19/03/2013 (AFP / MCN, via mediacongo.net)

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