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Publié par Le blog de Jean-Marie Ndagijimana

L'arme du crime selon l'Ordonnance du Juge Jean-Louis Bruguière
Attendu que dans le cadre des travaux de la Commission Parlementaire Française, la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (D.G.S.E.) remettait une liste de missiles anti-aériens de type soviétique avec leurs références possédés par l'armée ougandaise ;

Que la comparaison des numéros de série relevés sur les deux tubes lance-missiles découverts le 25 avril 1994 à Masaka 04814 et 04835 avec les numéros inscrits sur la liste des missiles alors détenus par l'armée ougandaise, a fait apparaître que parmi ceux-ci figuraient les numéros 04815, 04816 et 04838 ;

Que la même comparaison a pu être faite avec le numéro de série 04924 gravé sur le tube lance-missile découvert le 18 mai 1991 dans le parc de l'Akagera avec la référence 04947 figurant sur la liste ;

Que surtout, comme mentionné précédemment, les autorités judiciaires russes ont confirmé que les trois missiles provenaient bien d'un lot de 40 missiles IGLA vendus en 1987 à l'Ouganda, ainsi que le prouve l'inscription "04-87" relevée sur les trois tubes ;

Dans ce rapport, on lit en pages 37 et 38, s’agissant des missiles qui ont abattu l’avion du président Habyarimana : « Attendu que les investigations diligentées auprès de la Fédération de Russie en exécution d'une commission rogatoire internationale en date du 19 juin 2000 ont permis d'établir que les deux missiles utilisés le 6 avril 1994 provenaient de l'arsenal militaire ougandais ;

Qu'il résulte en effet des informations communiquées par le Parquet Militaire de Moscou, en exécution d'une demande d'entraide judiciaire, que les deux missiles portant les références 04-87 - 04814 pour l'un et 04-87 - 04835 pour l'autre, avaient été fabriqués en U.R.S.S. et faisaient partie d'une commande de 40 missiles SA 16 IGLA livrés à l'Ouganda dans le cadre d'un marché interétatique ;

Attendu qu'il s'avère que l'armement du F.P.R., y compris les moyens antiaériens, provenaient de l'arsenal militaire de l'Ouganda ;

Que le Professeur Filip REYNTJENS, entendu dans le cadre de la présente enquête, faisait état de ce que les membres des services de renseignements ougandais lui avaient confirmé que les missiles sol-air utilisés pour l'attentat avaient été remis par l'Ouganda au F.P.R. ; »

 

Les aveux de Paul Kagame

Kagame_Museveni.jpgDans une interview du 7 décembre 2006 avec le journaliste Stephen Sackur de la BBC dans sa célèbre émission HARD TALK, le président Paul Kagame a quasiment avoué l’assassinat de son prédécesseur. L’interview venait un mois après la publication du rapport Bruguière et au lendemain de la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda à l’initiative de Paul Kagame

Après des questions générales sur la mise en accusation lancée par le juge antiterroriste français, Stephen Sackur en vint à parler de l’attentat du 6 avril 1994.

Stephen Sackur : Mais vous n'aviez pas le droit d'abattre son avion et de l'assassiner. 

Le président Paul Kagame : Eh bien, j'avais le droit de me battre pour mes droits!

Stephen Sackur : Mais croyez-vous que vous aviez le droit de l'assassiner ?

Le président Paul Kagame : Non, mais premièrement Habyarimana, ayant été du côté opposé à celui duquel je combattais, il était possible qu'il puisse éventuellement mourir. Imaginez-vous si j'étais mort moi-même dans les mêmes circonstances? Est-ce que ce même juge serait entrain d'enquêter sur ma mort pour savoir qui m'aurait tué? (Les mots inaudibles...) on était en guerre....

Tout se trouve dans la réponse donnée à la question du journaliste « Mais aviez-vous le droit d’abattre son avion ? »

Kagame a sans sourciller avoué le forfait en disant « Eh bien j’avais le droit de me battre pour mes droits ». Ajoutant plus loin « on était en guerre.... » 

IBUKABOSE-RENGERABOSE UTAVANGURA 

 

 

interview du 7 décembre 2006

 Traduit de l'anglais 

ENTRETIEN DU JOURNALISTE STEPHEN SACKUR AVEC LE PRESIDENT RWANDAIS PAUL KAGAME SUR BBC - « HARD TALK ».  
 
Stephen Sackur : Au printemps de 1994 un million de Rwandais a été massacré dans un génocide des temps modernes. Douze années plus tard, le Président du Rwanda est en mission ici à Londres pour dire au monde que son pays a surmonté son passé terrible. Mais le Président Paul Kagame est toujours traqué par ce passé. Il est accusé d'avoir commandité l'assassinat politique qui a déclenché le génocide. Paul Kagame est mon invité sur le HARD Talk aujourd'hui. Monsieur le Président, bienvenvu à HARD Talk.

Le président Paul Kagame : Merci.

Stephen Sackur : Le principal juge antiterroriste français vous accuse, vous et certains de vos principaux collaborateurs, d'avoir commandité l'abattage de l'avion qui était utilisé par le Président rwandais en exercice le 6 avril 1994. Etes-vous prêt à laisser la justice prendre son cours ?

Le président Paul Kagame : Je ne pense pas qu'il puisse y avoir de justice dans ce cas particulier pour diverses raisons. Tout d'abord il n'y a aucun fondement pour que les rwandais, les dirigeants du Rwanda, les gens se sont battu pour arrêter le génocide, les gens qui ont combattu contre le gouvernement de genocidaire et ses forces soient traduits en justice. Et à plus forte raison être traduit en justice par quelqu'un de France, alors que la France est sérieusement impliquée dans le génocide du Rwanda. Et nous sommes très sûrs que ce juge n'agit en aucune façon sur des bases légales. Ce juge est plus politique que n'importe quoi d'autre.

Stephen Sackur : je m'attendais à ce que vous alliez contrecarrer ceci avec des accusations contre la France et nous parlerons de celles-là. Je veux vous rappeler juste quelque chose que vous avez dit dans un entretien avec la BBC en février 2004  quand vous avez dit « n'importe qui veut faire une enquête sur ma personne ou me traduire en justice, je n'a pas de problème avec cela. Donc qu'est ce qui a changé depuis ?

Le président Paul Kagame : Oui, n'importe agissant sur des  bases légales solides. C'est de cela que je parlais. Vous ne pouvez pas avoir juste n'importe qui amener des allégations montées de toutes pièces et m'accuser,  et accuser.... je suis le Président du Rwanda, je suis Rwandais, j'avais le droit, j'avais des raison de m'impliquer dans une lutte armée pour libérer mon pays de Habyarimana, du gouvernement qu'il dirigeait. J'ai été un réfugié dans..... hors du Rwanda pendant 30 ans.

Stephen Sackur : Mais vous n'aviez pas le droit d'abattre son avion et de l'assassiner.

Le président Paul Kagame : Eh bien, j'avais droit de me battre pour mes droits!

Stephen Sackur : Mais croyez-vous que vous aviez le droit de l'assassiner ?

Le président Paul Kagame : Non, mais premièrement Habyarimana, ayant été du côté opposé à celui duquel je combattais, il était possible qu'il pouvait facilement mourir. Imaginez-vous si j'étais mort moi-même dans les mêmes circonstances? Est-ce que ce même juge serait entrain d'enquêter sur ma mort pour savoir qui m'aurait tué? (Les mots inaudibles...) on était en guerre.... Mais ceci n'a rien à voir avec en fait qui a tué Habyarimana. Je n'y viens pas encore.... Je dis seulement qu'il est étonnant même que quelqu'un qui est impliqué dans une guerre puisse mourir. Mais cela signifie aussi que vous faites des allégations montées de toutes pièces .....

Stephen Sackur : Mais vous avez aviez été engagés dans une négociation de paix avec lui en ce temps là ! Le FPR négociait avec lui.

Le président Paul Kagame : Oui, et le génocide a suivi après cela aussi. Nous avons eu un génocide ...

Stephen Sackur : Vous dites bien sûr que ce sont des accusations qui ne tiennent pas debout; vous savez que ce juge Jean-Louis de Bruguière s'est occupé de ce cas pendant beaucoup d'années. Vous savez aussi qu'il est l'un des des juges les plus respectés de toute la France. Il a une expérience professionnelle, il s'est distingué en traquant les terroristes et en les amenant en justice. Il a traité votre cas et il a, je l'ai ici, environ 70 pages bien documentés relatif à votre....

Le président Paul Kagame : Non, non, non ! il s'agit là de 70 pages de chiffons, de rien  du tout et je vais démontrer cela. Regarder les gens auxquels qu'il a parlé, ...il a obtenu son témoignage de presque les toutes les personnes qui sont inculpées par le TPIR. Les gens qui sont en fait recherchés par le tribunal mais ils ne peuvent pas les appréhender ... et pourtant, le juge a accès à eux, parce qu'ils jouissent d'une protection en France ....

Stephen Sackur : Le juge Bruguière propose cette conclusion : « L'ordre final pour attaquer l'avion présidentiel a été donné par Paul Kagame au cours d'une réunion tenue à Mulindi le 31 mars 1994.

Le président Paul Kagame : Cela ne veut absolument rien dire. Tout d'abord ce dont ce juge a besoin ... quand il fait ressortir cet incident ... ...Mais le juge, les français,.. tout le monde sait il y a eu des mois de préparation du génocide. Ils ont acheté des armes, ils ont entraîné des gens, ils ont obtenu des armes de France, de l'argent versé par le gouvernement français, au gouvernement de Habyarimana pour préparer le génocide. Ca n'avait rien à faire avec l'avion. Même si nous parlons de l'assassinat de Habyarimana, de l'abattage de l'avion, ça n'a rien à faire avec cela.

Stephen Sackur : Pourquoi ne pas vous soumettre aux souhaits du juge Bruguière et....

Le président Paul Kagame : Je ne peux pas me plier aux souhaits du juge Bruguière, avec les français agissant politiquement, avec France ayant eu un role dans le génocide au Rwanda , jamais ! Juste parce que ce juge vient de la France.

Stephen Sackur : Il n'a pas d'engagement politique. C'est est un juge d'investigation qui se spécialise dans l'anti- terrorisme.

Le président Paul Kagame : Pourquoi n'examine-t-il pas la responsabilité des officiers de l'armé française et celle des fonctionnaires français dans le génocide du Rwanda, s'il est crédible ?

Stephen Sackur : Je veux revenir sur ce point très bientôt. Mais avant que nous finissons sur votre position. , ... puisque vous semblez si sur de votre innocence,  pourquoi vous ne voulez pas vous conformer à sa demande pour avoir ce cas examiné par un tribunal international?

Le président Paul Kagame : Je suis confiant pour les diverses raisons....

Stephen Sackur : Je comprends votre assurance, mais ma question est simple, pourquoi ne pas accéder à son souhait?.....

Le président Paul Kagame : Il y a même des problèmes de principes ici. Un juge français n'a pas le droit de me juger, dans la présente situation auRwanda.

Stephen Sackur : Il ne veut pas vous juger, seulement il dit....

Le président Paul Kagame : Il me juge en amenant cette bêtise ! Tout d'abord pourquoi créer des histoires fabriquées.

Stephen Sackur : Je dis que le Rwanda ne pourra pas faire des progrès à moins que que la vraie responsabilité dans l'assassinat du président de votre pays en 1994 ne soit établie.

Le président Paul Kagame : Non, non, non ! Tout d'abord je ne suis pas responsable de la mort de Habyarimana et de je m'en fous ! Je n'étais pas responsable de sa sécurité. Il n'était pas responsable de la mienne non plus. Et ça lui aurait été egal si j'étais mort. Ca m'est égal que cela lui soit arrivé. Je combattais ce gouvernement, le gouvernement qui m'a fait un réfugié pour ces années, pour lequel j'avais le droit de me battre, et ce juge essaie de me demander pourquoi?

Stephen Sackur : Ma question est celle-ci, comment le Rwanda peut-il continuer à progresser, à aller de l'avant....

Président Paul Kagame : Il progresse, il progresse, sans tenir compte du fait qu'on ne sait pas qui a tué Habyarimana parce que ce n'est pas un aussi grand problème, comme c'est un problème pour Rwanda d'avoir perdu un million de gens dans un génocide dans lequel la France est inculpée et ce juge est silencieux. Donc la France, Bruguière, n'ont aucun droit d'avancer une telle bêtise dans cette situation. Et notre population s'épanouie, les gens refont leurs vies, ils progressent, je suis leur dirigeant, ils m'ont élu et on me raconte ces bêtises.

Stephen Sackur : Vous avez parlé du manque de crédibilité dans la preuve que je vous montre ; vous faites une allégation très explosive contre les français. Vous semblez suggérer que les français ont été impliqués dans l'assassinat.

Président Paul Kagame : Ils ont été impliqués dans le massacre d'un million de gens ...ils ont été impliqués en fournissant les armes, en combattant contre nous qui essayions d'arrêter le génocide, en soutenant un président qui instiguait une partie de son peuple à tuer un autre groupe dans notre pays ; et vous dites qu'ils sont moins coupables que quiconque aurait tué Habyarimana ? Un fait dont je me fous éperdument !

Stephen Sackur : Je veux être clair sur vos allégations précises. Vous prétendez que les autorités françaises ont été activement impliquées dans le meurtre d'un million de gens dans votre pays.

Le président Paul Kagame : Oui, Oui, je suis même étonné que vous, en tant que journaliste, vous ignoriez cela !

Stephen Sackur : Qui, qui croyez-vous...

Le président Paul Kagame : Je suis même étonné que les gens parlent encore de cela. Ils étaient là-bas, ils ont été vus, ..., je ne sais pas combien de preuves que vous voulez. Il existe des preuves, bien documentées les montrant dans le combat, la lutte, entraînant les miliciens qui ont commis le génocide. L'ONU sait cela, ils ont obtenu l'information avant que le génocide n'arrive.

Stephen Sackur :  Mr. Président, il y a déjà 12 ans que le massacre d'un million du Rwandais a eu lieu. Si vous aviez de vraie preuve d'implication française, pourquoi ne les avez vous pas produites durant ces longues 12 années?

Le président Paul Kagame : Nous avons parlé de cela. en 2004 quand nous commémorions la dixième anniversaire du génocide, je l'ai dit publiquement devant les chefs d'états qui étaient venus au Rwanda pour être avec nous, y compris les ministres du gouvernement français. Je l'ai dit publiquement, les gens l'ont dit. Les gens qui ont enquêté, les journalistes, des professionnels qui ont suivi ce cas le savent. C'est de notoriété publique. Les Rwandais le savent....

Stephen Sackur : Vous avez maintenant une commission d'enquête entrain d'examiner l'implication de la France. Que comptez-vous faire quand il vont sortir leur rapport, traduire les français en justice?

Président Paul Kagame : Si la France a des juges qui peuvent nous inculper, sûrement nous sommes mieux placés pour avoir des juges qui peuvent les inculper dans ce procès quand les faits seront publiés.

Stephen Sackur : Bien entendu le président de France d'alors est mort ...

Président Paul Kagame : Il y a des officiers français qui ont été impliqués à ce moment-là qui sont toujours vivants, y compris le Premier Ministre de France maintenant, de Villepin, qui était le directeur de Cabinet du Ministre des Affaires Etrangères et ..., il y a beaucoup d'officiers supérieurs , nous avons leurs noms, nous pouvons ..., ils sont sur le rapport.

Stephen Sackur : Vous êtes président d'une nation. Vous croyez qu'il est responsable de vous asseoir ici, dans un programme comme celui-ci, et de déclarer que le Premier Ministre de France a été activement impliqué, dans le massacre d'un million de gens.

Le président Paul Kagame : Oui, pourquoi cela vous semble-t-il étrange ? Quand vous me parlez d'un juge qui ose m'inculper, moi, chef d'état de mon pays le Rwanda ? Pourquoi cela vous étonne ?

Stephen Sackur : Vous ne seriez pas mieux conseillé de concentrer toute votre attention maintenant sur la reconstruction du Rwanda et à l'éliminer des tensions qui existent toujours dans votre pays ?

Le président Paul Kagame : Je n'ai pas besoin de quelque conseil que ce soit.  Tout cela c'est ce que je fais.

Stephen Sackur : Je suis juste entrain de me demander, si nous parlions de ce qui se passe dans votre pays maintenant, je me demande comment vous pouvez expliquer comment votre politiques par exemple sur le pluralisme et la démocratie et les droits de l'homme amènent vraiment à la réconciliation au Rwanda.

Le président Paul Kagame : Ah ! C'est de ceci que je parle tous les jours. : La guérison (?) (healing) a lieu, le pays est stable, le pays enregistre la croissance économique et le progrès, les gens du Rwanda sont réconciliés. La procédure judiciaire suit son cours, la démocratisation continue, une nouvelle constitution traite de ces problèmes. En fait, à ce propos, il se fait que  le Mécanisme de Revue de Pair africain sous le NEPAD (Le Nouveau Partenariat pour le Développement d'Afrique), Rwanda était un des premiers. Le Rwanda et Ghana étaient les premiers à faire l'objet d'un examen externe. Et regardez le rapport.

Stephen Sackur Je l'ai regardé. J'ai regardé le Mécanisme Africain de Revue de Pair et ils disent : « Les Partis politiques comme tels NE SONT PAS, PAS en mesure de fonctionner librement. Ce qui revient en fait à renier toutes activités politiques aux citoyens ».

Le président Paul Kagame : Cela n'est pas vrai.

Stephen Sackur  J'ai lu le rapport et c'est ce qu'il dit.

Le président Paul Kagame : Bien sur, il parle de cela sur chaque pays. Si vous ...

Stephen Sackur : Nous parlons ici du Rwanda. L'éditeur de ?? ? ? Le journal dit « nous n'avons rien de similaire à une vraie opposition.... »

Le président Paul Kagame : Oh mais ils existent, ils sont là-bas, ils parlent toujours de tous genres de choses. Parfois ils parlent des choses similaires ...

Stephen Sackur:  Je peux citer aussi le Secrétariat d'Etat toujours sur le rapport annuel, ils parlent du Rwanda , et au sujet de vous concernant les élections et ils disent: "les élections étaient marquées par de sérieuses irrégularités et des intimidations de l'opposition à grande échelle».

Le président Paul Kagame : Il s'agit de ces choses négatives dont nous avons parlé qui ont été rapportées par un petit nombre de personnes. Il y a beaucoup plus de gens qui ont dit des choses positives. Et en fait, permets-moi de parler par exemple du critique contestable qui nous est faite dans le APRM. Par exemple, ils critiquaient le Rwanda pour les tribunaux de Gacaca. Et savez-vous pourquoi qu'ils critiquent ? Ils disent qu'il n'existe pas de documentation de référence écrite indiquant comment ils vont procéder et que par conséquent ils ne sont pas à la hauteur des normes internationales. Quelles sont les normes internationales quand il s'agit de juger des centaines de milliers de cas de génocide ?

Stephen Sackur: Puis-je, si vous permettez, vous demander quelle est la situation de l'ancien président, le Président Bizimungu. Vous l'avez jeté en prison pour 15 ans.

Le président Paul Kagame : Oui, et vous savez-vous pourquoi ?

Stephen Sackur . Parce qu'il a cherché à fonder un parti d'opposition.

Le président Paul Kagame : Non, cela n'est pas vrai. Tout le processus légal l'explique . Je n'ai pas fait cela. C'est le procédé juridique qui a fait cela. Bizimungu a eu le temps pour se défendre, il a été accusé sur les plusieurs chefs d'accusation, y compris un acte de fraude. $200.000 qu'il a pris .....qui étaient destiné aux du Rwanda et qui avaient été donné par l'ancienne OUA. Il avait beaucoup d'autres cas. Ceci n'a rien à voir avec moi..

Stephen Sackur: Vous voyez, beaucoup de Hutus dans votre pays qui observent ce qui est arrivé au Président Bizimungu.....

Le président Paul Kagame : les Hutus, c'est la plupart d'entre eux qui ont voté pour moi; la majorité d'eux.

Stephen Sackur de BBC. BEAUCOUP DE Hutus qui observent ce qui arrivé au Président Bizimungu qui a créé un parti politique et que vous avez qualifié de divisionniste, que vous avez que vous avez qualifié d'extrémiste hutu. Quand vous savez fort bien que le président Bizimungu avait combattu à côté du RPF, qu'il a été membre du RPF et a eu même son frère  tué parce que les extrémistes Hutu n'avaient pas confiance en lui...

Le président Paul Kagame: D'abord il n'y a pas eu de frère à lui qui fut tué. Deuxièmement, il était avec nous pour un très bref moment, troisièmement, il faisait exactement ce qu'il avait empêché les autres de faire quand il était président, en évoquant ce qui était dans la loi que nous étions .........dans la transition. Il a empêché les gens de former de partis sur cette base. Et plus tard quand la loi l'a rattrapé, il crie à la tricherie.

Stephen Sackur de BBC. Donc toutes les causes qui sont données dans la  Stephen Sackur, dans les journaux, par le Secrétariat d'état américain, tous vous demandant d'ouvrir votre pays pour embrasser le pluralisme, d'avoir plus de confiance en votre peuple ..

Président Paul Kagame : Laissez moi vous dire comment c'est ouvert. C'est même plus ouvert que APRM pourrait suggérer ou n'importe qui pourrait suggérer. En fait au Rwanda nous avons une constitution qui prescrit que le vainqueur ne doit pas tout prendre. Et c'est le choix que nous avons fait sous cette constitution. C'est pourquoi un parti gagnant ne prend pas chaque chose, mais doit partager le pouvoir ........, le cabinet, le président nomme le cabinet par un procédé fourni par la constitution, il ne peut pas nommer de gens de son propre parti à plus que 50% de positions, le Président du parlement doit provenir du parti minoritaire. Tels sont les choix que les rwandais se sont fait pour essayer d'améliorer leur passé...

Stephen Sackur de BBC. Permettez-moi de vous poser une question au sujet de  la République Démocratique du Congo. Votre gouvernement a-t-il arrêté de se mêler dans les affaires du Congo ?

Le président Paul Kagame : Je suis sûr que vous obtiendriez une meilleure réponse au Congo parce que les Congolais ne se plaignent pas de nous du tout.

Stephen Sackur de BBC. Laurent Nkunda est un rebelle dans l'est de DRC. Il a été entraîné par les Rwandais, il est Tutsi, le soutenez-vous ?

Le président Paul Kagame ; Dans une certaine mesure même le Président Kabila qui est là-bas et beaucoup d'autres membre du Gouvernement ont été entraînés par le Rwanda.

Stephen Sackur de BBC.  Ainsi donc donnez-vous du soutien à Nkunda.

Président Paul Kagame : Non !

Stephen Sackur de BBC. Allez-vous faire tout ce qui est possible pour remettre Nkunda ou ses collaborateurs à la justice

Le président Paul Kagame : Mais pourquoi dans votre question vous semblez suggérer que , peut-être ....nous sommes toujours sur le mauvais côté. Nous ne sommes pas sur le mauvais côté.

Stephen Sackur de BBC. Nkunda a un homme de main qui lui est dévoué, un homme qui s'est échappé du Congo et qui en en 2006, se cacahait au Rwanda. Les Congolais ont demandé son extradition. L'avez-vous retourné au Congo ?

Le président Paul Kagame : Je ne suis pas au courant d'une telle chose...

Stephen Sackur : Mutebusi ...

Président Paul Kagame : Je ne sais rien de cela..

Stephen Sackur : Vous n'avez aucune idée, alors que les Congolais ont écrit une lettre en janvier 2006 à votre Ministre des Affaires Etrangères en exigeant son extradition...

Président Paul Kagame : Oui, mais je suis en contact régulier avec le Président Kabila, avec les autres hauts responsables de la DRC, ils ne se plaignent pas de cela. .... Je ne suis pas au courant d'un quelconque renouvellement d'intérêt dans cette situation, c'est ici que je l'apprends, de vous.

 

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Monier alain 28/04/2013 07:16


Bonjour,


        oui, la reponse de kagame laisse bien supposer qu'il est responsable de l'assassinat du President, sa formulation le determine . Toutefois, cette
reponse lui permet d'assurer que l'assassinat n'a pas influe sur le genocide estimant que celui ci etait bien deja programme. A ce titre en faisant un pas ; il recule de deux pas. Si sa
responsabilite s'averera entiere pour l'assassinat du President, il nie donc que ce crime ai entraine le genocide, reculant ainsi l'echeance sur sa responsabilite. Le mensonge etant son alibi,
qui pourra croire a sa parole. Cordialement alain Monier

Monier Alain 25/04/2013 11:24


Bonjour,


         lire l'article de Marianne du 20 au 26 Avril 2013  RWANDA : qui a assassine les gendarmes francais ? qui rejoint l'article ci-dessus.
Cordialement Alin Monier

NSANZABAGANWA Silas 25/04/2013 09:51


A mon avis, la réponse de KAGAME "eh bien j'avais le droit de me battre pour mes droits" n'implique pas NECESSAIREMENT (c-à-d à100%) qu'il accepte avoir abattu l'avion. Cette réponse peut être
interpretée différemment, et la présente interprétation peut être vraie ou fausse, n'est-ce pas?

Le blog de Jean-Marie Ndagijimana 25/04/2013 10:56



Cher Nsanzabaganwa,


Vous avez le droit d'interpréter la réponse de Kagame "eh bien j'avais le droit de me battre pour mes droits" comme vous le sentez. Mais la suivante est encore plus étrange. Lisez donc la
question du journaliste et la réponse de Kagame :


Stephen Sackur : Mais croyez-vous que vous aviez le droit de l'assassiner ?


Le président Paul Kagame : Non, mais premièrement Habyarimana, ayant été du côté opposé à celui duquel je combattais, il était possible qu'il pouvait facilement
mourir. Imaginez-vous si j'étais mort moi-même dans les mêmes circonstances? Est-ce que ce même juge serait entrain d'enquêter sur ma mort pour savoir qui m'aurait tué?


Comment interprétez-vous pareille réponse. Pourquoi ne répond-il pas tout naturellement et spontanément qu'il n'est
pour rien dans l'attentat contre Habyarimana? Ce n'est que plusieurs paragraphes plus tard qu'il se rendra compte de sa bourde et qu'il se défendra d'être l'auteur de l'attentat du 6 avril 1994.
En réalité, avant de se ressaisir, Kagame commence par tenter de justifier l'assassinat de son prédecesseur. Les psychologues vous diront que les premiers sentiments sont toujours les plus
naturels.