Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par Le blog de Jean-Marie Ndagijimana

(Sidwaya 20/03/2013)


Ntaganda Terminator photo grande tailleUn autre Congolais est tombé dans la nasse de la Cour pénale internationale. Lui, c’est le très controversé et recherché général, Bosco Ntaganda. A la surprise générale, il s’est rendu à l’ambassade des Etats-Unis à Kigali, dans l’attente d’être transféré à La Haye où il compte répondre des chefs d‘accusation qui pèsent sur lui.

Crimes de guerre, crimes contre l’humanité, viols et meurtres, ainsi qu’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans dans les rangs de ses troupes. Le porte-parole du département d’Etat américain, Victoria Nuland, a déclaré que Washington est entré en contact avec le Rwanda et la CPI, en vue de faciliter le transfèrement du « sulfureux Terminator » poursuivi depuis 2006. Pourquoi le général est-il allé se jeter dans la gueule du loup ? Alors qu’un officier proche de lui avait, en son temps, confié qu’il serait prêt à se loger une balle dans la tête, plutôt que de se laisser cueillir. Impossible de soutenir que c’était de la fanfaronnade, car il faut reconnaître que bien des années se sont écoulées et des choses se sont passées, depuis lors.

Du poste d’adjoint du chef d’état-major général des armées des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), il est passé au rang de chef-d’état major général, avant de créer sa propre structure, le Mouvement révolutionnaire du Congo (MRC). Sa bravoure et sa gâchette facile lui ont valu une renommée qui lui a offert une place de choix dans un autre regroupement de rebelles plus puissant, le Congrès national pour la défense du Congo (CNDP). Après avoir secondé le général Laurent Nkunda à la tête de ce mouvement, il a pris les rênes, avant de s’éclipser au profit du général Sultani Makenga qui a créé le M 23.

Après avoir connu une vie aussi aventureuse et tumultueuse que celle-là, Bosco N’tangada aura certainement pris de la bouteille. Raison pour laquelle, lorsqu’il a senti que l’étau se resserrait autour de lui, il a traversé la frontière sur la pointe des pieds pour rejoindre la terre qui l’a vu naître. A 40 ans, il se serait fait zigouiller par des frères d’armes, proche du général Laurent N’kunda, qu’il aurait trahi pour Kinshasa, quelques années plus tôt. Autant dire que le commandement gagné par la ruse se perd par la brutalité. Et ça, Laurent Nkunda ne l’oubliera jamais. Maintenant qu’il est devenu moins puissant qu’un pou de poulet, à la portée de la main trépignant d’impatience de la justice internationale, il devrait s’armer de courage et de déterminants pour affronter un long procès.

On ne peut passer sous silence que l’ex-procureur général de la Cour, Louis Moreno Ocampo, aurait voulu qu’il soit condamné à une peine similaire à celle de Thomas Lubanga, 14 ans de prison ferme. Avec un avenir plus que jamais en pointillé, on n’a pas besoin d’éventrer ses secrets pour savoir qu’il souffre d’une double meurtrissure. En plus d’avoir été tétanisé par les soins de ses frères vomis, il est condamné à digérer la déconfiture de ses ouailles. Sans véritables armes et munitions, on voit mal comment ils pourront sonner la révolte. Il leur est impossible d’affronter des fournaises infernales avec la seule volonté de vaincre. C’est l’une des raisons pour lesquelles, il ne faudra pas s’étonner que bon nombre d’eux, une fois son transfèrement effectué, rallient la faction du M 23 restée fidèle au général Sultani Makenga.

Il faut compter avec les 600 ou 700 soldats qui ont gagné le Rwanda, aux côtés du chef politique du M 23 déchu, Jean-Marie Runiga, qui a déjà fait comprendre qu’il envisage de trouver un pays d’asile. Etant donné que lui aussi refuse de mourir de mille morts violentes, comme il a dû le constater avec des combattants acquis à sa cause, on peut penser, et à bon droit, que l’Est du pays va retrouver la paix.

Car, Sultani Makenga, inspiré par on ne sait qui exactement, aurait pris langue avec le gouvernement, en vue de favoriser l’incorporation de ses hommes dans les rangs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Reste à savoir si la sagesse et l’honnêteté ne seront pas pour lui aussi, des chemins escarpés ? Bosco neutralisé, on se demande s’il ne va pas se braquer à la moindre occasion à l’image de son supposé mentor, Laurent N’kunda, qui avait récusé le rapprochement avec les autorités gouvernementales.

Adama BAYALA

© Copyright Sidwaya

http://www.africatime.com/rdc/nouvelle.asp?no_nouvelle=728263&no_categorie=

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article