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Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

mediaLe président limogé de l'Uprona, Charles Nditije, entouré de quelques militants, face à un barrage de police, le 1er février 2014.RFI/Esdras Ndikumana
Sept mois après le limogeage de son président, le combat pour le contrôle du principal parti tutsi du Burundi, l’Union pour le progrès national (Uprona), se poursuit. Alors que son camp organise ce dimanche une réunion décisive au siège du parti, le président évincé, Charles Nditije, affirme avoir été victime d'une tentative d'assassinat.

Charles Nditije a été évincé de son poste de président de l'Uprona il y a sept mois par le ministre de l’Intérieur du Burundi au profit de Concilie Nibigira, vice-présidente de ce parti jusqu’en 2009, et proche du pouvoir. Le camp Nditije a décidé d’organiser ce dimanche une réunion décisive du comité central de l’Uprona, alors que le parti est toujours sous contrôle des opposants à Nditije, soutenus par les autorités.

Une réunion « tout à fait légale », pour le camp Nditije

Quels sont les arguments des uns et des autres, alors que la tension ne cesse de monter ? Charles Nditije, à la tête des légitimistes, assure que cette réunion est tout à fait légale. Son principal argument est que selon les statuts de l’Uprona, cette réunion doit avoir lieu si un tiers de ses membres l’exige. Or aujourd’hui, dit-il, ils sont au moins 40 membres sur les 61 qui composent ce comité à avoir signé la lettre de convocation de la réunion.

Les soutiens de Concilie Nibigira, chef de file des légalistes de ce parti, exigent qu’elle soit formellement reconnue comme la présidente de l’Uprona, et que le camp Nditije accepte de négocier les conditions de la réconciliation. Mais forts du soutien des militants, Charles Nditije et ses lieutenants ont décidé, après plusieurs mois d’un combat féroce mais feutré, qu'ils ne feraient aucune concession.

L'ex-président visé par une tentative d'assassinat ?

Depuis, la tension n’a cessé de monter à Bujumbura. Le ministre de l’Intérieur a demandé à son collègue en charge de la Sécurité publique de tout mettre en œuvre pour empêcher la tenue de cette réunion. Samedi, un homme accusé de vouloir assassiner Charles Nditije a été arrêté par la police. Il s'est révélé être un policier de l’Unité spéciale de protection des institutions - de quoi causer un véritable séisme au Burundi.

L'ex-président de l'Uprona a appelé ses militants à ne pas avoir peur de ce qu'il qualifie de « tentative d'assassinat » : « Malgré cette tentative d’assassinat, il faut rester sereins, fermes, engagés, déterminés pour le combat. C’est une preuve supplémentaire qu'aujourd’hui, l’opposition est mise à rude épreuve : on emprisonne les gens, on les assassine, on les exile. L’Etat de droit n’existe plus. C’est une honte pour le Burundi. »

Enquêtes en cours au sein de la police

Charles Nditije est convaincu que cet incident a un lien avec la tenue de la réunion du comité central de son parti, ce dimanche : « Ce n’est pas par hasard que cet attentat survienne la veille de la tenue du Comité central. Nous venions de recevoir une lettre du ministre de l’Intérieur qui demandait au ministre de la Sécurité publique de déployer tous les moyens pour que cette réunion ne se tienne pas. »

Le directeur adjoint de la police a reconnu samedi soir que l'homme interpellé était bien un policier de l'unité chargée de la protection des institutions, ajoutant que « des enquêtes[étaient] en cours » pour faire toute la lumière sur une affaire qui comporte toujours beaucoup de zones d'ombres. Jointes par RFI, les autorités burundaises n'ont pas souhaité faire d'autre commentaire pour le moment.

 


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