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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

28.04.14 - TPIR/NIZEYIMANA - TPIR : UN OFFICIER CONDAMNÉ POUR LE MEURTRE DE LA DERNIÈRE REINE DU RWANDA CLAME SON INNOCENCE EN APPEL

 

Arusha, 28 avril 2014 (FH) – Condamné en première instance, notamment pour le meurtre de la dernière reine de son pays, un officier de l’ancienne armée rwandaise a clamé lundi son innocence au terme de son procès devant la chambre d’appel du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

 

 

Le 19 juin 2012, le capitaine Ildephonse Nizeyimana avait été reconnu coupable de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, pour de nombreux meurtres perpétrés essentiellement en avril 1994 dans la ville méridionale de Butare et ses environs.
Lisant une déclaration préparée à l’avance, l’ancien officier, en costume et cravate, a d’abord adressé sa pensée « à toutes les victimes de la guerre au Rwanda ».
Evitant le terme « génocide », le capitaine Nizeyimana, qui était chargé en 1994 des renseignements et des opérations à l’Ecole des sous-officiers (ESO) de Butare, a déploré « cette folie indescriptible ».
Lisant posément son texte, l’ancien officier des Forces armées rwandaises (FAR) s’est déclaré « victime d’une campagne de diabolisation orchestrée par le nouveau régime du vainqueur ».
Les juges de première instance avaient conclu à la responsabilité pénale de Nizeyimana pour avoir autorisé ou ordonné plusieurs meurtres dans la ville de Butare (sud) ou ses environs, notamment celui de Rosalie Gicanda veuve de l’avant-dernier roi du Rwanda, Charles-Léon-Pierre Mutara III Rudahigwa. Il avait cependant été acquitté des accusations de viols.
« J’étais un officier de bureau, je n’avais aucun militaires sous mes ordres. Aucune mission, aucun ordre, aucune autorisation, aucune sanction ne pouvait émaner de moi », a protesté l’officier, appelant ses juges d’appel à l’acquitter.
S’exprimant plus tôt dans la journée, le procureur James Arguin avait demandé à la chambre d’appel de le déclarer également coupable de viols.
Le représentant de l’accusation a expliqué que Nizeyimana n’avait rien fait pour prévenir les viols commis par des soldats de l’ESO, ou en punir les auteurs.
Il savait ou avait des raisons de savoir que ses subalternes de l’ESO avaient commis des viols au Centre hospitalier universitaire de Butare et à l’Université nationale du Rwanda située dans la même ville, a plaidé Arguin.
Pour sa part, l’avocat de Nizeyimana, John Philpot, a soutenu que les juges du premier degré avaient fait une mauvaise appréciation des éléments de preuve présentés au procès. Il leur a reproché d’avoir ignoré d’importants éléments de preuves présentés par la défense.
« Le jugement sera rendu au moment opportun », a annoncé le juge président Theodor Meron en clôturant cette audience.
Né en octobre 1963 dans une famille modeste de la commune Mutura (nord), Nizeyimana est entré à l’Ecole des officiers supérieurs (ESM) de Kigali en septembre 1983, après avoir terminé l’école secondaire.
Sorti de l’ESM quatre ans plus tard avec le grade de sous-lieutenant, il est affecté à l’ESO.
En juillet 1994, le capitaine, à l’instar d’autres militaires, avait traversé la frontière pour se réfugier au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) du maréchal Mobutu Sese Seko. Après le démantèlement des camps de réfugiés fin 1996, il avait fondé, avec d’autres membres des anciennes Forces armées rwandaises (FAR), l’Armée de libération du Rwanda (ALIR). Cette dernière changera de nom plus tard pour se rebaptiser Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une des milices qui écument depuis des années l’est de la RDC.
Le capitaine Nizeyimana a été arrêté le 5 octobre 2009 à Kampala, en Ouganda, alors qu’il venait de la RDC, voulant sans doute se rendre à Nairobi, la capitale du Kenya.
ER

 

© Agence Hirondelle

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