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Publié par JMVN

 

L'article de Marie-France Cros confirme en filigrane la thèse du sacrifice des Tutsi par Paul Kagame. La journaliste belge dont on connait les accointances avec le FPR conclue ainsi son article : "Plus généralement, les rescapés sont amers : le pouvoir est aux mains des anciens exilés tutsis en Ouganda. Et les plus conservateurs de ces derniers reprochent aux rescapés - Tutsis vivant au Rwanda avant le génocide - de s’être soumis au régime Habyarimana.  "

Commentaire de FRT

 

Article de Marie-France CROS

La Libre Belgique

L’inquiétude des rescapés du génocide rwandais

Ils s’inquiètent des avances faites par le régime à des génocidaires présumés. Le pouvoir plus méfiant vis-à-vis des Tutsis que vis-à-vis des Hutus ?

Les relations se détériorent entre le pouvoir de Kigali et les rescapés du génocide. Le 20 janvier, 23 membres d’associations Ibuka (regroupant les rescapés du génocide) en Europe et Amérique du Nord ont envoyé au président Kagame une lettre pour exprimer leur inquiétude quant à la nouvelle politique de Kigali envers les Hutus de la diaspora. Une partie de ces derniers sont des génocidaires présumés, d’autres des partisans de cette politique qui n’ont pas participé aux massacres; d’autres de simples exilés.

A la suite d’un rapport de l’Onu l’an dernier accusant l’armée rwandaise de la mort au Congo, à la fin des années 90, de plusieurs dizaines de milliers de Hutus, dont un grand nombre étaient impliqués dans le génocide de 1994 au Rwanda, et surtout à la suite de l’échec de l’assassinat (apparemment par les "services" rwandais) en Afrique du Sud, en juillet 2010, du dissident du FPR le général Kayumba Nyamwasa - accusé par Kigali de vouloir joindre ses forces aux FDLR (rebelles hutus issus des génocidaires et sévissant à l’est du Congo) - Kigali a mis en œuvre une politique visant à encourager les Hutus de la diaspora à rentrer au pays.

Interrogé par "La Libre Belgique" (8 décembre 2010), le président Kagame avait alors expliqué : "Nous essayons d’être le plus inclusifs possible. Nous disons aux rescapés que nous avons maintenant la paix, que le pays progresse dans le développement, que les gens reconstruisent leur vie Nous disons aux gens associés au génocide et à ceux qui trouvent qu’on ne les a pas assez aidés à surmonter les difficultés, que beaucoup peut être surmonté grâce aux conditions que nous avons créées." Le chef d’Etat assurait également que la sénatrice Aloysia Inyumba - chargée de mener cette campagne d’encouragement au retour en rencontrant la diaspora - "n’appelle pas les criminels à rentrer; elle dit que certaines personnes ont quitté le pays parce qu’elles sont dans la confusion. Au Rwanda, il y a un processus pour les criminels; celui qui se repent peut être pardonné et réintégré".

Les rescapés de la diaspora estiment cependant que certaines des personnes invitées - tout frais payés - à voyager au Rwanda pour s’en faire une idée plus juste sont bien des criminels. Et de citer des noms.

C’est à cause d’eux que 23 membres d’Ibuka ont écrit au président Kagame. "La politique du gouvernement est de combattre le négationnisme, soulignent-ils . Pas le contraire. Nous n’avons pas compris que des génocidaires puissent entrer et sortir librement du Rwanda sans être arrêtés et jugés." Et de demander au chef de l’Etat l’assurance qu’ils seront jugés "car c’est la seule manière de lutter contre l’impunité et le négationnisme".

Les relations entre les rescapés et le pouvoir FPR (Front patriotique rwandais, ex-guérilla qui a mis fin au génocide) sont devenues malaisées quelques années après le génocide. Depuis 1998, c’est ainsi le gouvernement qui choisit le président d’Ibuka-Rwanda; l’association (dont certains dirigeants sont poursuivis pour malversations) est, depuis, bien moins critique à l’égard du pouvoir. Il n’en va pas de même dans la diaspora. Ibuka-Belgique, qui a refusé de se placer sous l’autorité de l’ambassade - sans pour autant rompre avec celle-ci - voit ainsi certains de ses membres suivis "par d’anciens militaires" du FPR, des adresses e-mail "piratées", sans parler d’une tentative, réprimée par la justice belge, de créer une Ibuka bis, aux ordres.

Plus généralement, les rescapés sont amers : le pouvoir est aux mains des anciens exilés tutsis en Ouganda. Et les plus conservateurs de ces derniers reprochent aux rescapés - Tutsis vivant au Rwanda avant le génocide - de s’être soumis au régime Habyarimana.

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