Mardi 6 novembre 2012 2 06 /11 /Nov /2012 05:39

 

RUSESA-ET-OBAMA.jpg Photo : Paul Rusesabagina (PDR) en pleine discussion avec  de Barack Obama

La crédibilité d’un régime devrait être mesurée notamment à l’aune de la justice qu’elle rend à ses citoyens. Le cas de Mme Victoire Ingabire, présidente des Forces Démocratiques Unifiées (FDU-Inkingi) démontre au -delà du doute l’absence d’une justice équitable sous le régime de Kigali que nous dénonçons depuis ses dix-huit ans d’existence. Huit ans de prison ferme : c’est la sentence qui est tombée ce 30 octobre 2012. Il est reproché à Mme Ingabire l’idéologie du génocide et la conspiration contre le gouvernement rwandais.

 

Nous voudrions souligner d’emblée que le procès de Mme Ingabire n’a été qu’un cauchemar entaché de graves irrégularités du début à la fin. Tout d’abord, l’interpellée a été impitoyablement privée de sa défense quand son avocat américain, M. Peter Erlinder, a été arrêté dès son arrivée à Kigali, puis emprisonné, ensuite soumis au chantage, avant d’être sommé de quitter le pays dans la honte trois semaines plus tard après une libération obtenue à l’arraché à grands coups de pression par la communauté internationale, l’Amérique en tête. Le monde a ensuite assisté dans l’étonnement à une ingérence théâtrale de l’exécutif rwandais au plus haut niveau, en la personne du président de la république lui-même, M. Paul Kagame, dans la procédure judiciaire de Mme Ingabire, allant jusqu’à affirmer publiquement en lieu et place des instances judiciaires saisies, détenir des preuves irréfutables de sa culpabilité. Mme Ingabire a ensuite essuyé la disparition mystérieuse de ses effets personnels, téléphone compris, ainsi qu’une série d’autres irrégularités dignes d’un pouvoir dictatorial. Dans une vraie démocratie avec un système judiciaire équitable et indépendant, le procès aurait été sanctionné par un non-lieu.

 

Le Rwanda de Kagame reste donc celui que Mme Susan Rice, l’Ambassadrice Américaine aux Nations Unies, avait déjà bien dépeint lors de sa visite en Novembre 2011. Selon ses termes, “la culture politique au Rwanda reste comparativement fermée. Les restrictions de la presse persistent. Les activistes de la société civile, les journalistes, les opposants politiques au gouvernement craignent souvent de s’organiser pacifiquement et de faire entendre leur voix. Certains ont été harcelés, d’autres intimidés par des appels de nuit, d’autres encore ont simplement disparu.” Il n’y a pas le moindre doute que le seul péché de Mme Ingabire est qu’elle est une opposante politique qui a osé briguer la magistrature suprême.

 

D’autres opposants politiques Rwandais croupissent en prison. C’est le cas de M. Déogratias Mushayidi, président du PDP-Imanzi, condamné à la prison à perpétuité par la Haute Cour de Justice le 17 septembre 2010. C’est aussi le cas de Maître Bernard Ntaganda, président du PS-Imberakuri, condamné à 4 ans de prison ferme par la Haute Cour de Justice le 11 février 2011. Il y a également le Dr. Théoneste Niyitegeka, pour qui l’audace de la course aux présidentielles de 2003 a valu une condamnation de 15 ans de prison ferme, et bien d’autres encore.

 

Malgré la condamnation de Mme Ingabire par un dictateur endurci, son combat est loin d’être vain. Il a permis de démontrer aux yeux du monde qu’il n’y a ni démocratie ni justice équitable et indépendante au Rwanda. Il a aussi permis de discréditer le mensonge selon lequel le Président Kagame sert de modèle mondial dans la promotion de la femme et du genre. Il sera connu désormais comme le dictateur Africain qui emprisonne en série les femmes politiques et les femmes journalistes, notamment Agnès Uwimana Nkusi, directrice du journal “Umurabyo” et sa collaboratrice Saidati Mukakibibi.

 

Le parti PDR-Ihumure lance un appel urgent à la communauté internationale pour qu’elle exige du régime rwandais la libération immédiate et sans condition de Mme Victoire Ingabire et de tous les prisonniers politiques moisissant dans les prisons rwandaises, notamment Deo Mushayidi, Bernard Ntaganda, Théoneste Niyitegeka, Angès Uwimana Nkusi, et Saidati Mukakibibi.

 

Fait à Bruxelles,

 

Jean-Baptiste Ngarambe

Secrétaire Exécutif Adjoint

PDR-Ihumure

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