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Publié par Tribune Franco-Rwandaise

Des soldats de l'armée congolaise en patrouille dans le village de Kibati, près de Goma, le 22 juillet.

Le ton monte entre Washington et Kigali. "Nous exigeons que le Rwanda mette immédiatement fin à toute forme d'aide au M23 [et] retire son personnel militaire de l'est de la République démocratique du Congo [RDC]", a déclaré, mardi 23 juillet, la porte-parole du département d'Etat américain, Jen Psaki.

 

La veille, Human Rights Watch (HRW) avait publié un rapport accablant pour le Mouvement du 23 mars (M23) – rébellion qui combat l'armée congolaise depuis mai 2012 à l'est du pays –, l'accusant une fois de plus d'être à l'origine de nombreuses exactions. Les inquiétudes américaines font suite à "un faisceau de preuves crédibles" confirmant l'implication de responsables militaires rwandais, a ajouté Jen Psaki, sans préciser si le président rwandais, Paul Kagamé, était lui-même visé.

"C'est intéressant de voir que les Américains réagissent plus à ce rapport qu'à celui des experts de l'ONU", soulignait, mardi soir, une source proche du dossier. En novembre 2012, le groupe d'experts mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU pour rendre compte de la situation sécuritaire en RDC avait accusé le Rwanda et l'Ouganda de soutenir le M23. La publication de leur rapport avait soulevé une vive polémique.

"Les chefs du M23 ont reçu des ordres militaires directs du chef de l'armée rwandaise et Kigali a fourni armes lourdes et conseils militaires et politiques aux rebelles", affirmait le document, dont l'ambassadrice américaine Susan Rice avait, selon des diplomates, tenté de reporter la publication.

"CELA COMPLIQUE LES CHOSES"

Cette année, les experts de l'ONU ont produit un rapport final plus contrasté, mis en ligne mardi soir, un mois après que la version préliminaire avait fuité. Les experts parlent cette fois d'un "soutien continu - mais limité - au M23 en provenance du Rwanda" et disent ne disposer d'"aucune indication de soutien de l'Ouganda aux rebelles".

C'est d'ailleurs une rébellion divisée et affaiblie, ne comptant plus que 1 500 hommes, qui est décrite, "incapable de contrôler l'ensemble de son territoire" depuis la reddition du chef Bosco Ntaganda à la Cour pénale internationale, en mars.

Ce coup de gueule des Etats-Unis à l'encontre du Rwanda intervient à deux jours d'une réunion de haut niveau au Conseil de sécurité de l'ONU sur la région des Grands Lacs, que doit présider le chef de la diplomatie américaine, John Kerry. "Cela complique les choses", admet une source diplomatique.

A l'issue de ce débat, auquel doivent participer plusieurs représentants gouvernementaux de la région, les quinze pays membres du Conseil sont censés adopter une déclaration présidentielle appelant notamment le Rwanda à cesser son soutien au M23. Kigali, qui siège au Conseil en tant que membre non permanent, se montre plus "inflexible" que jamais, confie cette même source.

 DES JEUNES CONGOLAIS ET RWANDAIS RECRUTÉS DE FORCE

Dans son rapport réalisé à l'appui de cent témoignages, HRW cite des "activités" attestant du soutien des autorités rwandaises à la rébellion. Notamment "des mouvements réguliers du Rwanda vers la RDC d'hommes en uniforme de l'armée rwandaise et d'approvisionnement du M23 en munitions, en vivres et en autres fournitures".

Le document affirme que le M23 a "exécuté sommairement au moins 44 personnes et violé au moins 61 femmes et filles depuis mars", et recruté de force des jeunes hommes et garçons congolais et rwandais. Fin février, onze pays – dont le Rwanda et l'Ouganda – ont signé un accord-cadre qui les engage à ne plus soutenir de groupes armés dans l'est de la RDC.

Lire : Dans l'est du Congo, les viols comme armes de guerre

Lors de sa tournée africaine, début juillet, le président américain, Barack Obama, avait appelé les pays de la région, sans toutefois les citer, à cesser tout soutien aux groupes armés opérant en RDC.

Selon des diplomates, la nomination en juin de l'ancien sénateur Russ Feingold comme conseiller spécial du département d'Etat pour la région des Grands Lacs pourrait expliquer le changement de ton de Washington vis-à-vis de Kigali. Ce démocrate, proche de John Kerry, est un grand expert des questions africaines.

Source

 

Autre article

Reuters

Washington appelle le Rwanda à ne plus soutenir les rebelles en RDC

Affirmant avoir les preuves de l'implication de responsables militaires rwandais, les États-Unis ont appelé mardi le Rwanda à stopper son soutien aux rebelles du M23 dans l'est de la République démocratique du Congo.

Les Etats-Unis ont appelé mardi le Rwanda à stopper son soutien aux rebelles du M23 en République démocratique du Congo (RDC), estimant avoir les preuves de l'implication de responsables militaires rwandais.

"Nous exigeons que le Rwanda mette immédiatement fin à toute forme d'aide au M23 (et) retire son personnel militaire de l'est de la RDC", a déclaré la porte-parole du département d'Etat américain, Jen Psaki, sans préciser si le président rwandais Paul Kagame était lui-même impliqué.

Elle a ajouté que les inquiétudes américaines faisaient suite à "un faisceau de preuves crédibles" dévoilées par l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Human Rights Watch a déclaré lundi que les rebelles du M23 menaient des dizaines d'exécutions sommaires, violaient de nombreuses femmes et recrutaient de force des enfants avec le soutien du Rwanda voisin.

La rébellion, dominée par les Tutsis, continue à affronter les forces gouvernementales congolaises près de Goma, la plus grande ville de la province du Nord-Kivu, qu'elle a prise et contrôlée pendant plusieurs jours en novembre dernier.

REUTERS

 

Human Rights Watch accuse le Rwanda de soutenir les rebelles congolais du M23

Des combattants du M23 à Bunagana, le 7 avril 2013.
Des combattants du M23 à Bunagana, le 7 avril 2013.
AFP PHOTO/ ISAAC KASAMANI

Par RFI

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch affirme que le Rwanda continue de soutenir la rébellion congolaise du M23 et accuse les rebelles d'avoir commis de très graves exactions dans l'est de la République démocratique du Congo voisine ces derniers mois : exécutions sommaires, viols et recrutement d'enfants soldats. Ce que la rébellion dément.

Si les informations recueillies par Human Rights Watch sont confirmées, ces crimes pourraient être jugés par la Cour pénale internationale. « Nous avons documenté au moins quarante-quatre cas d'exécutions sommaires et au moins soixante et un cas de viols par des combattants du M23 depuis le mois de mars », explique Carina Tersakian, qui supervise les recherches sur les Grands Lacs pour Human Rights Watch. Elle accuse aussi le mouvement rebelle d'avoir « recruté de force des jeunes gens et des adolescents de moins de dix-huit ans ». 

Du côté du M23, on dément en bloc ces accusations, dénonçant le manque de professionnalisme de l'organisation. « Ce rapport ne se fonde pas sur des faits réels », estime Bertrand Bisimwa, président du M23. « Il repose sur des témoignages non crédibles : ils ont rencontré des gens qui disent avoir fait défection de notre organisation. Ces gens-là ont rejoint le clan gouvernemental et on ne peut pas parler de crime ou d'homicide si l'on ne parle pas à des victimes. HRW ramasse la rumeur et veut en faire un rapport ».

Le Rwanda pointé du doigt

Pour l'organisation de défense des droits de l'homme, le soutien du Rwanda au M23 n'a jamais cessé. « Ce soutien existe depuis longtemps, explique Carina Tersakian, mais les informations que nous venons de publier portent sur la période plus récente depuis le mois de mars. De nombreux témoignages que nous avons recueillis, de la part par exemple de déserteurs, mais également de civils et de gens habitant près de la frontière, ont confirmé ce soutien. Ils évoquent notamment les mouvements fréquents d'hommes armés, en uniforme militaire, qui traversaient le Rwanda vers le Congo pour rejoindre le M23 ».

Soutien en hommes, en armes, en nourriture. Pour Kigali, les accusations de Human Rights Watch ne sont pas nouvelles. Comme le M23, le Rwanda taxe l'organisation de manquer de professionnalisme et de faire preuve de partialité.

Pour preuve, insiste-t-on à Kigali, ce témoignage affirmant que les formateurs rwandais seraient d'anciens casques bleus déployés en Somalie. Or, le Rwanda n'a jamais eu de contingent dans ce pays. Human Rights Watch reconnaît qu'il s'agit d'une erreur, mais que cela ne remet pas en cause la validité du reste du rapport.

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