Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Kigali, 28 janvier 2014 (FH) - Un témoin cité lundi par le procureur dans le procès de l’universitaire et homme politique rwandais Léon Mugesera poursuivi pour incitation directe et publique à commettre le génocide a affirmé que le célèbre discours prononcé par l’accusé en novembre 1992 avait été suivi de massacres de Tutsis.

 

 

Le linguiste rwandais a été extradé du Canada en janvier 2012. Son discours en langue rwandaise fut prononcé lors d’un meeting politique du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), à Kabaya, dans la préfecture de Gisenyi (nord).
L’universitaire, qui enseignait alors à l’Université nationale du Rwanda (UNR), était également vice-président, pour la préfecture de Gisenyi, du MRND, le parti du président de l’époque, feu Juvénal Habyarimana.
Quelques jours après le discours, « des gens ont été massacrées, d’autres battues et leurs biens détruits », a raconté le témoin, soulignant avoir vu Mugesera pour la première fois lors de ce rassemblement.
Selon le témoin, les victimes étaient des Tutsis parmi lesquels une vieille femme dont le corps fut jeté dans la rivière Nyabarongo.
Dans son discours, l’accusé avait appelé ses compatriotes à « ramener les ennemis du Rwanda  chez eux en Abyssinie» en les faisant passer par la rivière Nyabarongo.
Le gouvernement rwandais était alors aux prises avec les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) actuellement au pouvoir.
Selon les souvenirs du témoin, Mugesera a dit que « le pays avait été attaqué par des ennemis venus d’Ouganda et dont les complices étaient les Tutsis ».
Majoritairement composé de jeunes Tutsis, dont la plupart étaient nés en exil dans les pays voisins du Rwanda, le FPR avait lancé son offensive contre le Rwanda début octobre 1990 à partir de l’Ouganda.
Avant l’audition du témoin, Mugesera avait insisté pour qu’il soit entendu à visage découvert et sous son vrai nom. Mais comme le témoin, qui disait craindre pour sa sécurité, tenait à ces mesures de protection, la chambre a rejeté la requête de l’accusé.
Une dizaine de témoins, dont quelques membres de sa famille, ont déjà déposé contre le linguiste rwandais.
Le procès devait se poursuivre mardi avec l’audition d’un autre témoin protégé.
Réclamé par le Rwanda depuis 1995, Mugesera avait multiplié au cours des années les recours judiciaires au Canada, mais n'avait finalement pas pu empêcher son extradition, il y a deux ans.
SRE- ER

 

© Agence Hirondelle

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article