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Publié par JMV Ndagijimana

Les clarifications de Joseph Bukeye, membre des FDU


Suite à des critiques et des questionnements parfois légitimes émis par de nombreux internautes au sujet de la décision de participation des FDU-INKINGI aux prochaines élections présidentielles de 2010 au Rwanda, Monsieur Joseph Bukeye, membre des FDU, a fourni les explications suivantes :


"Pour rappel, le 14 mai 2009, les FDU ont rendu public un communiqué dans lequel la plupart des interrogations soulevées ici trouvent des réponses.


1. La décision de participation: la décision de participation aux élections de 2010 a été prise lors d'une réunion du bureau exécutif des FDU qui a lieu à La Haye en Hollande en septembre 2008. Toutes les composantes de la coalition étaient valablement représentées et jusqu'à date, toutes restent solidaires. Ce n'est pas une décision d'une personne. S'en est suivi un débat interne dans les 3 composantes. Et les débats continuent avec la communauté rwandaise, ce qui en soit, devrait être apprécié. Qu'il y ait ici et là une voix dissonante n'entame en rien le caractère démocratique de la décision.


2. Quelles sont les véritables motivations des FDU? Le communiqué ci haut cité lève plus qu'un coin du voile sur les "véritables motivations de la coalition: (Ubwoba,

gushinyiriza, kwemera akaje (fatalisme) cyangwa kureka ibintu bikaguma uko biri

(statu quo) witwaje inzitizi kugirango utagira icyo ukora ni ugutiza umurindi ingoma

iriho. Ntawe ushobora gutsindwa iyo atarwanye !) En clair, les FDU refusent un immobilisme qui donnerait à Kagame un nouveau bail de 7 ans sans concurrence. Contrairement à d'autres partis de la diaspora (qu'on respecte), les FDU prennent le pari justement de porter le combat au Rwanda plutôt que de continuer à gesticuler à l'extérieur. Il est de bonne guerre de parler de la mascarade électorale de 2003. Mais cette mascarade n'a pu être exposée que par ce qu'il y a un opposant (qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas), qui a osé prendre le risque d'y participer. Tirons plutôt les leçons de son expérience, au lieu de jeter l'eau sale et le bébé.


3. Les garanties de transparence: "Victoire Ingabire et ses collègues" n'ont aucune garantie. Mais faut-il attendre  ces garanties de Kagame? Arrêtons de rêver. Quand on connaît l'homme et son système, attendre que ces garanties soient en place serait comme attendre la parousie.

Ca l'arrangerait plutôt que son opposition reste en exil, et qu'il poursuive tranquillement son œuvre de réécriture de l'histoire du Rwanda, de lavage de cerveaux. On finirait par être perçu comme les véritables ennemis du peuple rwandais. D'ailleurs, vous êtes-vous jamais posé la question de savoir pourquoi il y a moins d'opposition à la participation des FDU aux élections de 2010 à l'intérieur du Rwanda qu'à l'extérieur? Par ce qu'à l'intérieur, ils se sentent seuls.


4. Les FDU partent donc perdantes: Les FDU partent avec la conviction de gagner les élections s'elles se tiennent dans un climat de transparence. Par contre, si le pouvoir manipule le verdict, les FDU le dénonceront avec force, jusqu'à ce que les choses changent. Elles n'entendent pas laisser seuls leurs sympathisants aux mains du régime. A ceux qui disent "qu'on ne peut pas libérer des prisonniers si on est parmi eux", je réponds qu'il est plus facile de marquer un but de l'intérieur du terrain que de l'extérieur.  Il faut une présence au Rwanda et j'admire le courage de ceux qui prennent le pari d'y aller. L'arsenal du régime peut paraître impressionnant, mais la monarchie n'était pas forcément moins impressionnante à son époque. Ceux qui, à leurs corps défendant, ont osé la défier, étaient pris au début comme des fous, par certains colonisateurs. Pourtant elle a été déboulonnée.


5. La stratégie des FDU, le plan B, etc.: On ne va pas réinventer la roue. Avez-vous jamais entendu parler en public du plan B du FPR quand il était dans le maquis? Avez-vous jamais lu quelque part le plan B du FPR en cas de défaite électorale? Un plan B rendu public n'en est plus un. Ce ne sont pas les FDU qui vont faire exception. Ceux qui en font une fixation ou une condition pour adhérer doivent être réalistes. S'ils ont des propositions à faire, elles sont les bienvenues. Par ailleurs, les FDU compte aussi des membres à l'intérieur du Rwanda. C'est d'ailleurs une pré condition pour obtenir l'agrément et le précieux sésame pour participer aux élections. Les membres de l'intérieur doivent aussi avoir un mot à dire dans l'échafaudage de ce plan B et de la stratégie dans son ensemble. Attendons que ces derniers soient consultés. On ne doit pas faire comme si la diaspora dictait son agenda aux compatriotes restés au pays.


6. La conférence de Bruxelles (pour rappel, il y en a eu lieu aussi en France, pas seulement à Bruxelles et en Hollande): Réduire la prestation des orateurs à un seul homme me semble être de l'acharnement. La personne incriminée n'est pas un simple porte parole, c'est le secrétaire exécutif du parti. Un poste très important dans la hiérarchie du parti. Chacun a son style. Personne n'est parfait. Mais en faire toute une histoire ne me semble pas constructif. Bien au contraire.

Il est vrai que la présidente a dû s'excuser et est partie plus tôt que prévu. Les raisons de ce départ impromptu ont été expliquées séance tenante. Un rendez de dernière minute est venu perturber le programme. Le fait qu'une partie de l'audience ait applaudi le départ de madame Ingabire me fait penser que certains ont apprécié les excuses.

Je suis tout aussi perplexe quand tu affirmes que le débat a "tourné court". Même après le départ de la présidente, les questions ont continué à fuser. Jusqu'à ce qu'on a dû les arrêter. Je n'appelle pas ça "tourner court". A moins que tu ne dises que le temps de questions réponses aurait dû être prolongé. Il n'est pas exclu, si le temps le permet, d'organiser une autre rencontre. Des participants ont même spontanément offert après la séance, de cotiser. N'exagérons donc rien. Tout comme le prétendu FDU en chef de Bruxelles (Ben…) qui était gêné. Je n'ai pas eu la même impression, pas plus que les autres participants que j'ai pu aborder après la conférence.

Quant à dire que la Présidente (ce n'est pas un surnom, elle est présidente d'un parti!) fait des "stop aux USA", les internautes dont je fais parti, auraient sans doute voulu savoir s'il s'agit d'un reproche.  Qu'y a-t-il d'étrange à aller aux USA rencontrer non seulement nos compatriotes, mais aussi les autorités? J'aurais été plutôt déçu qu'un candidat à la présidence d'un pays avec une très forte présence américaine, ne fasse pas ce crochet avant de rentrer au Rwanda. Ngo ubuze icyo anenga inka ayigaya icebe ryayo.

Si certaines gens s'attendaient à ce qu'on caresse dans le sens du poil, ce n'est pas la philosophie du parti. Nous avons des principes, nous avons des idéaux, comme tout parti politique qui se respecte. Nous ne nous engagerons pas dans du populisme. Nous ne pouvons pas promettre des miracles. Que ceux qui se sentent perplexes, se manifestent. Nous discuterons avec eux. Nous n'avons jamais prétendu avoir le monopole de la solution. Mais que ceux qui n'ont pas de proposition osent aussi faire preuve d'humilité, car le problème rwandais ne peut pas se résoudre par des slogans ou des rêves.

Que d'autres aient choisi une autre voie ne regarde que les intéressés. Encore que l'un n'exclut pas l'autre.


7. Une possible collaboration avec Kagame: S'il y a une chose sur laquelle tout le monde est d'accord, c'est la nécessité du changement. Depuis qu'on est en exil, on a de cesse réclamé des négociations avec le régime en place. S'il avait accepté ces négociations, personne n'aurait crié au loup. Il n’y a pas de honte dès lors à participer à une élection si l'ultime objectif est d'obtenir le changement souhaité par tous. Même si ces élections étaient truquées, il n y aurait pas de honte à rester au Rwanda et à poursuivre une opposition, tout en dénonçant ces irrégularités. On n'appelle pas ça collaboration, mais compétition.

Les FDU se battent contre un système, pas un homme. Si  par miracle le régime se réformait et s'engageait sur le chemin de la démocratie, il n’y aurait pas de raison à ce que le régime ne soit pas fréquentable. Par contre, si le régime s'obstine dans son refus de la démocratie, les FDU ne collaboreront jamais avec lui. Ce serait trahir ses engagements. Sur ce point, il n y aura pas de compromis possible.

S'agissant de la participation directe au gouvernement, la question a été posée lors de la conférence de Bruxelles. La réponse a été on ne peut plus clair. Rien ne dit pour l'instant que le FPR avance cette piste. Comme on dit en anglais, ne traversons pas le pont avant de l'avoir atteint. Dès que la question se posera (si jamais elle se pose), elle sera soumise aux instances du parti et aux amis.

Quant aux bruits persistants sur une éventuelle défection monnayée, c'est une insulte. Certains des leaders des FDU sont en politique depuis 1994. Ils n'auraient pas attendu 2009 pour se mettre sous la coupole du FPR. Une trahison est toujours un suicide politique. Les FDU ne sont pas suicidaires. Le peuple ne tarderait pas à les châtier et je l y encouragerais personnellement.


Conclusion

Dans l'intérêt de la démocratie, on ne peut pas bâtir une stratégie sur la critique des autres. Que ceux qui s'opposent à la participation des FDU aux élections de 2010 mettent sur la table leurs propres propositions et qu'on en discute. Les FDU ont toujours privilégié la concertation et elles entendent garder ce cap. Mais ce serait facile de critiquer sans avancer de contre propositions.  La population rwandaise a besoin d'initiatives, pas d'immobilisme."


Joseph Bukeye

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