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Publié par JMV Ndagijimana

AP 25 mars 2009

Le président du parlement de la République démocratique du Congo (RDC), Vital Kamerhe, a démissionné mercredi, deux mois après avoir dénoncé la décision du gouvernement d'autoriser les troupes rwandaises à pénétrer sur le territoire congolais pour traquer les milices hutues dans l'est du pays. Sa démission intervient à la veille de la visite du président français Nicolas Sarkozy, qui doit rencontrer le président Joseph Kabila et s'exprimer devant le Parlement.

Depuis ses critiques de l'accord conclu par le président Joseph Kabila avec le Rwanda, ennemi de longue date, pour des opérations militaires conjointes dans le Nord-Kivu, Vital Kamerhe faisait l'objet de pressions de son parti et d'une majorité de parlementaires qui le poussaient à démissionner. Dans un discours annonçant sa démission, Vital Kamerhe a rappelé que le 21 janvier dernier, au début des opérations conjointes des armées rwandaise et congolaise au Nord-Kivu, il avait dit à la radio Okapi ne pas en être informé. Il avait ajouté que si ces informations étaient vraies "ce serait grave".

Vital Kamerhe avait expliqué n'avoir pas été consulté et y être opposé pour éviter des pertes civiles. Une opération similaire menée plus au nord par les troupes ougandaises à la même époque avait provoqué des violences meurtrières massives de rebelles ougandais qui avaient fait plus d'un millier de morts dans la population civile. "Cette déclaration a été mal appréciée par ma famille politique qui a estimé que j'avais commis un crime de lèse-majesté, car je venais, semble-t-il, de contredire le chef de l'Etat, chef de ma famille politique", a-t-il déclaré.

Il a ajouté avoir été victime depuis d'une "forte campagne de diabolisation" et d'"injures gratuites". "C'est pourquoi, je vous prie de bien vouloir accepter ma démission sans débat, ni vote".

Les troupes rwandaises ont quitté le territoire congolais en février après une opération d'un mois qui a vu les anciens ennemis jurés s'unir provisoirement pour lutter contre les vestiges des milices hutues accusées d'avoir orchestré le génocide rwandais du printemps 1994.

Kigali a longtemps accusé Kinshasa d'abriter ces milices et avait envahi la RDC à deux reprises dans les années 90 plongeant le pays dans la guerre.

L'accord entre Kigali et Kinshasa a marqué un tournant. Pour les observateurs, le régime de Joseph Kabila s'y est résigné en partie parce que le Rwanda promettait d'arrêter le chef de guerre Laurent Nkunda, à la tête de la principale milice tutsie alliée à Kigali. Il a été arrêté fin janvier par l'armée rwandaise, deux jours après l'entrée de quelque 4.000 soldats rwandais sur le territoire de la RDC. AP

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