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Publié par Le blog de Jean-Marie Ndagijimana

Sendashonga.jpgSeth Sendashonga, ancien ministre rwandais, a été assassiné le 16 mai 1998, ainsi que son chauffeur Jean Bosco , à Nairobi. Ils ont été criblés de rafales de kalachnikovs par deux hommes qui se sont aussitôt enfuis en courant, abandonnant sur place le véhicule qui les transportait. Le directeur kenyan de la police criminelle a déclaré qu'il s'agissait d'un assassinat. Il a catégoriquement écarté la thèse du vol à main armée indiquant qu'aucune des victimes n'a été volée, rien n'a été dérobé dans le véhicule.
Seth Sendashonga, un Hutu qui avait rejoint le Front patriotique rwandais (FPR) en 1991, avait été nommé ministre de l'Intérieur en juillet 1994. A la suite d'une mésentente avec le vice-président et ministre de la Défense Paul Kagame, il avait quitté ses fonctions en septembre 1995. M. Sendashonga reprochait notamment à M. Kagame de ne pas réprimer les exactions de l'armée à l'encontre des civils hutus et de ne pas respecter les équilibres politiques définis dans le cadre des accords d'Arusha de 1993.
GUET-APENS
En novembre 1995, menacé, disait-il, au Rwanda, il était retourné s'installer au Kenya où vivaient ses trois enfants et son épouse, une Rwandaise tusti travaillant aux Nations unies. Trois mois plus tard, en février 1996, il était l'objet d'une tentative d'assassinat. Entraîné dans un guet-apens il avait été abordé par deux hommes parlant kinyarwanda lui demandant de les amener en ville en voiture. Seth Sendashonga avait refusé, leur proposant en échange un dollar chacun pour prendre les transports en commun. C'est alors que l'un d'eux s'était mis à lui tirer dessus. Sur les cinq balles, une l'avait blessé au bras droit.
La police arrêtait non loin des lieux l'attaché commercial de l'ambassade du Rwanda, arme à la main. Après le refus des autorités rwandaises de lever l'imunité diplomatique de leur employé aux fins de l'enquête, le Kenya avait alors demandé la fermeture de l'ambassade du Rwanda. Elle a été rouverte en juillet dernier après la visite à Nairobi de Paul Kagame.
Seth Sendashonga, 47 ans, condamnait le génocide et tous ceux qui s'en sont rendus responsables. Mais il exprimait aussi sa déception de constater la dérive militariste et tutsisante du FPR qui , selon lui, a étouffé dans l'oeuf l'opportunité d'une réelle réconciliation nationale. Trois jours avant son assassinat, Seth Sendashonga nous avait fait part de ses vives critiques à l'égard des extrêmistes hutus se livrant au carnage de civils tutsis innocents. Il déplorait avec la même indignation les exactions et les violentes représailles de l'armée à l'encontre des populations hutus.

 


 
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