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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Paris a décidé d'annuler purement et simplement sa participation aux commémorations du 20e anniversaire du génocide rwandais qui débutent lundi, parce que Kigali l'a à nouveau accusée d'avoir pris part au massacre.

C.P. avec AFP 
Le 06/04/2014

Une nouvelle tension entre Kigali, ici en mars 2014, et Paris entache les commémorations du génocide au Rwanda (Phil Moore - AFP)

Une nouvelle tension entre Kigali, ici en mars 2014, et Paris entache les commémorations du génocide au Rwanda (Phil Moore - AFP)

http://www.bfmtv.com/international/coup-darret-a-normalisation-relations-entre-france-rwanda-749197.html

 Paris a décidé d'annuler purement et simplement sa participation aux commémorations du 20e anniversaire du génocide rwandais qui débutent lundi, parce que Kigali l'a à nouveau accusée d'avoir pris part au massacre.

Les commémorations du génocide de 1994 au Rwanda, qui débutent lundi, sont d'ores et déjà entachées par un regain de tension avec la France que le président Paul Kagame a de nouveau accusée d'avoir pris part aux massacres.

Ce 20e anniversaire, placé sous le thème "Souvenir, unité, renouveau", s'étendra sur 100 jours pour faire écho à la centaine de jours qui a suffi pour exterminer 800.000 personnes, essentiellement issues de la minorité tutsi, entre avril et juillet 1994.

 

La France annule sa participation

 

Alors que le Rwanda est la cible de critiques internationales, le "souvenir" des victimes pourrait bien être éclipsé par les enjeux diplomatiques de cet anniversaire, d'ores et déjà marqué par l'absence de la France, alliée à l'époque du régime extrémiste hutu et dont le rôle durant le génocide reste très controversé.

Paris a annulé sa participation aux commémorations, après une interview de Paul Kagame parue dimanche, dans laquelle il accuse la France d'avoir joué, de même que l'ex-puissance coloniale belge, un "rôle direct dans la préparation du génocide" et d'avoir participé "à son exécution même".

Le retrait français marque un nouveau coup d'arrêt à la normalisation des relations entre les deux pays, empoisonnées par le soupçon malgré une réconciliation officielle en 2010.

 

La Belgique accusée aussi par Kigali

 

La Belgique a nié ces accusations mais a maintenu sa participation. "Ce que nous allons faire au Rwanda, c'est commémorer un génocide, c'est-à-dire rappeler la mémoire des victimes, de leurs familles", a souligné dimanche son ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, "c'est ça le sens de notre démarche. Nous n'allons pas rendre hommage à un gouvernement rwandais actuel".

Didier Reynders sera notamment accompagné à Kigali des familles des 22 victimes belges des massacres, dont dix parachutistes tués aux premières heures du génocide le 7 avril 1994, en même temps que le Premier ministre rwandais d'alors, Agathe Uwilingiyimana, qu'ils étaient chargés de protéger.

Kigali, qui a longtemps bénéficié, dans ses relations diplomatiques, du sentiment de culpabilité de la communauté internationale restée inerte face aux massacres, est depuis quelques mois la cible de sévères critiques, même de ses plus proches alliés, Etats-Unis en tête.

 

"Rôle clé (...) des puissances occidentales"

 

Dans son interview, le président rwandais a souligné "le rôle clé, dans les racines historiques mais aussi dans le déroulement du génocide, de ces (...) puissances occidentales qui, aujourd'hui définissent seules les règles de la bonne gouvernance et les normes de la démocratie".

Lundi, Paul Kagame allumera une flamme au mémorial de Gisozi, à Kigali, avec une torche qui a fait le tour du Rwanda au cours des trois derniers mois. Après une "marche du souvenir", il prononcera un discours dans le plus grand stade de la capitale.

L'ONU, incapable en 1994 d'empêcher les massacres malgré 2.500 Casques-bleus sur place, sera représentée par son secrétaire général Ban Ki-moon. Washington a de son côté envoyé sa représentante à l'ONU, Samantha Power.

Le deuil officiel au Rwanda prendra fin le 4 juillet, "jour de la libération", anniversaire de la prise de Kigali par les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR), commandés par Paul Kagame, qui allaient mettre fin au génocide.

 

 

 

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