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Publié par JMV Ndagijimana

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NOUVELOBS.COM | 25.02.2010 | 13:46

  Le chef de l'Etat a par ailleurs demandé à ce que tous les responsables soient punis.

Nicolas Sarkozy a évoqué jeudi 25 février à Kigali les "erreurs" de "la communauté internationale, dont la France" au moment du génocide de 1994 au Rwanda, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue rwandais Paul Kagame. Le chef de l'Etat a par ailleurs demandé à ce que tous les responsables soient punis.

"Nous voulons que les responsables du génocide soient retrouvés et soient punis. Il n'y a aucune ambiguïté. Je l'ai dit au président Kagame, ceux qui ont fait ça, où qu'ils se trouvent, doivent être retrouvés et punis", a déclaré Nicolas Sarkozy à l'issue d'un entretien avec le président rwandais.

"Est-ce qu'il y en a en France ? C'est à la justice de le dire. Nous venons de refuser l'asile politique à une des personnes concernées, et il y a une procédure judiciaire engagée", a-t-il également indiqué en faisant référence, sans la nommer, à Agathe Habyarimana, la veuve du prédécesseur de Paul Kagame.

 

La responsabilité des Français


En visitant le mémorial consacré aux victimes un peu plus tôt, il était resté muet lorsqu'il avait été interpellé sur la responsabilité de la France. Devant une photographie montrant un véhicule militaire français passant devant un groupe de civils armés de fusils, accompagné d'une légende indiquant que "la France a joué un rôle en armant et en entraînant les forces armées rwandaises", le guide lui a lancé: "ici, c'est la responsabilité des Français". Le même guide lui a ensuite montré un portrait de l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan en rappelant à son visiteur que "lui a demandé pardon" pour les errements de la communauté internationale en 1994. Là encore, le président français n'a rien répondu. Avant de conclure sa visite, Nicolas Sarkozy a signé le Livre d'or du mémorial: "Au nom du peuple français, je m'incline devant les victimes du génocide des Tutsis".

 

Une minute de silence


"L'humanité conservera à jamais la mémoire de ces innocents et de leur martyr", a ajouté Nicolas Sarkozy. Accompagné des ministres rwandais des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo et de la Culture Joseph Habineza, le chef de l'Etat français a d'abord observé une minute de silence devant l'une des quatorze fosses communes du mémorial, où sont inhumés les corps de plus de 250.000 victimes, et y a déposé une gerbe.
Avec sa délégation, qui comprend le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, Nicolas Sarkozy a ensuite visité le musée pendant une vingtaine de minutes. Celui-ci retrace l'histoire du Rwanda depuis la colonisation belge jusqu'au génocide, qui a fait plus de 800.000 morts (selon l'ONU) en grande majorité d'ethnie tutsie, et l'arrivée au pouvoir de l'actuel président Paul Kagamé.

 

Première visite


Cette visite, la première d'un président français depuis le génocide de 1994, intervient trois mois après la reprise officielle des relations diplomatiques entre les deux pays.

Kigali avait rompu ses relations diplomatiques avec Paris fin 2006, après l'émission par le juge français Jean-Louis Bruguière de mandats d'arrêt contre neuf proches de Paul Kagame, soupçonnés par le magistrat d'avoir fomenté l'attentat qui a coûté la vie en 1994 à son prédécesseur, Juvenal Habyarimana, et déclenché un génocide qui a fait 800.000 morts, en grande majorité d'ethnie tutsi.

 

"Tourner la page"


Le Rwanda a riposté en publiant en août 2008 un rapport mettant en cause une trentaine de chefs politiques et militaires français de l'époque pour avoir "participé à l'exécution" du génocide.

Bien avant ce réquisitoire, l'actuel régime de Kigali, issu de la rébellion à majorité tutsi du Front patriotique rwandais (FPR), a accusé depuis 1994 la France d'avoir été complice du génocide en soutenant le régime précédent hutu de Habyarimana face au FPR de Paul Kagame. Paris a toujours farouchement rejeté ces accusations.
Dès son élection en 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé son intention de renouer avec plusieurs pays africains en délicatesse avec la France, dont le Rwanda. Mais, malgré deux rencontres avec Paul Kagame et la volonté affichée des deux parties de "tourner la page", la réconciliation a buté sur le refus de Paris d'enterrer la procédure Bruguière.

Jusqu'à ce que plusieurs décisions de la justice française rassurent Kigali, ouvrant la voie à une reprise des relations diplomatiques en novembre dernier. "Le Rwanda a fini par admettre que le pouvoir politique français n'était pas derrière les initiatives de la justice", analyse-t-on à l'Elysée.

 

"En France la justice est indépendante"


"Nous sommes tenus, il faut que nos amis du Rwanda le comprennent, par l'indépendance de la justice, par son calendrier, par nos procédures", a relevé Nicolas Sarkozy, "en France la justice est indépendante, je l'ai dit au président Kagame qui d'ailleurs le comprend parfaitement".

Le Conseil d'Etat a confirmé en octobre le rejet de la demande d'asile d'Agathe Habyarimana, veuve du président rwandais Juvénal Habyarimana mort dans un attentat en avril 1994, en raison notamment des soupçons pesant sur son éventuelle implication dans le génocide.

 

Une information judiciaire a été ouverte en novembre 2007 en France contre Agathe Habyarimana pour "complicité de génocide et de crime contre l'humanité", mais elle n'a toujours pas été convoquée par la justice.

 

A la loupe


Même si la réconciliation annoncée entre les deux pays a été largement saluée, son prix continue de nourrir les inquiétudes. Si officiellement, les autorités rwandaises se disent prêtes à tourner la page, nombreux sont ceux à Kigali qui attendent de Nicolas Sarkozy qu'il reconnaisse les torts de la France. "S'il présentait des excuses, ce serait beaucoup mieux", a commenté le ministre rwandais de la Culture Joseph Habineza.

A Paris en revanche, les personnalités politiques et les militaires en fonction en 1994 redoutent que le chef de l'Etat n'aille trop loin. Début 2008, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, réputé proche de Paul Kagame, avait suscité leur réprobation en évoquant les "fautes politiques" de la France à l'époque du génocide. Dans ce contexte, les gestes et surtout les paroles de Nicolas Sarkozy jeudi à Kigali seront observés à la loupe.

 

Il y a deux ans, le président français, que l'on sait très réservé sur la repentance, avait évoqué "les faiblesses ou les erreurs" de la France. Selon son entourage, il ne devrait pas aller plus loin et ne pas suivre les Etats-Unis ou la Belgique sur la voie des excuses officielles.

"Il n'est pas question d'oublier le passé mais de se tourner vers l'avenir", dit-on à Paris, qui préfère insister sur le souhait des Rwandais, qui viennent de rejoindre le Commonwealth britannique, d'attirer les investisseurs français.

 

(Nouvelobs.com avec AFP)

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Wilmont1000 25/02/2010 18:19



Le chemin de "Canossa" du citoyen-Président Sarkozy


 


Pour quelqu'un qui a soutenu l'action de la France en 1994 en tant que porte parole du gouvernement, pour quelqu'un qui a couvert le financements français des opérations occultes de cette
dernière favorisant les génocidaires, ce voyage a du être ressenti par le "citoyen-Président" Sarkozy comme le chemin de Canossa. Lui, surtout lui, être "obligé" d'aller s'incliner devant ces
centaines de milliers de victimes, elles innocentes ! Quelle ironie de la géopolitique !


 


La France a perdu. Elle s'est inclinée !


 


Elle a perdu non seulement le bras de fer judiciaire Bruguière-Commission Mucyo / Mutzinsi.


Elle a aussi perdu toute son influence dans cette région d'Afrique. Le Rwanda est devenu anglophile, fait partie du Commonwealth et les richesses, y compris du Kivu Congolais, partent à l'Est,
chez les anglo-saxons !


 


C'est ce qu'a dû entériner le « citoyen-Président » Sarkozy lors de ce voyage, en s'inclinant sur les tombes de ses (bien les siennes !) victimes innocentes.


 


L'avenir nous dira, si au nom de la « realpolitik », les responsables français de ce génocide seront, ou non, traduit devant les tribunaux.


 


Ce voyage, est un succès pour tous ceux qui ont eu le courage de se battre, comme le Président Kagamé, de témoigner, notamment devant les commissions Mucyo / Mutzinsi. Sera-t'il qu'une étape vers
la vérité totale ou participera-t'il à l'enterrement de cette dernière ?


 


Les mêmes sont appelés à continuer le combat pour la justice envers toutes ces âmes innocentes.