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Publié par JMV Ndagijimana

(L'Avenir Quotidien 13/08/2009)

A travers ce compromis trouvé en chine, la Rdc se désengage des garanties sur l’assiette minière, mais accepte plutôt des garanties par ajustement. *Voilà qui va permettre au Chef de l’État Joseph Kabila de réaliser son ambitieux programme de développement connu sous le vocable des « cinq chantiers de la République », deux ans avant les élections de 2011, pour l’amélioration du vécu quotidien de la population.

En République démocratique du Congo, la question des contrats chinois était la principale pierre d’achoppement qui opposait le gouvernement Congolais et les bailleurs de fonds, représentés par le Fonds monétaire internationale (FMI). Mais depuis quelques temps, cette question vient de trouver un compromis. C’était à l’issue d’une mission mixte composée des experts du FMI et de la Rdc, qui a séjourné en Chine au mois de juillet dernier. Au menu, les discussions entre les deux parties, les contrats chinois, spécialement sur les nouvelles modalités.

Signalons que les contrats avaient octroyé à quatre entreprises chinoises, des droits sur plus de 10 millions de tonnes de gisements de cuivre et 600.000 tonnes de cobalt. En retour, la Chine devait investir 6 milliards USD en construction de routes, de chemins de fer, d’hôpitaux et d’écoles afin d’aider le Président Joseph Kabila à tenir ses promesses électorales (les « cinq chantiers »).

Sur le plan technique, en dépit de la crise financière et de la chute des prix des matières premières, le Congo a rempli les conditions requises pour que ses principaux créanciers consentent à effacer une partie substantielle de la dette, soit 6,3 milliards de dollars. Car le service de cette dette absorbe chaque mois quelque 40 millions de dollars, une ponction qui freine le financement des secteurs sociaux et de la sécurité. Du point de vue de la Banque mondiale et du FMI, deux points continuent à poser problème. Le premier, ce sont les dérapages en matière de dépenses militaires.

L’autre point litigieux est beaucoup plus sensible : les Occidentaux, y compris la Belgique, estiment qu’on ne peut alléger la dette si, dans le même temps, Kinshasa s’endette auprès de la Chine, en accordant la garantie de l’État aux contrats passés avec les sociétés chargées de réaliser les travaux d’infrastructures.

Interviewé par le journal le Monde du 25 mai 2009, Pierre Lumbi a défendu becs et ongles les contrats passés avec la Chine : « Étant ministre chargé des Infrastructures, c’est moi qui suis allé à Pékin négocier le financement des travaux que je m’étais engagé à réaliser. Il s’agit d’accords de troc : en échange de grands travaux, que seules les entreprises chinoises ont la capacité de réaliser dans les délais requis et à prix compétitif, le Congo s’est engagé à permettre l’exploitation de ressources minières, à raison de 9 millions de tonnes de cuivre et de 200.000 tonnes de cobalt. Si les réserves actuellement connues ne nous permettaient pas de tenir nos engagements, d’autres prospections seraient entreprises. Nous trouverions d’autres moyens de financement, de nouvelles mines ou des terres agricoles par exemple. Alors qu’en ces temps de crise, les États occidentaux s’engagent massivement aux côtés de leurs banques, pourquoi l’État congolais ne pourrait-il encourager le développement du pays ? » Lumbi cite en exemple l’époque coloniale : « En 80 ans, la Belgique a réussi à financer le formidable développement du Congo, de ses villes, de ses voies de communication, uniquement grâce aux ressources naturelles du pays. Pourquoi les Chinois ne pourraient-ils faire de même ? ». Pour lui, les contrats chinois sont doublement avantageux : « En plus des réalisations prévues, ils nous rendent éligibles à la coopération chinoise, à des prêts à taux préférentiels.

Cependant, les intimidations n’ont pas manqué : outre les pressions exercées sur le plan intérieur, les représentants du FMI sont allés jusqu’en Chine pour tenter de bloquer les crédits, ou d’imposer une « coopération triangulaire » dans laquelle ils seraient partie prenante. » Mais d’après les négociations que les experts Congolais et du FMI ont eues avec la partie Chinoise, la révision des termes de ces contrats ne remet pas en cause les principes et tient plutôt à la valorisation des éléments comptabilisables. Il s’agit d’une nouvelle notion qui pose une formule qui indique qu’au lieu qu’il donne plutôt des garanties sur l’assiette minière, il y a lieu que le gouvernement donne à la partie chinoise des garanties par ajustement, c’est-à-dire, des garanties administratives liées aux études administratives. Cela signifie en clair qu’il n’est plus question de toucher les 9 milliards USD attendus avant les études de faisabilité. Et vraisemblablement, la partie chinoise a donné son accord à ce postulat.

Le FMI en Rdc pour rassurer les congolais

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) séjourne depuis dimanche 09 août 2009 en République démocratique du Congo. On est tenté de croire que cette mission conduite par Brian Ames, le Directeur de la Région Afrique du FMI, est venu pour rassurer le peuple congolais et lui demander de fournir plus d’efforts dans le sens de la stabilisation du cadre macroéconomique. L’occasion faisant le larron, la mission du FMI devra baliser le terrain pour permettre à ce pays post-conflit de conclure le programme formel appuyé par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC). Un accord qui constitue le préalable pour l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays Pauvres Très Endettés (IPPTE) et l’octroi en faveur du pays des bénéfices de l’initiative pour l’allègement de la dette multilatérale).

En ce qui concerne la République démocratique du Congo, l’un des déclencheurs clé pour l’atteinte du point d’achèvement est le maintien de la stabilité macroéconomique. Mais au regard de l’évolution actuelle, le ralentissement de l’inflation a favorisé la restauration de la positivité en termes réels de taux d’intérêt de la Banque centrale du Congo. Dans ce cadre, une attention particulière est à porter sur l’activation de la politique monétaire et la politique budgétaire pour contrer les chocs permanents réapparus en juin avec l’accentuation du déficit public.

Diminution des dépenses

La gestion des finances publiques de la République demeure le point qui ne pourra pas échapper aux loupes des experts du FMI. Cela, parce qu’au deuxième trimestre, le pays a enregistré un déficit de 3,9 milliards de dollars Us justifié par les dépenses exceptionnelles de sécurité en vue de faire face à la recrudescence de certains foyers de tensions à l’Est du pays. Pour entrer en programme avec le FMI, le pays devra éponger ce gap, même si les ressources attendues dans le cadre du budget de l’État accusent un grand retard. En plus, depuis fin juin, les recettes de l’État ont baissé de 17,3% par rapport au mois de mai 2009 à la suite des contre-performances dans la mobilisation des recettes observées au niveau de toutes les régies financières. La mise en place du système de facturation trimestrielle dans le secteur pétrolier au niveau de l’économie, le problème des droits de consommation des sociétés de télécommunication, la réticence des opérateurs économiques de procéder à la vérification de leurs marchandises avant embarquement tel que convenu avec BIVAC, seraient les causes à l’origine de ces contre-performances respectivement pour la DGRAD, la DGI et l’OFIDA.

Un boulevard s’ouvre pour Joseph Kabila

Comme le dernier verrou qui freinait les contrats chinois vient d’être lever, nous pensons que le Chef de l’État est celui qui doit être très réconforté, dans la mesure où les cinq chantiers vont lui permettre d’améliorer très sensiblement le vécu quotidien des congolais. Une nouvelle qui tombe à point nommé, au moment où à quelques jours de l’ouverture de la session parlementaire de septembre, les députés attendait de pieds fermes le Chef de l’État afin de leur donner le bilan des cinq chantiers, deux ans avant la fin de son mandat.

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Rachat de crédit 21/10/2010 09:59



C'est toujours compliqué l'arbitrage entre un lissage ou un rachat de crédit...il vaut mieux pas dette du tout...mais trop simpliste !