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Publié par JMV Ndagijimana

(Le Soir 20/11/2009)


Pascal Simbikwanga, qui figurait sur la liste des dix premiers responsables du génocide rwandais et se trouvait détenu à la Réunion, vient d’arriver à Paris où il a été incarcéré. Par Colette Braeckman Simbikwanga avait été arrêté à Mayotte, où il avait initialement été accusé de fabrication et de trafic de faux papiers. L’enquête sur ses antécédents avait fait apparaître que cet ancien capitaine de l’armée rwandaise, qui se déplace en chaise roulante, était au cœur d’un important réseau de trafic de faux documents au départ du Kenya, un pays où sont réfugiés de nombreuses personnalités impliquées dans le génocide de 1994. Disposant d’un système d’imprimerie très perfectionné, il aurait ainsi fabriqué plus de 3000 faux passeports et autres faux documents d’identité.


Mais Simbikwanga représente surtout d’un des derniers membres de l’Akazu, (petite colline) encore en liberté. Beau frère du colonel Elie Sagatwa, il était apparenté à la famille d’Agathe Habyarimana. Rattaché à la présidence, il dirigeait les services de renseignements et était en lien avec les milices Interhahamwe, qui se seraient réunies à son domicile. Figurant sur les listes des personnalités recherchées par Interpol, Simbikwanga a fait l’objet d’une plainte déposée en France par le Collectif des parties civiles rwandaises, dont le président, Alain Gauthier, a salué l’action du procureur Marc Brisset-Foulcault, qui a soutenu la demande d’extradition. Simbikwanga représente le premier des « génocidaires » figurant sur la liste dite de première catégorie, celle des concepteurs du génocide, à avoir été arrêté par les autorités françaises.


La France sur la sellette


Son transfert survient au moment où la France est mise sur la sellette : le président du Tribunal pénal international pour le Rwanda a été saisi par une chambre du Tribunal, arguant du manque de coopération des autorités françaises. Celles-ci en effet refusent toujours de communiquer au TPIR la liste des personnalités politiques rwandaises qui s’étaient réfugiées à l’ambassade de France à Kigali dans les heures qui avaient suivi l’attentat du 6 avril contre l’avion du président Habyarimana.


Parmi ces personnes figure Callixte Nsabonimana, ex-ministre rwandais de la jeunesse. Ce dernier, accusé d’entente en vue de commettre un génocide, d’extermination et d’assassinats, clame son innocence et, pour sa défense, assure qu’il se trouvait du 7 au 11 avril dans l’enceinte de l’ambassade de France. Rappelons qu’à cette date, de nombreuses personnalités du régime Habyarimana, dont la veuve de l’ancien chef de l’Etat, se trouvaient dans ces locaux diplomatiques. C’est là que fut constitué le « gouvernement intérimaire » qui allait diriger les opérations jusqu’à la défaite finale devant le Front patriotique rwandais.


C’est aussi depuis l’enceinte de l’ambassade de France que furent acheminées vers Paris plusieurs personnalités de premier plan, dont Mme Habyarimana. La troisième chambre du TPIR a estimé que la France ne répondait pas adéquatement aux questions posées quant à ces personnalités et s’en est plainte auprès du président du tribunal.


Par ailleurs le quotidien pro gouvernemental rwandais, The New Times, a révélé que le groupe d’experts de l’ONU chargé d’enquêter sur les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), était sur le point de mettre au jour les soutiens dont ces milices disposent en France et en Espagne. Les experts de l’ONU essaient de rassembler des informations à propos des connexions internationales dont bénéficient ces combattants hutus présents au Kivu depuis 1994 et dont l’organisation figure sur la liste des groupes terroristes. Deux des dirigeants des FDLR viennent d’être arrêtés en Allemagne.

 

COLETTE BRAECKMAN


jeudi 19 novembre 2009

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