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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Arusha, 11 septembre 2013 (FH) - Alors que le procès du vice-président kényan William Ruto et du journaliste Joshua Sang s’ouvrait mardi à La Haye devant la Cour pénale internationale (CPI), le sénat votait, à Nairobi, le retrait du Kenya du Statut de Rome, fondateur de cette institution judiciaire.

 

 

Le procès du président Uhuru Kenyatta doit, lui, démarrer le 12 novembre devant la même cour.
A l’instar de la semaine dernière devant la chambre des députés, la minorité au sénat a dû sortir de l’hémicycle au moment du vote. Le sénateur Kithure Kindiki, chef de la coalition « Jubilee » à la chambre haute, a accusé la CPI de « harceler, tourmenter et humilier trois fils » du Kenya. Pour lui, ce qui aurait dû être une institution de justice internationale est devenu « un instrument faisant la politique internationale de la façon la plus rudimentaire, la plus douteuse et la plus capricieuse ».

Dans le camp de la minorité, le sénateur Moses Wetang’ula, ancien ministre des Affaires étrangères, a défendu la CPI, soutenant notamment que les poursuites ouvertes par la Cour avaient permis d’éviter le chaos lors des élections de mars dernier. Pour lui, la Cour a eu un effet dissuasif. Mais il n’a pas réussi à en convaincre le camp majoritaire.
 
Pendant ce temps, la CPI bouclait sa première journée d’audience dans le procès de Ruto et Sang. Présents dans le prétoire avec leurs avocats, les deux hommes ont à tour de rôle plaidé « non coupables » des accusations portées contre eux : meurtre, déportation ou transfert forcé de populations et persécution. Des crimes perpétrés dans le cadre des violences post-électorales de 2007-2008. Evoquant, entre autres horreurs, des scènes « d’enfants brulés vifs ou tués à la machette », la procureure Fatou Bensouda a présenté les deux accusés comme faisant partie «  de ceux qui portent la responsabilité le plus lourde dans les violences commises dans la région (kényane) de la vallée du Rift ». Pour elle, Ruto, qui appartient à la tribu Kalenjin, voulait « nettoyer » cette région d’éléments kikuyus », une autre grande tribu kényane.
Elle a enfin annoncé que des poursuites seraient ouvertes contre des personnes soupçonnées d’intimider ou de corrompre les témoins potentiels de l’accusation dans l’affaire.
 
Pour sa part, Maître Karim Khan, l’avocat principal du vice-président, a affirmé que le dossier du procureur ne pourrait pas tenir la route. Pour lui, les volte-face de témoins sont la preuve que ce dossier ouvert par le procureur Luis Moreno Ocampo, prédécesseur de Bensouda, est bancal. « Nous ne voulons pas que les témoins se retirent, nous voulons qu’ils viennent dire la vérité », a affirmé le plaideur. Il a expliqué que certains témoins potentiels à charge avaient été induits en erreur par des ONGs. Me Khan a enfin indiqué que trois sœurs de son client étaient mariées à des Kikuyus, rejetant ainsi les accusations selon lesquelles Ruto vouait une haine viscérale aux membres de cette tribu.
 
C’est Maître Wilfred Nderitu qui a pris la parole au nom des 327 victimes participant à cette procédure. Il a appelé la chambre à rendre justice aux victimes qui ont souffert d’une campagne de « nettoyage ethnique ».  « S’il n’y avait pas eu de victime, il n’y aurait pas de procès aujourd’hui », a déclaré Me Nderitu.
 
Le conseil principal de Sang, Maître Joseph Kipchumba Kigen-Katwa, devait fermer la marche mercredi, en prononçant sa déclaration liminaire.
 
ER

 

© Agence Hirondelle

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