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Publié par JMV Ndagijimana

Bernard Kouchner : "Ce que j'ai à dire ...
"
NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 17:28 

N.O.
- Une bonne partie du livre est consacrée au Rwanda. Parmi les accusations portées contre vous il y a notamment celle d’avoir imputé le massacre de l’église de Kibagabaga aux hutus alors qu’ils auraient été assassinés par les tutsis du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé, présenté comme votre ami…
B. Kouchner.- J’y suis allé et dans bien d’autres endroits dont les images me hantent encore. S’il s’avérait que le FPR est responsable de cette tuerie, bien évidemment je le condamnerais. Mais il y a une chose que je n’admets pas : c’est la thèse du double génocide. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de "massacres de revanche" de la part du FPR ou de groupes tutsis contre les hutus. Mais il n’y a pas eu des deux côtés la même planification, le même systématisme et le même nombre de victimes : 800.000. L’armée française avait été chargée d’entraîner l’armée rwandaise mais j’ai toujours affirmé qu’elle n’avait pas participé au génocide (cf mon article dans la revue Défense nationale). Par ailleurs, sur le plan politique, j’ai dit qu’il y avait eu des erreurs d’analyse mais, soyons clairs, je n’ai jamais pensé que MM. Mitterrand, Balladur, Juppé, Védrine ou Villepin portaient la moindre responsabilité dans ces horreurs.

N.O.- Votre cabinet a-t-il tenté, comme l’affirme Pierre Péan, de faire obstacle à l’enquête du juge Bruguière, sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana qui a déclenché le génocide. Cela dans le but de renouer avec le pouvoir rwandais
.
B. Kouchner.- Non, nous n’avons jamais fait obstacle à cette enquête. Les Rwandais nous ont demandé la levée des mandats d’amener émis, avant que nous n’arrivions, par le juge Bruguière contre leurs compatriotes. Nous leur avons dit que ce n’était pas possible. La justice est indépendante. Un groupe de travail composé de juristes a indiqué que, si les Rwandais voulaient avoir accès au dossier, l’un des 9 inculpés au moins devait se rendre à la justice française. Ce que l’ancien directeur du protocole de Kagamé, Rose Kabuye, a fait.


N.O.- Avez-vous l’impression d’être la cible d’une entreprise de déstabilisation ?
B. Kouchner. – Je crois que c’est assez clair.

N.O.- Qui, dans ce cas, est derrière cette entreprise ?
B. Kouchner.- J’ai quelques hypothèses. La première, c’est la jalousie. Dans certains cercles, on n’aime pas la réussite. Pas la mienne en l’occurrence, celle d’un homme qui est resté populaire, hors du gouvernement ou dans le gouvernement qu’il soit de gauche ou de droite. Certains continuent de penser que j’ai abandonné la gauche - bien que je reste social démocrate et que je n’aie pas l’intention d’adhérer à l’UMP. J’agace aussi à droite où certains me trouvent illégitime. Certains réseaux me détestent. Lesquels ? Certainement
les nostalgiques des années 30 et 40 et tous les révisionnistes, ceux d’hier et ceux qui, aujourd’hui, réécrivent l’histoire du génocide tutsi au Rwanda.

Propos recueillis par René Backmann et Vincent Jauvert
 

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