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Publié par JMV Ndagijimana

NOUVELOBS.COM | 09.06.2009 | 19:06

 

Les réactions de la communauté internationale au décès d'Omar Bongo, survenu lundi 7 juin à Barcelone en Espagne.

EN FRANCE:

 

- Nicolas Sarkozy, président de la République: exprime "beaucoup de tristesse et d'émotion" et "adresse, en son nom et au nom du peuple français, toute sa compassion et sa profonde sympathie à la famille et aux proches du président Bongo Ondimba, ainsi qu'au peuple gabonais".  "Il tient à les assurer que la France, fidèle à sa longue relation d'amitié, demeure, dans cette épreuve, aux cotés du Gabon, de ses institutions et de son peuple". "C'est un grand et fidèle ami de la France qui nous a quittés, une haute figure de l'Afrique et un chef d'Etat qui avait su gagner l'estime et le respect de l'ensemble de ses pairs, notamment par ses nombreuses initiatives en faveur de la paix sur le continent africain".

- Le Parti communiste français(PCF): "Lorsque le président Nicolas Sarkozy secondé par Bernard Kouchner qualifie le président Omar Bongo de grand et fidèle ami de la France, il rappelle que le style, les pratiques, les complicités, le clientélisme, les intérêts particuliers et les politiques de domination, continuent de caractériser la relation de la France avec les régimes, pour une bonne part corrompus et autoritaires, du continent africain".
"La disparition du président Bongo, après 41 ans de pouvoir sans partage qui n'ont pas profité au développement du Gabon, n'annonce pas la fin de la Françafrique. Elle signale que ce rapport néo-colonial se poursuit, comme en témoignent d'ailleurs les plaintes déposées en France contre des biens mal acquis par trois chefs d'Etat africains, dont Omar Bongo".
"En Afrique, beaucoup souhaitent aujourd'hui une transition dans la paix, la stabilité, la transparence, avec l'organisation d'élections libres et démocratiques, avec l'espoir d'en finir avec la Françafrique, le pillage des richesses et les ingérences".

- Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la République: En 1981, "normalement (...) on n'acceptait pas des versements de fonds provenant de pays étrangers qui soutenaient des candidats en France. Et j'ai appris que Bongo soutenait financièrement Jacques Chirac".
"Moi j'étais président de la République à l'époque, j'ai appelé Bongo et je lui ai dit : 'vous soutenez actuellement la campagne de mon concurrent', alors il y a eu un temps mort que j'entends encore et il m'a dit: 'Ah, vous le savez', ce qui était merveilleux. A partir de ce moment-là j'ai rompu mes relations personnelles avec lui".
Au début de sa présidence c'était "un homme jeune, brillant, actif qui inspirait une certaine sympathie en fait. Puis, par la suite, c'est devenu un régime très personnel fondé quand même sur des systèmes financiers très contestables et personnellement j'ai rompu tout rapport avec le président Bongo à partir de ce moment-là".
Omar Bongo "ne représentait pas à lui seul la françafrique" mais "ce qui est vrai c'est qu'il était un des derniers à la représenter et donc sa disparition marque d'un certaine manière la fin de la françafrique".

- Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur: n'a "jamais entendu, y compris par Bongo, qu'il aidait financièrement tel ou tel. Si jamais il a aidé financièrement tel ou tel, c'est plutôt au niveau des présidents de la République qu'il faudrait s'adresser. Il y en a qui sont encore en vie. Demandez-le leur". "Ceux qui ont des informations de ce type, je les invite à mettre les chiffres sur la table".
"Si vraiment il y avait des financements cela seraient des financements occultes. On ne donnerait pas en priorité la liste aux journalistes. Cela fait partie des fantasmes. Que Omar Bongo ait eu de l'amitié pour certains, c'est probable. Il avait des amis aussi bien à droite qu'à gauche d'ailleurs. Mais ça s'arrête là",
Il avait "beaucoup d'amitié et beaucoup d'estime", pour Omar Bongo "profondément Africain" mais qui "se sentait dans le même temps profondément Français".

- Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères: "La France perd aujourd'hui un ami, mais je déplore également une perte pour l'Afrique, continent où M. Bongo Ondimba, unanimement respecté par ses pairs, avait oeuvré avec détermination et courage à la paix et la stabilité". "Confiant dans la volonté du peuple gabonais d'assurer son avenir dans la stabilité et le respect de ses institutions démocratiques, je lui adresse tous mes voeux de paix et d'unité".

- Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopération: Omar Bongo était un "ami fidèle de la France" qui "a joué un rôle très important en Afrique". "Il a été de tous les conflits en tant que médiateur, très souvent à la demande de la France, à la demande de l'Europe, en Centrafrique, au Congo Brazzaville, au Tchad. C'était quelqu'un de très écouté en Afrique".

- Jacques Chirac, ancien président de la République, et son épouse Bernadette: saluent la mémoire d'Omar Bongo, qui "aura réussi à s'imposer comme un sage" contribuant "à la paix et à la stabilité de l'ensemble du continent" africain. "A la tête de la République du Gabon, Omar Bongo n'aura eu de cesse pendant plus de quarante ans d'oeuvrer au développement économique et social de son pays, comme de l'Afrique entière".

- Eva Joly, ancienne juge et député européenne: Omar Bongo "était un président qui n'avait pas le souci de ses citoyens. Il a bien servi les intérêts de la France et des hommes politiques français". Le Gabon "c'est un PIB égal au Portugal" qui "construit cinq kilomètres de routes par an" et qui a "le taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde". "La manne pétrolière n'a pas profité" aux Gabonais, Elle nous a profité. La France a une grande dette envers le Gabon pour avoir maintenu au pouvoir pendant toutes ces années M. Bongo".

- Noël Mamère, député des Verts: ne va pas pleurer sur une crapule de plus qui disparaît de la planète. Tous ceux qui sont attachés à la démocratie ne pleureront pas la mort du président Bongo" qui "était le symbole de tout ce que nous dénonçons depuis 30 ans, c'est-à-dire la Françafrique, ces relations incestueuses, mafieuses entre quelques gouvernements africains et la France, de gauche comme de droite d'ailleurs". Omar Bongo faisait partie de ces gens qui étaient installés au pouvoir depuis très très longtemps, soutenus continûment par la France et qui détournaient l'argent de leur peuple". "C'est un pan de l'histoire de la Françafrique qui s'effondre".

EN AFRIQUE:

 

- Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo (RDC): "La disparition de ce grand homme d'Etat qui a su marquer de son empreinte l'histoire de l'Afrique contemporaine constitue une perte immense (...) pour l'Afrique toute entière, et particulièrement l'Afrique centrale". Pour le président de la RDC, M. Bongo "a joué un rôle important dans la résolution pacifique de bon nombre des conflits armés en Afrique. Son rôle dans l'intégration régionale en Afrique centrale est et demeure incontestable. L'illustre disparu a été partie prenante de tous les forums sur les grandes questions concernant notre continent et le reste du monde".

- Jacob Zuma, président sud-africain: exprime "au nom du gouvernement et du peuple de l'Afrique du Sud et en mon nom, nos sincères condoléances au peuple du Gabon et à la famille du président Bongo pendant ces moments difficiles". "Nos pensées et nos prières vont à sa famille". "Omar Bongo "était un ami dans ses efforts pour renforcer et consolider les relations entre l'Afrique du Sud et le Gabon, notamment après (l'instauration) d'un régime démocratique en 1994 dans notre pays".

- Mohammed VI, roi du Maroc: regrette la perte d'un "fidèle ami du royaume".

- Abdoulaye Wade, président du Sénégal: pleure son "ami et frère" et salue "la mémoire de l'illustre disparu qui a oeuvré toute sa vie durant au service de son pays et de l'Afrique".

- Laurent Gbagbo, chef de l'Etat ivoirien: salue un "acteur clé" de l'"émancipation politique" africaine.

- Idriss Deby Itno, président du Tchad
: est "profondément bouleversé" par le décès de son "grand ami".

- Alain Akouala Atipault, porte-parole du gouvernement du Congo: "C'est une perte immense pour le Gabon et l'Afrique entière. Nous venons de perdre un homme, un sage".

- Ramtane Lamamra, président du Conseil de Paix et Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA): déplore "la perte d'un très grand fils de l'Afrique qui a apporté des contributions significatives aux questions du continent ainsi qu'aux succès" de l'UA.

- Un porte-parole de l'Union des forces de la résistance (UFR): rappelle "ses efforts pour ramener la paix". "C'est une très grande perte pour la République centrafricaine" pour laquelle M. Bongo s'était impliqué dans le "processus délicat de réconciliation et pacification".

- Alioune Tine, responsable de l'ONG RADDHO (Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme): "Avec la mort du président Bongo, une page se ferme concernant une certaine vision des relations entre la France et l'Afrique, où la France jouait le rôle de 'parrain' absolu"."Il faut fermer la page d'une certaine forme de gestion et de gouvernance en Afrique avec un pouvoir absolu du président, (...) qui organise le consensus politique national sur la base d'une bonne distribution du 'gâteau'". "Aujourd'hui, on a atteint les limites de ce modèle, jusqu'à la caricature". "Au plan économique et social, (le bilan du président Bongo) est négatif".
"Il y a eu la paix et stabilité au Gabon, surtout par rapport à tous les problèmes en Afrique centrale, mais on attendait plus de développement au Gabon par rapport à toutes les ressources du pays".
Mais "sur le plan africain, il a eu un courage que beaucoup de chefs d'Etat n'ont pas eu, en osant dire certaines vérités à l'Occident. Il a fait des sorties que les Africains ont apprécié, notamment sur les relations entre la France et l'Afrique".

EN AMERIQUE:

 

- Barack Obama, président des Etats-Unis: est "attristé" d'apprendre la mort du président El Hadj Omar Bongo Ondimba du Gabon". "Le président Bongo a joué un rôle important dans le développement et le façonnage des fortes relations bilatérales existant aujourd'hui entre le Gabon et les Etats-Unis". Il "a systématiquement mis l'accent sur l'importance de la recherche du compromis et des efforts pour la paix, et fait une priorité de la protection des trésors naturels du Gabon". "Son travail en faveur de la protection (de l'environnement) dans son pays et son engagement à résoudre les conflits à travers le continent constituent une part importante de son héritage".
"Au nom du gouvernement des Etats-Unis", Barack Obama présente ses "condoléances à sa famille et au peuple du Gabon".

- Hugo Chavez, président du Venezuela
: "est solidaire du peuple gabonais dans ce moment de tristesse et envoie ses condoléances aux membres de la famille et aux proches du président Bongo".


ORGANISATIONS

- Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU: est "profondément attristé" et "présente ses sincères condoléances à sa famille, ainsi qu'au gouvernement et au peuple gabonais". Il rend hommage au président Bongo "pour le rôle clé qu'il a joué dans la recherche de la paix et de la stabilité, non seulement dans la sous-région de l'Afrique centrale mais également dans d'autres parties du continent".

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