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Publié par JMV Ndagijimana

Publié le 29/01/2009

N°1898 Le Point

Adrien de Mun (à Kampala)

Plusieurs milliers de militaires rwandais sont entrés en République démocratique du Congo (ex-Zaïre), avec l'assentiment des autorités de Kinshasa. Objectif : neutraliser les rebelles hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Ceux-ci y avaient trouvé refuge dans la foulée du génocide de 1994 et de la prise de pouvoir, à Kigali, par la minorité tutsi. Ce pacte avec le diable est un pari risqué de la part du gouvernement congolais.

L'intrusion des armées rwandaise et ougandaise en République démocratique du Congo répond à un calcul qui semble satisfaire tout le monde. Le Rwanda et l'Ouganda trouvent un moyen de reprendre pied légalement dans une région riche en bois et en minerais, qu'ils ont occupée de 1996 à 2003. Tandis que le gouvernement de Kinshasa voit dans l'intervention de ces deux armées étrangères l'occasion ultime de ramener la paix et ainsi de sauver sa peau. « C'est risqué, mais nous n'avions pas vraiment le choix » , remarque une autorité gouvernementale de la province orientale. Là, c'est l'armée ougandaise qui s'est déployée, afin d'en chasser d'autres rebelles, qui, eux, menaçaient Kampala.

En échange, le Congo a obtenu que le Rwanda mette un terme à l'aventure de son protégé, le pittoresque général tutsi Laurent Nkunda. Celui-ci était en passe de s'emparer de la province congolaise du Kivu. Les Rwandais ont donc lâché Nkunda, l'ont arrêté et remplacé par Bosco Ntaganda.

La promotion de cet homme, recherché pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale pour des actions commises lorsqu'il fut à la solde du Rwanda et de l'Ouganda, laisse songeur...

La France, en tout cas, suit de très près l'évolution de la situation au Congo-Kinshasa, où Nicolas Sarkozy pourrait se rendre fin mars.

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