Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par JMV Ndagijimana

L’histoire récente du Rwanda est importante pour le Québec. Le père québécois Georges-Henri Lévesque a fondé en 1963 l’Université nationale du Rwanda aidé de son bras droit, Pierre Crépeau, un Gatinois. De nombreux missionnaires québécois se sont dévoués pour le Rwanda. Certains y ont trouvé la mort, notamment les pères Claude Simard et Guy Pinard, assassinés en 1994 et 1997 par les hommes de Paul Kagame, maître absolu du Rwanda depuis que le Front patriotique rwandais (FPR) y a pris le pouvoir dans le sang.

L’une des demi-vérités de l’histoire du Rwanda qui arrange Kagame est celle du triplement des dépenses militaires du Rwanda entre 1990 et 1994 avec l’aide de la France. Cette hausse peut sembler accablante pour la France et le régime rwandais de l’époque lorsqu’on omet de dire qu’à partir d’octobre 1990, le Rwanda était attaqué par l’Ouganda, où étaient basés Kagame et son FPR.

Quel pays subissant une agression militaire n’augmenterait pas substantiellement ses dépenses militaires ?

Les faux historiens omettent aussi de dire que l’Ouganda était fortement appuyé par les États-Unis et la Grande-Bretagne, les chefs de file du club anglo-saxon, qui avaient pour but d’expulser la France de cette région de l’Afrique et de mettre la main sur les richesses du Congo.

À partir de 1986, des milliards de dollars d’aide au développement consentis à l’Ouganda ont été détournés à des fins militaires.


Trois ans et demi


Le Rwanda a subi trois ans et demi de guerre avant l’attentat du 6 avril 1994.

Ce jour-là, alors qu’un million de réfugiés étaient entassés aux portes de Kigali dans des camps d’où l’on sortait 100 cadavres par jour, Kagame fit descendre, avec des missiles de fabrication soviétique achetés par l’Ouganda, l’avion transportant le président rwandais, Juvénal Habyarimana, et son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira.

C’est cet événement qui, conjugué aux souffrances de la guerre, créa le chaos et entraîna de grands massacres de populations civiles commis tantôt par les milices hutues, tantôt par le FPR.

Les États-Unis ont empêché toute intervention militaire pendant l’essentiel de ces massacres pour ne pas mettre en péril la victoire militaire de Kagame. Bill Clinton a ordonné à Madeleine Albright, alors ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, de ne pas prononcer le mot "génocide" lors des discussions du Conseil de sécurité.

Pendant ce temps, les Français réclamaient une intervention pour mettre fin aux tueries. D’ailleurs, si la France ne s’était pas retirée du Rwanda en 1993, à la demande de Kagame, qui mijotait l’assaut final, le génocide n’aurait jamais eu lieu.

Le 22 juin 1994, le Conseil de sécurité autorisa enfin l’opération Turquoise, commandée par la France, qui permit aux soldats de l’ONU de sauver des dizaines de milliers de Rwandais.

C’était trop peu, trop tard. Mais, on ne peut pas accuser la France d’avoir été complice d’un génocide.

Complicité ?

Or, le 5 août 2008, Kagame a fait diffuser un rapport mensonger, le rapport Mucyo, dans lequel il accuse des politiques français de complicité dans le génocide de 1994. Les journaux du club anglo-saxon, notamment The Gazette, ont immédiatement accrédité ce rapport.

Cependant, le 28 août, un expert du Rwanda, l’historien Bernard Lugan, a publié un article montrant qu’on s’est servi d’un faux document comme seule preuve tangible pour étayer ce rapport. Les journaux du club anglo-saxon ne se sont pas rétractés.

Au début d’octobre 2008, Kagame a décrété que l’anglais remplacerait désormais le français comme langue de l’éducation et de l’administration publique au Rwanda. Il a mis ainsi la dernière main à son combat pour son profit personnel et pour le profit du club anglo-saxon. Il a bouté la langue française hors du Rwanda après avoir accablé la France d’accusations sans fondement.

Depuis un siècle, le français s’était implanté au Rwanda. Les Rwandais y étaient attachés, tout comme à leur langue nationale, le kinyarwanda. C’est par le français qu’ils avaient pu s’instruire, notamment dans une université fondée par un Québécois. Tout cet héritage est en train de s’envoler en fumée. C’est le règne de l’anglais et du mensonge.

Bernard Desgagné,

Gatineau

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article