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Publié par FRANCE-RWANDA TRIBUNE

Le mensonge de trop: Sebasoni et la justice française

Par feu le Dr Joseph Ndahimana


Lundi 7 Décembre 2009 10h19mn 32s

De:

 

Dr JosephNdahimana-9e484-copie-1Il n'est jamais aisé de discuter d'un sujet comme le génocide des Tutsi, les victimes rwandaises en général, ou tout simplement toute victime innocente.  Mais, c'est aussi dans la mesure où nous serons en mesure de tenter de parler vrai sur de tels sujets, que nous serons à la hauteur des attentes suscitées par la recherche de la vérité et la vraie lutte contre toutes les injustices.

 

Le génocide des Tutsi rwandais demeure un sujet délicat et profond.  Ce n'est pas un sujet banal, car il concerne la perte de vies humaines.  Mais, une véritable mise en garde doit être clairement adressée à quiconque s'aviserait à en faire un usage mercantile, éhonté,... ou à exploiter outre mesure ce drame, notamment dans un but d'intimidation ou de culture de la "confusion".

 

S'en prendre aux analystes scientifiques est devenu, depuis la guerre d'octobre 1990, une spécialité rwandaise.

Pourchassés pour leurs opinions, des observateurs internationaux sont systématiquement qualifiés de négationnistes par des agitateurs tutsi, ou de blancs menteurs pro-FPR, ou par des ténors du camp adverse constitué par des hutu.

 

1. Des comparaisons inutiles et sans objet

 

Dans sa réaction faisant suite à un arrêt judiciaire favorable à l'écrivain français, Pierre Péan, suite à une plainte déposée contre lui par SOS racisme au sujet de son livre sur le Rwanda, intitulé "blancs menteurs, noires fureurs", monsieur Servilien Sebasoni s'indigne du fait que le cas de M. Péan n'a pas été traité comme celui du chef d'un parti de l'extrême droite française, monsieur Jean-Marie Le Pen, condamné pour avoir déclaré sur le génocide des Juifs que "les fours crématoires sont un détail de l'histoire". 

 

Ainsi, on se perd, comme à l'accoutumée, dans des comparaisons du genre "...A Paris, la diffamation d'un Rwandais n'apparait pas comme la diffamation d'un Juif...", au lieu de reconnaître qu'un génocide n'en vaut pas toujours d'autres, surtout compte tenu des circonstances dans lesquelles il a été commis.  Pareille volonté de donner au génocide des Tutsi un caractère mystérieux, alors qu'il a été commis au grand jour et que ses témoins sont très nombreux parmi les Rwandais de toutes les appartenances ethniques, s'apparente à un besoin effréné d'en faire un usage à consommation extérieure. 

 

Une fois de plus, cette manœuvre trahit une culture de manipulation,...et de mensonge.  On l'a vu, à l'époque où le régime du FPR a vendu à l'Occident "les gacaca" comme remède miracle, en lieu et place de la clarification des orientations du régime en question en matière de justice.  Il était, en effet, d'emblée logiquement impensable que les gacaca puissent fonctionner correctement dans un pays où l'étouffement de la vérité est érigé en système de gouvernement, où la liberté de donner son opinion était privée au peuple, et où il était surtout officiellement exclu de parler des crimes commis par le FPR, détenteur du pouvoir.  A l'heure actuelle, après tant de temps perdu, l'un des principaux pays occidentaux qui ont financés cette mascarade de gacaca, en l'occurrence la Belgique, déclare sans ambages, ne reconnaître aucune valeur judiciaire à ces institutions fantomatiques, les gacaca.

 

Notre compatriote Sebasoni persiste dans ses égarements intellectuels en affirmant que parler de "la culture du mensonge" chez les Tutsi ou les Rwandais relève du pur "racisme".  Il qualifie la justice française d'"hypocrite" et justifie son jugement en arguant que "s'il s'était agi de Juifs et non de Tutsi, Pierre Péan aurait été à coup sûr condamné et mis au ban des gens honnêtes pour le reste de sa vie".  Une sérieuse hantise d'extraire le génocide des Tutsi de son contexte rwandais et de l'assimiler à tout prix à celui des Juifs!

 

2. Plaidoirie en faveur de l'ange Paul

 

Aux yeux de Servilien Sebasoni, dans le dossier du génocide des Tutsi et la polémique qui s'y rapporte, le président Paul Kagame ne serait qu'une victime,...si pas un martyr.  Sebasoni affirme ainsi que "les Occidentaux...ont choisi pour critère de vérité tout ce qui est contre Paul Kagame et le FPR".  Un vulgaire mensonge, si l'on sait que dans l'affaire, Paul Kagame a aussi ses "Occidentaux".  Ceux-là qui l'ont aidé dans sa campagne de conquête militaire du pouvoir, et qui continuent de lui prodiguer une aide si rapprochée, digne d'un régime d'occupation militaire assistée.  Pis encore, Paul Kagame est l'instrument de puissances occidentales dans l'entreprise criminelle de déstabilisation et de pillage à l'encontre d'un pays voisin, le Congo. 

 

Sebasoni se met à épiloguer sur les convictions intimes du journaliste P. Péan sur le génocide et s'interroge: "...quelle réalité du génocide Pierre Péan ne nie-t-il pas?".  Et de conclure qu'à vrai dire: "...le génocide réel, commis contre les Tutsi par des Hutu, Péan ne le reconnait pas; ...P. Péan ne nie pas le génocide des Tutsi, mais l'attribue, par une ruse diabolique, aux Tutsi eux-mêmes...".

 

On se croirait dans une gymnastique de psychanalyse ou un test sur la foi religieuse!  L'affirmation de "...génocide des Tutsi commis par des Hutu" est en même temps vraie et partielle.  Elle est vraie car, en effet, des Hutu, ont commis un génocide contre des Tutsi.  Mais, aussi, il n'en est pas moins vrai que le FPR, à dominante tutsi, et son chef Paul Kagame, ont eu une part indéniable de responsabilité dans ce même génocide commis contre des Tutsi.  Ils ont même spéculé sur ce génocide, en décidant d'en faire le passage obligé pour conquérir un pouvoir sans partage  Une telle affirmation relève simplement d'un fait véridique vérifiable, et ne constitue en rien une volonté de minimiser l'ampleur de ce crime, ni d'atténuer en quoi que ce soit la responsabilité des Hutu qui l'ont organisés ou y ont pris part.

 

3. Sebasoni fait feu de tout bois 

 

Visiblement, l'énervement de Sebasoni, le sage malgré lui, n'a pas de limite.  Il s'en prend entre autres au juriste rwandais Ntampaka Charles en ces termes: "N'en déplaise à l'injuste juriste rwandais, Ntampaka, et à Musabyimana ...qui croient que tous les Rwandais sont menteurs...".

 

Ce faisant, monsieur Sebasoni ne prouve pas que lui, en particulier, n'est pas un menteur.  En effet, en termes d'intégrité intellectuelle et de probité, il n'arrive pas à la cheville de l'un des boucs émissaires de sa déception, notamment Ntampaka Charles.

Enfin, Sebasoni surfe sur la fibre "genre" et s'attaque à des Canadiennes (il s'agit bien aussi de femmes) qui auraient mis en cause la tangibilité du rôle de la femme dans le Rwanda de Kagame.  Il dit: "Deux Canadiennes visitant le Rwanda ont écrit qu'elles (les femmes) n'y sont pas au pouvoir, elles n'y sont qu'en apparence".  Qui de Sebasoni et le régime dont il plaide la bonne foi d'une part, et d'autre part des Canadiennes, est menteur?  Au Rwanda, le pouvoir n'est ni dans les mains des femmes, encore moins des hommes, il est dans les mains d'un homme, Paul Kagame.

 

Joseph*

 

* Le Docteur Joseph Ndahimana est décédé le 29/03/2010, mais ses analyses restent d'actualité. RIP

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