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Publié par JMV Ndagijimana

Par Reuters, publié le 28/01/2009 à 18:55

RUMANGABO, RDC - Le projet d'intégration des rebelles tutsis congolais du CNDP au sein de l'armée de la RDC a vacillé avant même son lancement officiel, soulignant la difficulté de pacifier l'est du pays malgré la récente alliance entre Kinshasa et Kigali.

L'officialisation de cette intégration a été reportée alors qu'une grande partie du Conseil national pour la défense du peuple avait promis il y a deux semaines de mettre fin à sa lutte et d'intégrer l'armée régulière pour participer, avec les forces rwandaises, à la traque des rebelles hutus.

Des membres de l'état-major du CNDP et de l'armée régulière négociaient encore les modalités de cette alliance mercredi, jour prévu pour la cérémonie, selon des sources militaires.

"Cela n'aura pas lieu aujourd'hui, c'est certain. C'est reporté à une date ultérieure", a dit le capitaine Olivier Hamuli, porte-parole de l'armée de la République démocratique du Congo dans le Nord-Kivu.

Des diplomates occidentaux et une centaine de rebelles venus pour la cérémonie sont repartis en début d'après-midi du camp de Rumangabo, au nord de Goma, capitale du Nord-Kivu, laissant les chaises en plastique empilées et la tribune vide.

La promesse d'intégration du CNDP, considérée par des diplomates comme une reddition, avait levé un vent d'optimisme sur la possibilité d'une paix au Kivu, alors que toutes les précédentes tentatives pour régler le conflit ont échoué.

DIVISIONS CHEZ LES REBELLES TUTSIS

Aucune explication officielle n'a été donnée à cette annulation. Mais la direction du CNDP est divisée depuis plusieurs semaines et négociait en ordre dispersé mercredi.

Le général Bosco Ntaganda, chef d'état-major des forces du CNDP, a affirmé au début du mois avoir pris la tête du mouvement en renversant le fondateur, le général Laurent Nkunda, arrêté il y a cinq jours au Rwanda voisin. Pour autant, le nombre de soldats soutenant Ntaganda parmi les 4.000 rebelles tutsis est incertain.

Le Rwanda a envoyé la semaine dernière environ 7.000 hommes dans l'est de la RDC pour chasser les rebelles hutus. Des analystes estiment que c'est en échange de cette autorisation de Kinshasa que Kigali a arrêté Laurent Nkunda.

Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), cibles de l'offensive conjointe, sont au coeur d'un conflit meurtrier dans l'est du Congo depuis une quinzaine d'années.

"L'accord dans sa forme actuelle comporte autant de dangers que d'opportunités", écrivent les analystes de l'International Crisis Group dans un communiqué diffusé mardi.

Le groupe basé à Bruxelles préconise l'arrêt provisoire des opérations pour que le Rwanda et la RDC clarifient leurs objectifs, que la force de maintien de la paix des Nations unies (Monuc) soit associée à la lutte et pour que la protection des civils et le désarmement des rebelles soient mieux organisés.

Le Haut commissaire de l'Onu pour les droits de l'homme, Navi Pillay, s'est inquiété mardi des conséquences sur les populations civiles des combats entre les forces conjointes rwandaises et congolaises et les rebelles du FDLR.

Version française Clément Guillou

 

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