Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par JMV Ndagijimana

Par Arthur Ngenzi saverwanda.org

Dans un document confidentiel du TPIR que nous avons réussi à nous procurer, le témoignage d’un ancien de l’APR, Georges Rwakampala, vient à nouveau confirmer nombre des révélations de Ruzibiza au juge Bruguière et met à mal les récentes déclarations de Richard Mugenzi.

George Rwakampala est un des nombreux refugiés tutsi qui ont rejoint la NRA (armée ougandaise). En 1990, il rejoint l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), bras armé du Front Patriotique Rwandais le mouvement politico-militaire fondé par les refugiés tutsis d’Ouganda (dont la plupart des officiers sont également membres de l’armée ougandaise) pour reprendre le pouvoir au Rwanda.


Kagame n’a jamais voulu la paix

Dans son témoignage Rwakampala explique que Kagamé n’a jamais voulu la paix et ce malgré les accords de paix signé avec le régime de l’époque. En effet, Il retrace en détail comment, durant la période de mise en application des accords d’Arusha, Kagamé a minutieusement organisé l’infiltration de ses soldats, en profitant de la naïveté (ou de la complicité?) de la Mission des Nations Unies pour le Rwanda et décrit avec précision comment ces derniers entraient dans Kigali, y étaient entrainés puis était dispatchés dans des zones stratégiques pour y attendre le signal d’action.


L’attentat du 06 avril a été soigneusement préparé

Rwakampala explique que dès 19h le 06 Avril, soit une heure et demie avant l’attentat, l’ordre est venu de Kayonga, commandant du 3ème bataillon, de passer en mode « stand by one », ce qui voulait dire en ordre de combat et prêt pour lancer une offensive.

Quelques heures après l’attentat, les ordres de déploiement tombent, les cibles privilégiées sont le camp Kami, le camp de la garde présidentielle, le secteur industriel de Kicukiro et le renforcement des défenses au CND.


L’élimination systématique des Hutus

Rwakampala va plus loin et explique que les ordres étaient clairs, il fallait tuer tout les hutus. Dans un premier temps s’il ne se trouvait aucun hutu présent dans les rangs de l’APR sur place, ils pouvaient procéder directement à l’élimination des hutus sur lesquels ils mettaient la main (comme ce fut le cas notamment pour le préfet de Ruhengeri) et sinon ils les mettaient simplement aux arrêts et les transféraient au Capitaine Charles Karamba, qui se chargeait de les faire disparaitre.

Selon lui, il est difficile de chiffrer les victimes du FPR durant cette période mais pour donner un exemple il explique que la machine à tuer du FPR éliminait l’équivalent de près de trois à quatre camions militaires (de Hutus) chaque jour durant le seul mois de novembre 1994. Toujours selon lui, ces massacres étaient supervisés de près par les officiers de la DMI.


Lutte contre les infiltrés

Rwakampala décrit également les détails ignobles de la stratégie de lutte contre les abacengezi, ces infiltrés qui vers la fin des années 90 tentaient désespérément d’empêcher le FPR d’asseoir sa main mise sur le pays.

Il cite pour exemple des massacres perpétrés dans la commune de Ramba, ou l’APR est venue massacrer la population locale après la fuite des abacengezi vers les forêts du Congo. « Ils tuaient tout le monde et incendiaient leurs maisons. »


Massacres de Hutus au Congo

Rwakampala explique finalement comment lorsqu’il était en poste au Congo dans la région du Masisi, l’APR a commis un très grand nombre de massacres pour lesquels il affirme même être capable d’indiquer les lieux des fosses communes ou les victimes ont été enterrées.


Pourquoi le TPIR ne fait’ il rien de ce genre témoignages ?

Ce témoignage est un parmi de nombreux autres qui gisent dans les archives du TPIR et qui sont simplement classé sans suite. Il est dès lors légitime de s’interroger encore une fois sur la véritable mission du TPIR.

Car celle qui lui a été assigné était de rendre justice à tous les Rwandais indistinctement pour ce qui est des crimes commis durant l’année 1994 œuvrant ainsi à une véritable réconciliation nationale. Or, depuis sa création le TPIR a systématiquement ignoré et parfois même dissimulé les preuves (comme ce témoignage) mettant en cause les responsables du régime en place à Kigali.

Au vu de ce type de témoignages, il est aisé de comprendre pourquoi Kigali a fait preuve d’autant de zèle récemment pour récupérer les archives du TPIR. Il ne fait nul doute que de tels documents finiraient tout simplement dans un incinérateur une fois transférés à Kigali.


La communauté internationale devant sa responsabilité

Au lieu de participer à la réconciliation du peuple rwandais, la communauté internationale a mis sur pied un tribunal qui par sa pratique de la justice du vainqueur contribuera encore longtemps a attiser les braises de l’ethnisme et à entretenir le cycle de la haine au Rwanda.

Toutefois, comme on dit il n’est jamais trop tard pour bien faire et si la communauté internationale ne veut pas porter à nouveau la responsabilité des drames à venir dans l’histoire du Rwanda, il serait temps qu’ils fassent ce à quoi ils se sont engagés à savoir rendre justice à tous les rwandais.

Car c’est l’impunité conférée au FPR depuis 1994 qui est la véritable source de tout les maux de l’Afrique des grands lacs actuel.


Les entraves aux enquêtes du Juge Bruguière et de la justice espagnole doivent cesser !

Il est inconcevable et incompréhensible que devant l’abondance de témoignages et de rapports (Hourigan, Gersony, Lyons, etc…) en tout genre, autant sur l’attentat du 06 avril que sur les autres massacres commis par l’APR au Rwanda et Congo qui dorment dans les caves du TPIR, certaines personnes bien intentionnées aillent dénicher des témoins au Rwanda (que pourtant tout le monde reconnait être une dictature) pour appuyer tel ou tel autre thèse. C’est comme si du temps de l’URSS, quelqu’un était allé chercher des preuves et des témoignages à visage découvert contre Staline dans les goulags de Sibérie ou même à Moscou (même ceux à l’étranger n’osaient pas parler ouvertement de peur des représailles contre leur famille restée sur place) … c’est tout simplement absurde.


Par Arthur Ngenzi/SaveRwanda.Org

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article