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Publié par FRANCE-RWANDA TRIBUNE

Par Théogène Rudasingwa

Rudasingwa-TheogeneLa saga entre Kagame et la France se poursuit. C’est une histoire qui est devenue presque familière et qui sonne parfois comme un conte de fées enfantin. Dans le dernier épisode, la France rappelle son ambassadeur à Kigali, devenu pour de nombreux observateurs, plus cadre du FPR qu’Ambassadeur de France. Motif ? Kagame ne veut pas de la nouvelle titulaire du poste diplomatique à Kigali parce qu’ « elle est trop proche du Ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé que Kagame considère comme étant hostile aux intérêts du Rwanda ! ». A en juger par le récent rythme du jeu de ping-pong entre Kagame et Sarkozy, Kagame feint de piquer une colère et Paris joue l’apaisement en acceptant ce que Kagame demande. Il y a seulement quelques années, Kagame a viré l’Ambassadeur de France et Sarkozy s’est rendu en personne à Kigali. Par la suite, Kagame s’est mis à insulter la France sans discontinuer, et on l’a invité en France. Il dénonce la complicité des Français dans le génocide de 1994 au Rwanda (lire les rapports Mucyo et Mutsinzi) et le rapport des experts du juge Trévidic  n’est, au mieux, qu’une version vague, et au pire, un instrument qui fait le jeu de Kagame, en rapport avec l’attaque contre l’avion du Président Habyarimana.

Tout le jeu diplomatique de Kagame avec la France n’est qu’une manœuvre visant à empêcher que la vérité ne soit dévoilée en ce qui concerne le crime terroriste qu’il a commis en ordonnant la destruction de l’avion du Président Habyarimana. Il sait que sa légitimité son avenir sont suspendus sur cet événement marquant. Aussi, il est disposé à utiliser toutes les ressources politiques et économiques pour manipuler ou chanter les Français ainsi que l’opinion publique internationale, en vue d’empêcher que justice soit faire ou d’en faire dérailler le cours. Et si  les démarchés diplomatiques classiques ne donnent rien, il sortira la carte de la violence primitive.

Kagame détient le pouvoir absolu au Rwanda, et il se vante souvent d’être en mesure de faire tout ce qu’il vaut. Pour lui, ses intérêts personnels se confondent avec les « intérêts du Rwanda ». Il pense et agit comme si les intérêts nationaux du Rwanda étaient  les mêmes que ses intérêts personnels. Le Rwanda, c’est lui. Il est le Rwanda. Il semble avoir oublié ou il ignore-t-il  que la France est un autre pays souverain ? Si les autres pays acceptent les diplomates de Kagame, dont certains sont ses laquais ou parfois, des agents en mission criminelle pour assassiner les réfugiés, pour qui se prend-il pour trouver à redire devant la désignation légitime de ses diplomates par la France ?

La question primordiale qui se pose est celle de savoir si la France (ou Sarkozy) doit poursuivre une politique futile et contre productive d’apaisement devant les gesticulations de Kagame. Kagame ne changera jamais son attitude envers la France, sauf si Paris le proclame innocent du crime de destruction de l’avion. Et même si les Français le font, il pourra encore leur demander de se mettre à genoux devant lui pour solliciter son pardon pour le péché d’avoir été complices du génocide de 1994. Comme le dit l’adage, le faire ou ne pas le faire, telle est la question. Si la France est mue par le sentiment de culpabilité sur ce qui s’est passé, comme le reste de la communauté internationale, le mieux serait qu’ils se libèrent de ce sentiment, pour traiter avec fermeté avec Kagame, dans l’intérêt du Rwanda et de l’ensemble de ses citoyens. S’ils ont d’autres intérêts légitimes au Rwanda et dans la région des grands lacs africains, ils sont en train de mettre tous leurs œufs dans un panier troué. Kagame est sur la voie de la sortie. Il a déjà épuisé sa durée de vie utile et il est devenu un frein pour le progrès au Rwanda et dans la région des grands lacs. La France doit exorciser ses démons en ce qui concerne le Rwanda et avoir le courage de prendre langue avec les nouvelles voix pro-démocratiques du Rwanda. C’est de ce côté-là que se trouve l’avenir.

Il est non seulement insoutenable pour les relations franco-rwandaises, d’accepter le jeu de la diplomatie belliqueuse de Kagame, mais aussi, ce serait extrêmement dangereux. Les conséquences en seraient négatives et  dans la durée, pour le Rwanda, la région des grands lacs, l’Afrique et pour la paix et la sécurité internationales.

Mais d’ores et déjà, nous assistons à la stratégie de la corde raide et il ne reste qu’à voir qui de Sarkozy ou de Kagame va tomber dans le précipice.

 

Dr. Théogène Rudasingwa

Rwanda National Congress

 

Version originale en anglais

 
PAUL KAGAME'S ENDLESS DIPLOMATIC GAMBLES
By Theogene Rudasingwa

The saga between Kagame and France continues. It is a familiar story that sometimes sounds like a children's fairy tale. The latest is France recalling its Ambassador to Kigali, whom many have referred to as a French RPF cadre. Reason? Kagame does not want the new French nominee to the diplomatic post in Kigali because "she is too close to the French Foreign Minister", Alain Juppe, whom Kagame considers "hostile to Rwanda's interests"!. Judging from the past rhythm of the Kagame-Sarkozy dance, Kagame throws a tantrum and then Paris finally backs down and does Kagame's bidding. Kagame expelled the French Ambassador a couple of years ago, and the next time Sarkozy was in Kigali. Kagame daily insults the French and then they invite him to France. He denounces the French as the accomplices to the 1994 genocide in Rwanda ( Read Mutsinzi and Mucyo reports) and the Trevidic report comes out at best lukewarm and at worst plays into the Kagame hands with respect to the shooting down of the Habyarimana plane.

Kagame's whole diplomatic venture with France is a gamble to prevent the truth coming out with regard to the terrorist crime he committed by ordering the shooting down of the Habyarimana plane. He knows that his legitimacy and future hang on this decisive landmark event. He will spend any political and economic resources to manipulate or blackmail the French and the international public opinion to frustrate and subvert the course of justice. When any pretense of civility fails, he will resort to primitive violence.

Kagame has absolute power in Rwanda, and he often boasts that he can always do whatever he wants. He calls his personal interests "Rwanda's interests". He thinks and acts as if Rwanda's national interests are synonymous with his personal interests. He is Rwanda. Rwanda is him. He has forgotten or ignored that France is another sovereign country? If other countries accept Kagame's diplomats, some of whom are really his house boys and girls , or sometimes agents on criminal errands to kill refugees, who is he to question France's legitimate choice of their diplomats?

The one-million dollar question is why France ( or Sarkozy?) would pursue a counter-productive or futile policy of appeasement on Kagame? Kagame will never change his posture on France unless Paris proclaims him innocent of the crime of shooting down of the plane. And even when they do that, he will ask them to kneel before him and ask for forgiveness for having been accomplices in the 1994 genocide. Like the English saying, they are damned if they do, and damned if they don't. If France is operating out of the guilt of the past like the rest of the international community, they better outgrow it and deal with Kagame firmly, in the interest of Rwanda and all of its citizens. If they have other legitimate interests in Rwanda and the Great Lakes region, they are placing their eggs in one broken basket. Kagame is on the way out. He has outlived his usefulness, and has become a break to progress in Rwanda and the Great Lakes region. France needs to exorcise its demons on Rwanda, and be bold enough to deal with the emerging Rwandan pro-democracy voices. That is where the future lies. 

Accepting Kagame's belligerent diplomatic gambles is not only not a sustainable basis for bilateral Franco-Rwanda relations, it is an extremely dangerous policy. It has far reaching and negative consequences for Rwanda, the Great Lakes region, Africa and international peace and security.

As the game of brinkmanship unfolds let us wait and see who blinks first: Sarkozy or Kagame?

 

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