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Publié par JMV Ndagijimana

Samuel Laurent (lefigaro.fr)
04/02/2009 | Mise à jour : 09:05 |

Dans «Le monde selon K», qui paraît mercredi, le journaliste Pierre Péan affirme que le ministre des Affaires étrangères a utilisé, avant son entrée au gouvernement, sa stature et sa renommée pour se faire rémunérer par des dirigeants africains.

Bernard Kouchner, personnalité politique préférée des Français depuis des années, a-t-il utilisé sa stature pour toucher de l'argent de divers pays africains en échange de conseils ? C'est la thèse centrale d'un livre de Pierre Péan, «Le monde selon K.», qui sort mercredi. Un ouvrage à charge contre le ministre des Affaires étrangères , l'accusant d'avoir mélangé son activité publique et ses affaires privées.

Mardi, le député PS Arnaud Montebourg a été le premier à demander au ministre des Affaires étrangères de s'expliquer : «Si Bernard Kouchner a encore un honneur, il doit enfin s'expliquer sérieusement devant l'opinion publique», estime-t-il, ajoutant que «Les importantes révélations relatives aux multiples conflits d'intérêt et aux affaires d'argent dans lesquels se débat le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, constituent pour le moins de graves infractions à la morale publique».

L'opposition socialiste, son ancien camp, a indiqué qu'elle envisageait d'interpeller le gouvernement à l'Assemblée nationale. Martine Aubry a toutefois souligné que «Bernard Kouchner est un homme honnête. Je pense qu'il aime un peu trop le pouvoir, c'est peut-être pour cela qu'il est là où il est». Et la première secrétaire de conclure : «Je ne dirai pas un mot de désagréable sur lui sur cette affaire, dont je ne connais rien, et que je préfère ne pas croire, parce que je ne la crois pas»»

Les Verts ont également demandé des explications, Yves Cochet soulignant que Bernard Kouchner était «un homme courageux et pas trop langue de bois». Quant à l'UMP, le député de Paris, Claude Goasguen a déclaré «être tombé des nues» en apprenant le contenu du live. «On ne s'attendait pas à ce genre de révélations», explique-t-il. Peine perdue : Kouchner n'était pas sur les bancs du gouvernement mardi à l'Assemblée. Et mercredi, il s'envole pour Washington.

Des millions d'euros de contrats

L'auteur du livre, Pierre Péan, est connu pour son enquête sur les amitiés troubles de François Mitterrand avec René Bousquet, pour ses travaux sur le génocide au Rwanda ou encore pour «La Face cachée du Monde », un livre au vitriol contre le trio Minc-Colombani-Plenel.

Dans «Le monde selon K.», dont les bonnes feuilles ont été publiées par le magazine Marianne, Péan explique comment, fort de sa stature de «French Doctor», Bernard Kouchner a créé des sociétés de «conseil» en matière de politique de santé à destination des pays africains, Africa Steps et Imeda.

Rien d'illégal en soi, mais Bernard Kouchner, parallèlement à ses activités de conseil, préside le groupement d'intérêt public Esther, consacré à la coopération internationale hospitalière.

Péan s'interroge sur les conflits d'intérêt que provoquent ces collusions entre activité privée et missions publiques de Bernard Kouchner. Les deux sociétés existent toujours, même si Kouchner affirme comme dans cette interview sur Europe 1 qu'elles ne fonctionnent presque plus.

Toujours est-il qu'entre 2002 et 2007, ces sociétés auraient ainsi engrangé 4,6 millions d'euros de contrats, notamment pour des conseils sur la réforme des systèmes de santé du Gabon et du Congo. Autre révélation : le ministre aurait nommé un de ses proches, Eric Danon, gérant d'Imeda, ambassadeur à Monaco en 2007. Danon aurait alors continué de démarcher des pays africains pour le compte d'Imeda, afin d'obtenir le paiement de plusieurs factures en attente.

Bockel victime des liens affairistes de Kouchner ?

Pierre Péan détaille aussi les dessous de «l'affaire Bockel» : transfuge de la gauche, Jean-Marie Bockel était secrétaire d'Etat à la Coopération sous l'autorité de Bernard Kouchner. Le 15 janvier 2008, dans un discours, Bockel explique qu'il faut signer «l'acte de décès de la Françafrique», ce système de liens financiers troubles entre la France et ses ex-colonies.

Aussitôt, deux dirigeants africains, le Gabonais Omar Bongo et le Congolais Denis Sassou-Nguesso, demandent à Nicolas Sarkozy l'éviction de Bockel. Selon Pierre Péan, ils sont furieux car ils «ont commandé pour près de 4,6 millions d'euros de rapports à Iméda et Africa Steps! Ils en veulent beaucoup à Kouchner d'avoir laissé son secrétaire d'Etat tenir des propos qu'ils considèrent comme désobligeants».

Péan explique alors que, si Nicolas Sarkozy transfère effectivement Jean-Marie Bockel aux Anciens combattants, il est furieux contre Kouchner et marque sa colère en demandant la démission d'Eric Danon, l'ambassadeur de Monaco et ex-associé du ministre.

La presse étrangère juge les révélations du livre embarrassantes. La Tribune de Genève indique ainsi que «la question du remplacement de Bernard Kouchner va sans doute se poser». Pour le journal, le nom d'Hubert Védrine (également socialiste et à qui Nicolas Sarkozy avait proposé le poste en 2007) commence déjà à circuler au Quai d'Orsay comme possible remplaçant de Bernard Kouchner. Selon Marianne2.fr, ce dernier devrait s'expliquer sur ce livre jeudi dans Le Nouvel Observateur.

 

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